Camille du Gast

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Camille du Gast en 1895.

Marie Marthe Camille Desinge du Gast, épouse Crespin, née le et décédée le à Paris, dite « l'Amazone », ou « la Walkyrie de la Mécanique », était une ancienne pilote automobile française, pionnière en la matière, excellant également au tir au pistolet, à la carabine, en ski,.. et dans la pratique du toboggan. Elle fut aussi entraineur de chevaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle épousa Jules Crespin, fils du créateurs des Grands Magasins Dufayel, en 1890.

Musicienne (elle participa à des concerts comme pianiste), chanteuse, férue de sports, aéronaute participant à quelques démonstrations vers 1895 (Aéroclub féminin la Stella), elle fut la première femme en France à oser sauter en parachute (aux « balbutiements » de cette discipline), ainsi que la première avec la duchesse d'Uzès à obtenir l'équivalent du permis de conduire d'alors, en 1897.

En 1895, elle fit plusieurs excursions en ballon avec Louis Capazza, aéronaute semi-professionnel, et sauta ainsi dans le vide d'une hauteur de 610 mètres. En 1901, elle possédait deux véhicules en son nom propre, une Peugeot et une Panhard et Levassor.

Camille du Gast en 1903 au Paris-Madrid.

Elle devint ensuite la première française à participer à une course automobile, le Paris-Berlin de 1901 (terminant 33e, sur Panhard-Levassor 20CV), et la seconde au monde à participer à une compétition mécanique (après la baronne Hélène van Zuylen). Son intérêt provenait de sa vision du départ de la Coupe Gordon Bennett en 1900 (de Paris à Lyon).

En 1902, elle participa à la course Paris-Vienne. La même année, elle fut au centre de l'affaire judiciaire dite de La Femme au Masque (confondue de façon malintentionnée avec le modèle du peintre Henri Gervex en 1885 pour le tableau du même nom, l'affaire ayant un retentissement international, jusqu'en Australie (dans la West Gippsland Gazette) et en Nouvelle-Zélande).

En 1903, un temps 8e, elle se classa 77e au Paris-Madrid, sur une de Dietrich (vainqueur le Français Fernand Gabriel sur une Mors Z), épreuve stoppée prématurément à Bordeaux à cause d'un très grave accident de course. Suite à cela, le constructeur Benz lui proposa de courir sous ses couleurs dans la Coupe automobile Gordon Bennett en 1904, mais le gouvernement français le lui interdit, de même qu'il interdit à toute femme de participer à des compétitions automobiles.

Elle fut officiellement la seule femme de l'époque licenciée à l'Automobile Club de France (A.C.F.), à compter du 1er décembre 1904, mais l'interdit gouvernemental l'obligea à recentrer ses passions sportives mécaniques uniquement sur le monde nautique désormais.

Le Petit Journal - 30 May 1906 - Camille du Gast - Sauvetage dans la course Alger Toulon.jpg

En septembre 1904, elle pilota le Marsouin à propulsion Darracq sur la Seine à Juvisy-sur-Orge.

En avril 1905, elle fut sur La Turquoise, bateau construit par « Tellier fils & Gérard » à propulsion Panhard de 150CV, en course au meeting de Monaco, devenant la seconde femme à participer à une compétition de motonautisme.

En mai 1905, elle remporta (officiellement deux mois après la fin de l'épreuve) la course nautique de 500 milles Alger-Toulon, avec son Camille, embarcation de 13 mètres pour 43 tonneaux, coque propulsée par un moteur Charron Girardot et Voigt (C.G.V.) de 90 CV, à l'arrière d'une coque parisienne Pitre. Suite à cet exploit, hommage lui fut rendu en baptisant également Camille l'embarcation de Émile Thubron (aussi à coque Pitre), unique champion olympique de motonautisme, pour la France en 1908 à Londres grâce à elle. Deux mois après (malgré son naufrage en rade de Toulon) elle participa à la course « Brighton Speed Trials ».

À compter de 1910, son mode de vie, tant sportive que mondaine, changea volontairement de façon radicale suite à un violent choc émotionnel.

Elle devint vice-présidente de la Ligue Française du Droit des Femmes après la Première Guerre mondiale.

En 1927, elle modernisa et agrandit le refuge animalier de Gennevilliers, avec ses propres fonds, alors qu'elle présidait la société protectrice des animaux (ce jusqu'à sa mort). Elle organisa des manifestations retentissantes contre les corridas dans la capitale en 1930.

Elle s'occupa également d'œuvres caritatives durant la Seconde Guerre mondiale à Paris, pour orphelins et filles-mères.

Elle est enterrée au Père Lachaise.

Écrits[modifier | modifier le code]

Camille du Gast au Maroc en 1909.
  • À deux doigts de la mort, journal Je sais tout, du 15 février 1905 (à propos de sa course nautique Alger-Toulon);
  • Pourquoi je suis allée au Maroc, La Vie heureuse du 1er septembre 1907;
  • Ce que m’a dit le Rogui (le prétendant au trône du Maroc), dans Je sais tout en 1909 (suite à un séjour marocain à dos de cheval; elle retourna au Maroc en mission officielle en 1910 (pour le ministère des affaires étrangères, alors qu'elle avait déjà antérieurement participé à la conférence d'Algésiras en 1906) et en 1912 (pour celui de l'agriculture cette-fois));
  • Plusieurs autres chroniques dans La Vie heureuse (actuellement publié sous le nom de Fémina), sur sa vie « d'exploratrice » ;
  • Préface à l'ouvrage Contes pour mon Chien de Gustave Dumaine, publié en 1933.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mme du Gast au Maroc, revue La Vie Heureuse du 1er avril 1906 ;
  • L'Abeille De La Nouvelle-Orléans: Mme Camille du Gast to visit United States, 30 octobre 1912 ;
  • (en) Jean-François Bouzanquet, Fast Ladies : Female Racing Drivers 1888-1970, Dorchester (England), Veloce Publishing, 2009.
  • " La dernière amazone" Biographie romancée de Camille Crespin du Gast (1868-1942) de Elisabeth Jaeger-Wolff - éditions du Batsberg 2006.'

Citation[modifier | modifier le code]

« Quatre pattes de chien font moins de saleté que deux pieds d'homme. »

Cité par Charles Régismanset dans Contradictions, p. 13, G. Doin et Cie, 1936.

Liens externes[modifier | modifier le code]

La Vie Illustrée du 25 juillet 1902.
Caveau de la famille Crespin au Père Lachaise.

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