Victory Program

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Annoncé par un discours du président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt le 6 janvier 1942, le Victory Program est un programme d'économie de guerre qui permet à l'économie américaine de devenir "l'arsenal des démocraties" durant la Seconde Guerre mondiale en produisant des quantités croissantes de matériel de guerre. Roosevelt confia à son Secrétaire à la Guerre Henry Stimson le soin de le concrétiser.

Sommaire

[modifier] Une planification pour abattre l'Allemagne nazie

Réunion le 1er décembre 1939 des principaux dirigeants des Forces armées des États-Unis auprès du secrétaire à la Guerre et du chef d'État-Major, afin de mettre en place un programme de manoeuvres intensives pour les six prochains mois. Alors que les tambours de guerre résonnent en Europe, l'opinion publique du pays, très nettement en faveur du camp isolationniste, ne leur laisse pour l'instant que cette préparation comme possibilité.

La planification globale fut assurée par la contribution d'Albert Coady Wedemeyer, qui fut l'avocat de l'option "Germany first" ; un tel plan était difficile à faire accepter aux yeux de l'opinion publique, focalisée sur le casus belli occasionné par l'attaque sur Pearl Harbor, et par conséquent résolue à mener la guerre en Asie et dans le Pacifique.

En tant que jeune officier de l'armée américaine, Alfred Wedemeyer fut affecté au collège de guerre allemand, l'Académie de guerre de Prusse, sise à Berlin, de 1936 à 1938. Il observa sur le terrain les manœuvres de la Heer en 1938, ce qui lui donna une vision unique en Amérique sur l'échelon tactique des opérations militaires allemandes. Quand il retourna à Washington en 1938, Wedemeyer analysa les grandes lignes de la stratégie allemande et pénétra leur mode de pensée militaire. Il devint par conséquent une autorité parmi l'État-major militaire américain concernant la tactique de la Wehrmacht, et trouva l'un de ses plus ardents défenseurs en la personne de George C. Marshall[1], lequel allait devenir le stratège le plus influent auprès de Roosevelt une fois la guerre déclarée, afin de décider de l'option Germany first[2].

De plus, la carrière de Wedemeyer fut appuyée par l'aide de son beau-père, le lieutenant-général Stanley Dunbar Embick, directeur de la Division des plans de guerre.

Le même jour de l'offensive allemande à l'ouest, le 10 mai 1940 (Hollande, Belgique et Luxembourg), un état des lieux du ministère de la Guerre est remis au président Franklin Delano Roosevelt: l'armée de terre U.S. aligne moins de 100 000 hommes prêts au combat effectif. Si la levée en masse est prononcée, les équipements et munitions permettent de soutenir un demi-million d'hommes en armes[3].

Lors de l'entrée en guerre, Wedemeyer, devenu lieutenant-colonel, rejoint la division chargée de la planification stratégique dépendant du Département de Guerre des États-Unis. En 1941, il fut l'auteur principal du Victory Program, conçu pour abattre les armées du IIIe Reich en Europe en première priorité des buts de guerre américains. Débattu, ce plan fut adopté et étendu au fil de l'extension du conflit. En outre, en droite ligne de ses travaux, Wedemeyer contribua à planifier le débarquement de Normandie.

Alfred Wedemeyer fut finalement réaffecté entre 1943 et 1944 au théâtre d'opérations du Sud-Est asiatique, rattaché à Lord Mountbatten.

Ces G.I.'s de la 1re division d'infanterie intégrés à la 1re armée en progression vers Frauwullesheim, en Rhénanie du Nord, le 28 février 1945, croisent une colonne de jeeps Willys MB. Avec le Victory Program, 640 000 jeeps (General Purpose) seront construites.

L'effort de guerre à produire était titanesque et visait à armer assez de divisions pour l'emporter sur les armées de l'Axe, ce que les concepteurs de plans de guerre de la War Plans Division avaient estimé par un calcul global invoquant suffisamment de divisions de l'armée de terre ; toutes armes confondues, onze millions d'hommes servirent sous la bannière étoilée[4], ainsi que six millions de femmes (symbolisées par le personnage emblématique de Rosie the Riveter) qui occupèrent des postes dans l'industrie de l'armement et les arsenaux navals.

[modifier] Les conditions matérielles pour la victoire

La guerre déclarée, Henry Stimson dirigea l'amplification des moyens militaires ce qui organisa la structure du complexe militaro-industriel américain, intriquée entre bureaucratie publique et firmes privées. Il géra le retour à la conscription obligatoire et l'entraînement de 13 millions de soldats et employés de l'armée de l'air ; de plus, il géra l'acquisition par l'État et l'acheminement vers les champs de bataille sur tous les théâtres d'opérations de 30% de la production industrielle domestique. Il s'entoura d'hommes-clé tels que Robert Patterson (son adjoint, qui lui succéda en tant que secrétaire à la guerre)[5], Robert Lovett pour la prise en charge des besoins de l'Air Force et l'influent avocat d'affaires John J. McCloy[6] comme assistant, lequel figurera parmi les Wise Men sous Truman.

L'ampleur de cette mobilisation en hommes et en matériel permit aux Alliés de mener simultanément en 1944, sur les deux théâtres d'opérations, deux débarquements invoquant des flottes considérables : l'Opération Neptune en Normandie déclenchée le 6 juin, suivie de l'Opération Forager le 19 juin dans les îles Mariannes visant à la reconquête des Philippines.

[modifier] Fabrication de masse

Les usines produisirent en 3 ans 275 000 avions, 6 340 000 véhicules légers, 90 000 chars, 65 millions de tonnes de navires.

La standardisation permit de fabriquer plus rapidement en série des cargos, les liberty ships, qui sortent de leurs chantiers au rythme d'un tous les 12 jours[7].

[modifier] Engagement des femmes en Amérique du Nord

Le photographe Alfred T. Palmer, engagé par l'(en)Office of War Information, a immortalisé l'engagement massif des femmes dans l'industrie lourde du Victory Program.


[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes et références

  1. Mark Perry, Partners in Command. Penguin Books, 2007, Kindle loc. 4738-45
  2. Du reste, l'amirauté est déjà tournée vers la bataille de l'Atlantique depuis le 12 novembre 1940 : lire Plan Dog memo.
  3. Arnaud Blin, Comment Roosevelt fit entrer les Etats-Unis dans la guerre, André Versaille, février 2011 (ISBN 978-2-87495-129-9) p.169
  4. vidéo L'effort de guerre allié sur le site de France 2.
  5. Kieth Eiler, Mobilizing America: Robert P. Patterson and the War Effort (Cornell U.P. 1997)
  6. Walter Isaacson and Evan Thomas, The Wise Men: Six Friends and the World They Made: Acheson, Bohlen, Harriman, Kennan, Lovett, and McCloy (1986)
  7. (fr) Une guerre mondiale et totale, HISTOIRE DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE : 1939-1945

[modifier] Articles connexes

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