Edmond Picard
Edmond Picard est un jurisconsulte et écrivain belge, né à Bruxelles le 15 décembre 1836 et mort à Dave (aujourd'hui : Namur) le 19 février 1924. Il fut le fondateur en 1881 du Journal des Tribunaux et des Pandectes belges. Avocat à la cour d'appel de Bruxelles et à la Cour de cassation il fut bâtonnier, professeur de droit, écrivain, dramaturge, sénateur socialiste, journaliste et mécène. Il fut aussi un influent théoricien de l'antisémitisme. C'est un socialiste de la première heure, avant la création du parti ouvrier belge. Il se range parmi les libéraux progressistes. Il se prononce rapidement pour l'adoption du suffrage universel pur et simple en Belgique. Il est notamment l'auteur d'un "Manifeste des ouvriers", publié en 1866, dans lequel il réclame "l'égalité dans le droit de suffrage"[1]. Il fit partie de la franc-maçonnerie[2].
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Biographie[modifier]
Après trois ans passés dans la marine marchande, Edmond Picard entame de brillantes études de droit à l’Université libre de Bruxelles où son père, David Picard, est professeur.
Juriste, il instaure les Pandectes belges et fonde le Journal des tribunaux où il compte Iwan Gilkin (1858-1924) et Émile Verhaeren (1855-1916) parmi ses stagiaires tandis que l'un de ses collaborateurs n'est autre que l'écrivain Georges Rodenbach (1855-1898).
Passionné de littérature et écrivain lui-même, il fonde la revue L’Art Moderne qui prône un « art social » en réaction à « l'art pour l'art » que défend La Jeune Belgique. Cela lui vaut même un duel sans gravité avec Albert Giraud (1860-1929). Henri Nizet le caricature avec férocité sous les traits d'un auteur dénommé « Lenormand » dans son roman Les Béotiens en 1884. Il soutint la défense de Camille Lemonnier lors du procès où ce dernier fut accusé d'atteinte aux bonnes mœurs.
Mécène, il soutient Auguste Rodin (1840-1917) qu'il expose en 1899 dans son propre hôtel particulier.
Entamant une carrière politique, il fut l'un des premiers sénateurs socialistes de Belgique, mais ses opinions teintées d'antisémitisme ternirent son image.
Préfasciste et raciste[modifier]
Dans En Congolie, Edmond Picard écrit : "Comme le singe, le noir est imitateur. (…) C'est cette dextérité indéniable qui, sans doute, a fait naître l'illusion d'une assimilation complète, par ceux qui n'aperçoivent pas l'abîme qui sépare le simple imitateur du créateur. Là, en vérité, semble posée la borne infranchissable." [3].
"Me Picard professa pendant quarante ans, jusqu'au dernier jour de sa vie en 1924, les formes les plus effroyables du racisme et de l'antisémitisme. Il ne fut pas un antisémite ordinaire comme beaucoup l'étaient à l'époque. Il avait horreur du conformisme. Il fut un antisémite enragé. En cela il fut véritablement grand ; le plus grand antisémite de son pays, le Drumont belge : un compliment qui l'aurait ravi. S'il est vrai que l'antisémitisme a été la maladie des sociétés européennes de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe siècle, Edmond Picard a été un grand malade. Il fut le vulgarisateur de l'antisémitisme racial. Voilà pourquoi on évite de trop soulever le couvercle du sarcophage où il gît embaumé. Le mépris des races inférieures et la haine des Juifs ont fixé toute sa vision du monde, ont déterminé toutes ses conceptions sociales, juridiques, littéraires, « scientifiques ». De même que les mordus de la cuisine italienne mettent du basilic dans tous les plats, Picard assaisonnait tout ses écrits d'épices raciologiques. La race était pour lui le facteur fondamental de toute civilisation. Ce sénateur socialiste fut en vérité un préfasciste." (Ringelheim Foulek, Edmond Picard, jurisconsulte de race, éd. Larcier, 1999, pages 10 et 11)
"Le premier disciple conséquent d'Arthur de Gobineau", écrit Bernard-Henri Lévy, (L'Idéologie française, Livre de poche, p. 124), qui fait d'Edmond Picard l'un des fondateurs du "national-socialisme à la française".
Œuvre[modifier]
Wikisource : La Veillée de l'huissier un conte d'Edmond Picard.
- Les rêveries d'un stagiaire - poésies, 1879.
- La Forge Roussel, scènes de la vie judiciaire, 1881.
- Le Juré, 1886.
- Désespérance de Faust (prologue pour le théâtre en 4 scènes, téléchargeable)
- Pandectes belges, encyclopédie de législation, de doctrine, de jurisprudence belges, 151 volumes parus de 1878 à 1933.
- En Congolie Bruxelles : Paul Lacomblez, 1896.
- Le Droit Pur, Paris : Flammarion, éd. 1920.
- Les Constantes du droit, Paris : Flammarion, éd. 1921 (téléchargeable sur Gallica.fr).
Bibliographie[modifier]
- Guy Rommel Lettre à un ami, 1961
- Marcel Detiège avec Raoul Ruttiens et Guy Rommel, juge de paix de Saint-Gilles ; Edmond Picard, défenseur de l’âme belge, La Dryade, Virton
- Bernard-Henri Lévy, L'Idéologie française, Grasset, 1981
- Ringelheim Foulek, Edmond Picard, jurisconsulte de race, éd. Larcier, 1999
Notes[modifier]
- Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 2010, p. 53
- Andries Van den Abeele, De kinderen van Hiram, Roularta Books, Zellik, 1991
- Edmond Picard, En Congolie, édition Paul Lacomblez, Bruxelles 1896, page 79-80
Liens internes[modifier]
Liens externes[modifier]
- Professeur de droit belge
- Professeur à l'université libre de Bruxelles
- Ancien sénateur belge
- Avocat belge
- Bâtonnier
- Écrivain belge francophone
- Personnalité politique bruxelloise
- Personnalité bruxelloise
- Antisémitisme en Belgique
- Personnalité de la franc-maçonnerie belge
- Naissance à Bruxelles
- Naissance en 1836
- Décès en 1924
- Décès à Namur