Rapa (île)

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Rapa
Rapa iti (ty)
Vue satellite de Rapa
Vue satellite de Rapa
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Îles Australes
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 27° 28′ 00″ S, 144° 20′ 00″ O
Superficie 40 km2
Point culminant Mont Perau (650 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
Démographie
Population 515 hab. (2012)
Densité 12,88 hab./km2
Plus grande ville Ahurei
Autres informations
Découverte George Vancouver en 1791
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Rapa
Rapa

Géolocalisation sur la carte : océan Pacifique

(Voir situation sur carte : océan Pacifique)
Rapa
Rapa
Îles en France

Rapa (parfois nommée Rapa Iti, la « petite Rapa » pour la distinguer de Rapa Nui, l’île de Pâques, la « grande Rapa  ») est une île située dans l’archipel des Australes en Polynésie française. C'est l'une des îles les plus isolées de toute la Polynésie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Mont Tautautu à gauche et mont Pukumaru à droite.

L’île de Rapa a une superficie d’environ 40 km2 s'étendant sur les flancs d'un ancien volcan, le mont Perau, haut de 650 m, dont l’un des pans s’est effondré et dont l’océan a rempli le cratère. Les dix îlots rocheux de Marotiri, à 70 km à l’est-sud-est de Rapa, constituent les points de terre les plus méridionaux de Polynésie française. Rapa est l'île habitée la plus au sud du groupe des îles Australes et la plus isolée : elle est distante de 500 km de la plus proche île habitée, Raivavae, et de plus de 1 240 km de Tahiti.

Vue de la baie d'Ahurei.

L’île est le chef-lieu de la commune de Rapa. Ahurei, le principal village de l’île, est situé au bord du cratère immergé ; l’autre village se nomme Area. En 2012, 515 personnes habitaient l’île qui, en raison de l'isolement, ont hérité une langue nettement différenciée des autres langues des îles Australes le rapa, appelée localement Reo Rapa.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Rapa est de type subtropical humide. Du fait de sa situation australe, il est caractérisé par des variations saisonnières plus marquées que dans le reste de la Polynésie française[réf. nécessaire]. Au cours de l'année 2007 les températures maximales ont varié de 19 °C à 26 °C et les minimales de 16 °C à 22 °C (degrés Celsius). La moyenne annuelle est de 20 °C. Les précipitations sont importantes, plus de 250 cm d'eau par an[1]. Il peut pleuvoir plus d'un mois d'affilée. La brume est fréquente et le ciel souvent couvert. Rapa est soumise à des vents d'ouest fréquents parfois très violents.

Histoire[modifier | modifier le code]

Population de Rapa en 1905.

Les Européens, plus exactement George Vancouver, découvrent Rapa en 1791 : elle s’appelait à l’époque Oparo, l’« île aux pare », sortes de forts (du maori «  ») dont les ruines parsèment encore l’île, particulièrement sur les crêtes et les endroits escarpés ; de telles ruines peuvent également être aperçues sur les plus gros îlots de Marotiri. Les pare (Mapitanga, Morongo Uta, Ororangi, Pukumanga, Pukutaketake, Ruatara, Tanga, Tevaitau et Vairu) ont nécessité des travaux d'envergure pour les insulaires et semblent répondre à la nécessité, pour chaque clan (vaihu), de se protéger des convoitises des autres. Mais des alliances ont aussi été nouées, comme en témoignent les chemins de crête reliant certains pare entre eux. C'est aussi ce que relate la tradition orale qui fait état de la « guerre des Marotiri » (îlots en propriété collective des Rapanais) entre Koroi, chef d'Ahurei qui voulait s'en emparer, et une coalition des autres clans, dont le chef Teraau (mort en 1825) sortit vainqueur pour finir roi de l'île. Son descendant, Teparima, fut le dernier roi de Rapa, la monarchie étant abolie par les Français le 16 juin 1887. Mais entre-temps, les esclavagistes péruviens envahirent l'île en 1861, emmenant de force des Rapanais aux îles Chincha pour y extraire le guano, et par la suite la population diminua fortement en raison de l'introduction, par les survivants de retour, de la variole et de la dysenterie[2].

Les liens avec l'île de Pâques[modifier | modifier le code]

Due à la ressemblance des noms entre les deux îles, plusieurs personnes ont cherché des liens entre Rapa et Rapa Nui. Eugène Caillot a avancé l’hypothèse d’un remplacement partiel de population de l’île de Pâques par des travailleurs émigrés de Rapa sur les plantations pascuanes (Dutrou-Bornier). Cependant, cette hypothèse n’est pas documentée. Le seul lien avéré est le fait que le nom « Rapa Nui » fut donné par des matelots de Rapa ayant participé au rapatriement des Pascuans et des Rapanais enlevés par esclavagistes péruviens[3].

Économie[modifier | modifier le code]

L’île ne possède aucune piste d'atterrissage et n'est reliée aux autres îles que par le cargo mixte Tuhaa Pae tous les deux ou trois mois ; le patrouilleur La Tapageuse de la Marine nationale y effectuait aussi des missions de liaison depuis Tahiti[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En juillet 1999 il est tombé 300 litres d'eau au mètre carré
  2. Jean Guillin, L'archipel des Australes, éd. A. Barthélémy et Le Motu 2001, ISBN 2-87923-138-8, pages 142-146.
  3. Steven Roger Fischer, Island at the End of the World: The Turbulent History of Easter Island, Reaktion Books 2005
  4. la Tapageuse en visite au bout du monde sur le site du Ministère de la Défense.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yannick Fer et Gwendoline Malogne-Fer, Tuaro'i. Réflexions bibliques à Rapa, conversion et identité, Tahiti, Haere Po, 2000.
  • Allan Hanson, Rapa, Bulletin de la Société des Océanistes no 33, Musée de l'Homme, Paris, 1973.
  • Jean Guillin, L'Archipel des Australes, Éditions A. Barthélémy & Éditions Le Motu, Avignon, 2001.
  • Albert t'Serstevens, Tahiti et sa couronne, éditions Albin Michel, Paris, 1971.
  • Christian Ghasarian, Rapa. île du bout du monde, île dans le monde, Demopolis, Paris 2014.
  • Christian Ghasarian, Rapa, une île du Pacifique dans l'histoire (1791-1956), Ginkgo éditeur, Paris 2016.[1]
  • Steven Roger Fischer, Island at the End of the World: The Turbulent History of Easter Island, Reaktion Books 2005