Liste d'accidents nucléaires

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chemins de la contamination radioactive vers l'être humain

Cette liste d'accidents nucléaires recense les accidents connus impliquant du matériel nucléaire (voir accident nucléaire). Dans certains cas, ces accidents ont causé des maladies et/ou des décès par contamination radioactive. D'autres cas ont causé des rejets accidentels de matériaux radioactifs, sans que des effets sanitaires n'aient pu y être formellement reliés. D'autres encore n'ont pas causé de contamination, et sont mentionnés ici à cause des tensions qu'ils ont suscitées (collisions entre des sous-marins nucléaires, par exemple).

Il existe une échelle de gradation établie par l'Agence internationale de l'énergie atomique : l'échelle INES. Elle ne s'applique qu'aux événements civils (elle ne s'applique pas aux accidents et incidents nucléaires militaires, ni aux faits de guerre ou de terrorisme)[1].

Certains états ne communiquent pas sur les accidents nucléaires.

Certains accidents sont couverts par le secret défense ; leurs circonstances et leur gravité (pas de classement selon l'échelle INES) ne sont pas connues avec précision.

Accidents dans des centrales nucléaires de production d'électricité[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

  • 21 janvier 1969, centrale nucléaire de Lucens (Vaud) en Suisse. L'éclatement d'un tube de force provoque une impulsion de courant et le réacteur (un petit appareil expérimental construit dans une caverne rocheuse) explose. Il est totalement détruit. La majeure partie des substances radioactives est contenue dans la caverne. L'accident[2],[3] est classé 4 sur 7 sur l'échelle internationale Ines. En 1969, c'était l'un des plus sérieux dans le domaine du nucléaire civil mondial. La caverne fut décontaminée et le réacteur démantelé au cours des années suivantes.
  • 17 octobre 1969, accident nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, Loir-et-Cher, en France. Un accident entraîne la fusion de cinq éléments combustibles dans le réacteur A1. Lors du déchargement, les opérateurs ont ordonné de charger un canal d'uranium et de graphite. Le réacteur est resté un an à l'arrêt pour un coût de 20 millions de francs (un peu plus de trois millions d’euros). L'événement est qualifié d'incident par EDF[4] ; selon l'échelle INES actuelle, il s'agit d'un accident qui se situe au niveau 4.

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

  • 13 mars 1980, accident nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, Loir-et-Cher, en France. Un accident conduit à la fusion de deux éléments combustibles du réacteur A2 filière UNGG (uranium naturel, graphite-gaz) d'une puissance de 515 MW. La plaque métallique de maintien des capteurs de pression du réacteur vient, à la suite de phénomènes de corrosion, obstruer une douzaine de canaux du bloc de graphite, ce qui empêche le bon refroidissement du cœur et provoque la fusion de deux éléments combustibles. Gravement endommagé, le réacteur est indisponible pendant deux ans et demi environ. C'est l'accident nucléaire le plus grave jamais répertorié pour un réacteur en France (niveau 4 selon l'échelle INES).
  • Janvier 1981, centrale de Tsuruga au Japon, un incident irradie 278 personnes.
  • Avril 1984 : le réacteur no 5 de la centrale nucléaire du Bugey en France a frôlé la perte totale de ses alimentations électriques de puissance[5]
  • 26 avril 1986, catastrophe de Tchernobyl, en Ukraine. Accident de niveau 7 selon l'échelle INES. L'accident est survenu dans la centrale nucléaire Lénine située sur les rives de la rivière Pripiat, un affluent du Dniepr à environ 15 km de Tchernobyl et 110 km de Kiev, près de la frontière avec la Biélorussie. À la suite d'une série d'erreurs humaines et en raison de défauts de conception, le réacteur no 4 subit une fusion du cœur puis une explosion provoquant la libération de grandes quantités de radioisotopes dans l'atmosphère. Les autorités évacuent environ 250 000 personnes de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine. Plusieurs centaines de milliers d'ouvriers (600 000 environ), les « liquidateurs » sont venus d'Ukraine, de Biélorussie, de Lettonie et de Russie pour procéder à des nettoyages.
  • 17 décembre 1987 : un incident s'est produit à la centrale nucléaire de Biblis en Allemagne. Il fut divulgué seulement un an après dans un article de la revue spécialisée américaine (Nucleonic Weeks). L'incident a été évalué au niveau 2 de l'échelle INES.
  • 19 octobre 1989, à 21h39 un incendie se déclare dans la salle des turbines de la centrale nucléaire de Vandellos en Espagne, provoquant indirectement une inondation et endommageant différents systèmes, notamment la réfrigération du réacteur. Cet incident est classé au niveau 3 de l'échelle INES. Le gouvernement espagnol a décidé la fermeture définitive du réacteur en novembre 1992 après qu'une fuite d'effluents liquides radioactifs eut pollué le canal voisin. En février 1996, 15 personnes sont contaminées par inhalation d'américium 241 alors qu'elles vident les piscines de combustible de la centrale[6].

Années 1990[modifier | modifier le code]

  • 11 octobre 1991 incendie sur le turbo alternateur N°2 de la centrale de Tchernobyl, pas de fuite radioactive, le toit de la salle des turbines est détruit, le réacteur N°2 a été arrêté définitivement à la suite de cet accident.[réf. nécessaire]
  • 25 octobre 1992, Sosnovy Bor, en Russie, près de St Pétersbourg, sur le réacteur no 3, un RBMK, une vanne d'arrivée d'eau d'un des 1 660 tubes de force se ferme, destruction de l'élément de combustible et du tube de force.

Années 2000[modifier | modifier le code]

  • 15 février 2000, Buchanan, État de New York. Le réacteur no 2 de la centrale nucléaire d'Indian Point libère une petite quantité de vapeur radioactive. C'est un dysfonctionnement du générateur de vapeur qui en est la cause.
  • Juillet 2000, près de Richland, Washington. Des feux touchent la décharge nucléaire très radioactive « B/C » de l'Hanford Site. Les déchets ne sont pas à la surface, mais sous terre. Aucune contamination aérienne n'a été détectée en dehors des limites du site.
  • 10 avril 2003, un incident s'est produit à la centrale nucléaire de Paks (Hongrie), située à une centaine de kilomètres au sud de Budapest. Une fuite radioactive a vraisemblablement mis en danger la population environnante. Selon Istvan Kocsis, le directeur de la centrale, la cause évidente de ce grave incident, qui a eu lieu pendant le nettoyage des piles de combustion, est une faute de planification du système de contrôle et de refroidissement produit et opéré par Framatome ANP (AFP, 12 mai 2003). Pour réparer le réacteur endommagé, la société russe TVEL a été préférée à Framatome ANP.
  • 9 août 2004, Fukui, à 320 km au nord-ouest de Tokyo, au Japon. Un accident dans la centrale nucléaire de Mihama provoque la mort de cinq personnes et fait sept blessés. Une fuite de vapeur dans le bâtiment abritant les turbines du réacteur numéro 3. Les victimes ont été prises dans les jets de vapeurs. L'opérateur de la centrale reconnaît un défaut de surveillance de ses installations ; La canalisation rompue ne remplissait pas les normes de sécurité. Les autorités locales ont annoncé qu'il n'y avait pas de fuites radioactives hors des installations où se trouvent les turbines. C'est l'accident le plus meurtrier lié à l'exploitation civile de l'énergie nucléaire au Japon. Le réacteur 3 a été arrêté après l'accident, et une série de tests sur ce réacteur a commencé le 21 septembre 2006[8].
  • 25 juillet 2006, Suède, incident classé de niveau 2 sur l'échelle INES : défaillance d’un système de secours de la tranche 1 de la centrale de Forsmark ; par précaution, deux réacteurs de la centrale d'Oskarshamn sont fermés[9]. « C'est le hasard qui a évité qu’une fusion du cœur ne se produise », affirme, dans le quotidien allemand TAZ du 3 août, Lars-Olov Höglund qui a été responsable du département de construction dans l’entreprise Suédoise Wattenfall[10]. « C’est l’évènement le plus dangereux depuis Three Mile Island et Tchernobyl », déclare-t-il encore le 2 août au quotidien suédois Svenska Dagbladet. Ole Reistad, directeur de l’institut norvégien de protection contre les rayonnements ionisants, déclare au TAZ que l'on est « passé près de la catastrophe » et près de la défaillance de la dernière barrière de sécurité ; « une telle chose n’aurait jamais dû se produire ».
  • 16 juillet 2007, Japon. La centrale de Kashiwazaki-Kariwa a subi un tremblement de terre d'intensité 6,8 dont l'épicentre était éloigné d'environ 10 kilomètres. Le séisme a causé un incendie maitrisé deux heures après le départ du feu, ainsi que des rejets d'eau contenant des éléments radioactifs dans la mer. Des fûts contenant des déchets de faible activité ont également été renversés dans la zone de stockage, répandant pour certains leur contenu sur le sol. Des traces de radioactivité ont aussi été détectées au niveau du système de ventilation du réacteur 7 ce qui tend à prouver que de faibles quantités de ces éléments ont été rejetées dans l'atmosphère. À la suite du séisme, les réacteurs de la centrale ont été arrêtés le 18 juillet 2007. Le coût total du séisme pour la centrale est évalué à plus de 600 milliards de yens (plus de 3,6 milliards d'euros) sur l'année comptable qui prend fin en mars 2008, entrainant un déficit de 95 milliards de yens (570 millions d'euros) pour cette même année.
  • 23 juillet 2008, France, lors d'une opération de maintenance réalisée sur le réacteur 4 du site nucléaire du Tricastin, des substances radioactives se sont échappées contaminant très légèrement une centaine de salariés sur le site. En 2007, 842 alertes de niveau zéro (817 en 2006) et 86 de niveau 1 ont été signalées en France[12]. Sur l'échelle INES, ce niveau 1 correspond à une «anomalie», du type de celles survenues en juillet 2008 à Romans-sur-Isère (Drôme) et le 7 juillet au Tricastin (Drôme). Aucun incident de niveau 2 n'a été répertorié en 2007 (un seul l'avait été en 2006)[12].

Années 2010[modifier | modifier le code]

Une explosion dans les superstructures du bâtiment abritant le réacteur no 1 de la centrale de Fukushima Dai-ichi a détruit le toit et la structure supérieure de ce bâtiment, blessant au moins quatre employés[14], alors qu'une hausse de la radioactivité est mesurée aux alentours du site, vraisemblablement à cause des vapeurs et gaz relâchés par mesure de sécurité pour faire baisser la pression du bâtiment de confinement du réacteur.
L'explication est la suivante[15] : malgré l'arrêt du réacteur à la suite du séisme, la perte du système de refroidissement du cœur consécutive au tsunami, a entrainé une surchauffe de celui-ci. La très haute température atteinte a alors provoqué une réaction chimique entre l'eau présente dans la cuve et les gaines de protection du combustible en zircaloy avec formation d'hydrogène; c'est cet hydrogène, présent dans les gaz radioactifs relâchés hors du bâtiment de confinement du réacteur mais dans les superstructures de ce bâtiment qui en a provoqué l'explosion[16]. De la même façon, le lendemain, la structure supérieure du bâtiment abritant le réacteur no 3 a explosé. Le réacteur no 2 a lui aussi perdu son liquide de refroidissement, laissant présager la fusion du cœur de celui-ci[17],[18].
L'exploitant a ensuite procédé au refroidissement des réacteurs par arrosage des bâtiments avec des moyens de secours, mais fin mai il a reconnu la fusion totale du cœur du réacteur no 1 et la fusion partielle des cœurs des réacteurs no 2 et 3[19],[20].

Accidents liés à l'industrie civile du combustible et des déchets[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

  • 29 septembre 1957, complexe nucléaire Maïak près de la ville d'Oziorsk en Union soviétique. Accident de niveau 6 sur l'échelle INES, il s'agit de l'accident nucléaire le plus grave qui se soit produit en Union soviétique avant la catastrophe de Tchernobyl.. Explosion d'un réservoir de déchets nucléaires liquides, libérant un nuage radioactif qui contamine une région entière sur 800 km2. Plus de 200 personnes décèdent, 10 000 personnes sont évacuées et 470 000 personnes sont exposées aux radiations.

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

  • 1972. L'usine de retraitement des combustibles nucléaires à West Valley, New York, ferme après six ans de fonctionnement. Elle laisse derrière elle des réservoirs contenant 2 300 m3 de déchets hautement radioactifs, qui contaminent par la suite le lac Érié et le lac Ontario.
  • 16 juillet 1979, près de Church Rock, Nouveau-Mexique. Les parois d'un bassin de déchets radioactifs se brisent, laissant s'échapper une grande quantité de déchets.

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

  • 30 septembre 1999, Tokaimura, à 160 km de Tokyo au Japon. Accident de niveau 4 sur l'échelle INES. L'introduction dans une cuve de décantation, à la suite d'une erreur de manipulation, d'une quantité anormalement élevée d'uranium (16,6 kg) dépassant très largement la valeur de sécurité (2,3 kg), est à l'origine de la réaction de criticité. Cet accident de criticité a tué deux des ouvriers de la centrale et exposé 439 riverains à des radiations importantes [25],[26]. À 21h, soit 11 heures après le début de l'accident, les autorités décrètent le confinement de 310 000 personnes présentent dans un rayon de 10 km[26]. L'enquête sur l'accident de Tokaimura a montré que les ouvriers de l'usine, gérée par l'entreprise JCO, violaient régulièrement les procédures de sécurité, par exemple en mélangeant l'uranium dans des bassines pour aller plus vite (AFP, 27/04/2000)[27].

Années 2000[modifier | modifier le code]

  • 18 avril 2005, Sellafield, Angleterre. 83 000 litres de combustible liquéfié fortement radioactif, contenant environ 20 tonnes d'uranium et de l'acide nitrique concentré se sont échappés d'une fissure dans un tuyau et se sont répandus dans une cuve en acier inoxydable contenant 200 kg de plutonium dans l'enceinte de l'usine de retraitement Thorp située à Sellafield. L'enquête a montré que la fuite est restée inconnue pendant neuf mois[28].
Article détaillé : Sellafield#Accident de 2005.
  • 8 juillet 2008, France, une fuite de 6,25 m3 de produits radioactifs a été constatée sur le site nucléaire du Tricastin, à la SOCATRI, filiale d'AREVA , avec 12 g d'uranium par litre (soit 75 kg)[29]. Des arrêtés préfectoraux ont été pris pour interdire l'usage de l'eau, la baignade, les activités nautiques, la pêche et l'irrigation dans le secteur de Bollène.
  • 3 mars 2009, Marcoule, AREVA. Un incident niveau 2 sur l'échelle INES a eu lieu chez Melox lors de la réception d'échantillons à base d'oxyde de plutonium et d'uranium. Accident de criticité.
  • Octobre 2009, Cadarache, CEA. Un incident niveau 2 sur l'échelle INES a eu lieu à l'Atelier de Technologie du Plutonium. 22 kg de plutonium sont retrouvés au lieu de 8 kg initialement estimés (le CEA estime que la quantité totale pourrait s’élever à près de 39 kg)[30].

Années 2010[modifier | modifier le code]

  • 12 septembre 2011, France, une explosion dans un four de retraitement des déchets nucléaires de Centraco de Marcoule, à Codolet, dans le Gard, tue un employé et en blesse quatre autres, provoquant incendie et fuite. L'exploitant a déclaré que le four contenait 63 kBq, il s’avérait qu'il en contenait 30 MBq (500 fois plus). Cet accident a été classé Niveau 1 INES par l'ASN le 29 septembre[31].
  • 26 septembre 2012, France. Des bouteillons (récipients en forme de bouteille) contenant des produits fissiles humides dangereux (risque de criticité) ont été décelés au milieu des bouteillons de matière fissile sèche non dangereuse à l'usine FBFC (Franco-Belge de Fabrication du Combustible) de Romans sur Isère[32]. L'incident a été classé au niveau 2 par l'ASN sur l'échelle INES.

Accidents dans le domaine de la recherche[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

  • 24 juin 1942. Leipzig, Allemagne: la pile atomique Leipzig L-IV, sous la responsabilité de Werner Heisenberg et Robert Dopel, prend feu et explose. Cela s'est produit peu de temps après que cette pile L-IV démontre la première propagation de neutron contrôlée en Allemagne. L'appareil était en phase de révision ; pendant l'inspection, de l'air s'est introduit dans le cœur du réacteur, conduisant à l'allumage de la poudre d'uranium présente à l'intérieur. Le feu fit bouillir l'eau de refroidissement, créant suffisamment de pression pour faire exploser le réacteur. Un jet de particules d'uranium enflammées a traversé le laboratoire, allumant un grave incendie[33].
  • 2 septembre 1944. Laboratoire national de Oak Ridge (Tennessee, États-Unis). Un récipient d'hexafluorure d'uranium a éclaté dans la salle de transfert du laboratoire, tuant deux personnes et en blessant trois autres. Un tuyau de vapeur a explosé et la vapeur arrivant s'est combinée avec un composé à base d'uranium pour former du fluorure d'hydrogène, qui a été inhalé par les cinq personnes.
  • 21 août 1945. Harry K. Daghlian Jr., un employé du site Omega du Laboratoire national de Los Alamos Nouveau-Mexique (États-Unis), a accidentellement créé une masse surcritique quand il a laissé tomber une brique de carbure de tungstène sur un noyau de plutonium. Il a rapidement enlevé le morceau, mais a été fatalement irradié dans l'incident. Il meurt le 15 septembre[34].
Dessin de Louis Slotin et des personnes présentes dans la pièce au moment de l'accident du 21 mai 1946.
  • 21 mai 1946. Laboratoire national de Los Alamos, Nouveau-Mexique (États-Unis). Le physicien canadien Louis Slotin a manuellement assemblé une masse critique de plutonium au cours d'une démonstration. Son appareil était constitué de deux demi-sphères de plutonium recouvertes par du béryllium, qui pouvaient être déplacées lentement pour mesurer la criticité. Normalement les sphères auraient dû être manipulées par une machine, mais Slotin les a manipulées manuellement en plaçant son doigt dans un trou, comme dans une boule de bowling. Un certain nombre de butées auraient dû empêcher les deux hémisphères de tomber, mais il les avait enlevées. Il a utilisé un tournevis pour contrôler l'écart entre les sphères. À un moment le tournevis a glissé et l'ensemble est devenu critique pendant qu'il le tenait. Aucun des sept observateurs n'a reçu une dose mortelle, mais Slotin meurt le 30 mai 1946 d'un empoisonnement massif, avec une dose estimée de 1 000 rads, ou 10 gray (Gy).

Années 1950[modifier | modifier le code]

  • 1952 Chalk River, en Ontario (Canada). Une perte subite de l'eau de refroidissement au cœur d'un réacteur expérimental NRX provoqua une grande impulsion de puissance. Des explosions en série s'ensuivirent, elles propulsèrent le toit de l'enceinte de confinement des gaz qui demeura enfoncé dans la superstructure. Des fuites de gaz et de vapeurs radioactives dans l'atmosphère se produisirent, elles furent accompagnées par le déversement de 4 000 m3 d'eau dans des tranchées peu profondes non loin de la rivière des Outaouais. Le cœur du réacteur étant totalement anéanti, il fallut l'enterrer en tant que déchet radioactif.
  • 1959. Un réacteur refroidi au sodium a subi une fusion partielle du cœur au Santa Susana Field Laboratory près de Simi Valley, en Californie. Selon Makhijani, Président de l'Institute for Energy and Environmental Research, « les mesures d'iode-131 ont été environ 80 à 100 fois plus importantes que les relevés provenant de Three Mile Island. »[35],[36].

Années 1960[modifier | modifier le code]

Réacteur SL-1 retiré de la National Reactor Testing Station

Années 1970[modifier | modifier le code]

  • 30 novembre 1975, Sosnovy Bor, en Russie, le réacteur no 1, le prototype du réacteur RBMK 1000, subit une défaillance de la machine de chargement, un début d'excursion de puissance et une fusion à 50 % du cœur, la ventilation rejette 131 000 curies d'iode contaminant un territoire de 25 km2, aucune action de protection des habitants n'est entreprise.

Accidents liés à l'utilisation de sources radioactives en médecine et dans l'industrie[modifier | modifier le code]

Avant 2000[modifier | modifier le code]

  • à partir de 1982, à (Taiwan), des immeubles sont construits avec un ferraillage contaminé par une source de cobalt 60. L'affaire devient publique lorsqu'un employé de la compagnie électrique découvre à l'été 1992 que son compteur Geiger indique chez lui des niveaux de contamination dépassant largement la limite[37]. On découvre alors que l'affaire concerne des centaines d'immeubles, des milliers de logements, et plus de 10 000 personnes, avec des doses allant de 20 à 500 millisieverts par an (9 à 20 fois la dose naturelle) pendant 9 à 20 ans. Elle se double d'un scandale, car l'agence gouvernementale Atomic Energy Council (AEC) avait déjà découvert le problème dès 1985, à la suite d'un contrôle de l'appareil radiographique d'un dentiste dans un de ces logements, et étouffé l'affaire. Le fabricant du ferraillage en ayant perdu la trace, tous les immeubles concernés ne sont pas découverts : selon RSPAT (Radiation Safety and Protection Association Taiwan), seuls 7 000 tonnes sur les 20 000 fabriquées ont été identifiés, et peuvent se trouver n'importe où dans l'île. De plus, les habitants ont continué à vivre des années dans les mêmes lieux, notamment faute d'indemnisation (pour les propriétaires) ou d'autres logements (pour les locataires). Un suivi médical de 4100 personnes concernées, de 1995 à 2000, a permis de mesurer certains effets. En 2001, 89 d'entre elles avaient un cancer, mortel pour 39, soit un taux de cancers inférieur à celui d'une population équivalente, non irradiée de la sorte[38],[39]. Cet évènement est spécialement intéressant en ce qui concerne la controverse autour des effets des faibles doses d'irradiation.
  • 1987, accident nucléaire de Goiânia (État de Goiás, Brésil). Un appareil de radiothérapie, abandonné dans un ancien hôpital, est récupéré par des ferrailleurs pour la revente du métal au poids. Le césium 137, produit actif de l'appareil, est dispersé. Les gens jouent avec, attirés par la lumière bleue qu'il émet. Au moins quatre personnes décèdent dans les 75 jours après la découverte, 249 personnes présentent des contaminations importantes, 49 hospitalisations sont réalisées, dont 21 en soins intensifs, et 600 personnes sont encore sous surveillance médicale en 2003. Cet accident a été classé au niveau 5 sur l'échelle INES[40].
  • 25 mai 1998, Algesiras, en Espagne. Le 25 mai 1998, une usine espagnole fit accidentellement fondre une capsule radioactive dans ses hauts-fourneaux. L'incident passe inaperçu. Le 9 juin, le gouvernement suisse annonça que les détecteurs placés sur son territoire avait mesuré un taux de radioactivité mille fois supérieur au niveau normal, dépassant localement 1 Bq/m3. La source était inconnue. La France, l'Allemagne et l'Italie confirmèrent ces mesures. Le lendemain, une aciérie proche d'Algesiras en Espagne signala à l'Agence Espagnole de Sécurité Nucléaire que des fuites radioactives avaient été détectées dans l'un des systèmes de filtration de ses hauts-fourneaux. L'agence n'avait toutefois pas observé d'élévation du niveau de rayonnement sur ses appareils de mesure. Le 12 juin, la source d'émission est identifiée comme étant un appareil de radiothérapie médical contenant une source de césium 137 qui apparemment avait fondu dans les hauts-fourneaux de l'aciérie récupérant les déchets métalliques. La quantité de césium et la durée du processus n'ont jamais été connus mais on estime que l'incident s'est produit durant la dernière semaine de mai 1998. Le 12 juin, l'AIEA annonçait officiellement l'incident et spéculait sur son éventuelle relation avec les niveaux élevés de césium 137 détectés en Europe fin mai et début juin 1998. Des simulations ont été réalisées par le National Atmospheric Release Advisory Capability du LLNL (NARAC) sur la base des concentrations de césium et des courants atmosphériques et ont permis d'identifier le lieu exact d'émission de césium. Il en ressort que l'usine a libéré au total 1850 GBq de césium 137 (50 curies), une valeur plus favorable que celle estimée par le gouvernement espagnol (296-2960 GBq, 8-80 curies).
  • Fin 1998 à Istanbul,des ferrailleurs cherchent à récupérer le métal d’un conteneur dans lequel la source de cobalt-60 est toujours présente. Ils tentent d’ouvrir le conteneur, subissant alors une faible irradiation. Réussissant à l’ouvrir, ils reçoivent une forte irradiation qui leur provoque des malaises. Ils interrompent alors leur tentative. En fonction des dommages subis (chute de leucocytes et de plaquettes), la dose réelle reçue est estimée entre 3 et 4 grays. Les lésions subies par l’ADN des victimes restent cependant modérées [41].

Après 2000[modifier | modifier le code]

  • 11 mars 2006 en Belgique, un opérateur de la société Sterigenics de Fleurus, spécialisée dans la stérilisation d'équipements médicaux pénètre durant 20 secondes dans une cellule d'irradiation contenant une source scellée de cobalt 60 où aucune opération n'étant en cours, les sources radioactives auraient dû être plongées dans une piscine sous cinq à six mètres d'eau en attendant la production. Trois semaines plus tard il éprouve quelques symptômes typiques d'une irradiation (vomissement, perte de cheveux). On estime qu'il a reçu une dose élevée comprise entre 4,4 et 4,8 Gy à la suite d'une défaillance du système de contrôle-commande hydraulique assurant le maintien de la source radioactive dans la piscine (la hauteur d'eau servant de bouclier biologique). L'opérateur passera près d'un mois à l'hôpital avant de pouvoir rentrer chez lui. Après la mise sous scellé de la cellule concernée pendant près d'un mois, l'organisme gouvernemental de contrôle AFCN en collaboration avec les auditeurs privés d'AVN et le contrôle du bien-être au travail ont imposé à Sterigenics un programme d'actions incluant la mise en place de systèmes de sécurité hydrauliques, électriques et mécaniques redondants. Il s'agit d'un accident de niveau 4 sur l'échelle INES[42].
  • 12 mars 2008, France, un travailleur est exposé à une source radioactive de haute activité de cobalt 60 à l'ONERA de Toulouse. Cette source radioactive est utilisée dans un bunker pour faire des essais d'irradiation de composants électroniques destinés à équiper des satellites. L'ASN a classé cet incident au niveau 3 de l'échelle INES.
  • 25 août 2008, Belgique, IRE. L'Autorité belge de sûreté nucléaire et de radioprotection, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), a été informée le 25 août 2008 par l'Institut des radioéléments (IRE) qu'une fuite d'iode radioactif s'était produite sur son site de Fleurus en Belgique, près de Charleroi. L'IRE produit des radioéléments pour une utilisation médicale. L'iode-131 est utilisée, en particulier, pour le traitement des affections thyroïdiennes. L'AFCN a classé cet incident au niveau 3 de l'échelle INES[43].

Accidents dans le domaine militaire[modifier | modifier le code]

Cette liste est incomplète, les accidents ayant lieu dans l'ancien bloc de l'Est, en République populaire de Chine et d'autres nations possédant l'arme nucléaire n'étant pas annoncés par les autorités de ces États.

Voici les noms de code des incidents et des accidents d'armes nucléaires par le Département de la Défense des États-Unis :

  • Nuke Flash (en français : « flash nucléaire ») : lancement accidentel et non autorisé d'une arme nucléaire créant un risque de guerre ;
  • Broken Arrow (en français : « flèche brisée ») : accident d'une arme nucléaire américaine qui ne crée pas un risque de guerre ;
  • Bent Spear (en français : « lance pliée ») : incident significatif (non catégorisé comme Broken Arrow et NukeFlash) ;
  • Dull Sword (en français : « sabre émoussé ») : événement ou déficience sur une arme nucléaire non catégorisé comme incident, impliquant une arme nucléaire ou une ogive nucléaire, des composants nucléaires, ou véhicule transportant une arme nucléaire ;
  • Empty Quiver (en français : « carquois vide ») : saisie, vol ou perte d'une arme nucléaire américaine.

Accident sur des unités de production de plutonium[modifier | modifier le code]

  • 1957 Complexe nucléaire MayakKychtym, à 90 km de la ville de Tcheliabinsk, URSS). Une puissante explosion dans un centre de stockage de déchets radioactifs a projeté à plus d’un kilomètre d’altitude environ deux millions de curies de produits radioactifs, et près de dix fois plus dans l’environnement de l’installation, soit environ la moitié des quantités rejetées à Tchernobyl. Au moins 200 personnes périrent, l'application des mesures d'urgence comportait l'évacuation d'environ 10 000 personnes, une zone interdite de 250 km2 (niveau 6 sur l'échelle INES) et des panneaux « fermez les fenêtres et roulez le plus vite possible » installés sur les bords des routes environnantes. Le régime soviétique a maintenu le secret défense sur cet accident, les premières informations ne seront révélées qu'en 1976 par le biologiste soviétique Jaurès Medvedev émigré en Angleterre. Dans le quotidien Libération du 24 août 2000, « les matières radioactives remontent en surface avec le jaillissement des eaux souterraines », affirme Igor Forofontov de Greenpeace Russie[46].
Article détaillé : Catastrophe de Kychtym.
  • Du 7 au 12 octobre 1957, incendie du réacteur Windscale Pile 1 (Grande-Bretagne) utilisé pour produire du plutonium militaire. L'accident se classe au niveau 5 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES). Le cœur en graphite s'enflamme au cours d'un recuit — chauffage destiné à éliminer des dislocations, défauts produits par les neutrons, la libération de l'énergie des dislocations pouvant conduire à un échauffement du graphite. Des produits de fission, essentiellement de l'iode-131, sont rejetés à l'extérieur. Aucune mesure d'évacuation n'a été nécessaire, mais les autorités compétentes prennent les mesures suivantes pour maîtriser le danger : interdiction de la consommation de certains produits et contrôle et arrêt des livraisons de lait pendant deux mois sur une zone de 500 km2.
Article détaillé : Incendie de Windscale.

Accident lors d'essais nucléaires[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Pour mémoire, sans être des accidents nucléaires à proprement parler, tous les essais nucléaires réalisés au sol ont entraîné des retombées radioactives (dès lors que la boule de feu entre en contact avec le sol). Seules sont indiquées ici les retombées accidentelles imprévues.

Date Lieu Accident Gravité[47]
1954, 1er mars Atoll de Bikini
Article détaillé : Castle Bravo.
1961, 10 décembre Nouveau-Mexique. Un test souterrain d'explosion nucléaire libère des nuages imprévus de vapeurs radioactives, ce qui entraîne la fermeture de quelques autoroutes du Nouveau-Mexique.
1962 Sahara Accident de Béryl. Le 1er mai 1962, la France réalise son deuxième essai souterrain dans le Sahara mais la montagne Taourirt Tan Afella devant contenir l'explosion se fissure à la suite de l'essai précédent et libère un nuage radioactif contaminant plusieurs militaires et officiels.
1970, 18 décembre Yucca Flat, Nevada Test Site Le test souterrain Baneberry libère 250 PBq de radioactivité par une fissure dans la roche.

Accident sur des armes en service[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
Date Lieu Accident Gravité[47]
1950, 13 février Au large de la côte Pacifique du Canada. Un bombardier B-36 largue d'urgence une bombe en mer, sans explosion. Empty Quiver
1950, 11 avril États-Unis, (Nouveau-Mexique ?). Un bombardier B-29 s'écrase contre une montagne et brûle. Aucune explosion. Dull Sword
1950, 13 juillet Ohio, États-Unis. Un bombardier B-50 s'écrase. La charge explosive classique de la bombe saute, l'étage nucléaire reste inactif. Bent Spear
1950, 5 août Californie, États-Unis. Un bombardier B-29 s'écrase sur un terrain de camping après son décollage. 19 morts, la bombe reste inactive. Dull Sword
1950, 10 novembre océan Pacifique. Largage d'urgence d'une bombe en mer, sans explosion. Empty Quiver
1956, 10 mars Méditerranée. Après l'échec d'un ravitaillement en carburant, un B-47 porteur d'armes nucléaires disparaît sans laisser de trace. Dull Sword
1956, 27 juillet Grande-Bretagne. Un B-47 heurte, en atterrissant, un bunker d'armes nucléaires. Les bombes seront endommagées mais n'exploseront pas. Dull Sword
1957, 28 juillet océan Atlantique. Deux bombes sont larguées d'urgence en mer, sans explosion. Elles ne seront jamais retrouvées. Empty Quiver
1957, 11 octobre Floride, États-Unis. Un B-47 s'écrase avec une bombe dont la charge nucléaire n'est pas amorcée. L'avion brûle et la charge classique explose. Bent Spear
1958, 31 janvier Maroc. Un B-47 portant une bombe H s'écrase et brûle. Pas d'explosion nucléaire, mais émission de rayonnement alpha qui entraînera une évacuation de la population. Bent Spear
1958, 5 février Géorgie, États-Unis. Largage en catastrophe d'une bombe par un B-47 après une collision avec un chasseur F-86. Pas d'explosion. Dull Sword
1958, 11 mars Mars Bluff, Caroline du Nord, États-Unis. Une bombe atomique est larguée par erreur et tombe dans un jardin. Explosion de la charge classique. La maison est détruite et les habitants grièvement blessés. Bent Spear
1958, 4 novembre Arkansas, États-Unis. Un B-47 s'écrase après le décollage. Le matériel nucléaire n'est pas endommagé. Dull Sword
1958, 26 novembre Louisiane, États-Unis. Un B-47 brûle au sol et émet une faible radioactivité du fait du matériel embarqué. Dull Sword
1959, 6 juillet Mississippi, États-Unis. Un C-124 s'écrase avec à son bord une bombe nucléaire. Faible émission radioactive. Dull Sword
1959, 25 septembre entre l'État de Washington et de l'Oregon, États-Unis. Une bombe atomique est perdue lors de l'atterrissage d'urgence d'un P-5M. Empty Quiver
1959, 15 octobre États-Unis. Un B-52 entre en collision avec le KC-135 lors d'un ravitaillement en vol. Une bombe intacte et une partiellement brûlée seront retrouvées dans les débris de l'appareil. Dull Sword
1960, 7 juin McGuire Air Force Base de New Egypt, New Jersey. Une cuve d'hélium explose et fissure les réservoirs d'un missile de défense anti-aérienne BOMARC-A, muni d'une tête nucléaire. Le feu fait fondre peu à peu le missile et le plutonium, libéré de l'ogive nucléaire, contamine le complexe et les eaux souterraines. Bent Spear
1961, 24 janvier près de Seymour Johnson Air Force Base, Goldsboro, Caroline du Nord.
Article détaillé : Écrasement d'un B-52 à Goldsboro.
Un bombardier B-52 explose en plein vol, relâchant deux bombes nucléaires Mark 39. Une des bombes tombe dans un champ boueux et s'enfouit à sept mètres de profondeur ; l'autre tombe en douceur après avoir ouvert son parachute. Après étude, il est établi que cinq de ses six dispositifs de sécurité n'ont pas fonctionné : un simple commutateur a empêché l'explosion de cette bombe nucléaire de 2,4 mégatonnes. Une portion enfouie de l'arme contenant de l'uranium n'a pu être récupérée : l'armée a acquis le terrain et fait régulièrement des tests[48].
Dull Sword
1961, 14 mars près de Yuba City, Californie. Un bombardier B-52 transportant deux armes nucléaires s'écrase pendant une mission d'entraînement. Aucune explosion ni contamination n'a lieu. Dull Sword
1964, 13 janvier près de Cumberland, Maryland. Un bombardier B-52, avec deux missiles nucléaires à bord, s'écrase au sol. Dull Sword
1965, octobre Rocky Flats Plant au nord-ouest de Denver, Colorado. Un feu durant un ravitaillement en carburant d'un avion expose un groupe de 25 personnes à dix-sept fois la limite légale de rayonnement. Dull Sword
1965, 5 décembre Océan Pacifique Un avion A-4 Skyhawk transportant une arme nucléaire B43 tombe à la mer, avec son pilote, à près de 350 km des côtes japonaises. Il ne fut jamais retrouvé. Dull Sword
1966, 17 janvier Palomares, en Espagne
Article détaillé : Incident nucléaire de Palomares.
Bent Spear
1968, 21 janvier Thulé, Groenland
Article détaillé : Accident de Thulé.
Bent Spear
1977 près des côtes de Kamtchatka, en Russie. Le sous-marin soviétique K-171 largue accidentellement une ogive nucléaire. Après une fouille impliquant des douzaines de navires et avions, l'ogive fut retrouvée. Empty Quiver

Accident sur des réacteurs de propulsion navale[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
Date Lieu Accident Gravité[47]
1961. Le sous-marin USS Theodore Roosevelt (SSBN-600) tente de se débarrasser de la résine usagée de son système de déminéralisation (utilisé pour éliminer les particules et minéraux radioactifs dissous dans les circuits de refroidissement primaire). Le navire est contaminé quand le vent renvoie la résine dans sa direction. Dull Sword
1961, 4 juillet Au large de la côte de la Norvège le sous-marin soviétique K-19 du projet 658 Hotel I est victime d'un accident majeur après une défaillance du système de refroidissement du réacteur tribord. L'incident contamine l'équipage, tuant plusieurs marins. Le cœur du réacteur atteint 800 °C, presque suffisant pour faire fondre les barres de combustible. L'équipage reprend le contrôle grâce à des procédures d'urgence[49]. Le sous-marin sera remis en service ultérieurement mais sera connu sous le sobriquet de "Hiroshima" parmi les sous-mariniers soviétiques. Dull Sword
1963, 10 avril à l'est de Boston, Massachusetts. Le sous-marin nucléaire d'attaque USS Thresher (SSN-593) coule avec 129 hommes à son bord durant des essais en mer. Dull Sword
1968, 22 mai océan Atlantique. le USS Scorpion (SSN-589) coule brusquement à grande profondeur cause probable: Explosion d'une torpille au tube, 99 hommes à son bord. Dull Sword
1970, 12 avril océan Atlantique. Le sous-marin nucléaire d'attaque de la marine soviétique K-8 du projet 627A classe November, subit des incendies simultanés dans deux compartiments en plongée. Le sous-marin refait surface et tente d'accrocher un câble de remorquage à un navire de la marine marchande soviétique, mais il échoue. Le sous-marin coule, tuant 52 hommes. Dull Sword
1985, 10 août dans la baie de Tchajma, près de Vladivostok. Explosion du réacteur nucléaire du sous-marin K-314 soviétique (projet 675) lors de sa recharge. Dix hommes d'équipage meurent sur le coup. L’explosion projeta des particules de matériel à plusieurs kilomètres. Plus de 100 000 curies de radioactivité furent mesurés alentour et il fallut plus de deux heures pour éteindre l’incendie. Un vaste secteur reste non dépollué et est toujours ouvert aux activités humaines. Les 2 000 habitants de la baie n'ont jamais été évacués. Le démantèlement du sous-marin a débuté en septembre 2010, malgré les protestations des riverains. Bent Spear
2000, 12 août mer de Barents, au nord de la Norvège et de la Russie occidentale, océan Arctique. Naufrage lors d'un exercice du sous-marin russe à propulsion nucléaire Koursk du projet 949A Oscar II, avec 118 hommes à son bord. Dull Sword
2005, 7 janvier Près de l' Île de Guam, océan Pacifique. Un sous-marin américain de la classe Los Angeles : l'USS San Francisco (SSN-711) heurte violemment un récif-sous-marin. Un membre d'équipage est tué après avoir été projeté contre une pompe auxiliaire. Plusieurs blessés dans l'équipage. La coque épaisse du sous-marin a résisté ; pas de voies d'eau Dull Sword

Pollutions nucléaires[modifier | modifier le code]

  • 1962. Une étude montre que la mine d'uranium près de České Budějovice en Tchécoslovaquie a causé la mort de 80 % du bétail par leucémies et difformités.
  • Mai 1963, Mandan, Dakota du Nord. On enregistre la plus forte concentration jamais enregistrée de strontium-90 dans du lait aux États-Unis, jusqu'à 2003. Cela était probablement dû au site secret de Hanford.
  • 21 avril 1964. Un satellite de navigation américain manque sa mise en orbite et rentre dans l'atmosphère à 150 000 pieds au-dessus de l'océan Indien. Le générateur nucléaire du satellite contenait 17 kCi de plutonium 238, qui brûla au moins partiellement lors de la rentrée dans l'atmosphère. On releva d'abord une augmentation du taux de Pu238 dans la stratosphère quatre mois plus tard. On estime qu'environ 16 kCi de Pu238 se sont dispersés dans l'atmosphère jusqu'en 1970. Selon l'EPA, la contamination en Pu238 des poumons humains (0,06 mrem) due au lancement avorté est sensiblement inférieure à celle résultant des retombées des essais d'armes nucléaires dans les années 1950 (0,35 mrem).
  • 12 décembre 1971. Dans la Thames River près de New London, Connecticut, de l'eau de refroidissement radioactive est transférée du sous-marin américain USS Dace à l'USS Fulton lorsque 1 900 L d'eau contaminée se répandent dans le cours d'eau.
  • Décembre 1972. Un feu important et deux explosions dans une usine de fabrication de plutonium à Pauling, New-York, provoquent la contamination du complexe et des sols, et entraînent la fermeture définitive du site.
  • Octobre-novembre 1975, dans l'Apra Harbor de l'île de Guam. L'USS Proteus, un navire décharge de l'eau de refroidissement contaminée.
  • 24 janvier 1978, nord-ouest du Canada. Le satellite de surveillance soviétique à propulsion nucléaire Cosmos 954 s'écrase. À la suite du crash, une grande quantité de matériaux se répand sur une surface d'environ 124 000 km² dans une zone qui s'étend du grand lac des Esclaves jusqu'au nord de l'Alberta et de la Saskatchewan.
  • 22 mai 1978, près de Puget Sound, Washington. À bord de l'USS Puffer, un sous-marin nucléaire, une soupape fut ouverte par erreur, relâchant 1 900 litres d'eau radioactive.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www-pub.iaea.org/MTCD/publications/PDF/INES-2009_web.pdf INES User’s Manual, 208 Edition (Revised), p. 4
  2. Commission d'enquête technique sur l'incident de Lucens (Suisse), Kommission für die Sicherheitstechnische Untersuchung des Zwischenfalles im Versuchs-Atomkraftwerk Lucens (Schweiz), Rapport final sur l'incident survenu à la centrale nucléaire expérimentale de Lucens, le 21 janvier 1969,‎ 1979
  3. Le Temps, 21 janvier 2009
  4. Industries atomiques, vol. 14, S AD ES,‎ 1970
  5. Histoire de la sureté de l'énergie nucléaire civile en France (1945-2000) par FOASSO Cyrille - 2003 - Université Lumière Lyon 2 (partie IV - chapitre 14.4)
  6. dissident-media.org
  7. Rapport IRSN sur l'incident
  8. Nuclear Engineering International
  9. Antoine Jacob, « Incident sérieux dans une centrale nucléaire suédoise », dans Le Monde, 06/08/2006, [lire en ligne]
  10. http://de.indymedia.org/2006/08/154515.shtml
  11. Incident à la centrale nucléaire de Krsko (Slovénie) Autorité de Sureté Nucléaire
  12. a et b Caroline de Malet, Questions autour des incidents du Tricastin, Le Figaro, 25 juillet 2008
  13. Incident à la centrale nucléaire de Tihange, Le Soir, 3 septembre 2008
  14. (en) « Battle to stabilise earthquake reactors », WNN, World Nuclear News, mise à jour 12 mars 2011 à 23 h 44 GMT, consulté le 13 mars 2011.
  15. Fukushima Nuclear Accident (AIEA)
  16. « Fukushima : « Un accident inédit dans l'histoire du nucléaire », lemonde.fr, interview de Bruno Comby, consulté le 13 mars 2011.
  17. NHK
  18. « Le Japon redoute un accident nucléaire majeur », sur lepoint.fr, 14 mars 2011.
  19. Fukushima: Tepco admet la fusion de trois réacteurs
  20. Tepco annonce que les réacteurs 2 et 3 ont connu la fusion
  21. « Incident à Doel 4 », Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), 18 mars 2011, sur le site fanc.fgov.be.
  22. « Un incident classé niveau 2 à la centrale nucléaire de Doel », dhnet.be, 18 mars 2011.
  23. ADN Kronos, explosion dans une centrale nucléaire en Égypte, mis en ligne le 4 juin 2011
  24. Incident à la centrale nucléaire de Flamanville, mis en ligne le 25 octobre 2012
  25. (en) Commission de réglementation nucléaire américaine, Analyse de l'accident de criticalité de Tokai-mura, vol. SECY-00-0085,‎ 2000 (lire en ligne)
  26. a et b Alain Vézina, Godzilla MD: une métaphore du Japon d'après-guerre : Images d'Asie, L'Harmattan,‎ 2009, 170 p. (ISBN 2296094678 et 9782296094673)
  27. L'accident de Tokaimura remet en cause l'important programme
  28. irsn.org
  29. Le point via le site lepost.fr
  30. Incident sur l'installation nucléaire ATPu (site CEA de Cadarache) , ASN, 16 octobre 2009
  31. Accident industriel de Centraco : l’ASN décide de soumettre à autorisation préalable le redémarrage des fours et classe l’accident au niveau 1 de l’échelle INES sur ASN.fr
  32. Reclassement au niveau 2 de l'incident survenu à Romans sur Isère, le 31 octobre 2012
  33. (en) fpp.co.uk
  34. members.tripod.com
  35. loe.org
  36. energy.ca.gov
  37. article du Taipei Times d'avril 2001 (en), consulté le 25 août 2008
  38. http://www.ecolo.org/documents/documents_in.../hormesis-Taiwan-Foos.doc
  39. http://www.google.fr/webhp?nord=1#nord=1&q=irradi%C3%A9s+de+ta%C3%AFwan
  40. p. 32 [PDF]élaboration d'une échelle de classement des incidents et accidents radiologiques (avril 2003) site de l'ASN
  41. http://www-pub.iaea.org/MTCD/publications/PDF/Pub1102_web.pdf
  42. FANC - AFCN
  43. AFCN: Incident IRE - Fleurus 2008
  44. Japon : un incident nucléaire expose 30 employés à des radiations - Le Monde / AFP - 27 mai 2013
  45. Japon: 30 employés exposés à des radiations lors d'un incident nucléaire - Le Nouvel Obs - AFP, Sciences et Avenir - 27 mai 2013
  46. Archives sur chez.com
  47. a, b et c Estimation d'après la description de l'accident.
  48. Evénement de Goldsboro
  49. www.cnn.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catastrophes et accidents nucléaires dans l'ex-Union soviétique, Daniel Robeau, EDP Sciences, 2002, ISBN 2-86883-529-5
  • (en) Christensen, Svend Aage (Danish Institute for International Studies - DIIS) (trad. de l'anglais), The Marshal's Baton. There is no bomb, there was no bomb, they were not looking for a bomb, Copenhague, DIIS,‎ 2009 (ISBN 978-87-7605-331-4, OCLC 435425040, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]