Abdellatif Soltani

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Abdelatif Ben Ali Al Soltani était un islamiste algérien, prédicateur, membre des oulémas et fondateur du FIS, il est né à El-Kantara (Biskra) le 08 juin 1902 et décédé à Kouba (Alger) le 14 avril 1984.

Biographie[modifier | modifier le code]

Abdelatif Soltani grandit à El-Kantara où il sera scolarisé très jeune dans une école coranique. Puis il achèvera son éducation religieuse dans les zaouïa de Sidi-Okba puis Tolga en 1920. En 1922, il s'inscrit à l'université islamique de la Zitouna de Tunis, où il suivra un cycle de sept ans et obtiendra son diplôme en 1929.

En 1931, il se rapproche de l'association des Oulémas musulmans algériens, dont le président Abdelhamid Ibn Badis lui propose de faire partie en tant qu'enseignant. Il est alors envoyé comme instituteur et imam d'une mosquée libre à Constantine. Par la suite il sera enseignant à l'école.

En 1946, il est élu au conseil d'administration de l'association des Oulémas représentant Constantine.

En 1948, l'institut Ibn Badis est créé à Constantine, Abdelatif Soltani y sera enseignant puis censeur.

En 1951, Abdelatif Soltani s'installe à Alger la capitale où il est nommé trésorier et directeur du siège d'Alger de l'association des Oulémas.

De 1955 à 1960, il sera imam de la mosquée El Anassir dans le quartier Ruisseau (Hussein Dey-Alger).

De 1962 à 1965, il sera imam de la mosquée Ketchaoua près de la Casbah et membre actif de l'association religieuse « El Qiyam » qui œuvre à une islamisation de l'État et de la société. Mais le 26 mars 1965, il s'oppose au projet de participation des femmes à la vie sociale et politique du président Ahmed Ben Bella. Il sera alors démis de son poste d'imam. Mais Abdelatif Soltani reprendra sa place d'imam suite au coup d'État de Houari Boumediene. Il sera plusieurs fois convoqué pour ses prises de positions contre les femmes ou leurs tenues vestimentaires. En parallèle, il est professeur au lycée de jeunes filles Hassi Ben-Bouali de Kouba puis au lycée de garçons El-Idrissi, jusqu'à sa retraite en 1971.

En 1974, il publie son pamphlet Le mazdakisme est à l'origine du socialisme dans lequel il critique vivement le choix du socialisme par le gouvernement algérien, qu'il considère incompatible avec l'islam. Il attaqua aussi la sécularisation de l'enseignement scolaire qui rendrait athée selon lui, et affirme que la Charia est la solution à tous les problèmes de la société[1]. « Ce livre peut être considéré comme le manifeste du mouvement islamiste en Algérie » d'après l'historien Mohamed Harbi[2].

En 1977, il se rend à l'université islamique de Médine (Arabie-Saoudite), pour assister au congrès de la Daawa, présidée par la plus grande autorité religieuse du pays, le grand mufti wahabite saoudien Abd al-Aziz ibn Baz.

En 1981, il publie Les flèches de l'islam dans lequel il déclarait que les moudjahidin algériens de la guerre de libération ne méritaient pas le titre de martyrs (chahid) car ils ne s'étaient pas battus au nom de la foi islamique.

En 1982, Abdelatif Soltani entre dans le paysage politique islamique et il signe avec Ahmed Sahnoun et Abassi Madani, un programme politique islamique en 14 points qu'ils présenteront au gouvernement. Ils appellent à l'islamisation du droit, de l'éducation et de l'économie et une arabisation plus efficace.

Abdelatif Soltani sera alors assigné à résidence jusqu'à son décès, le 14 avril 1984 à Kouba (Alger). Ses obsèques seront l'occasion d'une grande manifestation islamiste.

Ses ouvrages[modifier | modifier le code]

- Le mazdakisme est à l'origine du socialisme, 1974, publié au Maroc.

- Les flèches de l'islam, 1981.

- Pour la foi islamique

Son influence[modifier | modifier le code]

En 1989, l'islamiste algérien Ali Belhadj affirme qu'il a été influencé par Abdelatif Soltani[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

-Mustafa Al-Ahnaf, Bernard Botiveau, Franck Frégosi, L'Algérie par ses islamistes, KARTHALA Editions, 1991 - 328 pages

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) William Crotty, Democratic Development & Political Terrorism: The Global Perspective, Boston, Northeastern University Press, , 544 p. (ISBN 1555536255), p.284
  2. Mohamed Harbi, L'Islamisme dans tous ses états, Arcantère, , 202 p., p.135
  3. Al-Muntada Al-Islami Trust-London, « Cheikh Ali Belhadj (par lui-même) », Al Bayane,‎ , p. 66-70