Abbaye de la Cour-Dieu

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Abbaye de la Cour-Dieu
Image illustrative de l'article Abbaye de la Cour-Dieu
Ruine de l'église en 1827

Diocèse Diocèse d'Orléans
Patronage Notre-Dame
Numéro d'ordre (selon Janauschek) VIII (8)[1]
Fondation 1119
Début construction XIIe siècle
Fin construction XIXe siècle
Dissolution 1791
Abbaye-mère Abbaye de la Cour-Dieu
Lignée de Abbaye de Cîteaux
Abbayes-filles Loroy (1125-1791)
Le Val (1125-1790)
Olivet (1145-1791)
Iranzu Drapeau de l'Espagne Espagne (1178-1839)
Cercanceaux
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style
Protection Logo monument historique Classée MH (2012)[2]

Coordonnées 48° 00′ 21″ Nord 2° 11′ 51″ Est / 48.005881579815, 2.1974221524964[3]
Pays Drapeau de la France France
Province Orléanais
Département Loiret
Commune Ingrannes

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de la Cour-Dieu

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(Voir situation sur carte : Centre-Val de Loire)
Abbaye de la Cour-Dieu

Géolocalisation sur la carte : Loiret

(Voir situation sur carte : Loiret)
Abbaye de la Cour-Dieu

L'abbaye de la Cour-Dieu est une ancienne abbaye cistercienne française du XIIe siècle située à Ingrannes dans le département du Loiret et la région Centre-Val de Loire. Elle est classée au titre des Monuments historiques.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'abbaye est située à 1,5 km au nord-ouest du bourg de la commune d'Ingrannes, dans une clairière de la forêt d'Orléans, sur la route départementale 921, à une trentaine de kilomètres au nord-est d'Orléans.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

L'abbaye de la Cour-Dieu est fondée en 1123 par Jean II, évêque d'Orléans, et par le chapitre Sainte-Croix de cette ville. La même année, le roi Louis le Gros la confirme en y ajoutant quelques biens. Son début est modeste, mais, honorée de la protection des papes, des rois, des évêques et de plusieurs familles puissantes , elle a un accroissement rapide[4].

Le développement[modifier | modifier le code]

Sceau de l'abbé

En 1118, douze moines de l'abbaye de Cîteaux dont le frère Amaury sont envoyés par l'évêque d'Orléans dans la forêt d'Orléans, à Ingrannes au lieu de la Cour-Dieu. En 1123, Amaury devient le premier abbé par la charte de fondation. Le développement important permet vers 1125-1129 la fondation des abbayes de Loroy, de Notre-Dame du Val et en 1145, Olivet.

En 1147, la Cour-Dieu reçoit la protection du pape Eugène III qui approuve les donations et, en 1159, le pape Alexandre IV permet la sépulture dans le monastère, ce qui est une grande source de revenus. En 1187, l'abbé Hugues fonde l'abbaye de Cercanceau dans le diocèse de Sens. En 1187 et 1191, les papes Clément III, Innocent III et le roi Philippe-Auguste confirment les donations et privilèges.

En 1216, dédicace de l'église avec 15 autels après 40 ans de construction, En 1256, visite du roi Saint-Louis, en 1322, du roi Charles IV le Bel et en 1342, du roi Philippe IV. Á cette époque, une épidémie emporte 17 moines, 4 novices et 4 convers[5].

Le déclin et la fin[modifier | modifier le code]

En 1399, pendant la guerre de Cent-ans, une grande partie de l'abbaye est détruite et pillée. En 1420, elle n'a plus que 16 religieux et 2 novices. L'abbé Jean V Boyvin est le dernier abbé élu avant la mise en commende. En 1530, Guillaume de Vallery est le premier abbé commendataire, puis le Cardinal de Lorraine, premier ministre d'Henry II.

En 1562, la Cour-Dieu est pillée par les protestants avec à leur tête Lancelot du Lac, seigneur de Chamerolles et de Chilleurs-aux-Bois. Au début du XVIIIe siècle, le prieur Maurice Berbis de Longecourt tente de relever l'abbaye, répart l'église et construit la maison du prieur. En 1770, il ne reste plus que 4 moines et l'abbé De la Geard de Cherval est le dernier abbé.

Le 2 novembre 1789, les biens sont mis à la disposition de l'État, l'inventaire fait en septembre 1790 et la vente affichée le 26 mars 1791[6]. La statue monumentale en marbre, de la Vierge allaitant l'Enfant, est conservée au musée d'Orléans[7]

  • Georges Simenon locataire de la Cour-Dieu d'octobre 1934 à février 1936 y écrit: Faubourg, Quartier nègre et Les demoiselles de Concarneau[8].

Le temporel[modifier | modifier le code]

En 1690, l'abbaye a environ 6 000 Livres de rentes et des biens: terres, prés, bois, vignes, dîmes, redevances, maisons, moulins dans les paroisses d'Attray, Bazoches-les-Gallerandes, Boiscommun, Châteauneuf-sur-Loire, Chécy, Chilleurs-aux-Bois, Fay-aux-Loges, Grigneville, Ingrannes, Jouy-en-Beauce, Montbarrois, Oyson, Orléans, Ouvrouer-les-Champs, Saint-Denis-de-l'Hotel, Saint-Jean-de-Braye, Saint-Martin-d'Abbat, Semoy, Sully-la-Chapelle, Tigy, Trainou, Villemurlin et Vitry-aux-Loges.

Les biens les plus importants: les métairies de Grand Jouy et Petit Jouy, Précollant et de la Basse Cour à Ingrannes, Vignault à Laas, Bréviade à Sully-la-Chapelle, Oison, Boucler à Jouy-en-Beauce avec deux manoirs, la Croix à Ouvrouer-les-Champs, Chabrineau et Grouelle à Attray, Chérupeau à Tigy avec deux manoirs, terres, prés, bois, deux étangs, un oratoir, 600 à 700 arpents de terre, deux métairies à Frapais de 500 arpents, 9 étangs, le moulin de l'abbaye, des maisons à Ingrannes, Orléans, des vignes à Boiscommun, Montbarrois, Chécy et dans l'enclos de la Cour-Dieu[9].

Architecture[modifier | modifier le code]

Plan de l'abbaye de la Cour-Dieu

L'abbaye de la Cour-Dieu est implantée au cœur de la forêt d'Orléans, dans une clairière qu'arrose le ruisseau du Cens, à proximité d'un étang créé par les moines. Elle est protégée par un mur et de profonds fossés. L'accès se fait par la route de Pithiviers à Fay-aux-Loges par une grande porte en arc brisé avec: à droite la porterie, maison des hôtes, qui fut longtemps l'Auberge de la Cour-Dieu, lointain témoignage de l'époque où les moines vendaient leur vin, et, à gauche, la ferme de la Cour-Dieu.

Séparée par les jardins de l'abbé, l'église du début du XIIIe siècle respecte la simplicité de son ordre avec un chevet plat. D'une longueur de 71 m par 41 m au transept, une nef de 8,10 m et des collatéraux de 4,10 m, la façade est précédée d'un porche et percée d'une porte en arc brisé. Elle est flanquée d'une tour en escalier et, dans chaque branche du transept de 3 chapelles.

Au sud de l'église, un cloître carré avec un puit distribue dans le prolongement du transept sud: la salle capitulaire et au-dessus, la bibliothèque et les dortoirs des moines, au sud: le réfectoire, le chauffoir et la cuisine, à l'ouest, le logis abbatial construit en 1720 par le prieur Berbis de Longecourt, remanié au XIXe siècle et le mur séparant le cloître du jardin de l'abbé. Une cour sépare les locaux réguliers du dortoir des convers et les communs[10].

Les vestiges de l'ensemble de l'abbaye ont été classés monuments historiques par arrêté du 5 septembre 2012[2]. Ceux de l'église abbatiale avaient été auparavant inscrits à l'inventaire supplémentaire par arrêté du  ; les vestiges en élévation et les sols de l'abbaye avaient été inscrits le ,[11] ; ces inscriptions ont été annulées à la suite du classement de l'ensemble de l'édifice.

  • L'abbaye est une propriété privée et ne se visite pas.

Les abbés de la Cour-Dieu[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, , 491 p. (lire en ligne), p. 99-100
  2. a et b « Notice no PA00098796 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. « Cour-Dieu, la », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 19 juin 2013)
  4. Bibliothèque de l'école des Chartes, 1864, volume: 25, n°1, page: 467
  5. L. Jarry: L'abbaye de la cour-Dieu, pages: 3, 7, 12, 13, 16, 27, 32,43, 52, 63, 86, 94, 96,
  6. L. Jarry: L'abbaye de la Cour-Dieu, pages: 102, 110, 113, 115, 120,129,
  7. Fabrice Cario, Trésors cachés des églises de la Nièvre, La Camosine, 1990, notice no 12, p.28/160.p.
  8. Site du département du Loiret
  9. L. Jarry: L'abbaye de la Cour-Dieu, pages: 30, 217
  10. L. Jarry: L'abbaye de la Cour-Dieu, page: 142 et: notice de classement, Base Mérimée
  11. « Journal officiel de la République française. Liste des immeubles protégés au titre des monuments historiques en 2007. Texte n°29 », sur www.legifrance.gouv.fr, République française,‎ (consulté le 4 mai 2010)
  12. Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Jarry, Histoire de l'Abbaye de la Cour Dieu, ordre de Cîteaux, diocèse d'Orléans : 1118-1793, Herluison libraire-éditeur, 1864. 1 vol. in-8
  • Dossiers d'archéologie, no 340, pages: 32-37
  • Gallia Chritiana, tome: 8, Paris, page: 1583

Lien externe[modifier | modifier le code]