Abbassi Madani

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Abbassi Madani (arabe : عباسي مدني) (s'orthographie aussi Abassi), né le 28 février 1931[1] à Sidi Okba près de Biskra, fut cofondateur et président du Front islamique du salut en Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'un imam. Il est marié et père de six enfants, cinq garçons et une fille[2].

Il commence ses études dans une école coranique puis entre en 1941[3] dans une école de l'association 'Ulamâ (d'Ibn Bâdis) et suit les cours dispensés à la Masjidia du Cheikh Nuaïmi[4].

Il adhère au PPA-MTLD et participe à la lutte pour l'indépendance de l'Algérie dans les années 1950. Membre du groupe Marzougui, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, il est chargé de poser des bombes à Radio-Alger. Arrêté le 17 novembre 1954, il passe toute la durée de la guerre en prison[5]. Incarcéré à la Maison Carrée et à Barberousse, il apprend l'anglais[6]. Après 1962, il milite au sein du FLN jusqu'à la fin des années 1970[7]. Il est élu de ce parti de 1969 à 1974[8].

En 1962, il s’inscrit en licence de philosophie à l’université d’Alger et y prépare une thèse de psychologie de l’éducation, dans laquelle il défend la supériorité d’un système éducatif enraciné dans l’islam. En 1963[9],[10], il crée l'association Al-Qiyam Islamya (les valeurs islamiques) qui militait pour l'instauration de la loi coranique et qui sera interdite en 1970 par le président Boumédiène[11]. Professeur de sociologie à la faculté des sciences humaines de Bouzareah (Alger) il séjourne de 1975 à 1978 à Londres pour préparer une thèse. Après ses études à Londres, où il obtient un doctorat, il revient en Algérie. Il enseigne alors la psychopédagogie à l'Université d'Alger.

Le 12 novembre 1982, il participe au grand rassemblement de 5 000 islamistes venus écouter les Cheikhs Abdellatif Soltani et Ahmed Sahnoune[12]. Le 27 novembre 1982 il est emprisonné jusqu'en mai 1984[13], pour avoir promu l'enseignement en arabe plutôt qu'en français. Le 18 février 1989, il annonce officiellement dans la mosquée Al-Sunna de Bab El-Oued avec son ami Ali Belhadj, la création du FIS qui remporte largement les élections municipales de juin 1990 et notamment la mairie d'Alger. Comme Ali Belhadj, Abassi Madani veut promouvoir la charia en Algérie, s'il arrive au pouvoir avec le FIS.

Après l'arrêt du processus électoral en 1991 et les manifestations organisées par le FIS, Abbassi Madani dont le parti était pourtant arrivé en tête au premier tour des élections législatives (46,27 % des suffrages[14]), lance le 28 juin 1991 son premier appel au djihad (lutte armée). Il est incarcéré le 30 juin 1991 à la prison de Blida et condamné par la Cour militaire de Blida à douze ans de prison le 15 juillet 1992[15] pour « complot contre l’autorité de l’Etat, sabotage économique et distribution de tracts de nature à nuire à l’intérêt national »[16].

Il sera souvent soupçonné de diriger une partie des actions terroristes du FIS depuis sa prison même si l'autonomie des diverses factions terroristes étaient importantes et que la plus grande confusion et de nombreuses manipulations ont régné en Algérie durant la sanglante décennie 1990.

Le 15 juillet 1997[17], il est relâché de prison mais mis en résidence surveillée. Lorsque l'on découvre qu'il soutient encore la lutte armée du GIA et de l'AIS, il est à nouveau emprisonné en août 1997[18]. En mars 1999, sa famille est autorisée à lui rendre visite[19]. Le 11 juin 1999[20], dans une lettre adressée au président Abdelaziz Bouteflika, il fait part de son "appui total et sans réserve" à Madani Mezrag, chef de l'Armée islamique du Salut (AIS), le bras armé du FIS, qui avait annoncé un arrêt définitif de la lutte armée[21]. Il sera relâché le 2 juillet 2003, sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika[22]. Abassi Madani lance un appel à la fin de la lutte armée fondamentaliste le 25 août 2003 puis va en Arabie saoudite, en Malaisie et au Qatar.

En 2004, il commence une grève de la faim à Doha, pour soutenir la libération des otages français en Irak. Pour tenter de disculper le FIS, il a déclaré à plusieurs reprises, ces dernières années, que son organisation avait été infiltrée par l'armée et les services secrets.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.worldcourts.com/hrc/eng/decisions/2007.03.28_Abbassi_v_Algeria.htm
  2. http://books.google.fr/books?id=GcLXAAAAMAAJ&q=%22+Abbassi+Madani%22+1931&dq=%22+Abbassi+Madani%22+1931&hl=fr&sa=X&ei=ArGVT5XgBpOV0QXvsLiCAg&ved=0CGQQ6AEwCTgK
  3. http://digitool.library.mcgill.ca/webclient/StreamGate?folder_id=0&dvs=1335217482503~942
  4. http://books.google.fr/books?id=qekC2sWSH8IC&pg=PA321&dq=%22+Abbassi+Madani%22+1931&hl=fr&sa=X&ei=oqqVT_PGC8LDhAel9fWYBA&ved=0CDgQ6AEwAQ#v=onepage&q=%22%20Abbassi%20Madani%22%201931&f=false
  5. Benjamin Stora, Histoire de l'Algérie depuis l'indépendance, p. 107.
  6. http://books.google.fr/books?id=nL0zxPfFXigC&pg=PA68&dq=%22+Abbassi+Madani%22+1931&hl=fr&sa=X&ei=oqqVT_PGC8LDhAel9fWYBA&ved=0CD0Q6AEwAg#v=onepage&q=%22%20Abbassi%20Madani%22%201931&f=false
  7. http://www.crisisgroup.org/~/media/Files/Middle%20East%20North%20Africa/North%20Africa/Algeria/French%20translations/Islamism%20Violence%20and%20Reform%20in%20Algeria%20Turning%20the%20Page%20French.pdf
  8. http://storage.canalblog.com/32/89/220635/29678783.pdf
  9. http://books.google.fr/books?id=IzepS15bgicC&pg=PA176&lpg=PA176&dq=%22Abassi++madani%22++Al-Qiyam&source=bl&ots=eB-ojripQL&sig=1h5YpbqeiUUX0jy1WJ6ahcIf7ak&hl=fr&sa=X&ei=aqaVT9nnN4O2hQehseyBBA&ved=0CCYQ6AEwATgK#v=onepage&q=%22Abassi%20%20madani%22%20%20Al-Qiyam&f=false
  10. http://www.strategicsinternational.com/25_15.pdf
  11. http://muslimleaders.e-monsite.com/pages/mohamed-abbassi-madani.html
  12. http://books.google.fr/books?id=uKQnSNeWUUkC&pg=PA208&dq=%22+Abbassi+Madani%22+1931&hl=fr&sa=X&ei=oqqVT_PGC8LDhAel9fWYBA&ved=0CEkQ6AEwBA#v=onepage&q=%22%20Abbassi%20Madani%22%201931&f=false
  13. http://books.google.fr/books?id=rNrMilgHKKEC&pg=PA214&lpg=PA214&dq=%22Abassi++madani%22++1931+1990&source=bl&ots=Sq-NMo-3Gg&sig=QtUHmscmfHlAraddQjjQhTU64kA&hl=fr&sa=X&ei=GKSVT7amH5SKhQfOrOSUBA&ved=0CEoQ6AEwBg#v=onepage&q=%22Abassi%20%20madani%22%20%201931%201990&f=false
  14. http://www.aujourdhui.ma/imprimer/?rub=actualite&ref=21705
  15. http://www.humanite.fr/node/219637
  16. http://archives.lesoir.be/terrorisme-selon-des-rumeurs-le-fondateur-du-front-isla_t-20031003-Z0NLQ7.html
  17. http://taguemount.voila.net/Documents/these_terrorisme.htm
  18. http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvrepr/benhadj_madani_liberes.htm
  19. http://www.algeria-watch.org/mrv/mrvrap/groupe_travail_0302.htm
  20. http://www.algeria-watch.org/farticle/ais/aismadani.htm
  21. http://www.africatime.com/guinee/nouvelle.asp?UrlRecherche=archives.asp%3Frech%3D1%26no_pays%3D15%26no_categorie%3D1%26keyword%3D%26BtnGo.x%3D7%26IsPanafricain%3D0%26IsAfrique%3D&no_nouvelle=71696
  22. http://books.google.fr/books?id=PY8PsmAQ6wQC&pg=PA106&dq=%22+Abbassi+Madani%22+1931&hl=fr&sa=X&ei=oqqVT_PGC8LDhAel9fWYBA&ved=0CFMQ6AEwBg#v=onepage&q=%22%20Abbassi%20Madani%22%201931&f=false

Lien externe[modifier | modifier le code]