Quartier des légations de Pékin

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39° 54′ 10.7554″ N 116° 24′ 05.6257″ E / 39.902987611, 116.401562694 ()

Plan du Quartier des légations en 1912

Le Quartier des légations de Pékin était une zone d’habitations qui regroupa de 1861 à 1949, l’ensemble des ambassades en Chine à Pékin. En chinois, est connu sous le nom de Dōng jiāomín xiàng ((zh)), elle est une fait le nom de la rue qui traverse ce hutong de l’ancienne ville tartare et qui se situe sur le côté est de la Place Tian'anmen, jouxtant ainsi la cité impériale.

Origines[modifier | modifier le code]

Durant la dynastie Yuan, la rue était appelée Dong Jiangmi Xiang, ou approximativement « Allée de la rivière orientale du riz ». Ce quartier se trouvait à l'emplacement du bureau des impôts et des douanes, en raison de sa proximité avec le port fluvial par lequel le riz et les céréales arrivait à Pékin à partir du sud. Sous la dynastie Ming, un certain nombre de ministères furent déménagés dans le secteur, y compris le Ministère des Rites, qui était chargé des questions diplomatiques. Plusieurs auberges furent construites pour abriter les missions des nations tributaires de l’Empire chinois : Vietnam, Mongolie, Corée et Birmanie.

Installations des légations[modifier | modifier le code]

Église catholique de Dongjiaomin, connue également sous le nom d’église Saint-Michel. Elle fut construite en 1902, sur le site d’une église détruite durant la révolte des Boxers.

À la suite de la défaite chinoise durant la Seconde guerre de l'opium (1856-1860), le Zongli Yamen (Ministère des Affaires étrangères) y établira ces bureaux, des légations étrangères vinrent alors s’y installer également.

À l’origine, les représentations diplomatiques étaient éparpillées dans la capitale chinoise à l’est de la place Tian'anmen, ainsi qu’au nord de Qianmen et de Chongwenmen.

Au cours de la révolte des Boxers en 1900, le quartier des légations est devenu le centre d'un incident diplomatique international puisqu’il fut assiégé par les insurgés pendant plusieurs mois. Après que le siège avait été brisé après 55 jours par une intervention militaire de Alliance des huit nations (cet épisode fera l'objet en 1963, du célèbre film de Nicholas Ray : Les 55 jours de Pékin), les puissances étrangères obtinrent avec la signature du Protocole de paix Boxer (article 7), le droit de faire stationner des troupes afin de protéger leurs légations. Le quartier des Légations a été alors encerclé par un mur et tous les résidents chinois de la zone furent expulsés. Isolée de son environnement immédiat, le quartier des Légations est devenue une ville dans la ville exclusivement réservé aux étrangers. De nombreux nationalistes chinois cultivèrent un ressentiment à l’égard du quartier, devenu un symbole de l'agression étrangère. C’est à partir de cette date que le nom de rue principale changea pour celui de « Légation Street » et la plupart des ministères chinois retirèrent également leurs bureaux de la rue.

En 1937, lors de l'éruption de la seconde guerre sino-japonaise, la plupart des légations étrangères quittèrent Pékin à l'exception de ceux des puissances de l'Axe. En 1949, le quartier des Légations sera ensuite officiellement remis au gouvernement de la République populaire de Chine.

Le quartier depuis 1949[modifier | modifier le code]

Jusqu’en 1959, un certain nombre de représentations diplomatiques étaient encore présentes, lorsqu’il fut décidé de les transférer à Sanlitun à l’extérieur de l’enceinte de la vieille ville (anciennes villes tartare et chinoise).

Toutefois, pendant la Révolution culturelle, le quartier aura à subir les actes de vandalisme des gardes rouges.

Les dégâts furent plus important durant les années 1980, lors des travaux de réaménagement de Pékin. Plusieurs bâtiments, comme celui de la HSBC, ont été démolis afin de permettre l'expansion des routes.

Un certain nombre d'immeubles modernes de grande hauteur ont été construits occupés par des institutions gouvernementales, changeant radicalement du paysage. Néanmoins, avec ces bâtiments de style occidental, le quartier reste une destination touristique. Il accueille aujourd’hui plusieurs restaurants raffinés et des commerces de détail.

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