Dounia Bouzar

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Dounia Bouzar
Portrait de Dounia Bouzar
Biographie
Nom de naissance Dominique Amina (ou Hélène[1]) Bouzar
Naissance (52 ans)
à Grenoble
Nationalité(s) Drapeau de la France française
Thématique
Formation Université Lille III, université Paris-Est Marne-la-Vallée et université Paris-VIIIVoir et modifier les données sur Wikidata
Titres Docteur en anthropologie
Profession(s) Anthropologue (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur(s) Direction de la protection judiciaire de la jeunesseVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinction(s) Chevalier de la légion d'honneur
Membre de Observatoire de la laïcitéVoir et modifier les données sur Wikidata

Dounia Bouzar, née Dominique Bouzar à Grenoble le , est une anthropologue française.

Elle fonde en avril 2014 le Centre de Prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI)[2], dont elle est directrice générale.

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Elle naît d'un père algérien et d'une mère française d'origine corse. Elle cumule « des origines marocaines, algériennes, corses et italiennes »[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle a interrompu ses études secondaires très tôt et n'est pas titulaire du Baccalauréat. Après la naissance de sa première fille, elle a passé et validé l'examen spécial d'accès aux études universitaires afin de pouvoir se présenter au concours d'Educatrice de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) en 1991. Après deux ans de formation initiale régionale au CRF Lyon (Saint Genis les Ollières), elle est titularisée et affectée comme éducatrice PJJ au Foyer d'Action Eucative de Tourcoing.

Elle décide ensuite de reprendre ses études en 1999 à l'Université de Lille III.

Elle obtient une Licence de Sciences de l'Éducation par validation des acquis de l'expérience, puis prépare une Maîtrise de Sciences de l'Éducation dont le mémoire "L'islam des banlieues" sera publié en octobre 2001, aux Ed. La Martinière.

Elle s'inscrit ensuite en développement urbain et en intégration européenne à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée et enfin a effectué une thèse sur l'islam politique chez les musulmans nés en France à l'université Paris VIII avec mention. Son Président de jury est Olivier Roy. Docteur en anthropologie spécialisée dans l'« analyse du fait religieux », elle a publié de nombreux articles, livres, essais et tribunes scientifiques dans divers médias et maisons d'éditions.

D'abord éducatrice d'hébergement puis en centre de jour, elle a ensuite été chargée d’études « laïcité » à la Protection judiciaire de la jeunesse (Ministère de la Justice) de 1991 à 2009 (dont deux ans de formation initiale, plusieurs années sur le terrain). Elle a siégé au Conseil français du culte musulman de 2003 à 2005 en tant que personnalité qualifiée[4], nommée par Nicolas Sarkozy. Elle en a démissionné en raison de son désaccord avec la politisation de cette instance[5],[6],[7].

Lorsqu’elle était éducatrice, Dounia Bouzar a monté une association (Le Théâtre du Lien) [8] en partenariat avec la PJJ [9] dans le cadre d’un contrat local de Sécurité pour réinsérer les jeunes par l’intermédiaire d’échanges culturels avec l’international. En 1998, le spectacle amateur « L’île de Toléna », mis en scène par Abdel Baraka[10], co-écrit avec les jeunes, a représenté la métropole au festival de la célébration des 150 ans de l’abolition de l’esclavage à l’île de la Réunion[11].

Elle est auditrice à l’Institut des hautes études de la défense nationale depuis 2005 (58e session) et a été élue "héros européen" par Time Magazine pour son travail novateur sur l'islam la même année[12].

Elle a été nommée chevalier de l’Ordre des palmes académiques en 2009, et a reçu en 2006 et en 2011 des prix de l’Académie des sciences morales et politiques pour ses livres Quelle éducation face au radicalisme religieux ? et Laïcité, mode d’emploi[3].

Elle a créé en 2012 avec sa fille Lylia Bouzar (nom d'emprunt pour des raisons de sécurité[réf. nécessaire]), un cabinet spécialisé dans l'application de la laïcité et la gestion des convictions, qui intervient auprès des entreprises, des institutions et des élus : Bouzar Expertises [13]. Lylia Bouzar a une formation universitaire initiale anthropologique (Licence) et a repris en 2011 un master spécialisé en Droit du Travail.

Le 22 septembre 2013, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault la nomme à l'Observatoire de la laïcité, en remplacement de Rose-Marie Van Lerberghe, démissionnaire.

À la suite de la publication de Désamorcer l'islam radical. Ces dérives sectaires qui défigurent l’islam, Dounia Bouzar a été contactée par de nombreuses familles dont les enfants ont été embrigadés pour partir en Syrie et a créé avec d'autres experts l'association du Centre de prévention des dérives sectaires liées à l'Islam (CPDSI)[14]. Cette structure est rattachée à la MIVILUDES (dirigée par Serge Blisko) et au CIPD (dirigé par le préfet Pierre N'Gahane) pour participer aux recherches liées à la prévention et au traitement de l'embrigadement de l'Islam radical.

Le 12 décembre 2014, le président de l'Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, lui remet la médaille de chevalier de la Légion d'honneur.

En 2015, le CPDSI est mandaté par le ministère de l'Intérieur comme EMI (équipe mobile d'intervention)[15] en désembrigadement sur l'ensemble du territoire français. L'association est dotée de subventions publiques dès avril 2014 [16]. La même année, l'ouvrage de Dounia Bouzar Comment sortir de l'emprise "djihadiste" ? remporte le Prix de l'essai 2015 décerné par l'hebdomadaire L'Express[17].

Critiques sur le CPDSI[modifier | modifier le code]

La sénatrice centriste Nathalie Goulet, présidente de la commission d'enquête sur les réseaux djihadistes, demande en décembre 2015 « au ministère de l'Intérieur de lui fournir un bilan circonstancié des résultats du CPDSI. "Cette structure n'a pas de bureau et un très faible effectif, explique-t-elle, je souhaite juste comprendre comment on "déradicalise" dans de telles conditions »[18].

Pour Mohamed Sifaoui, « Dounia Bouzar raisonne en musulmane et refuse d'admettre que nous sommes dans le traitement d'une maladie de l'islam et non d'une dérive sectaire »[18]. Un fonctionnaire cité par le JDD reproche également à Dounia Bouzar de s'intéresser principalement aux jeunes Françaises.

Olivier Roy, professeur à l’Institut universitaire européen de Florence refuse la théorie de CPDSI de l’emprise sectaire. Pour lui, c'« est un refus de comprendre, c’est nier à quelqu'un la raison de son action. Ces jeunes sont volontaires. Ce sont eux qui vont chercher sur des sites » [19].

Une inspection interministérielle audite en décembre 2015 le dispositif ­national de lutte contre la radicalisation. Elle s'inquiète des conflits d'intérêt entre le CPDSI et « Bouzar Expertises » qui vend des prestations de formation à des collectivités susceptibles de travailler avec l'association. Le préfet Pierre N'Gahane déclare : « pour éviter les soupçons de conflits d'intérêts, nous ne renouvellerons pas sa mission de formation pour l'année 2016, Dounia Bouzar consacrera désormais exclusivement son action aux familles. » [18].

Desjournalistes [20]comparent le CPDSI à un centre de déradicalisation comme la maison de prévention pour les familles[21]. Or, le CPDSI est une institution mandatée par circulaire ministérielle sur l’ensemble du territoire français et des DOM TOM pour transmettre auprès des cellules anti-radicalité des préfectures sa méthode de désembrigadement qu’elle a auparavant expérimentée. La MPF par contre a été créée en septembre 2014 et dirigée par Sonia Imloul, cette dernière était partisane d’une approche « cultuelle », à l'inverse de Dounia Bouzar. Elle faisait appel à des salafistes dits « quiétistes » pour remettre les jeunes dans le droit chemin. Le gouvernement n’a pas renouvelé le contrat du MPF en novembre 2015 justifiant cela par l’absence de résultats tangibles autres que ceux, invérifiables, annoncés par l’intéressée[22].

Désaccord avec le gouvernement sur la déchéance de nationalité[modifier | modifier le code]

Le 11 février 2016, Dounia Bouzar, en sa qualité de Directrice du CPDSI, émet un communiqué de Presse[23] qui précise qu'elle n'accepte pas de renouveler son mandat d'Équipe Mobile d'Intervention, pour une seconde année, en réaction au maintien de la déchéance de nationalité. Elle y écrit notamment : «(...) Va-t-on recommencer à relier l’origine ethnique des individus au processus de radicalisation ? Va- t-on réellement assister dans les prochains mois à une essentialisation de l’islam faisant de chaque musulman un potentiel terroriste et laissant passer au travers des dispositifs tous les autres ? Nous ne pouvons partager un postulat que nous combattons depuis 15 ans. C’est pour lutter contre l’amalgame entre musulmans et radicaux que nous avions conçu les indicateurs d’alerte, qui reposent sur des comportements de rupture et non pas sur la pratique ou l’apparence religieuse. L’amalgame renforce toujours les radicaux.(...).»

Cette annonce avait déjà quelque peu été émise au travers d'une tribune de Dounia Bouzar dans le journal Le Monde[24].

De nombreux articles de médias nationaux couvrent cette annonce de refus de renouvellement tacite d'avril 2016 à avril 2017, tels que Le Monde[25], Libération[26], Saphirnews[27], Le JDD[28], etc.

Dounia Bouzar déclare que le CPDSI terminera sa mission actuelle, jusqu'à fin avril 2016, avec sérieux et professionnalisme, pour finir de transmettre méthode et postures professionnelles aux préfectures.

Premières pistes du Gouvernement après la démission de Dounia Bouzar et du CPDSI à partir d'avril 2016[modifier | modifier le code]

Le ministère de l'Intérieur a annoncé que l'appel d'offre refusé par le CPDSI sera certainement à nouveau soumis à candidatures. «Quant aux pouvoirs publics, ils pourraient lancer un appel d’offres pour trouver de nouveaux intervenants. "Quand on a commencé à s’intéresser au problème il y a deux ans, il n’y avait que Dounia Bouzar, et nous lui en sommes reconnaissants. Aujourd’hui, les acteurs sont bien plus nombreux", note-t-on au ministère de l’Intérieur.»[29]

Par ailleurs, au moment où la demande d'aide des familles est en pleine expansion, Laurence Rossignol , secrétariat d'État à la Famille envisage la création d'un réseau national d'associations de parents dont les enfants sont partis faire le djihad. La présidente serait Dominique Bons [30].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Les sections « vie privée » des articles biographiques doivent être sourcées et n'ont pas vocation à constituer des listes d'anecdotes. Merci d'essayer d'adopter autant que possible un style encyclopédique (février 2016).

Dans le cas où cela serait possible sans nuire à la structure de l'article, ces faits peuvent éventuellement être intégrés dans d'autres sections.

Dounia Bouzar (Mahfoudi de son nom d'épouse) travaille avec ses deux filles, Lylia et Laura Bouzar. Laura travaille au CPDSI en tant que chef d'équipe. Lylia dirige le cabinet co-fondé en 2012 et y travaille à temps plein en tant que gérante non salariée. Elle est également présidente bénévole du CPDSI (élue par l'Assemblée constituante du CPDSI en avril 2014) aux côtés d'un Conseil d'Administration administrant l'association selon les règles en vigueur, accompagnée d'un expert comptable et d'un commissaire aux comptes assermenté auprès du ministère de la Justice, élu pour trois ans. Cette fonction engage sa responsabilité pénale en cas de difficultés ou d'infractions, comme tout dirigeant associatif. Elle ne comporte aucune rémunération, ce qui est interdit pour toute personne étant dans le CA d'une association loi 1901. Elle révèle en 2015, dans son ouvrage La vie après Daesh[31] qu'elle a échappé à un mari musulman extrêmement violent au travers de son personnage Nadia et fait vivre le lecteur au rythme de la vie du CPDSI. Elle précise dans lors d'une interview donnée (dans L'Émission à voix nue du 14 juin 2016 sur France Culture) que c'est à l'occasion de cette histoire, qu'elle a décidé d étudier l'islam ; elle déclare être tombée amoureuse de cette religion, ce qui la conduit à se convertir.

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000028861183
  2. http://www.cpdsi.fr/
  3. a et b Houda Belabd, « Dounia Bouzar: « Fatwalogue », diriez-vous ? », Al-Ahram Hebdo, 26 juin 2013
  4. « Dounia Bouzar. Anthropologue française », Evene.fr.
  5. «Le gouvernement islamise les problèmes sociaux», sur Libération.fr (consulté le 23 février 2016)
  6. http://www.lesechos.fr/10/01/2005/LesEchos/19325-65-ECH_les-bonnes-questions-de-madame-bouzar.htm
  7. « Acteur de la ville », sur L'Humanité (consulté le 23 février 2016)
  8. http://www.bouzar-expertises.fr/presse-ecrite/346-le-parcours-de-la-combattante-lien-social
  9. http://www.justice.gouv.fr/le-ministere-de-la-justice-10017/dir-de-la-protection-judiciaire-de-la-jeunesse-10026/
  10. https://www.facebook.com/abdel.baraka
  11. http://www.culture.gouv.fr/culture/actual/abolition/reunion.htm
  12. Lylia Bouzar, « BOUZAR EXPERTISES - Héroïne européenne, TIMES MAGAZINE », sur bouzar-expertises.fr (consulté le 23 février 2016)
  13. Caltha Tech, « BOUZAR EXPERTISES - Accueil », sur bouzar-expertises.fr (consulté le 23 février 2016)
  14. « CPDSI »
  15. http://www.cpdsi.fr/wp-content/uploads/2016/02/circulaire-equipemobile20mai2015.pdf
  16. Sylvain Mouillard, Dounia Bouzar contre la dérive sectaire, Libération, 20 février 2015
  17. « Distribution des prix de L'Express 2015 »
  18. a, b et c Marie-Christine Tabet, « Face aux critiques, Dounia Bouzar s'explique », sur LeJDD.fr,‎
  19. Dounia Bouzar renonce à sa mission sur la déradicalisation pour protester contre la déchéance, Le Monde, 11 février 2016
  20. http://www.marianne.net/dounia-bouzar-sonia-imloul-deradicalisation-fait-bide-100240556.html
  21. https://www.youtube.com/watch?v=6lTFZW18kVk
  22. http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/une-cellule-de-deradicalisation-met-la-cle-sous-la-porte-21-11-2015-5298505.php
  23. [PDF] Communiqué de Presse du CPDSI du .
  24. « La radicalisation ne touche pas que les musulmans », sur Le Monde.fr,‎ (consulté le 23 février 2016)
  25. « Dounia Bouzar renonce à sa mission sur la déradicalisation pour protester contre la déchéance », sur Le Monde.fr (consulté le 23 février 2016)
  26. « La déchéance de nationalité fait craquer Dounia Bouzar », sur Libération.fr (consulté le 23 février 2016)
  27. Amara Bamba, « Dounia Bouzar : retour sur un parcours semé d'embûches », sur SaphirNews.com - Quotidien musulman d’actualité (consulté le 23 février 2016)
  28. Anne-Charlotte Dusseaulx (avec AFP), « Déradicalisation : la déchéance pousse Dounia Bouzar à renoncer à sa mission  », sur LeJDD.fr,‎ (consulté le 23 février 2016)
  29. http://www.liberation.fr/france/2016/02/11/la-decheance-de-nationalite-fait-craquer-dounia-bouzar_1432660
  30. http://www.lejdd.fr/Societe/Le-dispositif-antiradicalisation-submerge-par-la-demande-malgre-les-fonds-et-les-moyens-humains-765167
  31. BFMTV, « La vie après Daesh »: Dounia Bouzar raconte son combat contre l'islam radical, sur BFMTV,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]