Shaku Soyen

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Shaku Soyen est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Shaku, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).

Shaku Soyen
釈 宗演

alt=Description de l'image Soyen Shaku.jpg.
Naissance 10 janvier 1860
Drapeau du Japon Kanagawa, Japon
Décès 29 octobre 1919 (à 59 ans)
Drapeau du Japon Kamakura, Japon
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Profession
Prêtre
Formation

Shaku Soyen (釈 宗演, écrit en japonais moderne Shaku Sōen ou Kōgaku Shaku Sōen?), né le 10 janvier 1860 à Kanagawa au Japon et décédé à l'âge de 59 ans le 29 octobre 1919 à Kamakura, est un prêtre japonais qui fut le premier maître bouddhiste zen à enseigner aux États-Unis. Maître zen (en) de l'école Rinzai et abbé du Kenchō-ji et de l'Engaku-ji à Kamakura, Shaku est un disciple d'Imakita Kosen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant sa jeunesse, son maître Kosen et d'autres le reconnaissent comme naturellement intelligent. Après avoir étudié trois ans à l'université Keiō[1], il reçoit la transmission de dharma]] de Kosen à l'âge de 25 ans et est ensuite nommé en charge de l'enseignement religieux au bureau d'éducation, ainsi que patriarche de l'Engaku-ji de Kamakura[2]. En 1887, Soyen voyage à Ceylan pour étudier la langue Pali et le bouddhisme theravāda et vit une vie errante de bhikkhu pendant trois ans[2]. À son retour au Japon en 1890, il enseigne au zendō de Nagata. En 1892, après la mort de Kosen, Soyen devient le maître zen de l'Engaku-ji[3].

En 1893, Soyen est l'un des quatre prêtres et des deux laïques, représentant le zen Rinzai, le Jōdo Shinshū, le Nichirin, le Tendai, et d'autres écoles ésotériques[4], composant la délégation japonaise qui participe au parlement des religions de Chicago organisé par John Henry Barrows (en) et Paul Carus. Il prépare un discours au Japon qui est traduit en anglais par son étudiant (alors jeune et inconnu) Daisetz Teitaro Suzuki. Il est lu durant la conférence par Barrows. Le sujet est la « loi de cause et effet, comme enseignée par le Bouddha ». Par la suite, Soyen livre une « médiation pour éviter la guerre »[5].

Il rencontre durant la conférence Paul Carus, un éditeur de LaSalle dans l'Illinois. Avant son retour au Japon, Carus lui demande d'envoyer aux États-Unis une personne connaissant le bouddhisme zen et pouvant s'exprimer en anglais. Soyen demande ainsi à son élève Daisetz Teitaro Suzuki de se rendre aux États-Unis où il deviendra le principal enseignant du bouddhisme zen en Occident et traducteur pour la maison d'édition de Carus[6].

Soyen sert ensuite comme aumônier militaire de l'armée japonaise durant la guerre russo-japonaise. En 1904, l'écrivain russe Léon Tolstoï demande à Soyen de dénoncer la guerre avec lui. Soyen refuse et déclare que « ... parfois le meurtre et la guerre sont nécessaires pour défendre les valeurs et l'harmonie d'une pays, d'une race ou d'individus innocents ». Après le conflit, Soyen attribue la victoire du Japon à sa culture samouraï.

En 1905, Soyen Shaku retourne en Amérique sur invitation de M.. et Mrs. Alexandre Russell. Il séjourne neuf mois dans leur résidence de San Francisco et enseigne le zen à la famille entière. Mrs. Russell est la première Américaine à étudier les kōans. Peu de temps après son arrivée, il est rejoint par son élève Nyogen Senzaki (en)[7]. Durant son séjour, il donne également des conférences en Californie, quelques-unes à des immigrants Japonais et d'autres traduites par Daisetz Teitaro Suzuki pour un public anglophone[8]. Après un voyage en train à travers les États-Unis en mars 1906, il discute du bouddhisme mahāyāna traduit par Suzuki avant de rentrer au Japon via l'Europe, l'Inde et le Ceylan[9].

Soyen Shaku meurt le 29 octobre 1919 à Kamakura.

Héritiers de dharma[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) James Ishmael Ford, Zen Master Who?, Wisdom Publications,‎ 2006 (ISBN 0-86171-509-8), p. 62
  2. a et b Fields 1992, pg. 110
  3. Fields 1992, pg. 111
  4. Fields 1992, pg. 124
  5. Fields 1992, p. 126-7
  6. Fields 1992, pg. 128
  7. Fields 1992, p. 168-170
  8. Fields 1992, pg. 172
  9. Fields 1992, p. 172-4
  10. Ningen Zen Home

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rick Fields, How the swans came to the lake : a narrative history of Buddhism in America, Boston, Mass, Shambhala Publications,‎ 1992 (ISBN 0-87773-631-6)
  • Mohr, Michel. The Use of Traps and Snares: Shaku Sōen Revisited (2010). In Zen Masters, eds. Steven Heine, and Dale Stuart Wright, 183–216. Oxford University Press. (ISBN 97801953676452[à vérifier : ISBN invalide])
  • (en) Brian Victoria, Zen at War : :en:Zen at War, Weatherhill,‎ 1997 (ISBN 0-8348-0405-0)

Lien externe[modifier | modifier le code]