Île Sala y Gómez

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Île Sala y Gómez
Isla Sala y Gómez (es)
Vue aérienne de l'île Sala y Gómez.
Vue aérienne de l'île Sala y Gómez.
Géographie
Pays Drapeau du Chili Chili
Archipel Aucun
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 26° 28′ 20″ S, 105° 21′ 45″ O
Superficie 0,15 km2
Point culminant non nommé (30 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Statut Sanctuaire naturel

Région Valparaíso
Province Île de Pâques
Commune Île de Pâques
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Fuseau horaire UTC-6

Géolocalisation sur la carte : océan Pacifique

(Voir situation sur carte : océan Pacifique)
Île Sala y Gómez
Île Sala y Gómez
Îles au Chili

L'île Sala y Gómez est une petite île inhabitée de l'océan Pacifique, appartenant au Chili. C'est l'extrémité orientale de la Polynésie.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La dénomination de l'île vient des noms de José Salas Valdés, marin espagnol qui l'aperçut le , et de José Manuel Gómez, qui en fit la première description détaillée en octobre 1805.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de l'île Sala y Gómez
Vue de l'île Sala y Gómez.

Topographie[modifier | modifier le code]

L'île Sala y Gómez est située 3 220 kilomètres à l'ouest de la côte chilienne, 2 500 kilomètres à l'ouest des îles Desventuradas et à 391 kilomètres au nord-est de l'île de Pâques qui est la terre la plus proche. L'île Sala y Gómez est constituée de deux îlots, un petit à l'ouest mesurant quatre hectares de superficie (270 mètres du nord au sud, 200 mètres de l'est à l'ouest) et un plus grand à l'Est mesurant onze hectares de superficie (500 mètres du nord au sud, 270 mètres d'est en ouest), qui sont reliés par un étroit isthme au nord, d'à peine trente mètres de largeur de moyenne. La superficie totale est d'environ 15 hectares, soit 0,15 km2, et la longueur totale, îles et isthme inclus, est de 770 mètres. Son plus haut point, au sud de l'île orientale, est de trente mètres, une petite falaise de dix mètres de haut surplombant une butte de vingt mètres. Le plus haut point de l'île occidentale est de 26 mètres.

L'île est couverte de sel de mer et la côte est truffée d'innombrables bassins au pied de falaises rendant l'accostage difficile sauf par temps calme.

Même s'il n'existe pas de source d'eau douce permanente, on trouve une dépression géologique sur le rocher oriental qui offre une réserve d'eau douce de 75 mètres de diamètre, remplie par l'eau de pluie. Même lorsque cet endroit apparaît sec à sa surface, le sable reste humide à quelques centimètres en profondeur. Lorsqu'il n'est pas rempli d'eau, c'est le seul endroit de l'île où puisse se poser un hélicoptère.

En 1994, la marine chilienne a installé un phare automatique et un système d'alerte aux tsunamis. L'île a été déclarée depuis sanctuaire naturel.

Géologie[modifier | modifier le code]

L'île Sala y Gómez est une île volcanique, partie émergée d'une haute montagne sous-marine qui s'élève d'un fond marin situé à 3 500 mètres de profondeur. Le Récif Scott situé à un kilomètre et demi au nord-est de l'île est un autre pic de la même montagne sous-marine et qui ne se trouve qu'à 25 mètres de la surface de la mer. L'île Sala y Gómez est une partie de la dorsale Sala y Gómez et comme l'île de Pâques à l'ouest, le seul lieu de la région où une montagne sous-marine atteint le niveau de la mer. Il y a plusieurs dizaine de monts sous-marins sur cette dorsale, qui s'étend sur 2 232 kilomètres vers l'est jusqu'au mont Nazca où elle rejoint la dorsale Nazca.

Excepté l'île de Pâques, l'île Sala y Gómez est la plus jeune montagne de la chaîne, supposée avoir été formée par un point chaud ayant progressé régulièrement vers l'ouest, il y a 27 millions d'années pour la chaîne Nazca à deux millions d'années pour l'île de Pâques.

Flore[modifier | modifier le code]

Bien que sans forêts, plutôt désertique et accueillant seulement quatre espèces de plantes terrestres parmi lesquelles la fougère Asplenium (dans des zones protégées et sur les hauteurs moins sèches), l'île Sala y Gómez fait partie de la même écorégion que l'île de Pâques, appelée Bosques subtropicales con hojas anchas de Rapa Nui (« Forêts subtropicales à larges feuilles de Rapanui »).

Faune[modifier | modifier le code]

Hormis un grand nombre d'espèces d'insectes, la seule faune non-aquatique est formée par une douzaine d'espèces d'oiseaux de mer, qui utilisent l'île comme nurserie. Voici les estimations de population en 1985 :

Espèce (Nom polynésien) Nom scientifique Nombre d'adultes en 1985
Puffin de la Nativité Puffinus nativitatis 5000
Fou masqué (Manukena) Sula dactylatra 3000
Noddi brun Anous stolidus 1400
Frégate du Pacifique (Makohe) Fregata minor 700
Sterne fuligineuse Onychoprion fuscata 200
Noddi bleu Procelsterna cerulea 80
Phaéton à brins rouges (Tevake) Phaethon rubricauda 30
Océanite à gorge blanche Nesofregetta fuliginosa 2
Gygis blanche Gygis alba 2
Fou à pieds rouges Sula sula 2
Noddi noir Anous minutus 2
Noddi gris Procelsterna albivitta 1

Ces populations peuvent varier considérablement d'une année à l'autre, en fonction des conditions météorologiques. En 1986, les chiffres étaient par exemple beaucoup plus faibles.

La faune marine comprend une grande variété de crustacés et d'oursins, ainsi que des poissons coralliens et des requins. Ces derniers sont apparemment curieux, mais non agressifs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bien qu'aucune preuve ne permette de penser que l'île, dépourvue de sources permanentes, a été peuplée, les habitants modernes de l'île de Pâques, nommés Rapanui, la connaissent et leur tradition orale rapporte qu'elle aurait été visitée occasionnellement afin d'y recueillir des œufs malgré les difficultés d'accès attribuées aux dieux Make-make et Haua, protecteurs des oiseaux marins... mais aussi de ceux qui mangeaient leurs œufs. En langue Rapanui, Sala y Gómez est nommée Motu Motiro Hiva ou Manu Motu Motiro Hiva, signifiant l'îlôt aux oiseaux vers Hiva. Hiva est l'un des noms que l'on retrouve pour plusieurs îles polynésiennes, surtout aux îles Marquises, signifiant loin des terres, ces « terres » étant symbolisées par le mythe d'« Hawaiki », foyer d'origine des polynésiens. Comme Sala y Gómez se trouve, par rapport à l'île de Pâques, dans la direction opposée aux Marquises et que la terre habitée le plus proche au-delà de Sala y Gómez est l'Amérique du Sud, l'explorateur Thor Heyerdahl a pensé qu'elle aurait pu être une escale sur la route des navigateurs pré-européens entre la Polynésie et l'Amérique du Sud.

Comme l'île de Pâques est la terre la plus proche de Sala y Gómez et que les deux îles se trouvent sur la même dorsale tectonique à 415 kilomètres l'une de l'autre, les géographes considèrent Sala y Gómez comme la terre la plus à l'est de la Polynésie[1].

Le premier européen à apercevoir l'île fut José Salas Valdés, marin espagnol le . Entre cette date et 1917, les visites connues de l'île n'ont eu lieu qu'en 1805, 1806, 1817, 1825, 1875 et 1917.

Administration[modifier | modifier le code]

Le Chili a déclaré sa souveraineté sur l'île Sala y Gómez en 1808 et depuis 1888 l'île est administrée par la marine chilienne. Depuis le , elle est rattachée au département de l'Île de Pâques, transformé le , en province.

Référence culturelle[modifier | modifier le code]

Le poète allemand Adelbert von Chamisso a écrit un poème sur l'île, basé sur les réflexions qu'elle lui a inspirées lors de sa visite en 1816.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Te Rapa Nui (The Gazette of Easter Island) Vol. 4 No. 8, Summer/Fall 1999

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]