Ōkuma

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Ōkuma
大熊町
Drapeau de Ōkuma
Drapeau
Administration
Pays Drapeau du Japon Japon
Région Tōhoku
Préfecture Fukushima
Code postal 〒979-1308
Démographie
Population 10 951 hab. (1er juin 2013)
Densité 139 hab./km2
Géographie
Coordonnées 37° 24′ 16″ N 140° 59′ 01″ E / 37.404444, 140.983611 ()37° 24′ 16″ Nord 140° 59′ 01″ Est / 37.404444, 140.983611 ()  
Superficie 7 870 ha = 78,70 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.town.okuma.fukushima.jp/
Situation d'Ōkuma dans le district de Futaba (en jaune), au sein de la préfecture de Fukushima

Ōkuma (大熊町, Ōkuma-machi?) est un bourg japonais (?, machi ou -chō) situé dans la préfecture de Fukushima. C'est une ville fantôme qui comptait 11 000 habitants avant d'être évacuée en 2011 suite à l'accident nucléaire de Fukushima. Ses habitants n'y reviendront jamais, celle-ci étant doublement condamnée par l’irradiation et le future stockage de déchets irradiés[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune, située à proximité de la côté, a été touchée par le tsunami qui a suivi le Séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku. Le bilan au 24 juillet 2011 est de 11 morts et une disparue[2].

Le territoire de la municipalité abrite les unités 1 à 4 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, et la ville a été entièrement évacuée suite à l'accident nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011.

Accident nucléaire de Fukushima[modifier | modifier le code]

Les tranches endommagées de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi sont situées sur le territoire municipal, à seulement quelques kilomètres du centre-ville. De plus, l'ensemble du territoire municipal est situé dans la zone d'exclusion nucléaire des 20 km.

L'évacuation d'Ōkuma commence donc rapidement à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima[3], et la ville est entièrement évacuée dès le 12 mars 2011 au matin[4]. Malheureusement, l'évacuation de l'hôpital de Futaba et de l'hospice pour personnes âgées voisin, situés à Ōkuma, se fait dans le plus grand désordre ; des patients ou personnes âgées sont laissés sur place ou transportés sans leurs dossiers médicaux, et 45 décèdent[5].

La commune est fortement contaminée par les retombées de l'accident, et il y subsiste une concentration surfacique élevée en césium 134 et 137[6]. La radioactivité mesurée en 2011 en certains points est plusieurs milliers de fois supérieure à la normale, et le gouvernement japonais admet en août 2011 que les zones à proximité immédiate de la centrale seront probablement maintenues hors d'accès « pour une longue période, peut-être plusieurs décennies »[7].

Le maire de la commune, Toshitsuna Watanabe, se bat pour la réhabilitation d'Ōkuma, et déclare : « Ici ce n'est pas comme à Tchernobyl, nous sommes déterminés à rentrer chez nous, et la Japon à la volonté et la technologie pour le faire »[8]. Lors des élections municipales du 20 novembre 2011, il est réélu par 3451 voix contre 2343 (soit 68 % de participation) face à un candidat prônant le relogement par le gouvernement de tous les habitants[9].

Le 18 novembre 2011, le gouvernement japonais démarre des essais de décontamination dans plusieurs municipalités, dont Ōkuma[10]. Le 4 décembre 2011, la presse est invitée à un test de décontamination du toit de la mairie. La radioactivité à 1 cm du toit, initialement de 16 microsieverts par heure, est rapidement ramenée à 10 μSv/h, mais se stabilise ensuite vers μSv/h, soit encore 90 fois la radioactivité naturelle[11],[12].

Le 22 décembre 2011, le gouvernement japonais annonce son intention de redécouper la zone d'exclusion en trois aires, avec des statuts différents en fonction de leur niveau de radioactivité, ce qui permettrait le retour d'une partie des habitants[13]. Cette annonce inquiète notamment les autorités d'Ōkuma et de Futaba, car une grande partie du territoire de ces communes sera probablement classée comme interdite au retour pour plusieurs années[14].

Le 28 décembre 2011, le ministre japonais de l'Environnement Gōshi Hosono demande aux autorités locales du district de Futaba qu'une décharge y soit aménagée à titre temporaire pour le stockage de la terre contaminée et des autres déchets radioactifs issus des travaux de décontamination, probablement à Ōkuma ou à Futaba[15] : « On trouve dans ce district de nombreuses zones où les doses annuelles de radiations vont dépasser 100 millisieverts, et il va être difficile d'y abaisser les niveaux de radioactivité par des méthodes conventionnelles ». Le problème de l'installation d'une telle décharge était en suspens depuis des mois, et la mairie s'y était toujours fermement opposé[16].

Économie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Pons, « Dans les villes mortes autour de Fukushima », Le Monde, le 10 mars 2014
  2. (en) Eric Talmadge, Associated Press, « Villagers hold memorial in nuke plant's shadow », The Jakarta Post,‎ 24 juillet 2011 (consulté le 30 décembre 2011)
  3. (en) Nuclear Emergency Response Headquarters, Government of Japan, Report of Japanese Government to the IAEA Ministerial Conference on Nuclear Safety : The Accident at TEPCO's Fukushima Nuclear Power Stations,‎ juin 2011 (présentation en ligne, lire en ligne), chap. V (« Response to the nuclear emergency »), p. V-6 à V-7
  4. (en) Nuclear Emergency Response Headquarters, Government of Japan, Additional Report of the Japanese Government to the AIEA : The Accident at TEPCO's Fukushima Nuclear Power Stations (Second Report),‎ septembre 2011 (présentation en ligne, lire en ligne), p. 6
  5. (en) « Families want answers after 45 people die following evacuation from Fukushima hospital », The Mainichi Daily News,‎ 26 avril 2011 (consulté le 29 décembre 2011)
  6. Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, Synthèse des informations disponibles sur la contamination radioactive de l'environnement terrestre japonais provoquée par l'accident de Fukushima Dai-ichi,‎ 25 mai 2011 (lire en ligne)
  7. Yves Miserey, « Fukushima : certaines zones durablement évacuées », le Figaro,‎ 22 août 2011 (consulté le 30 décembre 2011)
  8. « We are different from Chernobyl. We are determined to go back. Japan has the will and the technology to do this. » Source: (en) Martin Fackler, « Japan Split on Hope for Vast Radiation Cleanup », The New York Times,‎ 6 décembre 2011 (consulté le 30 décembre 2011)
  9. (en) « Fukushima town re-elects mayor », World Nuclear News,‎ 22 novembre 2011 (consulté le 30 décembre 2011)
  10. (en) « Main Points of the Progress Status of the “Roadmap for Immediate Actions for the Assistance of Residents Affected by the Nuclear Incident”: Main details of the progress made during the term (from mid-November to mid-December) », Nuclear Emergency Response Headquarters, Government of Japan,‎ 16 décembre 2011 (consulté le 29 décembre 2011)
  11. (en) « Decontamination project tests high-pressure sprays: Nuclear cleanup effort under way in Okuma », The Japan Times,‎ 5 décembre 2011 (consulté le 29 décembre 2011)
  12. (en) Shunsuke Kimura, « No simple steps to carrying out decontamination work », The Asahi Shimbun,‎ 5 décembre 2011 (consulté le 29 décembre 2011)
  13. LeMonde.fr avec AFP, « Fukushima : l'État prépare le retour d'habitants dans la zone évacuée », Le Monde,‎ 22 décembre 2011 (consulté le 30 décembre 2011)
  14. (en) « Local mayors discontent with plan to reclassify no-entry zones », The Yomiuri Shimbun,‎ 22 décembre 2011 (consulté le 30 décembre 2011)
  15. « Areas where annual radiation doses are expected to exceed 100 millisieverts are concentrated in the county, and it is difficult to lower the radiation levels there through normal decontamination efforts », source : (en) « Gov't asks Fukushima to host interim waste storage facility », The Mainichi Daily News,‎ 29 décembre 2011 (consulté le 29 décembre 2011)
  16. (en) « Mayor outraged by radioactive waste storage request », Majorix News,‎ 29 août 2011 (consulté le 30 décembre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]