Leader

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Leader (homonymie).
Page d'aide sur les redirections Pour le projet LEADER de l'Union européenne, voir Liaison entre actions de développement de l'économie rurale.

Un leader (/li.dœʁ/, parfois francisé en leadeur[1]) ou en chef de filât ou encore en chef de file, terme recommandé en France par la Commission générale de terminologie et de néologie [2] est une personne ou un groupe dont les projets et l'activité sont liées à celles du groupe ou d'une entité supérieure dans le but de satisfaire des objectifs communs.

Le mot leader est emprunté à l'anglais où il se prononce /liːdə/. Les équivalents français sont : dirigeant et meneur (voir dessous). Sa légitimité réside dans la qualité et le dynamisme de son leadership. Quand il s'agit d'un individu, il se caractérise par son charisme et ses capacités d'orateur.

Usages élargis[modifier | modifier le code]

Par extension, le mot est tout à la fois un substantif et un adjectif qualificatif (plus ou moins synonyme de « charismatique ») ; le mot leader désigne par exemple une entreprise qui est soit le n° 1 du secteur d'activité économique où elle exerce, soit celle qui impose son dynamisme à la profession. La notion de chef de file peut être appliquée à des domaines très variés.

Concept[modifier | modifier le code]

Des leaders sont trouvés dans des domaines très divers :

  • politique ;
  • entreprise privée ;
  • militaire ;
  • association ;
  • organisation à but non lucratif ;
  • sport ;
  • orchestres et formations musicales ;
  • et dans de nombreux domaines, parfois inattendus, dont par exemple en symptomatologie[3]) etc.

Cette diversité rend plus ou moins caduque la réflexion de Max Weber sur le charisme (psychologie) (ca. 1920) d'autant qu'il faut distinguer les leaders « généraux », les leaders « intermédiaires » et les leaders « de proximité », un bon exemple d'un leader ayant assumé les trois fonctions ayant été Ernest Shackleton, qui a été, pour John Adair, « le plus grand leader du XXe siècle ».

Étymologie et usage[modifier | modifier le code]

Le mot et le concept viennent de l'anglais leader. Le mot est apparu au XIIIe siècle en Angleterre. L'origine du mot est beaucoup plus ancienne. Ils viennent du verbe anglais to lead, qui signifie mener.

En France, Alfred Binet l'emploie dès 1900, sans réserve et sans retenue, dans son ouvrage Suggestibilité (téléchargeable). « Leader » est admis avec réticence par l'Académie Française dans les 8e (1935) et 9e édition de son Dictionnaire (1990), sans aucune réserve par le TLFi et Le Petit Robert.

Un équivalent possible en langue française serait meneur, mais les deux mots s'emploient différemment[4]. La Commission générale de terminologie et de néologie recommande « chef de file »[5]. Le rapport de 1990 sur les rectifications orthographiques voudrait pour sa part qu'on écrive le mot "leadeur"[6].

Concernant le sens du verbe, les détracteurs[Qui ?] notent que le mot est construit exactement de la même manière que l'Allemand Führer, mot aujourd'hui marqué par son emploi par Adolf Hitler[7].

Dans Le Principe de Dilbert, Scott Adams suggère que leader ne viendrait pas du verbe to lead mais du nom lead, signifiant « plomb », et que l'origine du mot leader coïncidant avec la généralisation des armes à feu (avec des balles en plomb), le leader était celui que les autres ont envie de truffer de plomb chaud. Cette plaisanterie n'est valable que pour l'emploi du mot leader pour désigner un cadre supérieur dans une entreprise.

En espagnol, en portugais, et en polonais, le mot anglais leader a été transformé en « lider ».

Définitions[modifier | modifier le code]

Le psychologue social, Roger Lambert dans son chapitre  : « Autorité et Influence sociale » du tome Psychologie sociale (1965) du Traité de Psychologie Expérimentale de Paul Fraisse et Jean Piaget le définissait comme : « Une personne ayant une influence démontrable sur la syntalité du groupe » — et le leadership : comme l'amplitude du changement de syntalité (par rapport à la moyenne) produit par cette personne »[8].

« Celui qui est capable de déceler le cap dans un ciel sans visibilité et de communiquer sa confiance à tout son équipage, capable d'en obtenir l'adhésion active et intelligente, capable de faire comprendre à tous combien il est dorénavant nécessaire de relever le défi de l'excellence et de réagir vite, capable d'établir des solidarités actives avec les autres de l'escadrille pour réussir à faire plus à plusieurs : plus d'informations, plus de progrès, plus d'espace. »

— Georges Archier et Hervé Serieyx, Pilotes du troisième type, 1986.

Un leader d'opinion est tout autre chose.

Dans le droit[modifier | modifier le code]

Dans les cadre de la mise en œuvre des lois de décentralisation en France, par soucis de cohérence de l'action publique territoriale, le législateur a proposé que certaines collectivités soient chef de file ou chef de filât pour certains domaines[9]. Ainsi, la Loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles dite loi MAPAM ou MAPTAM (du 27 janvier 2014), 1er volet de la modernisation de la décentralisation, a rétabli[10] la clause de compétence générale (permettant aux Départements et Régions d'intervenir s'ils le souhaitent, et dans le cadre de la loi, sur toute question présentant un intérêt régional ou départemental) et elle identifie l'échelon régional comme « chef de file » des différentes collectivités sur les questions de protection de la biodiversité (en prévoyant par ailleurs aussi la création d'une Agence nationale de la biodiversité avant 2015). La loi MAPAM propose l'institution d'une libre coordination des interventions des collectivités territoriales via un pacte de gouvernance territoriale à construire dans le cadre de la conférence territoriale de l'action publique [11] ;

Visions du leader[modifier | modifier le code]

Approche personnaliste[modifier | modifier le code]

D'après cette approche le leader a :

  • un fort désir de prendre des responsabilités et de mener des projets à terme ;
  • de la vigueur et de la persévérance dans la poursuite des objectifs ;
  • une originalité, voire une importante prise de risques, dans la résolution des problèmes ;
  • de l'initiative dans ses relations avec autrui ;
  • un sens d'un apport personnel au monde ;
  • une indéfectible confiance en lui-même ;
  • une aptitude à faire face au stress ;
  • une opiniâtreté et une volonté de poursuivre sa tâche malgré les aléas et les difficultés rencontrées ;
  • une capacité à agir sur l'environnement pour ne pas subir les diverses évolutions de cet environnement ;
  • une volonté d'être responsable de ses actes.

Approche comportementaliste[modifier | modifier le code]

D'après cette approche, le leader peut avoir des comportements :

  • stimulants ou à vocation relationnelle ;
  • structurants ou associés à des tâches.

D'après ces types de leadership, les psychologues Robert R. Blake et Jane S. Mouton ont établi une grille managériale en vue d'expliquer comment les leaders peuvent améliorer la performance d'une organisation.

Leadership stimulant[modifier | modifier le code]

Ce type de leadership permet aux subalternes de se sentir à l'aise (par rapport à eux-mêmes et vis-à-vis des autres) quel qu'en soit le contexte. Il évoque la confiance et le respect mutuels, de même qu'une certaine chaleur entre le leader et les autres membres du groupe. Une bonne communication entre le leader et ses subalternes, et l'ouverture à la prise de décision sur un mode participatif sont aussi des caractéristiques de ce style de leadership. Dans ce cadre, le leader :

  • favorise personnellement certains membres du groupe ;
  • fait peu pour rendre sa présence agréable au sein du groupe ;
  • est facile à comprendre ;
  • prend le temps d'écouter les autres membres du groupe.

Leadership structurant[modifier | modifier le code]

Ce type de leadership se concentre sur l'atteinte des objectifs fixés par le groupe. Il se rapporte à l'organisation, la définition et la configuration des responsabilités et des tâches. Ici, le leader :

  • rend son attitude et ses principes clairs pour le groupe ;
  • essaie de nouvelles idées avec le groupe ;
  • dirige d'une main de fer ;
  • est critique à l'égard du travail mal fait.

Le leader en management[modifier | modifier le code]

L'entreprise individuelle est le lieu d'action du leader. Elle favorable quant au contrôle que le leader doit exercer sur elle[12].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « leader » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. Voir FranceTerme
  3. Razemon, J. P. (1969). La médialisation digitale ou la transposition du doigt, chef de file dans les séquelles d’amputation des doigts médians. Ann Chir Plast, 14(2), 161-167.
  4. Plaidoyer pour les mots d'origine étrangère - airoé
  5. http://www.criter.dglf.culture.gouv.fr/pls/DGPB/affichage.affiche_fiche?id_fiche=ECON60
  6. Rectifications de l’orthographe-J.O. du 6-12-1990
  7. Le Dicomoche
  8. Repris de Roger Lambert, 1957.
  9. Article 3 de la loi MAPAM
  10. Cette clause avait été supprimée par la loi du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales
  11. Article 1er de la loi MAPAM
  12. Henry Mintzberg,Le management voyage au coeur des organisations, éditions Eyrolles Septembre 2008

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Howard Becker (1985), Outsiders : Etudes de la sociologie de la déviance, (Trad. de l’Anglais, première édition 1963), Paris : Métailié.
  • Michel Grumbach et Nicolas Herpin, « À propos de quelques travaux de Lazarsfeld et de son école, Media, leadership et interaction : une sociologie des pouvoirs invisibles », Enquête, Varia, 1988, Lire en ligne
  • Olivier Schwartz, « Le militant syndical, leader et médiateur ? », Revue de sociologie et d’anthropologie, 1999.
  • John C. Maxwell, Leadership 101 : Principes de base : Ce que tout leader devrait savoir, Un Monde Différent, 2004.
  • Hubert Treiber, La « sociologie de la domination » de Max Weber à la lumière de publications récentes, Revue française de sociologie, Volume 46 –2005/4

Bibliographie anglophone[modifier | modifier le code]

  • Bennis, W. (1989) On Becoming a Leader, Addison Wesley, New York, 1989
  • Machiavelli, Niccolo (1530) The Prince
  • Maxwell, J. C. & Dornan, J. (2003) Becoming a Person of Influence
  • Roberts, W. (1987) Leadership Secrets of Attila the Hun
  • Stacey, R. (1992) Managing Chaos, Kogan-Page, London, 1992
  • Terry, G. (1960) The Principles of Management, Richard Irwin Inc, Homewood Ill, pg 5.
  • Warneka, T. (2006). Leading People the Black Belt Way: Conquering the Five Core Problems Facing Leaders Today. Asogomi Publications Intl. Cleveland, Ohio. website
  • Zaleznik, A. (1977) "Managers and Leaders: Is there a difference?", Harvard Business Review, May-June, 1977