Bruno de La Salle

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Bruno de La Salle
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Bruno de La Salle est un conteur professionnel français. Il est le fondateur et directeur artistique du CLiO (Conservatoire contemporain de littérature orale), à Vendôme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bruno de La Salle est né à Toulon en 1943, d’une famille lyonnaise. Il a passé une grande partie de son enfance à Givors, sur les bords du Rhône. C’est dans cette ville qu’il commence à écrire des poèmes, du théâtre, pour lesquels il est encouragé par Luc Estang, Jean Cayrol, Jean Dasté. C’est là aussi qu’il compose une série de rêves parlés qu’il interprète devant de petits groupes d’amis. À vingt ans, il entreprend son tour du monde comme d’autres entreprennent leur tour de France : le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Australie, l'Inde…

De retour à Paris, il se produit avec ses rêves dans les cabarets de la Rive Gauche. Il fréquente les musiciens, travaillant autour des frères Baschet, le Groupe des Lettristes. Il rencontre André Voisin et Marie-Louise Tenèze du musée des Arts et Traditions Populaires qui l’initient à leurs travaux respectifs sur le conte. Il suit des cours de sociologie à la faculté de Censier.

Participation au renouvellement de l'art de conter[modifier | modifier le code]

Mai 1968 et ses bouleversements le conduisent à repenser son action poétique à travers une forme contemporaine qui s’apparenterait à la littérature orale traditionnelle. Il lui reste à la définir, à la mettre en œuvre, à l’expérimenter avec d’autres artistes.

Il commence en 1969, avec la narration musicalisée de deux versions transposées du Chaperon Rouge et de la Pêche de Vigne, en s’accompagnant d’un Cristal Baschet, au Théâtre de l’Épée de Bois, puis au Festival d’Avignon où il revient, depuis lors, presque chaque année. Cette expérience fera l'objet d'un disque 33 tours sorti en 1973 (?) sur le label Gérard Tournier (GT 36 504).

Cette première récitation publique suscite immédiatement chez les responsables culturels, un mouvement d’intérêt pour cette forme d’expression que chacun pensait disparue. Il est très rapidement sollicité pour raconter dans toute la France et à l’étranger. Pendant quatre années, il va faire un premier apprentissage en se produisant dans des écoles, des bibliothèques, des MJC et des festivals.

Il remarque vite, cependant, que cette idée d’un art disparu le classe au rang des « antiquités », alors qu’il conçoit au contraire le conte comme un art de demain. Tout en continuant à raconter, il s’attache, dès lors, à sensibiliser tous les gens qu’il rencontre à la modernité de cette expression, et les incite à participer à son développement. C’est dans cette intention qu’il va, jusqu’au milieu des années 1980, susciter des rencontres, des stages et des ateliers, et produire de nombreuses émissions radiophoniques en France et dans les pays francophones. En 1972, pour l’ERA de Genève et sur invitation de René Zosso, il organise un premier atelier de contes qui sera suivi de bien d’autres, en particulier à la bibliothèque expérimentale pour la jeunesse de La Joie par les Livres, au Petit Clamart, à l’abbaye de Royaumont avec l’aide de Nacer Khémir, au sein de l’association l’Âge d’Or de France avec Évelyne Cevin, à Grenoble dans les bibliothèques de quartier alors en plein essor. En 1977, il suscite la première rencontre de nouveaux conteurs à Vannes avec une dizaine d’artistes, écrivains, chanteurs, chercheurs, bibliothécaires ; puis en 1979, une seconde rencontre au Centre Georges Pompidou qui est relayée par France Culture, alors dirigée par Yves Jaigu. (JPG)

Ces rencontres et ateliers lui donnent l’occasion d’accompagner les débuts des principaux conteurs d’aujourd’hui qui, comme il l’a fait avant eux, commencent, dans cette fin des années 1970, à exercer ce nouveau métier sous des formes et dans des conditions extrêmement variées.

Création du CLIO[modifier | modifier le code]

Dix ans après ses débuts, ce que l’on appelle dorénavant « le renouveau du conte » est devenu une réalité qui se révèle à ses yeux, incertaine et quelquefois discutable. Il craint de voir cette providence artistique que représente la littérature orale, réduite au rang d’un art mineur. C’est alors qu’il décide, en 1981, de créer un Centre de Littérature Orale, à Chartres, pour y rassembler les moyens de recherche et d’apprentissage de l’art du Récit et de l’Épopée qui demeure pour lui le modèle d’excellence de toute littérature.

C’est là qu’il réalise ses premières grandes récitations collectives et musicales avec le compositeur Jean-Paul Auboux et le soutien de France Culture et du Festival d’Avignon. En 1981, L’Odyssée d’Homère, qu’il reprendra en solitaire en 1991 ; en 1982 et 1983, Le Récit de Shéhérazade (co-écrit avec Pascal Fauliot et Abbi Patrix); en 1984 et 1985, Le Cycle du Roi Arthur et Perceval (co-écrits avec Pascal Fauliot) .

Au cours de ces créations, il fait connaître une seconde génération de conteurs tels que Abbi Patrix, Yannick Jaulin, Michel Hindenoch, Pascal Fauliot, Jean-Lou Bally…

Il réalise en même temps, sur les chaînes de France Culture, de nombreuses émissions de radio, soit de création, soit d’information sur la littérature orale universelle ou sur le conte contemporain.

Il organise ou participe à la mise en place de festivals de conteurs, comme ceux de Chevilly-Larue, des Oralies de Provence, du Festival des Arts du Récit en Isère et de Radio-France. La fréquentation des grands textes qu’il présente presque chaque année lui montre la nécessité de développer un style oral spécifique à la narration, au sein de laquelle la métrique, le rythme et le chant sont prépondérants. L’étude, l’adaptation, la réécriture ou la traduction de ces textes grecs, moyen-orientaux, celtes, médiévaux et plus récemment celle du Récit ancien du Déluge, genèse mésopotamienne, sont pour lui des occasions d’apprentissage sans cesse renouvelées.

Il publie, de 1985 à 1990, une série d’albums, « Les Contes de toujours », pour laquelle il réécrit à partir de versions orales collectées, les contes traditionnels français les plus célèbres. Puis, en 1996, une autobiographie contée : Le Conteur amoureux qui rassemble une partie de ces contes, accompagnés de réflexions et d’apologues sur son métier. (JPG) Durant les années 1980, le Centre de Littérature Orale demeure principalement un lieu de préparation et de production de grandes narrations collectives que Bruno de La Salle conçoit pour qu’elles demeurent pérennes. Cependant le nombre d’aspirants-conteurs s’accroît régulièrement et avec lui, la nécessité de les accueillir et de les aider. Il devient nécessaire de mettre en place un programme régulier de formations et de manifestations, de créer un centre de documentation.

Ces réalisations sont rendues possibles grâce à la reconnaissance du CLiO comme structure d’intérêt national, accordée en 1987 par Robert Abirached, alors à la tête de la Direction du Théâtre et des Spectacles au Ministère de la Culture, ainsi que par l’aide des collectivités locales de la Région Centre, puis en 1995, par l’implantation du CLiO en Loir-et-Cher, à Vendôme.

C’est ainsi que Bruno de La Salle peut créer, en 1991, l’Atelier Fahrenheit 451, dans le but d’offrir aux nouveaux conteurs la possibilité d’acquérir des capacités comparables à celles dont disposaient leurs ancêtres conteurs, griots, aèdes, troubadours ou poètes.

Il y a reçu, entre autres, Jean-Claude Bray, Jeanne Ferron, Fiona Mac Léod, Philippe Campiche, Isabelle Jacquemain, Olivier Noack, Bruno Walerski, Vincent Pensuet, Guylaine Kasza, Marie-Claire Sauvée… et y accueille actuellement de jeunes conteurs, entourés d’anciens, plus chevronnés.

En 1996, il crée un site Internet à travers lequel il cherche à promouvoir la pratique de l’oralité contemporaine par l’accès à une base bibliographique et documentaire, ainsi que par la production d’œuvres orales. En 1997, il organise à Vendôme la Trace des Paroles, premier Salon du Livre de Conte et des Conteurs devenu le rendez-vous attendu des différents acteurs du milieu du conte. Il est également l’un des membres fondateurs du projet MONDORAL, qui, depuis 2000, travaille au développement des arts de la parole, avec le soutien du Ministère de la Culture. En 2004, il crée La Chanson des pierres, qui s’apparente à une épopée contemporaine. Ses Rencontres d'Été et d'Hiver deviennent, en 2006, EPOS, le festival des histoires, organisé à Vendôme. Il reçoit de 5 à 6000 spectateurs chaque année, au tout début de l'été, lors d'une semaine mêlant une quarantaine de spectacles, un Salon du Livre de Conte, une nuit où "Tout le monde raconte !" célèbre pour son fil de près de 15 heures d'histoires racontées par chacun.

Spectacles produits & Créations théâtrales[modifier | modifier le code]

(Spectacles du plus récent au plus ancien)

  • 2013 Miroirs du Merveilleux
  • 2009 Méga Nada (musique de Jean-Luc Bernard, chant d'Aimée de La Salle, danse de Nathalie Le Boucher)
  • 2004 - 2006 La Chanson des Pierres (musique de Leonid Karev)
  • 2002 Le Dit du Devin
  • 2000 L’Amour Interdit
  • 1999 - 2000 Le Récit de Shéhérazade
  • 1998 Grand-Mère Mensonge
  • 1996 - 1997 Le Récit ancien du Déluge
  • 1995 Petit, Petite
  • 1994 Que grand tu as
  • 1994 La Fontaine des Fables : le Lion et le Bœuf
  • 1993 La Chanson de Roland (musique de Jean-Paul Auboux)
  • 1991 Le Chant de l'Odyssée (musique de Jean-Paul Auboux)
  • 1990 La Mare au Diable
  • 1989 La Généalogie des Murmures
  • 1988 La Geste des Fées
  • 1987 Gargantua ou le bon Pays
  • 1986 L’Histoire du Soldat
  • 1985 Perceval (co-écrit avec Pascal Fauliot - musique de Jean-Paul Auboux)
  • 1984 Le Cycle du Roi Arthur (co-écrit avec Pascal Fauliot - musique de Jean-Paul Auboux)
  • 1982 - 1983 Le Récit de Shéhérazade (co-écrit avec Pascal Fauliot et Abbi Patrix - musique de Jean-Paul Auboux)
  • 1981 L’Odyssée d’Homère

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]