Arthur Schnitzler

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Arthur Schnitzler
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Arthur Schnitzler en 1912.

Naissance
Vienne (Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie)
Décès (à 69 ans)
Vienne
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Allemand
Adjectifs dérivés schnitzlerien, schnitzlérien

Arthur Schnitzler, né le à Vienne et mort dans la même ville le , est un écrivain et médecin autrichien.

Il est l'un des auteurs les plus importants de la « modernité viennoise » au tournant de la fin du XIXe siècle dans le XXe siècle en Autriche-Hongrie.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Arthur Schnitzler naît à Leopoldstadt, 2e arrondissement de Vienne. Il est d'origine juive par ses parents: sa mère, née Luise Markbreiter (1838–1911), et son père, Johann Schnitzler (1835–1893), qui est un laryngologue réputé. Les comédiens et cantatrices qui constituent la plupart de la clientèle de celui-ci donnent très tôt au jeune Arthur un goût de l'esthétique et une irrépressible envie d'écrire. À treize ans déjà, il a écrit près de vingt pièces de théâtre dans différents genres. Après avoir étudié la médecine à l'université de Vienne en 1879, il obtient son doctorat de médecine en 1885 et travaille à l'hôpital général de Vienne. Il est entré « à la Polyclinique générale comme assistant de son père » en 1888, où il a expérimenté l'hypnose[1].

À la mort de son père, qui survient le 2 mai 1893, à l'âge de cinquante-huit ans, « il quitte la Polyclinique et ouvre un cabinet médical », il achète une bicyclette qui va représenter une nouvelle liberté pour lui. Il voyage (pour des randonnées à pied ou en bicyclette) en Autriche, en Allemagne, en Suisse et Italie du Nord, souvent en compagnie d'amis comme Beer-Hoffmann et Hofmannsthal[2].

Les femmes occupent une très grande place dans sa vie: Olga Waissnix (1862-1897), Marie Reinhard (1871-1899), Olga Gussmann (1882-1970) [qu'il épouse en 1903]. En 1928, à la suite d'un mariage malheureux, sa fille Lili se suicide à 18 ans à Venise. Arthur Schnitzler mourra le 31 octobre 1931 à Vienne d'une hémorragie cérébrale. Il est enterré au « cimetière central » de Vienne[3].

Aspects de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Arthur Schnitzler est l'auteur de pièces de théâtre, de nouvelles et de romans. Les sujets qu'il traite sont souvent sentimentaux. La complexité psychologique de ses personnages le rapproche de la psychanalyse. Freud disait d'ailleurs : « Je pense que je vous ai évité par une sorte de crainte de rencontrer mon double. »

Certaines de ses pièces et de ses nouvelles le fit avoir affaire à la censure en raison de thèmes abordés comme la sexualité, l'antisémitisme ou la critique de l'Armée (Le sous-lieutenant Gustel). Sa pièce La Ronde (Der Reigen), écrite en 1896, déclencha un scandale à sa première représentation en 1920 et donna lieu à un procès.

Jacques Le Rider le situe dans « le groupe Jeune Vienne » dont font également partie Hugo von Hofmannsthal et Stefan Zweig. Il estime que « l'œuvre considérable du romancier et dramaturge Arthur Schnitzler », qui « fut aussi l'auteur d'un des journaux personnels les plus considérables du XXe siècle », fut « dans toutes les phases de sa production, un moraliste sans indulgence et analyste pessimiste de la dégradation des valeurs individuelles et culturelles »[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Stèle Arthur Schnitzler à Vienne.

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1893 : Anatol
  • 1896 : Liebelei [« Amourette »]
  • 1897 : Reigen (La Ronde, Stock)
  • 1898 : Der grüne Kakadu [« Le Cacatoès vert »]
  • 1903 : Der einsame Weg (Le Chemin solitaire, Actes Sud)
  • 1911 : Das weite Land (litt.: « Le vaste pays  ». Adaptation française sous le titre: Terre étrangère)
  • 1912 : Professor Bernhardi

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • 1892 : Sterben (Mourir, Stock)
  • 1900 : Frau Bertha Garlan (Berthe Garland, Stock)
  • 1900 : Leutnant Gustl (Le Sous-lieutenant Gustel, Livre de Poche)
  • 1902 : Die Fremde (L'Étrangère, Stock)
  • 1913 : Frau Beate und ihr Sohn (Madame Béate et son fils, Stock)
  • 1918 : Casanovas Heimfahrt (Le Retour de Casanova, 10/18)
  • 1924 : Fräulein Else (Mademoiselle Else, Stock)
  • 1926 : Traumnovelle (La Nouvelle rêvée, Livre de Poche)
  • 1926 : Spiel im Morgengrauen (Les Dernières Cartes, Sillage)

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1907 : Der Weg ins Freie (Vienne au crépuscule)
  • 1928 : Therese. Chronik eines Frauenlebens (Thérèse, Livre de Poche)

Éditions et traductions en français[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • La Ronde , Stock
  • Le Chemin solitaire, Actes Sud

Nouvelles, romans[modifier | modifier le code]

  • Romans et nouvelles (2 tomes), Le Livre de poche « La Pochothèque » Collection « Classiques modernes », édition préfacée, établie et annotée par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, © 1994, Librairie Générale Française (pour la présentation et les notes du tome I); © 1996, Librairie Générale Française (pour la préface, les notices et les notes du tome II).
    • Tome I. 1885-1908: Traductions de M. Rémon, W. Bauer et S. Clauser, D. Auclères R. Dumont, P. Forget et P. Gallissaires
    • Tome II. 1909-1931: Traductions de D. Auclaires, H. Christophe, P. Forget, P. Gallissaires, A. Hella et O. Bournac, P. Hofer-Butry, M. Rémon, B. Vergne-Cain et G. Rudent
  • Le Sous-Lieutenant Gustel, traduction Maël Renouard, Sillage, 2009
  • Les Dernières Cartes, traduction Brice Germain, Sillage, 2009
  • Gloire tardive (Später Ruhm), traduit de l’allemand par Bernard Kreiss, Albin Michel, inédit, 2016, (ISBN 2226317333)

Carnets, Journal, Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Relations et Solitudes, « Rivages Poche », traduction Pierre Deshusses, 1991
  • La Transparence impossible, « Rivages Poche », traduction Pierre Deshusses, 1992
  • Journal (1923-1926), Rivages Poche, traduction Philippe Ivernel, 2012
  • Avec Stefan Zweig, Correspondance, « Rivages Poche », traduction Gisella Hauer et Didier Plassard, 2001
  • Lettres aux amis (1886-1901), « Rivages Poche », traduction Jean-Yves Masson, 1991

Adaptations[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Schnitzler ont fait l'objet de plusieurs adaptations, principalement cinématographiques:

  • Fräulein Else
  • Liebelei
  • Der Reigen (La ronde)
  • Das weite Land
  • Traumnovelle
    • 1999 Eyes Wide Shut, d'après La Nouvelle rêvée (Stanley Kubrick): Arthur Schnitzler avait lui-même envisagé une adaptation de cette nouvelle pour le cinéma. En décembre 1930, il travaille avec acharnement à ce scénario ; malgré ses rencontres avec le directeur de la Hom-FilmGesellschaft, cela n'aboutit pas. En revanche, c'est précisément dans la version américaine de ce scénario (sous le titre Rhapsody) qu'en 1968 Stanley Kubrick lit pour la première fois Traumnovelle.

Divers[modifier | modifier le code]

« schnitzlérien »[modifier | modifier le code]

L'adjectif associé à son œuvre et à sa pensée est « schnitzlerien » ou « schnitzlérien ».

Descendance[modifier | modifier le code]

Arthur Schnitzler est le grand-père de l'écologiste et du violoniste Michael Schnitzler.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, « Repères biographiques » dans: Arthur Schnitzler, Romans et nouvelles, tome 2, Le Livre de poche « La Pochothèque » Collection « Classiques modernes », édition préfacée, établie et annotée par B. Vergne-Cain et G. Rudent,© 1996, Librairie Générale Française (pour la préface, les notices et les notes) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques Le Rider, Arthur Schnitzler ou la Belle Époque viennoise, Éditions Belin, coll. « Voix allemandes », Paris, 2003, 256 p. (ISBN 2-7011-2935-4)
  • Dictionnaire du monde germanique, sous la direction de É. Décultot, M. Espagne et J. Le Rider, Paris, Bayard, 2007, entrée « Jeune Vienne (Bahr, Schnitzler) » (Article de J. Le Rider) (ISBN 9782227476523) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Theodor Reik, Schnitzler psychologue, Éditions Circé (ISBN 284242168X)
  • Catherine Sauvat, Arthur Schnitzler, Éditions Fayard

En anglais[modifier | modifier le code]

(Sites payants)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Repères biographiques » dans: Arthur Schnitzler, Romans et nouvelles (éd. Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent), tome 2, 1996, p. 1126.
  2. « Repères biographiques » dans: Arthur Schnitzler, Romans et nouvelles, tome 2, p. 1126 et suiv..
  3. « Repères biographiques » dans: Arthur Schnitzler, Romans et nouvelles, tome 2, p.  1125-1134 passim.
  4. J. Le Rider, entrée « Jeune Vienne (Bahr, Schnitzler)», dans Dictionnaire du monde germanique, sous la direction de É. Décultot, M. Espagne et J. Le Rider, Paris, Bayard, p. 559-560.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]