Arc de triomphe du Carrousel

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Arc de triomphe du Carrousel
Arc de Triomphe du Carrousel 2006.jpg

L'arc de triomphe du Carrousel en 2006.

Présentation
Type
Arc de triomphe
Architecte
Construction
1809
Commanditaire
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Accès et transport
Métro
Coordonnées
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L’arc de triomphe du Carrousel est un monument parisien datant de 1809 et situé place du Carrousel dans le 1er arrondissement de Paris, juste à l'ouest du musée du Louvre.

Comportant des entrées sur chacune des quatre faces (tétrapyle), cet arc de triomphe fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Le site est desservi par la station de métro Palais Royal - Musée du Louvre.

Historique[modifier | modifier le code]

Édifié entre 1807 et 1809, l'arc de Triomphe célèbre la victoire de la Grande Armée de Napoléon Bonaparte à Austerlitz. Dessiné par Charles Percier et Pierre Fontaine, illustre la campagne de 1805 et la capitulation d'Ulm le 20 octobre 1805.

Le monument est érigé devant le palais des Tuileries auquel il sert d'entrée d'honneur, une grille séparant la cour du palais de la place du Carrousel qui lui donne son nom. Après l'incendie du palais des Tuileries en 1871 et sa destruction en 1883, le monument se trouve au centre de la grande esplanade formée par le jardin du Carrousel et la place du même nom.

Description de l'arc[modifier | modifier le code]

C'est une copie à échelle réduite de l'Arc de Constantin (313-315) à Rome, ce dernier s'inspirant lui-même des arcs de Septime-Sévère et d'Orange. Les sujets des bas-reliefs illustrant les batailles ont été choisis par le directeur du musée Napoléon (situé à l'époque au palais du Louvre), Vivant Denon, et dessiné par Charles Meynier.

Le quadrige surmontant l'arc est une copie des Chevaux de bronze de Constantin Ier, attelage ornant le dessus de la porte principale de la basilique Saint-Marc de Venise. En effet, à l'issue de la première campagne d'Italie, l'armée française menée par le général de l'armée d'Italie Napoléon Bonaparte rapporta de Venise en 1798, l'original de la sculpture comme « trésor de guerre » et la plaça sur le monument. Il fut entouré de deux victoires à partir de 1808. En 1815, à la suite de la bataille de Waterloo et de la chute de l'empereur (Restauration), la France rend le quadrige aux Autrichiens qui le restituent aussitôt à la cité des doges qui venait d'être annexée à l'Empire d'Autriche par le Congrès de Vienne. La copie est alors effectuée par le sculpteur François Joseph Bosio en 1828.

Le monument comporte trois arcades dans sa largeur, comme l’arc de Septime-Sévère, plus une qui est transversale. Sa hauteur est de 14,60 mètres et sa base est un rectangle de 19,60 mètres sur 6,65 mètres. Il est couronné d’une frise imposante en marbre (griotte d'Italie), sculptée et gravée[2].

Projection sur l'arc de triomphe du Carrousel durant la Nuit blanche 2007.

On peut lire sur les frontispices :

Façade Est :
L'armée française embarquée à Boulogne menaçait l'Angleterre
Une troisième coalition éclate sur le continent
Les Français volent de l'océan au Danube
La Bavière est délivrée, l'armée autrichienne prisonnière à Ulm
Napoléon entre dans Vienne, il triomphe à Austerlitz
En moins de cent jours, la coalition est dissoute

Façade Sud :
Honneur à la grande armée
Victorieuse à Austerlitz
En Moravie
Le 2 décembre 1805 jour anniversaire
Du couronnement de Napoléon

Façade Ouest :
À la voix du vainqueur d’Austerlitz
L’empire d’Allemagne tombe
La confédération du Rhin commence
Les royaumes de Bavière et de Wurtemberg sont créés
Venise est réunie à la couronne de fer
L’Italie entière se range sous les lois de son libérateur

Façade Nord :
Maître des États de son ennemi
Napoléon les lui rend
Il signe la paix le 27 décembre 1805
Dans la capitale de la Hongrie
Occupée par son armée victorieuse

Sur chacune des deux grandes façades, quatre colonnes adossées, de style composite, au fût de marbre de Caunes-Minervois, rose et lisse, se terminent par un chapiteau de marbre rouge foncé à corbeille corinthienne, surmontant un large tailloir à la romaine qui soutient une statue représentant en pied un soldat de l’armée impériale en grand uniforme.

Détail du bas-relief sur la face sud.

Chaque face est agrémentée de bas-reliefs :

  • Face nord, un bas-relief de Deseine : L’Entrée à Vienne.
  • Face sud, un bas-relief de Lesueur : La Paix de Presbourg.
  • Face est (côté Carrousel), de gauche à droite : un cuirassier, par Taunay ; un dragon, par Corbet ; un chasseur à cheval, par Foucou ; un carabinier[3], par Chinard. Entre les deux colonnes de gauche, un bas-relief de Cartellier : La Capitulation d’Ulm ; entre celles de droite : un bas-relief d’Espercieux : La Bataille d’Austerlitz.
  • Face ouest (côté Tuileries), de gauche à droite : un grenadier, par Dardel ; un carabinier de ligne, par Antoine Mouton dit Moutoni ; un canonnier, par Bridan ; un sapeur, par Dumont. Entre les deux colonnes de gauche, un bas-relief de Clodion : L’Entrée de l’armée française à Munich ; entre celles de droite : un bas-relief de Ramey : L’Entrevue de Tilsit.

L'arc est également équipé d'un cadran solaire et d'un repère de nivellement.

L’arc de triomphe du Carrousel du Louvre renvoie doublement à l’est algérien : le quadrige qui le surmonte représente Constantin Ier, éponyme de Constantine. Mais surtout ce monument napoléonien a failli être doublé par l’arc de triomphe de Djemila : en 1839, le duc d’Orléans projeta et commença à démonter ce monument algérien pour le remonter entre les Tuileries et la place de la Concorde[4]. Ce projet n'a pas abouti et l'arc trône toujours à Djemila.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00085992, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. La description est tirée de l’ouvrage d’Adolphe Laurent Joanne, Paris illustré : Nouveau guide de l’étranger et du Parisien, Hachette, 1863, p. 88-89.
  3. Dénomination usuelle dans les ouvrages du XIXe siècle ; il s'agit plus précisément d'un « carabinier à cheval », dont l'uniforme, à l'origine, (celui de l'époque de Chinard), était similaire à celui du grenadier, qu'on a pensé aussi reconnaître.
  4. Article « Djimilah ou Djemilah » du Larousse du XIXe siècle, 1865-1876.

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