Hugo Enomiya-Lassalle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lassalle.
Le père Hugo Enomiya-Lassalle

Hugo Makibi Enomiya-Lassalle, né Hugo Lassalle le 11 novembre 1898 à Gut Externbrock, en Westphalie et décédé le 7 juillet 1990 à Münster, était un prêtre jésuite allemand, missionnaire au Japon où, devenu un fervent adepte et initiateur au bouddhisme zen, il obtient le titre de ‘Maître-Zen’ (Rōshi). Fait citoyen japonais en 1948, il adopte alors le nom de Makibi Enomiya.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le jeune Hugo entre dans la Compagnie de Jésus le 25 avril 1919. À la fin de la formation spirituelle et académique, durant laquelle il s’intéresse particulièrement aux mystiques médiévaux chrétiens, il est ordonné prêtre le 28 août 1927. Deux ans plus tard, en 1929, il part comme missionnaire au Japon où bientôt il s’intéresse au bouddhisme et à ses coutumes religieuses. Il est vicaire de la paroisse de Hiroshima et y conduit en 1943 sa première session de Zen.

Le 6 août 1945 la ville de Hiroshima est détruite par une bombe atomique. Lassalle est blessé et est rapatrié en Allemagne pour y être traité. Reçu en audience par le pape Pie XII en septembre 1946 il lui révèle son projet de construire à Hiroshima un sanctuaire-mémorial dédié à la paix dans le monde.. L’architecte japonais Tōgo Murano en dessine les plans. Commencée en 1950 la 'cathédrale-mémorial pour la paix mondiale’ est consacrée le 6 août 1954.

En 1956 Enomiya-Lassalle se place sous la direction du maitre Harada Daiun Sogaku pour une initiation approfondie au bouddhisme zen. En 1958 il publie son premier livre (Zen, a way to enlightenment) qui suscite quelques interrogations au Vatican. L’heure n’est pas encore à l’ouverture aux religions orientales...

À la mort de Harada (1961) Enomiya-Lassalle devient disciple d’un proche de Harada, Yamada Koun. Ce dernier est très ouvert aux possibilités qu’offre le Zen à la pratique chrétienne de méditation. Il affirme que le Zen deviendra un jour un courant important de spiritualité chrétienne. L’ouverture aux religions non-chrétiennes du concile Vatican II (1962-1965) change l’atmosphère. Enomiya-Lassalle y participe lui-même comme conseiller-théologien de l’évêque d’Hiroshima. Fruit du concile : il engage à Hiroshima un dialogue théologique et spirituel avec les moines bouddhistes.

Grâce au soutien de Enomiya-Lassalle un nombre croissant de prêtres, religieux et religieuses se mettent au Zen. Vers la fin des années 1960, il reçoit son agrégation comme maître dans la secte ‘Sanbo Kyodan de Yamada, tout en continuant à professer sa foi chrétienne. En décembre 1969 il ouvre Shinmeitkutsu, un centre de méditation à Tokyo. Quatre fois l’an, jusqu’en 1986, il y dirige des retraites Zen (Sesshin) de 7 jours. Mais il fait toujours une différence nette entre ces retraites Zen et les Exercices Spirituels suivant la méthode de Saint Ignace. Il est de plus en plus souvent invité en Europe pour y donner des ‘retraites Zen’. Il y encourage par ses conférences l’interaction entre spiritualités orientale et occidentale. A Hiroshima ses services sont reconnus au point que la ville lui donne le titre de ‘citoyen d’honneur’.

Pour des raisons de santé Hugo Enomiya-Lassalle est contraint à quitter le Japon en 1987. Il meurt à Münster (Allemagne) le 7 juillet 1990.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Zen Buddhismus, Köln, 1966.
  • Méditation zen et prière chrétienne, Paris, Cerf, 1973.
  • Zazen und die Exerzitien des heiligen Ignatius. Einübun in das wahre Dasein, Köln, 1975.
  • Zen, Weg zur Erleuchtung. Hilfe zum Verständnis. Einführung in die Meditation, Wien, 1976.
  • La méditation comme voie vers l’expérience de Dieu, Paris, Cerf, 1982.
  • Zen und christliche Mystik. Freiburg i.Br., 1986.
  • Der Versenkungsweg. Zen-Meditation und christliche Mystik, Freiburg i.Br. 1992.
  • Kraft aus dem Schweigen. Einübung in die Zen-Meditation, Zürich, 1998.