Paul Otlet

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Quelques tiroirs à fiches du Répertoire bibliographique universel de Paul Otlet, aujourd'hui au Mundaneum à Mons.

Paul Otlet (23 août 1868-10 décembre 1944) est un visionnaire à la fois auteur, entrepreneur, juriste et activiste belge, socialiste et pacifiste. Sa principale volonté est de permettre aux hommes de mieux se connaître, de ne plus avoir peur les uns des autres et de vivre en paix[1]. Il est, avec Henri La Fontaine, le père de la classification décimale universelle (CDU).

Sommaire

[modifier] Biographie

Paul Otlet se distingue par ses travaux en matière de bibliographie. Il souhaite établir un réseau et une coopération internationale entre les bibliothèques et les bibliothécaires. Il crée donc, avec Henri Lafontaine, en 1895 l’Office international de bibliographie grâce auquel il mettra en place un répertoire bibliographique universel (RBU), rassemblant tous les ouvrages publiés dans le monde, quels que soient le sujet et le temps. Cet Office vise également à faire reconnaître l'information comme discipline scientifique.Pour faciliter l'accès à l'information du "plus grand nombre", il crée en 1905 le système de classification décimale universelle (CDU), ainsi que le standard de 125 sur 75 mm imposé aux fiches bibliographiques, toujours en vigueur dans les bibliothèques du monde entier. Il commence aussi ses travaux, toujours avec La Fontaine, par l'établissement d'une Bibliographica sociologica, qui vise à répertorier l'ensemble des « faits » et des « écrits » concernant la société. En 1895, celle-ci comprend 400 000 notices.


Durant l'entre-deux-guerres, il poursuit son projet de construction d'une Cité mondiale, en collaboration avec [[Le Corbusier]. Le Palais Mondial-Mundaneum de Bruxelles permet à Paul Otlet de regrouper ses nombreuses réalisations (musée de la Presse, musée du Livre, Archives encyclopédiques internationales, RBU...)et de regrouper tous les savoirs du monde, car Paul otlet pressent la multiplication des supports, tous également porteurs de mémoire. Malheureusement, il ne parvient pas à réunir les fonds nécessaires et le gouvernement belge finit par fermer le Mundaneum en 1922.

Père de la documentation, Otlet eut aussi, bien avant l’heure, l’intuition d’internet :

« On peut imaginer le télescope électrique, permettant de lire de chez soi des livres exposés dans la salle teleg des grandes bibliothèques, aux pages demandées d’avance. Ce sera le livre téléphoté. »

Le « Réseau » qu'il décrit est reconnu par un nombre grandissant de chercheurs comme une préfiguration d'internet[2]. L'une des tâches essentielles des travailleurs intellectuels était à ses yeux de réaliser « une Encyclopédie universelle et perpétuelle », ayant pour collaborateurs « tous les savants de tous les temps et de tous les pays ».

Paul Otlet est vivement intéressé par le rapport de l'homme à la technique et établit une logique d'usage et de réappropriation dans laquelle la technique est un dépassement contrôlé. Il affirme que « perfectionner le livre c'est perfectionner l'humanité ».

Paul Otlet meurt le 10 décembre 1944. Son œuvre sombre pour longtemps dans l'oubli, avant d'être récemment redécouverte. Un musée rassemblant les collections survivantes du Mundaneum a été ouvert à Mons (Belgique). Un film et une biographie lui ont été consacrés en 2006.

[modifier] Notes et références

  1. Paul Otlet, par Marie-France Blanquet (décembre 2006)
  2. Voir par exemple l'article de Sciences Humaines (Jean-François DORTIER (2007). « Paul Otlet (1868-1944). Il avait rêvé Internet ». In Sciences Humaines, n° 186 « Que vaut l'école en France », octobre) qui fait un compte rendu de Françoise Levie (2006). L'homme qui voulait classer le monde : Paul Otlet et le Mundaneum, Bruxelles : Les Impressions nouvelles, 351 p. ISBN 2-87449-022-9.

[modifier] Bibliographie

[modifier] Filmographie

[modifier] Liens externes

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