Web 3.0

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L'expression Web 3.0 est utilisée en futurologie à court terme pour désigner le Web qui suit le Web 2.0 et constitue l'étape à venir du développement du World Wide Web. Son contenu réel n'est pas défini de manière consensuelle, chacun l'utilisant pour désigner sa propre vision du futur d'internet.

Historique[modifier | modifier le code]

Historiquement, le Web 3.0 est une expression qui désigne la troisième étape en cours des transformations majeures dont le Web fait l'objet depuis son lancement :

Le Web 3.0, lui, n'est pas vraiment défini. En fait, l'expression est employée par tous les spécialistes pour expliquer ce que sera selon eux la prochaine étape de développement du Web. Les deux thèses dominantes sont de considérer le Web 3.0 comme l'Internet des objets[1], qui émerge depuis 2008, l'autre thèse dominante est d'en faire le web sémantique.

Certains futurologues vont même jusqu'à définir le Web 4.0 en concordance avec leur définition du Web 3.0[2]. Toutefois, les numéros au-delà de 3 sont pris avec peu de sérieux.

Problèmes posés par le terme[modifier | modifier le code]

Comme « Web 2.0 », « Web 3.0 » est un néologisme et un buzzword[3]. Dans le cas du Web 2.0, l'emploi du terme fait débat entre ceux qui pensent qu'il s'agit d'un terme marketing sans réel changement et ceux qui pensent qu'il y a eu une réelle évolution.

Dans le cas du Web 3.0, le problème est un peu différent : l'expression désigne le web à venir. S'il s'agit du web sémantique, il y a consensus pour le considérer comme méritant bien un nouveau numéro, sauf pour ceux qui refusent cette terminologie car cela reviendrait à admettre l'existence du Web 2.0. Mais le Web 3.0 n'est défini que comme « le web à venir », et il n'y a donc aucune certitude sur ce qu'il sera réellement, et le terme pourrait donc d'ici là être utilisé pour désigner un progrès beaucoup moins important que celui attendu.

En 2007, un journaliste demanda à Eric Schmidt, président de Google, de parler des Web 2.0 et 3.0. Il répondit que le Web 2.0 était surtout un terme marketing, et qu'il pensait que le journaliste venait d'inventer le Web 3.0. Néanmoins il réinterpréta la question en remplaçant « Web 3.0 » par « futur du Web » et y répondit[4]. En juin 2011, Eric Schmidt a officiellement reconnu avoir manqué le tournant des réseaux sociaux[5].

Réponse à des besoins[modifier | modifier le code]

Comme le Web 2.0, le Web 3.0 tend à développer un certain nombre d'outils et de services permettant de répondre à des besoins de plus en plus forts de la part des internautes. Ainsi on voit émerger des représentations graphiques des réponses à ces besoins tels que la pyramide de Maslow du Web 3.0[6].

Certains auteurs insistent sur le caractère collaboratif de l’internet 3.0. C’est le cas de Rudy Provoost qui fait l’analogie entre l’énergie et l’économie numérique : « 1.0, c'était le premier âge d'internet, la réception d'information ; 2.0, c'est le partage des contenus ; et 3.0, c'est l'étape suivante avec l'internet des objets. Appliqué à l'énergie, cela se traduit ainsi. Énergie 1.0, c'est la fourniture d'énergie ; 2.0, c'est la distribution intelligente, on y arrive ; et 3.0, c'est lorsque le consommateur deviendra maître de sa propre énergie »[7]

Aspect technique[modifier | modifier le code]

La définition précise d'une application Web 3.0 est encore très débattue. Cependant, il est généralement admis qu'une solution Web 3.0 doit montrer certaines caractéristiques :

  • on ne se réfère plus uniquement à un site Web ((X)HTML). Ce peut être aussi une solution Web SaaS (application: (X)HTML + base de données relationnelles (SQLServer, Oracle, MySQL… ) ou XML (la base de données open source Exist-db...)) ;
  • mobilité, elle doit être indépendante de tout type de support (taille d'écran, sortie imprimante, etc.) ;
  • universalité, elle doit être indépendante de tout système d'exploitation, et de tout matériel (fabricant, marque, logiciel, ou de plugin) ;
  • accessibilité, strictement en conformité avec le W3C, ce qui permet de rendre d'autres logiciels accessibles à l'aide de Microformat et ouverts aux bases de données diverses.

Ces 3 derniers points font néanmoins déja parti du Web 2.0 ou 1.0, même si beaucoup de sites web ne les appliquent pas.

Opinion des personnalités de l'informatique[modifier | modifier le code]

Ce terme est apparu la première fois en début 2006 dans un article du blog de Jeffrey Zeldman. Plus tard, en mai, Tim Berners-Lee a décrit le web sémantique comme une composante du Web 3.0[8],[9] :

People keep asking what Web 3.0 is. I think maybe when you've got an overlay of scalable vector graphics – everything rippling and folding and looking misty — on Web 2.0 and access to a semantic Web integrated across a huge space of data, you'll have access to an unbelievable data resource...

— Tim Berners-Lee, A 'more revolutionary' Web, 2006[8]

« Les gens continuent à me demander ce que peut être le Web 3.0. Je suppose que lorsque vous aurez une superposition de dessins vectoriels SVG décrivant le Web 2.0 où chaque ondulation et méandre fera plus penser à une brume, l'accès à un Web sémantique à travers cette immense espace de données, vous donnera indubitablement l'accès à une quantité de données inimaginable... »

— A 'more revolutionary' Web, 2006[8]

Les définitions du Web 3.0 varient beaucoup. Quelques personnes croient que ses caractéristiques les plus importantes sont le Web sémantique et la personnalisation. En mettant l’accent sur les éléments de l’ordinateur, Conrad Wolfram soutient que le Web 3.0 est où « l’ordinateur génère de la nouvelle information », plutôt que ce soit les humains qui le fassent.

Axes de développement du Web[modifier | modifier le code]

Des discussions sont ouvertes aussi bien sur la définition possible du terme Web 3.0 ou même son utilité que sur les technologies comprises dans ce concept.

Le principal axe de développement du web semble être le web sémantique. De fait, certains considèrent même les expressions « web 3.0 » et « web sémantiques » comme synonymes. Mais les recherches sur le web sémantiques remontent en fait à plus loin que l'évolution du web vers le web 2.0 (qui elle n'est pas le résultat de recherches mais un ensemble d'innovations isolées prenant leur sens a posteriori).

Une autre piste est le développement de la 3D. Pour plus de clarté, ceux qui s'en réclament parlent de Web3D. Le Web3D Consortium soutient les recherches en ce sens.

D'un point de vue purement technologique, l'utilisation du SVG offre de nombreuses perspectives. Mais les technologies de ce type ne s'imposent pas toujours. Ainsi avant même le développement du Web 2.0, les acteurs du marché pensaient que l'avenir du web résidait dans le XML, SVG (supporté en 2009 par de nombreux navigateurs à l'exception notable d'Internet Explorer)... Or, de fait, actuellement, c'est le PHP et le ASP (ASP.NET) qui se sont imposés pour la programmation de pages web plus complexes que le HTML et le Flash (propriétaire) pour les images à nombreuses fonctions. La place prépondérante que devrait prendre le web sémantique dans les années à venir ainsi que la nécessaire amélioration de la structure des applications Web devrait néanmoins renforcer l'intérêt du XML.

Une autre question d'évolution est celle de l'utilisation du web en dehors d'un navigateur, comme les widget de bureau (implémentés dans le navigateur Opera depuis la version 10.50). Cela passe par la transformation du web depuis des documents entièrement écrits vers une base de données exploitable par toute application cliente.

Enfin, les supports physiques évoluent : en 2008, multiplateforme ne signifie plus fonctionner sur tout ordinateur de bureau, sur tous les OS du public. Les premières applications en lignes, à ce titre, ne répondent pas aux critères car à force de superposer les couches logicielles, ont des performances qui les rendent inutilisables si on n'a pas le meilleur matériel[10].

Encore au-delà[modifier | modifier le code]

Malgré cela, en se projetant plus loin encore, Joel de Rosnay pense que le Web sera utilisable en permanence. Autrement dit pour lui le Web 4.0 sera le web symbiotique, en lien avec l'intelligence ambiante (dit aussi informatique ubiquitaire).

D'une manière plus proche de ce qui est en développement en 2008, Nova Spivack voit le Web 4.0 comme l'imposition du WebOS.

Les concepts en progression pour le futur d'Internet[modifier | modifier le code]

Attention, cette section parle d'Internet qu'il ne faut pas confondre avec le Web.

Enjeux économiques[modifier | modifier le code]

L'émergence d'Internet avait soutenu l'économie. La nouvelle économie avait permis des gains importants, même si les espérances excessives ont conduit à former la bulle internet, ce qui a aggravé la crise suivante.

Lors de l'arrivée du Web 2.0 (en tout cas, de l'ascension de services auxquels on a attribué cette étiquette), de nouvelles entreprises ont connu des croissances remarquables, par exemple Facebook. On a craint une « bulle 2.0 », c'est-à-dire que les espérances soient à nouveau excessives[11] .

Globalement vu les gains très importants apportés par les deux premières générations du web, il semble évident qu'il y a des gains importants à faire pour qui sera le premier à se placer sur le web 3.0. En conséquence, la Commission européenne multiplie les opérations de soutien visant à ce que les entreprises européennes soient les premières à tirer profit du web 3.0[12],[13].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vers l'Internet à tout faire selon Vinton Cerf
  2. How the WebOS Evolves?
  3. mot à la mode, en particulier dans le domaine des technologies, plus ou moins vide de sens
  4. Eric Schmidt Defines Web 3.0
  5. Eric Schmidt reconnaît que Google a loupé le virage des réseaux sociaux
  6. Maslow’s Hierarchy of Social Media
  7. Rudy Provoost, Le consommateur deviendra maître de sa propre énergie, La Tribune, 6 octobre 2013
  8. a et b (en) Victoria Shannon, « A 'more revolutionary' Web », International Herald Tribune,‎ June 26, 2006 (consulté le May 24, 2006)
  9. [1] « People keep asking what Web 3.0 is. I think maybe when you've got an overlay of scalable vector graphics - everything rippling and folding and looking misty - on Web 2.0 and access to a semantic Web integrated across a huge space of data, you'll have access to an unbelievable data resource. »
  10. 01 Informatique n°1963 du 25/09/2008, p. 16
  11. La banque Close Brothers prédit l'explosion de la bulle 2.0
  12. Web 3.0 : l'Europe en tête ?
  13. Bruxelles ouvre une consultation sur le Web 3.0

Liens externes[modifier | modifier le code]