Pot de chambre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pot (récipient) et Chambre.
Pots de chambre en faïence

Le pot de chambre, appelé aussi vase de nuit, est l'ancêtre des toilettes actuelles. Il était destiné à recueillir les déjections humaines la nuit, afin d'éviter de sortir de la chambre. Couramment utilisé avant l'installation des sanitaires, il disparait progressivement au cours du XXe siècle. Aujourd'hui, il reste un moyen utilisé pour les enfants en bas âge. Il est aussi d'usage pour les malades ne pouvant quitter leur lit.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première apparition du pot de chambre remonterait au XIe siècle[1], cependant l'apparition de l'objet est certainement bien plus ancienne puisque, parmi les graffitis les plus convenables trouvés sur les murs de Pompéi, on peut lire celui-ci, catalogué sous CIL IV 4957 :

Miximus in lecto, fateor, peccavimus, hospes ;
Si dices quare, nulla matella fuit
[2]

C'est-à-dire :

Nous avons pissé au lit, nous avons eu tort, cher aubergiste, je le reconnais. Si tu veux savoir la raison, c'est qu'il n'y avait pas de pot de chambre !

Il faut savoir qu'au cours de repas, dans la Rome antique, les convives utilisaient en public des pots, qui n'étaient donc même plus de chambre, ils étaient parfois en argent, voire en or, pour montrer la richesse de l'hôte. On se lavait ensuite les mains, ou au moins le bout des doigts.[3]. Mais l'appellation « pot de chambre » pour ce genre de vases ne daterait que du XVIe siècle[4].

Les pots de chambre étaient utilisés en Grèce antique depuis le VIe siècle av. J.-C. et y étaient connus sous divers noms : ἀμίς / amís, οὐράνη / ouránê, οὐρητρίς / ourêtrís, σκωραμίς / skôramís, χερνίϐιον / kherníbion.

La matière[modifier | modifier le code]

Les pots de chambre ont été fabriqués en bois, en céramique, en métal émaillé, et dans les derniers temps, vers la moitié du XXe siècle, en plastique.

La forme[modifier | modifier le code]

Une forme particulière de l'urinoir, la Bourdaloue, a été conçue pour les femmes. La forme ovale ou rectangulaire, avec une face permet aux femmes d'uriner debout ou accroupi, sans grand risque d'erreur, et de préserver les vêtements.

Le nom de Bourdaloue viendrait d'un prêtre catholique français, Louis Bourdaloue (1632 - 1704), dont les sermons auraient été si longs et si prenants que les femmes ne voulaient pas en manquer et cachaient leur pot sous leurs vêtements de manière à uriner sans avoir à s'absenter.

Le pot de chambre dans le monde[modifier | modifier le code]

Dans les pays où la population rurale ou urbaine n'a pas d'équipement sanitaire, le pot de chambre est encore utilisé.

Le musée de l'urinoir[modifier | modifier le code]

José María del Arco a créé en Espagne, Ciudad Rodrigo (Salamanque), un musée de l'urinoir où sont présentées 1300 pièces en provenance de 27 pays. Ce musée a ouvert ses portes aux petits pots en mars 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Musée de l'urinoir, Espagne
  2. De eroticis rebus ad linguam latinam inlustrandam, publié avec commentaires en catalan sur le site de l'Université de Valence (Espagne)
  3. Noctes Gallicanae CACATOR CAUE MALUM Les latrines de Pompéi.
  4. Le Petit Robert, 1972

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Daget, « Vases de nuit soudanais (Marka) », in Notes africaines, n °72, 1956, p. 116- 118
  • Pascal Dibie, Ethnologie de la chambre à coucher, Métailié, Paris, 2000, p. 117 (ISBN 2-86424-367-9)
  • Roger-Henri Guerrand, L'Europe des vases de nuit, Infolio éditions, Gollion (Suisse), 2007, 62 p. (ISBN 978-2-88474-703-5)