Robert A. Heinlein

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Robert A. Heinlein

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Heinlein dédicaçant un de ses livres en 1976.

Nom de naissance Robert Anson Heinlein
Autres noms Anson McDonald
Lyle Monroe
John Riverside
Caleb Saunders
Simon York
Activités Romancier, nouvelliste,
essayiste, scénariste
Naissance 7 juillet 1907
Butler, Missouri, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 8 mai 1988 (à 80 ans)
Carmel, Californie, Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue d'écriture Anglais américain
Genres Science-fiction, fantasy
Distinctions Prix Hugo
Prix Damon Knight Memorial Grand Master
Prix Locus
Médaille de la NASA

Œuvres principales

Robert Anson Heinlein, né le 7 juillet 1907 à Butler dans le Missouri (États-Unis) et mort le 8 mai 1988 à Carmel-sur-mer en Californie (États-Unis), est un écrivain américain de science-fiction engagé, dont l'influence sur l'imaginaire nucléaire et spatial américain a marqué l'histoire technique de la seconde moitié du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une petite ville du Missouri, au cœur de l'Amérique rurale du début du XXe siècle, Robert Heinlein grandit au sein « du plus bigot des fondamentalismes de la Bible Belt ». Bien qu'il s'en échappe intellectuellement dès 13 ans, âge auquel il lit Charles Darwin, et devienne essentiellement athée, cette influence religieuse est visible dans ses œuvres.

Après sa scolarité au lycée de Kansas City, où il a pour camarade Sally Rand et peut suivre des cours de Will Durant, il entre à l'Académie navale d'Annapolis dont il sort diplômé en 1929. Il sert ensuite dans la Marine, d'abord à bord du porte-avions USS Lexington (CV-2), sous les ordres de Ernest J. King, puis à bord du destroyer USS Roper ; il atteint le grade de lieutenant avant de devoir quitter l'armée à la suite d'une tuberculose en 1934. Sa carrière militaire eut une certaine influence sur son œuvre.

Après son service, il étudie pendant quelques semaines la physique à l'université de Californie (UCLA), puis exerce différentes professions (agent immobilier, propriétaire d'une mine d'argent…) et se lance dans la politique en Californie dans le mouvement socialiste EPIC d'Upton Sinclair, sans succès électoral. Il trouve sa vocation en publiant sa première nouvelle de science-fiction Ligne de vie (Life Line) en 1939. Cette nouvelle avait été originellement écrite pour un concours doté d'un prix de cinquante dollars. Mais la jugeant très bonne, il décide de la faire publier. John W. Campbell lui en donne soixante-dix dollars pour sa parution dans le magazine Astounding Science-Fiction[1].

Pendant les deux années qui suivirent, il publie plusieurs nouvelles, et en assure la cohérence en les inscrivant dans une Histoire du futur qu'il élabore pour décrire l'histoire de l'humanité de 1950 à 2600. La trame en est publiée pour la première fois dans le numéro de mai 1941 d’Astounding Science-Fiction.

Lors de l'entrée en guerre des États-Unis, Heinlein cesse toute activité littéraire et travaille comme ingénieur civil dans un laboratoire de la marine. Il y fait entrer Isaac Asimov et L. Sprague de Camp.

Après la guerre et une brève période de militantisme actif pour un contrôle supranational des armes nucléaires de destruction massive (dont il avait été l'un des premiers à discuter les conséquences géopolitiques, dès 1941, dans la nouvelle Solution Unsatisfactory, très discutée à Los Alamos, et qui l'obsédera le reste de sa vie), il ne vit plus que de sa plume.

Il participe activement à la création du film Destination... Lune !, réalisé par Irving Pichel (1950), qui exerça une influence profonde sur le cinéma de science-fiction par son accent sur le réalisme (en particulier des scènes de chute libre) et dont les effets spéciaux valurent un Oscar à Lee Zavitz. De même, la série radio et télévisée Tom Corbett, Space Cadet, adaptée de son roman La Patrouille de l'espace, constitue l'un des premiers étalons du genre.

Il reçoit quatre fois le prix Hugo du meilleur roman et, à titre posthume, trois prix Retro Hugo. Il reçoit également le premier prix Nebula Grand Master.

Grand voyageur, il fit plusieurs fois le tour du monde et visita plus de quatre-vingts pays sur les cinq continents, y compris l’URSS et la Chine communiste pendant la guerre froide.

Dans les années 1980, il sera l'un des piliers du Conseil citoyen sur la politique spatiale (en) à l'origine de l’Initiative de défense stratégique du président Ronald Reagan.

Plusieurs ouvrages posthumes ont été publiés sous son nom : Grumbles From the Grave (1989, recueil de correspondances) Take Back Your Government (1992, d'après un manuel inédit de 1946), Tramp Royale (1992, journal d'un voyage autour du monde de 1954) et For Us The Living (2003, manuscrit « retrouvé » d'un premier roman de ca. 1938). En 2006 est paru Variable Star, roman composé par Spider Robinson à partir d'un synopsis des années 1950, et curieusement cosigné par Spider Robinson et Robert Heinlein.

Robert Heinlein a été marié trois fois : à Elinor Leah Curry (1929), à Leslyn McDonald (1932-1946) et à Virginia Gerstensfeld (1947-1988). Il n'a pas eu d'enfant.

Un cratère martien porte son nom ; un autre sur la Lune porte celui d'un de ses personnages, Rhysling (Les Vertes Collines de la Terre).

Les archives d'Heinlein sont disponibles en ligne.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Citations célèbres[modifier | modifier le code]

« Un être humain devrait savoir changer une couche-culotte, planifier une invasion, égorger un cochon, manœuvrer un navire, concevoir un bâtiment, écrire un sonnet, faire un bilan comptable, monter un mur, réduire une fracture, soutenir un mourant, prendre des ordres, donner des ordres, coopérer, agir seul, résoudre des équations, analyser un nouveau problème, répandre de l'engrais, programmer un ordinateur, cuisiner un bon repas, se battre efficacement, et mourir bravement. La spécialisation, c'est bon pour les insectes. »

« Ne devenez jamais pessimiste. Un pessimiste a plus souvent raison qu'un optimiste, mais l'optimiste s'amuse plus — et aucun des deux ne peut arrêter la marche du monde. »

« La démocratie est basée sur l'hypothèse qu'un million d'hommes sont plus sages qu'un seul. Vous disiez ? J'ai dû manquer quelque chose. L'autocratie est basée sur l'hypothèse qu'un seul homme est plus sage qu'un million. Attendez, redites-moi ça aussi ? Qui décide ? »

« La suprême ironie de la vie c'est que nul n'en sort vivant. »

« Femmes et chats n'en feront jamais qu'à leur tête ; les hommes et les chiens feraient mieux de se détendre, et de s'habituer à cette idée. »

« Trop paresseux pour pouvoir échouer. »

Une définition de l'amour (in Le Chat passe-muraille) :

« un état subjectif dans lequel le bien-être et le bonheur d'un autre être sont essentiels au bonheur de l'individu. »

Robert Heinlein a diffusé dans Révolte sur la Lune l'adage connu sous son acronyme TANSTAAFL : « There Ain't No Such Thing As A Free Lunch ». Cet adage, utilisé par certains économistes dès les années 1940 sous la forme plus grammaticale « There Is No… », signifie qu'on n'a rien sans rien ; littéralement : « Un repas gratuit, ça n'existe pas. »

La première traduction française du livre utilisait l'acronyme URGESAT (« Un Repas Gratuit Est Supérieur À Tout »), ce qui constitue un contre-sens dans le contexte de l'ouvrage ; l'édition révisée utilise le terme URGCNEP (« Un Repas Gratuit, Ça N'Existe Pas »[2]).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Heinlein publia durant sa vie 32 romans, 59 nouvelles et 16 recueils.

Romans[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • How To Be a Politician (1946, ou Take Back Your Government, essai)
  • Grandeur et misères de la science-fiction (1957, Science Fiction, Its Nature, Faults and Virtues) ; in « Robert A. Heinlein et la pédagogie du réel », éd. Somnium, 2008.

Nouvelles concernant « L'Histoire du Futur »[modifier | modifier le code]

La liste suivante recense les nouvelles et récits traduits en français s'inscrivant dans l’Histoire du futur, regroupés suivant leur dernière édition :

Histoire du futur, I (« L'Homme qui vendit la Lune »)
Histoire du futur, II (« Les Vertes Collines de la Terre »)
Histoire du futur, III (« Révolte en 2100 »)
Histoire du Futur, IV

Autres nouvelles[modifier | modifier le code]

Nouvelles regroupées dans l’ouvrage intitulé Trois pas dans l'éternité
Publications dans Le livre d'or : Robert Heinlein, Pocket, Le Livre d'or de la science-fiction no 5102, 1981 (ISBN 2-266-00985-0) 
Publications dans Bifrost spécial Heinlein (no 57, 2010)
Publications dans Jackpots, ActuSF, 2011

Ouvrages sur Robert Heinlein[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexei Panshin, Heinlein in dimension : a critical analysis, Chicago, Advent Publishers,‎ juin 1974, 214 p. (ISBN 9780911682120)
  • (en) H. Bruce Franklin, Robert A. Heinlein : America as science fiction, New York, Oxford University Press,‎ 1980 (ISBN 9780195027471)
  • Robert A. Heinlein par Leon Stover (1987, Twayne)
  • Solutions non satisfaisantes, une anatomie de Robert A. Heinlein, par Ugo Bellagamba et Éric Picholle (2008, Les Moutons électriques)
  • « Robert A. Heinlein et la pédagogie du réel », Actes des premières Journées Interdisciplinaires Sciences & Fictions de Peyresq, ouvrage collectif dirigé par Ugo Bellagamba et Éric Picholle (2008, Éditions du Somnium).
  • Bifrost spécial Heinlein, no 57, janvier 2010
  • (en) Robert A. Heinlein, New York, Taplinger Pub. Co,‎ 1978 (ISBN 9780800868024)

Adaptations audiovisuelles[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Note : du moins est-ce l'histoire officielle du commencement de la carrière littéraire de Heinlein. Une reconstitution alternative est proposée par Robert James, sur la base de faits partiellement connus, dans la postface de l'édition suivante de For Us, The Living (en) (Scribner, New York, 2004). Dans la même édition, Spider Robinson en propose une troisième, plus romancée, en introduction. Dans sa compilation de nouvelles, Expanded Universe (en), R. Heinlein donne sa version officielle.
  2. « Critique de Révolte sur la lune », sur http://www.senscritique.com,‎ 23 octobre 2010 (consulté le 4 janvier 2011) : « « TANSTAAFL ! » C’est-à-dire : « There Ain’t No Such Thing As A Free Lunch ». En français : « URGCNEP : Un Repas Gratuit, Ca N’Existe Pas » (là voilà, la grosse erreur de traduction : dans l’ancienne version, Jacques de Tersac avait traduit par « URGESAT : Un Repas Gratuit Est Supérieur A Tout » […]) »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]