Place Tian'anmen

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Place Tian'anmen
Image illustrative de l'article Place Tian'anmen
La place vue depuis le balcon de la Porte de la Paix Céleste.
Situation
Coordonnées 39° 54′ 09″ N 116° 23′ 29″ E / 39.9025, 116.39138939° 54′ 09″ Nord 116° 23′ 29″ Est / 39.9025, 116.391389  
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Ville Pékin
Morphologie
Type Place
Superficie 440 000 m2
Histoire
Création 1417
Monuments Porte de La Paix Céleste
Palais de l'Assemblée du Peuple
Musée national de Chine
Mausolée de Mao Zedong
Monument aux Héros du Peuple

Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
Place Tian'anmen
La porte de la Paix Céleste. Le portrait de Mao Zedong, d'après une œuvre du peintre Zhang Zhenshi, y a été placé en 1951.
Sculptures situés devant le mausolée de Mao.
La présence des automobiles est de plus en plus sensible à Pékin comme autour de la place.
Le drapeau chinois, symboliquement gardé par un soldat sur la place

La place Tian'anmen (chinois simplifié : 天安门广场 ; chinois traditionnel : 天安門廣場 ; pinyin : Tiān'ānmén Guǎngchǎng ; littéralement : « Place de la porte de la Paix Céleste ») est une place située au centre de Pékin. Elle s’appelle ainsi car elle se trouve immédiatement au sud de la porte de La Paix Céleste (chinois simplifié : 天安门 ; pinyin : Tiān'ānmén) qui commandait l’entrée sud de la cité impériale.

Quatrième plus grande place du monde (après la place Xinghai de Dalian en Chine, la place Merdeka de Jakarta en Indonésie et la place des Tournesols de Palmas au Brésil), elle doit notamment sa célébrité aux nombreux évènements qui s'y sont déroulés dans l'histoire chinoise, dont des changements de gouvernements. En dehors de Chine, la place est surtout connue ces vingt dernières années pour avoir été le centre des manifestations de la place Tian'anmen en 1989 demandant des réformes politiques et démocratiques et dénonçant la corruption. Elles se termineront par l'instauration de la loi martiale par le gouvernement et la mort d'au moins plusieurs centaines de personnes[1].

Description[modifier | modifier le code]

C’est une immense place rectangulaire, d’environ 880 m du nord au sud, et 500 m de l’est à l’ouest, couvrant une superficie de plus de 40 hectares.

Sur le fronton de la « Porte de La Paix Céleste » est accroché un portrait de Mao Zedong, entouré de deux inscriptions écrites en blanc sur fond rouge :

  • à gauche : 中华人民共和国万岁 pinyin : zhōnghuá rénmín gònghéguó wànsuì (« Longue vie à la République populaire de Chine ») ;
  • à droite : 世界人民大团结万岁 pinyin : shìjiè rénmín dàtuānjié wànsuì (« Longue vie à l'union des peuples de la terre »).

Elle est entourée de monuments reflétant l’histoire de la Chine :

  • période impériale avec la Cité interdite au Nord et deux immenses portes : au Nord, la « Porte de La Paix Céleste » de la Cité Interdite et au Sud, la porte Zhengyang qui donnaient accès à la Ville chinoise ;
  • période coloniale avec les quelques bâtiments coloniaux européens au sud-ouest et sud-est. le Quartier des légations se trouvait sur le côté est de la place ;
  • période communiste avec le Palais de l’Assemblée du Peuple à l’ouest, et l’immense portrait de Mao sur la façade de la Porte de la Paix Céleste. Ce portrait rappelle que c’est du balcon de cette porte, qui fait partie des murailles de la Cité impériale, que Mao Zedong a proclamé la République populaire de Chine le 1er octobre 1949.
  • Au centre de la place, le Monument aux Héros du Peuple est un obélisque de 38 m de haut qui symbolise le triomphe du peuple communiste. Terminé en 1958, ce monument est composé de 17 000 pièces de granite et de marbre.
    Toujours au centre, mais un peu plus au Sud, se trouve le Mausolée de Mao Zedong, bâtiment rectangulaire entouré de longs bas-reliefs représentant des combattants de la révolution.
  • et enfin, le Musée national de Chine, musée d'histoire à l’Est.

La place actuelle est le fruit d’importants travaux d’aménagement du paysage urbain pékinois qui eurent lieu dans l'ensemble de l’ancienne ville tartare, sous la gouvernement de Mao Zedong. L'ensemble de la muraille impériale entourant la ville ayant été démantelée afin de permettre une meilleure circulation, à l'image de ce qui avait été fait à Paris par Haussman. Celui-ci souhaitait également que cette place soit un espace très vaste où l’on pourrait rassembler « 1 million de personnes », pour des manifestations de masse notamment. Ces travaux nécessiteront la démolition en 1954 de l’ancienne Porte de Chine, à l’emplacement de laquelle on construira une vingtaine années plus tard le Mausolée de Mao Zedong. En 1952, on avait déjà érigé à proximité du centre de la place, le monument aux Héros du Peuple, construit à la mémoire des martyrs qui ont donné leur vie pour la lutte révolutionnaire du peuple chinois lors des XIXe et XXe siècles.

Tous les matins, à peu près à l'heure du lever du soleil, on peut assister au lever du drapeau. Cette cérémonie attire quotidiennement des milliers de touristes chinois.

C’est également à cet emplacement et sur l'avenue Cháng'ān (长安街) qui la traverse, qu’a lieu le défilé militaire annuel de la fête nationale, le 1er octobre.

Transports[modifier | modifier le code]

La place possède différents arrêts de bus et deux stations de métro, Tian'an men Ouest (西天安门) et Tian'an men Est (东天安门). On peut également s'y rendre à pied, à vélo, en voiture ou en taxi.

Événements importants[modifier | modifier le code]

Le 4 mai 1919, lors du Mouvement du 4 mai, une foule d’étudiants manifeste contre l’exclusion de la République de Chine du traité de Versailles.

Le 30 mai 1925, le Mouvement du 30 mai (五卅运动, wǔsà yùndòng), un mouvement nationaliste des ouvriers et anti-impérialistes contre les seigneurs de la guerre au pouvoir et les envahisseurs anglo-américains et japonais, peu de temps après la mort de Sun Yatsen en mars 1925. Il s'agit du premier mouvement de masse initié à Shanghai, sous l'impulsion du Guomindang (parti nationaliste chinois).

Le 4 mai 1949, célébration du triomphe de l’insurrection communiste.

le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame la République populaire de Chine du haut des murailles de la Cité impériale.

Le 4 avril 1976, la place est envahie de Pékinois venus pleurer lors de l’enterrement du très populaire ancien premier ministre Zhou Enlai.

Le 4 mai 1989, pour le 70e anniversaire du Mouvement du 4 mai, lors du printemps de Pékin, événement connu en Occident sous le nom des manifestations de la place Tian'anmen, une grande manifestation, réclamant moins de corruption et plus de démocratie, est réprimée violemment : les soldats tirèrent sur la foule, il y eut plus de 3 000 morts).

Le 4 juin 1989, un homme fut filmé et photographié alors qu’il s’efforçait de bloquer la progression d’une colonne d’au moins 17 chars de l’Armée populaire de libération lors des manifestations de la place Tian'anmen, en 1989, en République populaire de Chine. Cette photo de l’Homme de Tian'anmen devint rapidement célèbre comme symbole de manifestation contre la répression armée.

Lors des fêtes du Nouvel An chinois, en 2001, sept personnes ont apparemment tenté de s'immoler par le feu sur la place Tiananmen, dont une qui succombe sur le champ et une fillette qui décède quelques semaines plus tard[2],[3].

Le 28 octobre 2013, des « terroristes » ouïgours commettent un attentat sur la place Tian'anmen qui fait 5 morts dont 2 touristes et 40 blessés[4]. À cette occasion le maire de Pékin, Guo Jinlong demande de renforcer les moyens de sécurité[5].

Vue panoramique de la moitié Nord de la place, depuis le mausolée de Mao Zedong. À gauche, le parlement, à droite, le Musée national de Chine

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) James Miles, « Tiananmen killings: Were the media right? », BBC News,‎ 2009 (consulté le 3 novembre 2010)
  2. (en) Tiananmen tense after fiery protests, CNN, January 24, 2001
  3. Benoit Vermander, La Chine au miroir du Falun Gong Persée Numéro 64,
  4. Patrick Saint-Paul, « Les Ouïgours sous une poigne de fer », in Le Figaro, jeudi 7 novembre 2013, page 12.
  5. Guo Jinlong exhorte à renforcer la sécurité après l'attaque terroriste à Tian'anmen

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]


  • L’Inconnu de Tian’Anmen, roman historique d’Yves Créhalet, éd. l’Harmattan, 2009