Pierre Ier de Savoie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pierre de Savoie et Pierre Ier.
Pierre Ier de Savoie
Pierre de Maurienne
Monnaie (Denaro Segusino) de Pierre Ier
Monnaie (Denaro Segusino) de Pierre Ier

Titre comte en Maurienne
(v. 1057 / 1060-v. 1078)
Autre titre Marquis de Suse et d'Italie
Prédécesseur Othon Ier de Savoie
Successeur Amédée II de Savoie
Biographie
Dynastie Humbertiens
Maison de Savoie
Naissance
Décès  ?
Père Othon Ier de Savoie
Mère Adélaïde de Suse
Conjoint Agnès de Poitiers
Enfants Agnès,
Alix (Alice)

Armoiries Savoie Ancien.svg

Pierre de Maurienne, voire selon l'usage dit de Savoie, né vers 1048 et mort le , est le quatrième comte en Maurienne, également seigneur du Bugey, d'Aoste et du Chablais et marquis de Suse et d'Italie (v. 1060-1078), fils d'Othon Ier de Savoie (v. 1023-v. 1057-1060) et de sa femme Adélaïde de Suse (v. 1015-1091). Les Humbertiens, à l'origine de la maison de Savoie, bien que possédant le comté de Savoie, ne portent le titre de comte de Savoie qu'à partir du comte Amédée III.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Pierre serait le premier fils issu du mariage du comte avec la marquise Adélaïde de Suse (v. 1015-1091)[1], né probablement aux environs de l'année 1048, selon l'historien Victor de Saint-Genis (1830-1904)[2] ou encore l'historien anglais Charles William Previté-Orton (1877-1947)[3].

La Chronique de Savoye, de Jehan d'Orieville, dit Cabaret, historiographe du comte Amédée VIII, sur laquelle repose la connaissance historiographique, ne mentionne pas ce fils du comte Othon (ou Oddon) (v. 1023-v. 1057-1060)[4]. Il n'en est pas plus mention dans la généalogie de Hautecombe[4]. Les deux historiens Philibert de Pingon et Samuel Guichenon en font par contre mention[4].

Règne[modifier | modifier le code]

Au décès de son père, vers 1057 ou 1060, il devient comte[5]. Jeune, mais majeur[6], le pouvoir est régi par sa mère Adélaïde de Suse[7].

Il épouse Agnès de Poitiers (v. 1052-v. 1089)[5], fille de Guillaume VII de Poitiers, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine de 1039 à 1058 et d'Emma de Chartres, vers 1064[3],[8], d'après l'historien Charles William Previté-Orton[9]. Elle aurait épousé en 1054[8] en premières noces Ramire Ier, premier roi d'Aragon, qui meurt en 1064[5],[10].

En 1066 ou 1067, il marie sa sœur Berthe au roi de Germanie et de Bourgogne, Henri de Franconie[11], futur empereur du Saint-Empire[4]. Promise dés 1051, alors qu'elle n'est âgée que de trois ou quatre ans, et Henri de cinq ans, ce dernier a cherché à ne pas donner suite[4]. Le cardinal Pierre Damien l'en dissuade[4]. L'empereur en conflit avec le Pape cherche des alliés dont les Humbertiens qui contrôlent certains des principaux passages des Alpes[12]. Le mariage est finalement célébré entre 1066 et 1067, peut être le [4]. Trois ans plus tard, Henri engage une procédure de divorce qui fait grand bruit, assurant que le mariage n'a pas été consommé. Le légat du pape Pierre Damien l'accuse d'immoralité et lui refuse le divorce.

Durant cette période, lui ou sa mère autorise le passage des Alpes par le Mont-Cenis à l'empereur Henri IV, pour se rendre à Canossa en 1077[13],[7]. Le lien familial, depuis le mariage avec Berthe, la sœur du comte, rend plus aisé ce passage[12]. La comtesse-mère Adélaïde l'accompagne d'ailleurs auprès du pape Grégoire VII[7]. En échange, l'Empereur aurait cédé des droits sur une « province de Bourgogne » vers 1076[14]. Les historiens ont tenté par élimination de déterminer laquelle et le choix s'est porté sur la « province d'Agaune, dite plus tard le vieux Chablais, soit le pays compris entre Martigny et Vevey »[14],[15] ou encore dite le Bas-Chablais rhodanien appelé également Bas-Valais[5] à moins que celui-ci soit confondu avec son successeur, Amédée II de Savoie[16]. Cette générosité marque surtout l'importance du pouvoir des Humbertiens et leur contrôle sur ces passages alpins[12].

Selon la Chronique de Savoye de Cabaret, l'abbé Rodolphe de Saint-Maurice d'Agaune aurait donné à Pierre II l'anneau de Saint Maurice[14],[17],[18]. Il s'agit d'un insigne hérité des derniers rois de Bourgogne par l'intermédiaire de l'Empereur, conférant aux comtes de Savoie[19] le « pouvoir par la translation de l'anneau »[18]. Il apparait fort probable de nos jours que c'est ce Pierre Ier à qui aurait été donné cet anneau, vers 1076[14],[19],[20]. Le comte prend d'ailleurs le titre d'abbé[14]. Cet anneau est par la suite devenu le signe d'investiture de la maison de Savoie, comme il l'avait été pour les rois de Bourgogne[19].

Mort et lieu de sépulture[modifier | modifier le code]

Le marquis Pierre semble connaître une fin violente, selon l'historien Szabolcs de Vajay[4], et décède le [3].

Les titres et les droits passent à son frère Amédée (1050-1080)[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Pierre de Savoie épouse vers 1064 Agnès de Poitiers, avec qui il semble avoir eu une (selon Charles William Previté-Orton)[21] ou deux filles (selon Szabolcs de Vajay)[5].

Agnès porte le nom de sa mère et de sa grande-tante, l'Impératrice[21]. Elle épouse en 1080 Frédéric de Montbéliard, comte de Lutzelbourg[21],[22].

Le prénom de la seconde fille diffère. Sur le site Sabaudia.org, l'historien André Palluel-Guillard retient Alix, donnée par Samuel Guichenon, qui épouse Boniface del Vasto, margrave ou marquis de Savone[5],[21]. Leur fille, Sibylle, aurait épousé en 1129, Guilhem VI de la Maison de Montpellier. Pour l'historien anglais Charles William Previté-Orton, cette seconde enfant serait « invention de généalogistes », permettant de légitimer des droits en Italie[21].

L'historien Szabolcs de Vajay, spécialiste des Royaumes outre Pyrénées, donne une Berthe (en), qui épouse selon lui Pierre Ier d'Aragon[21].

Titres et possessions[modifier | modifier le code]

Pierre de Savoie hérite à la mort de son père des possessions de Maurienne, il est également seigneur du Bugey, d'Aoste et du Chablais. . Bien que seigneur du comté de Savoie, le titre de comte de Savoie n'est porté par les Humbertiens qu'à partir du comte Amédée III. Auxquels s'ajoutent les titres hérités de sa mère, marquis de Suse et d'Italie. Toutefois, aucune mention ne nous est parvenue qui associerait son nom à un titre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Palluel-Guillard, p. 6.
  2. Victor de Saint-Genis, Histoire de Savoie d'après les documents originaux depuis les origines les plus reculées jusqu'à l'annexion : La révolution (1713 à 1860), vol. 3, Chambéry, Conte-Grand & Cie, , 630 p. (lire en ligne), p. 181.
  3. a, b et c Previté-Orton 1912, p. 205 (lire en ligne).
  4. a, b, c, d, e, f, g et h .Bussière 2000, p. 5-6.
  5. a, b, c, d, e et f Palluel-Guillard, p. 7.
  6. Demotz 2000, p. 165.
  7. a, b et c Alain Boucharlat, Savoie, La Fontaine de Siloé, , 319 p. (ISBN 978-2-86253-221-9), p. 16-17.
  8. a et b (ca) Armand de Fluvià (préf. Josep M. Salrach), Els primitius comtats i vescomptats de Catalunya : Cronologia de comtes i vescomtes, Barcelone, Enciclopèdia catalana, coll. « Biblioteca universitària » (no 11), , 238 p. (ISBN 84-7739-076-2), p. 104.
  9. Previté-Orton 1912, p. 231.
  10. Bussière 2000, p. 4.
  11. Demotz 2000, p. 224.
  12. a, b et c Histoire de Savoie 1984, p. 24.
  13. Roland Edighoffer, Histoire de la Savoie, Paris, Presses universitaires de France, , 128 p. (ISBN 978-2-13-044838-9), p. 31.
  14. a, b, c, d et e Demotz 2000, p. 186.
  15. Histoire de Savoie 1984, p. 25.
  16. Henri Baud et Jean-Yves Mariotte, Histoire des communes savoyardes : Le Chablais, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 978-2-7171-0099-0), p. 10.
  17. Chronique de Savoye, p. 96, « Comment Pierre de Savoie obtient l'anneau de saint Maurice, anneau qui, depuis, a été confié à la garde des comtes de Savoie ».
  18. a et b Laurent Ripart, « L’anneau de saint Maurice », dans Bernard Andenmatten, Annick Vadon, Agostino Paravicini Bagliani (dir.), Héraldique et emblématique de la Maison de Savoie (XIe – XVe siècle), vol. 10, Lausanne, Cahiers Lausannois d’histoire médiévale, (lire en ligne), p. 45-91.
  19. a, b et c Bernard Sache, Le siècle de Ripaille, 1350-1450 : quand le Duc de Savoie rêvait d'être roi, La Fontaine de Siloé, , 324 p. (ISBN 978-2-84206-358-0, lire en ligne), p. 91-92.
  20. Bernard Andenmatten et Laurent Ripart, Héraldique et emblématique de la Maison de Savoie : L'anneau de saint Maurice, vol. 10, Lausanne, Cahiers lausannois d'histoire médiévale, , 65 p..
  21. a, b, c, d, e et f Bussière 2000, p. 7-8.
  22. Bruno Galland, Les papes d'Avignon et la Maison de Savoie : 1309-1409, Collection de l'École française de Rome, 512 p. (ISBN 978-2-72830-539-1, lire en ligne), p. 18, ainsi que la note n°15 « II avait épousé la fille et unique héritière de Pierre Ier ».