Abbaye de Grimbergen

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Abbaye de Grimbergen
Image illustrative de l'article Abbaye de Grimbergen
L’église abbatiale (sans façade…)
Présentation
Nom local Abdij van Grimbergen

SintServaas Basiliek

Culte catholique
Type Abbaye
Rattachement Ordre des Prémontrés
Début de la construction XIIe siècle
Architecte Gilbert de Soignies (reconstruction)
Autres campagnes de travaux Reconstruite au XVIIIe siècle
Site web www.abdijgrimbergen.be
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région flamande Région flamande
Province Drapeau du Brabant flamand Province du Brabant flamand
Commune Grimbergen
Coordonnées 50° 56′ 02″ N 4° 22′ 15″ E / 50.933889, 4.370833 ()50° 56′ 02″ Nord 4° 22′ 15″ Est / 50.933889, 4.370833 ()  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Abbaye de Grimbergen

L’abbaye de Grimbergen, est une abbaye prémontrée sise au centre de Grimbergen, en Belgique, à une quinzaine de kilomètres au nord de Bruxelles. Fondée au XIIe siècle, elle est supprimée en 1796, mais retrouve vie en 1835 après l’indépendance de la Belgique. Elle est toujours habitée par une communauté de chanoines prémontrés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, Gauthier Berthout, seigneur de Grimbergen, cherche à consolider son prestige par l’établissement d’une abbaye sur ses terres. Après deux essais infructueux - des chanoines de Saint Augustin puis des bénédictins (vers 1105) ne restent que quelques années, faute de revenus stables - son successeur s’adresse à Norbert de Xanten, fondateur d’un nouvel ordre religieux. Celui-ci lui envoie de Prémontré un groupe de chanoines sous la conduite de Humbert. Ils s’installent à Grimbergen en 1124.

La date officielle de la fondation est 1128. Les archives de l’abbaye possèdent un document (de 1132) qui est l’approbation officielle donnée par Liétard, évêque de Cambrai, dont, au spirituel, dépend toute la région du Brabant. L’abbatiale est consacrée en 1132. Comme d’autres abbayes prémontrées, celle-ci est à l’origine mixte (deux communautés séparées d’hommes et de femmes), mais la communauté féminine déménagera à Nieuwenrode et disparaîtra au XIIIe siècle.

L’essor est rapide, même si les religieux sont souvent victimes des fréquents conflits entre le duc de Brabant et le seigneur de Grimbergen. Ainsi l’abbaye (avec le bourg de Grimbergen) subit un premier ravage et incendie en 1159. Comme le demande leur vocation de Prémontrés les chanoines sont engagés dans le service pastoral des paroisses environnantes dont ils reçoivent la charge. Entre 1135 et 1140, Grimbergen fonde déjà deux communautés : le prieuré Saint-Nicolas à Furnes et l'Abbaye de Dieleghem (reprise des Augustins). Certaines paroisses confiées en 1249 par l’évêque de Cambrai, telles Grimbergen, Wemmel, Meise, Strombeek seront desservies par eux durant des siècles.

Les temps devenant difficiles, des refuges urbains sont construits dans les villes voisines de Bruxelles, Louvain et Malines. Au cours du XIIIe siècle, les ducs de Brabant assurent leur suprématie. Au siècle suivant, Jean IV devient l’(incommode) ‘protecteur’ de l’abbaye. En retour, les abbés sont conseillers des ducs.

Difficile XVIe siècle[modifier | modifier le code]

L'abbatiale et son clocher de 60 mètres

Les XIVe et XVe siècles se passent dans une relative tranquillité, si ce ne sont des catastrophes naturelles (épidémies) et parfois des troubles internes. En 1469, l’abbé Jean de Malines doit démissionner, et en 1503, Pierre van Wayenberg (premier abbé mitré) doit faire de même, les chanoines n’appréciant pas les réformes qu’ils tentent d’introduire. En 1496, Grimbergen ne compte plus que 11 religieux.

Par contre, au XVIe siècle, les guerres de religions sont dévastatrices, particulièrement dans les Pays-Bas méridionaux. En 1542, et de nouveau en 1566, l’abbaye est pillée par les iconoclastes. En 1579, elle est incendiée. Les dégâts sont tels que les 27 chanoines doivent l’abandonner. Ils résident à Bruxelles de 1579 à 1600. En 1600 commence une période de restauration.

Nouvel essor et prospérité[modifier | modifier le code]

Le concile de Trente et ses réformes donnent un nouveau souffle. Le XVIIe siècle est sans doute le siècle d’or de Grimbergen : plusieurs personnalités marquent le domaine des arts et sciences religieuses. Malgré une nouvelle épidémie de peste qui dure 10 ans et emporte le père abbé (1650 à 1660), la communauté se relève et le nombre de ses membres augmente régulièrement. À partir de 1660, une nouvelle église est érigée suivant les plans de Gilbert de Soignies (1627-1665).

Les travaux sont lents. Il faut attendre 1700 pour pouvoir célébrer la messe de Noël dans l’abbatiale, qui n'est d'ailleurs pas terminée. En 1725, le chantier de l’église est définitivement interrompu : manquent encore deux travées de la nef : elles ne seront jamais réalisées[1]. Sous l’abbatiat de Jean-Baptiste Sophie (1755-1775) sont construits la splendide sacristie (en 1763), le portail de l’abbaye (1767) et le presbytère (1768). Durant le XVIIIe siècle, un ensemble complet de nouveaux bâtiments monastiques est édifié.

L’abbaye retrouve un grand prestige, sans doute plus politique que religieux. Les abbés sont membres de droit des États de Brabant dans les Pays-Bas espagnols puis autrichiens. En 1749, l’abbé François Casens, comme délégué extraordinaire des « États », reçoit le duc Charles de Lorraine à Tirlemont.

Suppression et restauration[modifier | modifier le code]

Abbot Nicholas à Spira (1510-1568)

Mais comme pour les autres abbayes de la région, l’administration révolutionnaire française dans les Pays-Bas méridionaux sonne le glas de Grimbergen. En 1796 elle est supprimée, et la cinquantaine de chanoines qui en dépendent en sont chassés et dispersés dans les paroisses. Les bâtiments sont vendus dès l’année suivante et les démolitions commencent presque aussitôt.

En 1816, il ne reste des bâtiments monastiques que l’abbatiale, le presbytère, la ferme et le portail. Cependant, un des religieux, Jean-Baptiste Vandenbergen, resté comme curé de Grimbergen, entreprend de préparer le rétablissement de la communauté de chanoines. Les tracas de la politique anti-catholique de Guillaume II ne rendent cela possible qu’après l’indépendance de la Belgique.

En 1835, une communauté de chanoines est formée, qui est formellement installée en 1840. En 1846, ils sont déjà 15 religieux. Cela n'empêche pas l'abbaye d'entrer dans le grand mouvement missionnaire outre-mer caractéristique du XIXe siècle. En 1849, deux religieux sont envoyés comme missionnaires en Afrique du Sud. En 1875, un prieuré est fondé au Canada.

En 1950, à la demande de l’évêque d’Oudtshoorn, un nouveau groupe de 4 religieux est envoyé en Afrique du Sud. Ils fondent une mission à Kommetjie. Mais ils reçoivent bientôt, en 1951, un district entier comme champ apostolique (Worcester). De 1951 à 1970, d’autres sont envoyés régulièrement rejoindre le prieuré prémontré d’Afrique du Sud, fondé officiellement en 1970.

En 1972, les chanoines (au nombre de 53) continuent à desservir des paroisses dans les environs de Grimbergen et assurent l’enseignement religieux dans plusieurs écoles.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Confessionnal de l'abbatiale
  • L’église baroque, dédiée à l’Immaculée conception est - en tant que paroisse - devenue la ‘Basilique Saint-Servais’, un titre accordé en 1999 par le pape Jean-Paul II. La tour haute de 60 mètres renferme un carillon de 49 cloches. L’architecte en est le chanoine prémontré Gilbert de Soignies.
  • Le nef et le chœur forment un bel ensemble baroque flamand.
  • Le maître-autel, réalisé en marbre noir et blanc est l’œuvre du malinois Langhermans (+1720)
  • La chaire de vérité et les quatre superbes confessionnaux de bois sculpté sont du ciseau de Henri-François Verbruggen (+1724).
  • Les orgues sont du facteur bruxellois Jean-Baptiste Forceville (1660-1739). Elles furent achevées par Jean-Baptiste Goynaut (1725-1780) en 1750.
  • Les stalles du chœur, de style rococo, sont surmontées de médaillons arborant divers saints prémontrés.
  • La sacristie aux larges dimensions (16 mètres de long) est entièrement lambrissée de chêne et décorée, sur sa voûte d’une fresque représentant l’apothéose de Saint Norbert (1763).

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Jean van den Steen (1596-1654) prononça l’éloge funèbre de Jansénius (en 1641).
  • Thomas Kempen (1627-1688), professeur de musique religieuse (en France), réforma l'office divin de l’ordre des Prémontrés.
  • Daniel Bellemans (1640-1674), poète, composa entre autres le populaire Den lieffelijke paradijs vogel, réimprimé jusqu’au milieu du XVIIIe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce qui donne à l’église que l’on voit aujourd’hui un plan bizarre de croix latine renversée, sans façade et avec un chœur plus allongé que la nef

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]