Aller au contenu

Liste des évêques et archevêques de Dol

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Liste des évêques et archevêques de Dol

La tradition donne saint Samson comme étant le fondateur de l'évêché de Dol (VIe siècle), mais en fait Samson était un évêque missionnaire, itinérant, fondateur de l'abbaye de Dol[1].

En marge de l'empire carolingien, la (Petite) Bretagne manifeste son désir d'indépendance lorsque les successeurs de Charlemagne s'affaiblissent : le comte puis duc Nominoë, ayant réussi à obtenir son autonomie politique (845)[2], épure l'épiscopat breton[3] pour y placer des fidèles : en 849, lors du synode de Coitlouh[4], il dépose et remplace les évêques d'Aleth, Vannes, Quimper et Léon et érige à Dol un siège épiscopal[5],[6]. Ce coup d'état ecclésiastique avait pour but de détruire les dernières racines de l'influence des Francs en Bretagne[7]. Il n’est pas question de métropole et encore moins de primatie. Après l'extinction du schisme grâce aux négociations (862-866) avec le pape Nicolas Ier[8], le particularisme breton se manifeste tout au long des IXème-Xème siècles : les rois bretons, successeurs de Nominoë, qui ne veulent pas dépendre de l’archevêque franc de Tours[9], tentent d'obtenir de Rome la création d’une métropole. Une demande en bonne et due forme de pallium pour Dol est cependant rejetée dès 866[10]. Néanmoins la métropole de Dol, « usurpation politique »[11], tenta d'exister : Henri Waquet parlait d’une suprématie, à la fois féodale et religieuse, que l'archevêque Wicohen [c.960/970] exerça sur une grande partie de la Bretagne du Nord[12]. Jean XIII (965-972) condamne de nouveau les prétentions métropolitaines de Dol[13]. Dol obtint le pallium, et donc une semi-autonomie (1076-1144), sous Grégoire VII[14], Urbain II[15], Pascal II[16], jusqu'au refus de Lucius II[17], mais la question reste toujours pendante. Innocent III (bulle Licet primum, 1er juin 1199) tranche une fois pour toutes : Dol est un diocèse suffragant de Tours, avec interdiction de se dire archevêque ou de porter le pallium[18]. Le diocèse de Dol garde une « position exceptionnelle parmi les prélats bretons », due à sa puissance seigneuriale, qui « lui donnait une importance incontestable »[19] et, jusqu'en 1664, une préséance sur les autres évêques bretons aux États de Bretagne[20]. Jamais les archevêques de Dol n'ont été "primats de Bretagne" ni n'en ont porté le titre.

Le , l'évêché fut supprimé. Le territoire du diocèse fut rattaché aux diocèses de Saint-Brieuc et de Rennes.

Les abbés (de 557 à 848)

[modifier | modifier le code]
Verrière axiale de la chapelle absidale de la cathédrale Saint-Samson figurant quatre des premiers évêques de Dol.

Les archevêques (de 866 à 1199)

[modifier | modifier le code]

Les évêques (de 1199 à 1801)

[modifier | modifier le code]
Thibaud de Pouancé et Jean du Bosc (Vitrail de la cathédrale Saint-Samson datant du XIVe (les armes ont été ajoutées au XIXe).
Armes de Mgr de Bouschet de Sourches (Vitrail de la cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne).

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Léon Levillain, « Les réformes ecclésiastiques de Noménoé (847-848). Étude sur les sources narratives », in Le Moyen âge, Paris 1902, p. 226-227.
  2. Chédeville et Guillotel 1984, p. 251-294.
  3. Chédeville et Guillotel 1984, p. 266.
  4. Chédeville et Guillotel 1984, p. 267-273.
  5. Léon Levillain, « Les réformes ecclésiastiques de Noménoé (847-848). Étude sur les sources narratives », in Le Moyen âge, Paris 1902, p. 232.
  6. « Le schisme breton. L’Église de Dol au milieu du IXe siècle, d'après les sources », Annales de Bretagne 30/3 (1914), p. 424-468.
  7. A. Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, I, Rennes 1880, p. 380.
  8. Chédeville et Guillotel 1984, p. 304-311.
  9. A. Fliche et V. Martin, Histoire de l’Église depuis les origines jusqu’à nos jours, t. VII, Paris, , p. 187-188.
  10. Chédeville et Guillotel 1984, p. 308-309.
  11. R. Foreville, « Royaumes, métropolitains et conciles provinciaux. France, Grande-Bretagne, Péninsule ibérique », dans L. Prosdocimi et P. Zerbi, éd., Le Istituzioni ecclesiastiche della « Societas christiana » dei secoli XI-XII. Papato, cardinalato ed episcopato (Atti della quinta Settimana internazionale di studio, Mendola, 26-31 agosto 1971), Milano, coll. « Miscellanea del Centro di Studi Medioevali » (no 7), , p. 283.
  12. Henri Waquet, « Dol », DHGE, XIV, Paris 1960, p. 569.
  13. Bulle Quia vice beati : cf. Jaffé–Loewenfeld, Regesta, I, p. 476, n°3756.
  14. Bulle Non ignorare vos (27 septembre 1076) : cf. Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta, vol. I, p. 619, n°5004.
  15. Bulle Expetendi pallei (1093) : cf. Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta, vol. I, p. 671, n°5475.
  16. Bulle Sicut a quibusdam (1109) : cf. Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta, vol. I, p. 737, n°6225.
  17. Bulle Quæ iudicii (15 mai 1144) : cf. Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta, vol. II, p. 13, n°8609.
  18. Bullarum diplomatum et privilegiorum sanctorum romanorum Pontificum (Taurinensis editio), III, Torino 1858, p. 143-151.
  19. A. Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, I, Rennes 1880, p. 438.
  20. Henri Waquet, « Dol », DHGE, XIV, Paris 1960, p. 570.
  21. a b c d e f g h i j k l et m Nom donné par le Trésor de Chronologie.
  22. a et b Date donnée par le Trésor de Chronologie avec un point d'interrogation.
  23. Le Trésor de Chronologie donne, d'une part un évêque Thurianus, mort vers 749 (son nom est mis entre parenthèses), et d'autre part un évêque Turianus, siégeant vers 749. Rien ne permet de considérer, à la lecture de cette source, qu'il s'agit de deux évêques distincts.
  24. Nom donné par le Trésor de Chronologie, qui le place entre Thurianus (entre parenthèses) et Turianus, probablement le même évêque (voir note précédente). Cette source indique que Genevus est mort un 29 juillet, sans préciser d'année.
  25. Le Trésor de Chronologie indique, après Rectovaldus et Junemenus, 2 alii, en mettant entre parenthèses Juthinaleus. Cette rédaction suggère-t-elle que deux évêques portant le même nom, Juthinaleus, se sont succédé sur le siège épiscopal ?
  26. a b et c Forme nominale donnée par La Grande Encyclopédie et le Trésor de Chronologie.
  27. Le Trésor de Chronologie indique que Salacon était encore vivant en 866, soit après le début de l'épiscopat de Fastarius.
  28. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag et ah Forme nominale donnée par le Trésor de Chronologie.
  29. Léon Levillain, « Les réformes ecclésiastiques de Noménoé (847-848). Étude sur les sources narratives », in Le Moyen âge, Paris 1902, p. 218-223.
  30. Une lettre du concile de Soissons d'août 866 signale deux évêques de Dol successifs depuis la déposition de Salacon en 849.
  31. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al et am Date donnée par le Trésor de Chronologie.
  32. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x et y Forme nominale donnée par La Grande Encyclopédie.
  33. a b et c Nom donné par La Grande Encyclopédie.
  34. Le Trésor de Chronologie indique le nom Guiomarus avec un point d'interrogation, tout en précisant que cet évêque fut tué par les Normands.
  35. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al et am Date donnée par La Grande Encyclopédie.
  36. Nom donné par le Trésor de Chronologie, avec un point d'interrogation.
  37. Nom donné par La Grande Encyclopédie et le Trésor de Chronologie. Cette dernière source met cependant un point d'interrogation.
  38. a et b La Grande Encyclopédie donne Nicolas siégeant de 1358 à 1366, puis Jean des Pas et Geoffroi de Coëtmoisan. Le Trésor de Chronologie donne Geoffroi de Coëtmoisan à la place de Nicolas, évêque inconnu pour cette source, puis Jean de Pas, et enfin un autre Geoffroi, entre 1374 et 1379.
  39. a et b Autre date donnée par La Grande Encyclopédie.
  40. La Grande Encyclopédie donne Pierre (1378-1381), puis Guy (1381-1382). Le Trésor de Chronologie donne d'abord Guy, de 1379 à 1382, puis Pierre, de juin au 24 décembre 1382.
  41. La Grande Encyclopédie donne le 30 juin 1524 tandis que le Trésor de Chronologie donne l'année 1528 s'agissant du début de l'épiscopat de François de Laval. Il est probable que la date de 1524 corresponde à sa nomination, tandis que l'année 1528 corresponde à son sacre, le droit canon exigeant que l'évêque ait trente ans pour être sacré, sachant que précisément François de Laval est né en 1498.
  42. Date donnée par le Trésor de Chronologie, qui met aussi entre parenthèses et avec un point d'interrogation l'année 1556. Cependant, cette dernière hypothèse est contradictoire avec l'inscription qui suit: sedes vacat 4 annos.
  43. Le Trésor de Chronologie indique sedes vacat 7 annos à partir de la mort de Charles d'Espinay en 1591, ce qui porte le début de l'épiscopat d'Edmond Révol logiquement en 1598. Cette source ne donne pourtant aucune date concernant le début de cet épiscopat.
  44. La Grande Encyclopédie et le Trésor de Chronologie divergent. La première source considère qu'il n'existe qu'un évêque Révol, Edmond, qui siège en 1606 et meurt en 1629. La seconde considère que deux évêques Révol se succèdent: d'abord Edmond, dont la date de début d'épiscopat n'est pas précisée (cf. note précédente) mais pour lequel il est précisé qu'il n'a pas été consacré et qu'il quitte le siège en 1603; et ensuite Antoine, non mentionné par La Grande Encyclopédie, mais donné par le Trésor de Chronologie comme étant l'évêque qui siège à partir de 1604 et qui meurt en 1629. J'inscris dans la liste la version du Trésor de Chronologie.
  45. La Grande Encyclopédie donne le mois de novembre 1644 comme date de fin de l'épiscopat d'Hector Douvrier. Cependant, cette source donne avec contradiction le 19 février de cette même année 1644 comme étant la date du début de l'épiscopat de Cohon. Je retiens donc la date donnée par le Trésor de Chronologie, le 19 février 1644, comme étant celle de la fin de l'épiscopat de Douvrier.
  46. Thoreau est nommé en 1660 et consacré le 2 (selon L'Annuaire pontifical) ou le 20 (selon le Trésor de Chronologie) octobre 1661.
  47. Chamillart est nommé le 5 avril et consacré le 30 novembre si on croise les informations données par le Trésor de Chronologie et L'Annuaire pontifical.
  48. Transféré sur le siège de Senlis le 15 avril 1702 selon La Grande Encyclopédie, le 16 selon le Trésor de Chronologie et L'Annuaire pontifical.
  49. Date donnée par L'Annuaire pontifical.
  50. Nommé le 12 janvier 1715 selon La Grande Encyclopédie, consacré le 12 juillet 1716 selon le Trésor de Chronologie et L'Annuaire pontifical.
  51. Mort le 23 juin 1748 selon L'Annuaire Pontifical, le 23 ou le 30 selon le Trésor de Chronologie, le 29 selon La Grande Encyclopédie.
  52. Forme nominale donnée par L'Annuaire Pontifical.
  53. Date donnée par La Grande Encyclopédie et le Trésor de Chronologie qui précise qu'il s'agit de la date de consécration. L'Annuaire Pontifical donne l'année 1748 s'agissant de la date de nomination.
  54. Le Trésor de Chronologie indique, semble-t-il à tort, le mois de janvier comme étant celui de la mort de Dondel.
  55. Le prénom Louis n'est donné, accolé aux deux autres, que par La Grande Encyclopédie.
  56. Urbain-René de Hercé est ordonné le 22 avril 1767 et consacré le 5 juillet de la même année, si on croise les différentes sources.
  • La Grande Encyclopédie inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts - volume quatorzième, pages 814 et 815 - Paris (1885-1902).
  • Trésor de chronologie, d'histoire et de géographie pour l'étude et l'emploi des documents du Moyen Âge, par M. le comte de Mas-Latrie; page 1419 - Paris - V. Palmé (1889) (consultable sur https://gallica.bnf.fr)
  • L'Annuaire pontifical, sur le site http://www.catholic-hierarchy.org, à la page [1]
  • François Duine Un second manuscrit de la Chronique de Dol .— Les archevêques Baudry et Roland. — Le catalogue des archevêques. In: Annales de Bretagne. Tome 35, numéro 1, 1921. p.  92-99.
  • (la) Jean-Barthélemy Hauréau, Gallia Christiana, vol. XIV Provincia Turonensi, Paris, Firmin-Didot, , p. 1039-1066 Episcopi Dolenses
  • « Le schisme breton. L'Eglise de Dol au milieu du IXe siècle, d'après les sources », Annales de Bretagne, vol. 30, no 3,‎ , p. 424–468 (ISSN 0003-391X, DOI 10.3406/abpo.1914.1599, lire en ligne, consulté le )
  • A. Chédeville et H. Guillotel, La Bretagne des saints et des rois Ve – Xe siècle, Rennes,

Articles connexes

[modifier | modifier le code]