Amédée II de Savoie

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Amédée II de Savoie
Amédée II de Maurienne
Titre comte de Maurienne
(1078-1080)
Autre titre Marquis de Suse (Turin) et d'Italie
Prédécesseur Pierre Ier de Savoie
Successeur Humbert II de Savoie
Biographie
Dynastie Humbertiens
Maison de Savoie
Naissance né vers 1050
Décès vers 1080
Père Othon Ier de Savoie
Mère Adélaïde de Suse
Conjoint Jeanne de Genève
Enfants Humbert II de Savoie
Constance
Adélaïde
Auxilia

Armoiries Savoie Ancien.svg

Amédée II de Maurienne ou plus couramment Amédée II de Savoie, né vers 1050, probablement au château de Charbonnières et mort vers 1080, est le cinquième comte de Maurienne, également seigneur du Bugey, d'Aoste et du Chablais et marquis de Suse et d'Italie (v. 1078-1080), fils d'Othon Ier de Savoie (v. 1023-v. 1057-1060) et de sa femme Adélaïde de Suse (v. 1015-1091). Les Humbertiens, à l'origine de la maison de Savoie, bien qu'étant implanté dans le comté de Savoie, ne portent le titre de comte de Savoie qu'à partir du comte Amédée III.

Dans la Chronique de Savoye (XIVe siècle, Jehan d'Orieville, dit Cabaret, historiographe du comte Amédée VIII, confond Amédée Ier et Amédée II.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il est le second fils du comte Othon (ou Oddon) (v. 1023-v. 1057-1060) et Adélaïde de Suse (v. 1015-1091), héritière des marches de Suse et d'Italie[1], né aux environs de l'année 1050. Il semble très probable qu'il soit né au château de Charbonnières[2], en Maurienne, centre du pouvoir des Humbertiens.

Son règne[modifier | modifier le code]

Il succède à son frère Pierre Ier vers 1078, mort sans descendance mâle[3]. Il serait resté sous l'influence de sa mère Adélaïde de Suse[4], considérée comme une maîtresse-femme.

Sous son règne, eurent lieu les difficiles démêlés entre le pape Grégoire VII et le souverain du Saint-Empire, Henri IV de la maison de Franconie au sujet des investitures. Adélaïde et Amédée II servirent de médiateurs entre les deux puissances. Parents par alliance, ils aidèrent efficacement l'empereur, notamment en autorisant son passage par le Mont-Cenis pour se rendre à Canossa en 1077[5]. En échange, la comtesse et son fils auraient négocié l'obtention de cinq évêchés italiens[4]. L'empereur les récompense, selon Guichenon, par la cession du Bugey[4] à Amédée II et en reconnaissant les droits et l'inféodation du marquisat d'Ivrée à Adélaïde de Suse[6].

Vers 1076-1077, il aurait reçu le Bas-Chablais rhodanien appelé également Bas-Valais pour avoir laissé passer par le col du Mont-Cenis l'empereur Henri IV, pour se rendre à Canossa[7],[5],[8]. L'empereur était le beau-fils de la comtesse Adélaïde et le beau-frère de Amédée, ayant épousé Berthe de Savoie. La comtesse l'accompagne d'ailleurs auprès du pape Grégoire VII[5]. Il se peut que celui-ci soit confondu avec son frère, Pierre[9].

L'apport politique essentiel du comte Amédée II, réside dans le début de la prise de conscience par les princes de la maison de Savoie, de l'importance de leur position géographique, au carrefour du Saint-Empire, des États pontificaux, de Venise, du royaume de France, mais surtout en tant que gardiens des passages alpins.

  • Leur jeu politique à l'intérieur de leurs terres, sera désormais de jouer les Piémontais contre les Savoyards, et, les Savoyards contre les Piémontais.
  • Leur jeu diplomatique, face aux puissants, sera de se fortifier dans les montagnes, de contrôler efficacement les passages alpins, et surtout de s'agrandir dans toutes les directions aux dépens de leurs voisins, par un intense travail de diplomatie et d'alliances.

Amédée II accorda un grand nombre d'immunités au clergé, et en particulier aux ordres de Saint-Bernard et de Saint-Augustin. Depuis longtemps, les évêques eux-mêmes donnaient des terres aux monastères, alors que de nombreux et puissants barons entraient dans les ordres pour expier leur fautes et leur vies de violence, de rapines et de tueries, tentant ainsi d'échapper au remords de leur conscience, mais surtout, ils apportaient aussi de nombreux biens.

À la fin du règne d'Amédée, — mais pour certains ce ne serait qu'une légende forgée au XVIIIe siècle — des monastères s'élevaient partout sur les terres du comte de Savoie, la moitié du territoire appartenait aux nombreuses abbayes et toutes ces terres étaient cultivées par plus de cent cinquante mille serfs, qui avaient en général une vie plus rude et étaient plus malheureux que les serfs des seigneurs. De nombreux serfs, chaque année tentaient de s'enfuir vers le Piémont, poursuivis et chassés par les officiers abbatiaux. Certains seigneurs, jaloux de la puissance des abbayes, ou en procès contre elles, protégeaient et aidaient ces désertions.

Mort et lieu de sépulture[modifier | modifier le code]

À sa mort, vers 1080, la succession passe à son fils Humbert[3].

Famille[modifier | modifier le code]

En 1065, il épousa Jeanne de Genève, fille du comte de Genève Gérold II de Genève qui lui donna un fils et trois filles[3] :

Titres et possessions[modifier | modifier le code]

Amédée semble être le premier des Humbertiens à être titré dans un acte (daté d'environ 1062, dont on n'a qu'une transcription partielle) de donation d'un manse aux chanoines de Saint-Jean, portant la mention de comes Belicensium, que l'on peut traduire par « comte des Belleysans »[10]. Aucune autre mention n'utilise cette titulature. Selon les historiens, il pourrait également s'agir de son oncle, Amédée Ier[11],[12].

Outre les droits sur les territoires de la Maurienne, de la Savoie Propre, du Chablais, du Val d'Aoste ou encore du Bugey, il porte également les titres de marquis de Suse et théoriquement le titre comtal de Turin, sous toutefois la trace de cet usage.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Palluel-Guillard, p. 6.
  2. Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ , 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 141.
  3. a, b et c Palluel-Guillard, p. 8.
  4. a, b et c Jacques Lovie, Histoire des Diocèse de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Beauchesne,‎ , 301 p. (ISSN 0336-0539), p. 33.
  5. a, b et c Alain Boucharlat, Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ , 319 p. (ISBN 978-2-86253-221-9), p. 16-17.
  6. Claude Genoux, Histoire de Savoie depuis la domination romaine jusqu'à nos jours, t. 1852, F. Saillet, 480 p., p. 82.
  7. Roland Edighoffer, Histoire de la Savoie, Paris, Presses universitaires de France,‎ , 128 p. (ISBN 978-2-13-044838-9), p. 31.
  8. Henri Baud et Jean-Yves Mariotte, Histoire des communes savoyardes : Le Chablais, Éditions Horvath,‎ , 422 p. (ISBN 978-2-7171-0099-0), p. 10.
  9. Palluel-Guillard, p. 7.
  10. M.-C. Guigue, Petit Cartulaire de Saint-Sulpice en Bugey, suivi de documents inédits pour servir à l’histoire du diocèse de Belley, Lyon, 1884, Appendice, no 2, p. 26.
  11. Voir également le volume 3 (p. 568-570) de la thèse de Laurent Ripart, « Les fondements idéologiques du pouvoir des comtes de la maison de Savoie (de la fin du Xe au début du XIIIe siècle) », Université de Nice, 1999, 3 volumes (sous la direction d'Henri Bresc).
  12. Article de Cyrille Ducourthial, « Géographie du pouvoir en pays de Savoie au tournant de l’an mil », paru dans Christian Guilleré, Jean-Michel Poisson, Laurent Ripart et Cyrille Ducourthial, Le royaume de Bourgogne autour de l'an mil, Université de Savoie, coll. « Sociétés, Religions, Politiques »,‎ , 286 p. (ISBN 978-2915797350), p. 231.