Suzanne Briet

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Suzanne (Renée Marie Mélanie Suzanne) Briet est une bibliothécaire française, née à Paris 4e le 1er février 1894 et morte à Paris 16e le 13 février 1989[1].

C'est une des pionnières en France des Sciences de l’information et de la communication. À l'issue de son parcours professionnel, notamment au sein de la Bibliothèque nationale de France et de l’Institut national des techniques de la documentation, elle s'est consacré à nombreuses études sur la région d'origine de sa famille, les Ardennes.

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Suzanne Briet a grandi à Paris dans une famille catholique originaire des Ardennes. Elle est la cousine de l'écrivain André Dhôtel. Elle obtient une licence d’histoire et d’anglais ainsi qu’un Certificat d’Aptitudes aux Fonctions de Professeur de Lettres et part enseigner en Algérie pendant 3 ans (1917-1920). Après l’enseignement, elle oriente sa carrière vers le monde des bibliothèques et obtient son Certificat d’Aptitudes aux Fonctions de Bibliothécaire et entre à la Bibliothèque nationale de France, elle fait d’ailleurs partie des premières femmes bibliothécaires dans cette structure. Elle se marie en 1925 avec Ferdinand Dupuy, un agrégé de Lettres. Le divorce est prononcé huit ans plus tard[2].

Ses travaux en documentation[modifier | modifier le code]

En 1931, elle participe activement à la création de l’Union Française des Organismes de Documentation. Elle devient également vice-présidente de la Fédération Internationale de Documentation. Durant les années qui suivent, elle participe à de nombreuses conférences et sa vision moderne, pour l’époque, se centre sur l’utilisateur et la notion de service qui lui est propre. Par la suite, elle conçoit et dirige la salle des catalogues et des bibliographies. Elle y établit notamment un fichier de normes de catalogage qui sera réutilisé à l’avenir par l’AFNOR. Par cette action, elle promeut la facilité de consultation des outils d’accès à l’information.

Suzanne Briet est engagée sur plusieurs plans. Elle est la première directrice de l’Institut national des techniques de la documentation et est sensible à la formation des professionnels de la documentation. À l'échelle internationale, elle est une pionnière dans la Documentation et se préoccupe de la conservation du patrimoine mondial à travers les bibliothèques. Ses œuvres sont notamment publiées sous la responsabilité de l’UNESCO.

En 1951, elle publie un manifeste sur la documentation intitulé « Qu’est-ce que la documentation ? »[3], elle est ainsi une des pionnières des Sciences de l’information et de la communication en France. Toutefois, ses idées novatrices dans le domaine de la documentation et de la bibliothéconomie trouvent de nombreux opposants dans l’Hexagone.

Méconnue en France, reconnue aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Durant son voyage aux États-Unis en 1951, elle rencontre de nombreux professionnels de la bibliothéconomie ainsi que des membres d’organisations internationales mais ses idées sont encore mal comprises. Grâce à un texte de Michael Buckland[4], elle fut reconnue comme la clef de voute de la modernisation des bibliothèques, plus axées sur le service à l’utilisateur. S. Briet considère également que le document est un « objet qui informe quelle que soit sa forme matérielle ». Ses idées et ses publications sont ainsi lues dans les années 1990 par de nombreux étudiants dans les écoles de bibliothécaires américaines. Elle prend l’exemple d’une antilope qui, placée dans un zoo, peut ainsi devenir un document. Elle étend ainsi la notion de documents aux objets naturels.

Son impact dans les SIC (Sciences de l’information et de la communication)[modifier | modifier le code]

Suzanne Briet œuvre tout au long de sa carrière pour une normalisation internationale afin de faciliter les coopérations. Elle souligne également l’importance la nécessité de simplifier la recherche liée aux besoins des usagers des bibliothèques. De par son engagement à l’échelle internationale, elle défend activement la politique de l’information en tant que chose publique. Elle œuvre d’ailleurs pour une formation des professionnels de la documentation et pour une redéfinition du rôle des documentalistes. Pour toutes ces idées, elle est surnommée « Madame Documentation ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Qu’est-ce que la documentation ? Paris : Edit, 1951.
  • Bibliothécaires et documentalistes. Revue de la documentation, 1954, no XXI, p.43.
  • Arthur Rimbaud, catalogue de l'exposition du centenaire de sa naissance, BNF, 1954.
  • Jean de Schulemberg, Mézières, Éditions de la Société d'Études Ardennaises, 1960.
  • Châteaux des Ardennes, Mézières, Éditions de la société des Écrivains Ardennais, Les cahiers ardennais, 1963, numéro 17.
  • Entre Aisne et Meuse… et au-delà. Charleville-Mézières, société des Écrivains Ardennais, Les cahiers ardennais, 1976, numéro 22.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance N° 4/188/1894, avec mentions marginales du mariage et du décès.
  2. Connaissez-vous Suzanne Briet ? / Sylvie Fayet-Scribe in BBF, t. 57, n°1
  3. http://martinetl.free.fr/suzannebriet/questcequeladocumentation/
  4. http://people.ischool.berkeley.edu/~buckland/Brietwebbib.pdf

Sources[modifier | modifier le code]

  • Fayet-Scribe Sylvie, Histoire de la documentation en France. Culture, science et technologie de l'information (1895-1937). Paris, CNRS Éditions, 2000, en particulier pp. 124-131