Papa Wemba

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Papa Wemba

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Papa Wemba lors d'une interview

Informations générales
Surnom Mwalimu, M'zée, Jules Presley, Chef Coutumier, Fula Ngenge, Kolo Histoire, Kuru Yaka, Vieux Bokul, Vieux Python, Grand Prêtre, Grand Maya, Ekumani, Elombe, Formateur des idoles
Nom de naissance Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba
Naissance 14 juin 1949 (65 ans)
Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo, Lubefu
Genre musical Ndombolo, rumba, soukous, world music
Années actives Depuis 1969
Site officiel www.papawemba.info

Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, dit Papa Wemba, est un chanteur, compositeur et acteur kino-congolais, un des artistes-musiciens africains les plus populaires depuis plusieurs années.

Biographie[modifier | modifier le code]

Papa Wemba est né le 14 juin 1949 à Lubefu dans le Sankuru, province du Kasaï-oriental, en République démocratique du Congo. Il bat le record de la longévité en matière de succès musical. L'enfant est nommé « Papa » parce qu'il est le fils aîné de sa mère. Alors que Papa est encore un bébé, la famille s'installe à Léopoldville, capitale du pays, alors colonie belge.

Son père, ancien soldat qui a combattu dans l'armée belge pendant la Seconde Guerre mondiale, est devenu chasseur et part souvent en forêt. Sa mère est pleureuse professionnelle, élément traditionnel essentiel de toutes soirées funéraires ou veillées mortuaires. En entraînant régulièrement son fils avec elle, elle l'initie à la musique et au chant, ce qui très tôt passionne l'enfant. Néanmoins, son père est totalement opposé à ce que son fils devienne musicien et rêve pour lui d'une carrière de journaliste ou d'avocat. En 1966, disparaît le père de Papa Wemba.

Dès l'enfance, il cultive une voix ténor particulière et devient chanteur en suivant les traces de sa mère, une pleureuse professionnelle. Au milieu des années 1960, il est élève à l'École Pigier à Kinshasa et fait de la chorale religieuse, en dehors de l'école. Puis, après la mort de ses parents, il s'oriente vers la musique populaire kinoise dans son quartier de Matonge, le berceau de la musique congolaise, et prend le pseudonyme de « Jules Presley ».


Histoire musicale[modifier | modifier le code]

Les débuts chez Zaïko Langa Langa[modifier | modifier le code]

En décembre 1969 à Kinshasa, avec Jossart N'yoka Longo, Félix Manuaku Waku (Pépé Felly), Evoloko, Mavuela Siméon et d’autres jeunes musiciens, il participe à la naissance de Zaïko Langa Langa, un des groupes les plus populaires au Zaïre (aujourd'hui RD Congo) et en Afrique des années 1970 à 1990. Au tout début des années 1970, le Zaïko Langa-Langa est un jeune groupe très innovateur, qui essaye de nouveaux trucs dans la rumba congolaise : la batterie et des rythmes plus accélérés font leur apparition au détriment des instruments à vent, qui sont délaissés. Le Zaiko Langa-Langa va atteindre le summum de sa gloire en 1974 avec des tubes à succès comme Mété La Vérité, Chouchouna (Papa Wemba), Eluzam, Mbeya Mbeya (Evoloko), Yo Nalinga, BP Ya Munu (Efonge Gina), (Mavuela).

En décembre 1974, Papa Wemba quitte le Zaïko Langa-Langa et crée le Isifi Lokole avec Evoloko, Mavuela et Bozi Boziana. C'était l'époque de l'Authenticité Zaïroise et le Isifi Lokole ajouta, au rythme zaïko, le lokolé, un instrument africain à percussion. La chanson Amazone de Papa Wemba domine les hit-parades sur les rives du Congo en 1975. Puis, en novembre 1975, il quitte Evoloko et Isifi Lokole, et s'en va créer le Yoka Lokole avec Mavuela Somo et Bozi Boziana. L'attaque-chant de Yoka Lokole, qu'on appelle à l'époque « The Fania All-Stars », devient encore plus redoutable lorsque le bouillant Mashakado Mbuta les rejoint en mars 1976, après avoir claqué les portes de Zaïko Langa-Langa. Des chansons phares comme Matembelé Bangi (Papa Wemba), Maloba Bakoko (Mavuela) font la joie des mélomanes au Zaïre et en Afrique Centrale en 1976.

Création de son label Viva la Musica[modifier | modifier le code]

Enfin, en février 1977, il crée son propre orchestre le Viva La Musica, un label qui va l'accompagner durant toute la suite de sa carrière. Il forme son nouveau groupe autour de jeunes talents comme les chanteurs Kisangani Espérant, Pépé Bipoli, Jadot le Cambodgien et Petit Aziza, Emeneya, les guitaristes Rigo Star, Bongo Wendé, Syriana et Pinos, le batteur Otis. Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître; le succès est foudroyant avec des tubes comme "Mère Supérieure", Ebalé Mbongé "Mabele Mokonzi", "Bokulaka"", "Ekoti ya nzube. Les deux premières années de Viva la Musica, sont celles de la collaboration de Papa Wemba avec Koffi Olomidé, alors étudiant. Celui-ci écrit les paroles de certaines chansons de son ainé et s'initie au chant et la scène à ses côtés. Il enregistre également ces premières chansons sous le label Viva :"Princesse Ya Sinza", "Asso", "Samba Samba", "Anibo".Viva la Musica a vu à la fois les «défections» de musiciens tous les deux ou trois ans et le plat principal et l'émergence d'autres nouveaux talents. Fafa de Molokai, Debs Debaba, King Kester Emeneya (1977-1982), Koffi Olomide, en tant que chanteur, (1978-1979), Djuna Djanana (1978-1981), Dindo Yogo (1979-1981), Maray Maray-(1980 -84), Lidjo Kwempa (1982-2001), Reddy Amissi (1982-2001), Stino Mubi (1983-2001)

Comme Fela qui avait fondé Kalakuta Republic, Papa Wemba créa en 1977 dans sa cour familiale de Matonge, à Kinshasa, Le Village de Molokaï : M-O-LO-KA-I: Masimanimba-Oshwe-LOkolama-KAnda-kanda-Inzia . Une sorte de copie d'un village africain, avec ses règles et ses codes, dont il s'intronisa lui-même symboliquement Chef Coutumier. Mais, sa démarche n'était pas politiquement comparable à celle de Fela au Nigeria car il n'a jamais fait de l'activisme politique contre le régime autoritaire de Mobutu.

De 1979 à 1980, Papa Wemba intègre le groupe Afrisa International de Tabu Ley, son idole de toujours. Il s'agit d'une collaboration temporaire souhaitée par les deux artistes. Il participe à une tournée européenne de l'Afrisa et enregistre deux chansons avec son mentor : "Ngambo moke" et "Levres roses".

Au début des années quatre-vingt, sa poularité atteint des sommets au Zaïre et au Congo-Brazzaville. Il devient alors une véritable icône pour la jeunesse sur les deux rives du fleuve Congo. Il est le principal leader du mouvement de la SAPE. Sur le plan musical, il enregistre alors certains de ses plus grands succès : "Signorina", "Analengo", "Mea Culpa", "Melina la parisienne", "Santa", "Matebu". C'est également la période des défections au sein de l'orchestre. Tour à tour, Rigo Star, Kisangani Espérant, Dindo Yogo, Djanana Djuna (père de Maître Gims), Emeneya, Bipoli, Debaba quittent Viva la Musica. Suite à ces départs, il enrôle de nouvelles têtes, Maray Maray, Reddy Amisi, Lidjo Kwempa, Awilo Longomba, etc.

Vers la fin des années 1980, Papa Wemba s'installe en Europe, sort successivement les albums "L'Esclave", "Mfono Yami", "Le voyageur", "Foridoles", "Malimba", et arpente avec succès les échelons de la World music.

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

En 1980, il fait le tour de l’Afrique avec son tube « Analengo » qui se vend à 60.000 exemplaires.

En 1988, Papa Wemba fait une tournée internationale, du Japon aux Etats-Unis en passant par l’Europe.

Au milieu des années 1990, il fait la connaissance de l'homme qui va donner un second souffle à sa carrière musicale, Peter Gabriel.

En 1993, Papa Wemba assure la première partie de la tournée américaine et européenne de Peter Gabriel.

Papa Wemba eu alors beaucoup de succès en matière de World Music comme "Maria Valencia", "Yolele", "Sofélé", etc.

En 1995, l'album " Emotion " le consacre comme une des grandes figures de la World Music et sera disque d'or aux Etats-Unis avec plus de 500 000 exemplaires vendus.

En 1997, il sera décerné "meilleur vedette africaine" aux Kora 1997

Dernier enregistrement chez RealWorld "Molokaï" qui sort en juin 98, est le troisième album de Papa Wemba sur le label Realworld.

L'artiste a bien compris que les goûts musicaux des occidentaux différaient de ceux des Africains. La production, laissée à John Leckie, est donc différente. On retrouve sur cet album des chansons anciennes, datant parfois d'une vingtaine d'années, mais rendues intemporelles par la voix si particulière de l'artiste qui applique ici la technique de chant que lui a apprise sa mère. Très autobiographique, "Molokai" (qui est aussi le nom de son groupe), est un bilan de sa carrière déjà longue. En 99, Papa Wemba voit deux de ses titres ("Maria Valencia" arrangé par D. Lounis, "Le Voyageur") choisis par le réalisateur italien Bernardo Bertolucci pour illustrer son dernier film, "Paradiso e inferno". Il apparaît aussi sur l'album du collectif de Passi, Bisso Na Bisso. Son contrat avec RealWorld ayant pris fin, Papa Wemba est désormais libre de faire les choix artistiques qu'il veut. C'est ainsi qu'en cette année 99, sort l'album "M'zée fulangenge" ("le sage qui souffle le bonheur") chez Musisoft. Ce disque est un savant mélange de soukouss évidemment, version pistes de danse et d'autres genres comme le zouk ("Martina B."), la salsa (Tito Puente est un des invités du CD), etc. Papa Wemba s'essaie avec "Nzé" à un nouveau type de production qui permettrait d'allier le goût des Africains à celui des Occidentaux.

En 1999, il se produit à Forest National à Bruxelles.

Trente ans de carrière

L'année suivante est essentiellement consacrée à une série de concerts qui le mènent dans toutes les régions du monde. Il fera trois concerts aux Zénith de Paris (1999,2000 et en 2003) et un concert à l'Olympia en 2000. Juste avant d'enregistrer un nouvel album : "Bakala Dia Kuba" ("Un homme averti") qui sort en décembre 2001. Alors qu'il fête ses trente ans de carrière, Papa Wemba concocte un album entre soukouss et musique latino, rumba congolaise et soul avec deux invités de marque que sont ses compatriotes Lokua Kanza et Ray Lema. Le disque est mis sur le marché français alors que l'artiste prépare un grand concert le 31 décembre au Palais Omnisports de Bercy à Paris. Il sera suivi d'un autre grand concert devant 120.000 personnes au stade des Martyrs de Kinshasa en juillet 2002.

Il possède quatre orchestres dirigés par lui-même : Viva la Musica International (fait de la World music)

Viva-la-Musica Cour des Grands (rumba congolais habituel)

Nouvelle Ecriture (version jeunes de Viva la Musica)

et Viva Tendances (tendances habituelles de la musique congolaise)

Les Fioti-Fioti (chorégraphie) Papa Wemba fait une musique chaude qu’adorent les jeunes, mais aussi des emprunts au style latino-carribéen qui arrange les moins jeunes. Parmi les grandes réalisations de sa carrière, on peut citer la formation de plusieurs vedettes africaines : King Kester Emeneya, Koffi Olomidé, etc.

En 2011, il participe au festival Mawazine à Rabat, Maroc.'

Collaborations Musicales[modifier | modifier le code]

Homme solidaire et bon "team player" durant sa longue carrière, Papa Wemba n'a pas hesité à collaborer avec Tabu Ley Rochereau et son groupe Afrisa, Martin Meissonier (producteur de King Sunny Adé et de Ray Lema), Peter Gabriel, Ray Lema, Manu Dibango, Koffi Olomidé, Youssou N'Dour, Pepe Kalle, le vieux Wendo Kolosoy, Lutumba Simaro, Kwamy Mussy, et ses vieux copains de Zaiko (Evoloko Jocker, Bozi Boziana, Efonge Gina, Mavuela Somo) les quatuors du Clan Langa Langa, Alpha Blondy, Aretha Franklin participe à l'album Emotion Fa Fa, Lokua Kanza, Angélique Kidjo, Salif Keïta, JB Mpiana, Singuila, Ophélie Winter, Manu Dibango et Youssou N'dour.

Acteur de cinéma[modifier | modifier le code]

En 1987, il est l'acteur principal du film belgo-zaïrois La vie est belle de Ngangura Dieudonné Mweze et Benoît Lamy. Il compose une bonne partie de la musique originale de ce film.

Il apparaît également en 1997 dans Combat de fauves de Benoît Lamy. Les acteurs principaux du film sont Ute Lemper et Richard Bohringer.

En 2012, il a eu un petit rôle dans le film dramatique belge Kinshasa Kids.

« Affaire des visas »[modifier | modifier le code]

En 2003, Papa Wemba est suspecté d'être au cœur d'une affaire de trafic de visas et d'aide à l'immigration clandestine, à travers ses tournées musicales entre son pays, la République démocratique du Congo, la France et la Belgique. Le 17 février 2003, il est interpellé à Paris et maintenu en détention pendant trois mois et demi. Le 16 novembre 2004 le tribunal correctionnel de Bobigny (France) le condamnera à trente mois de prison, dont quatre fermes déjà purgés en 2003, et 10 000 euros d’amende pour « aide au séjour irrégulier de clandestins sous couvert de ses activités musicales »[1].

Après trois mois et demi de détention, le chanteur est enfin libéré. De son aveu même, son expérience carcérale a transformé sa conception de la vie, s'attachant ainsi beaucoup plus à la spiritualité. Dans le nouvel opus intitulé "Somo trop" qu'il sort en octobre, Papa Wemba raconte d'ailleurs dans la chanson "Numéro d'écrou" comment "Dieu est venu (lui) rendre visite" dans sa cellule. Le Papa Wemba nouveau est donc lancé. Il en profite pour renouer avec ses fans puisque le 25 octobre il se produit sur la scène du Zénith à Paris avec l'orchestre Viva Tendances. Juin 2004, Papa Wemba foule de nouveau le sol de Kinshasa après un an et demi d'absence. Le chanteur en a profité pour remercier la population congolaise pour son soutien durant ses problèmes judiciaires, en donnant 5 concerts à travers le pays.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Pauline (1970, Zaiko Langa Langa)
  • Maguy (1971,Zaiko Langa Langa)
  • L'amoureux Decu (1972, Zaiko Langa Langa)
  • Mete la Verite, Chouchouna, Liwa Ya Somo (1973,Zaiko Langa Langa)
  • Miyélélé/Omanga(, 1974, Zaiko Langa Langa)
  • Amazone, Ainsi Va La Vie, Mokili Ebaluki (1975, Isifi Lokole)
  • Matembele Bangi, Lisuma ya Zazu, Mama Wali (1976, Yoka Lokole)
  • Mere Superieure, Ebale Mbonge, Mabele Mokonzi, Bokulaka, (1977)
  • Princesse ya Senza, Zonga Zonga, Muana Molokai, Ekoti Ya Nzubé, Fleur Bétoko(1978)
  • Anibo, Ata Nkale (1979)
  • Elu Sharufa, Ile De Gorée(1979)
  • Levres Roses (1979, avec Rochereau et l'Afrisa)
  • Telegramme (1979, avec Simaro et l'OK Jazz)
  • Sabola Milimu Mawa, Signorina(1980), Amena(1980,duo avec Pepe Kalle), Jeune 1er(1980)
  • Zéa, Melina La Parisienne, Ufukutanu (1981)
  • Evenement, Rendre A Cesar (1982), album maliba avec martin meissonier
  • Santa, Matebu (1982, premier album a Paris)
  • Bukavu Dawa, Rythme molokai, Eliana (1983), album la belle époque
  • Proclamation (1984, a Paris avec Ngashie Niarchos)
  • Destin ya Moto (1985)
  • Beau Gosse ya paris(1986)
  • Bana Viva Fungola Ngai Love Kilawu(1986)
  • Au Japon (live) (1986)
  • L'Esclave (1986)
  • Love Kilawu (1987)
  • M'fono Yami (1988),
  • Siku ya Mungu(1989)
  • Biloko ya Moto-Adidas Kiesse (1991)
  • Le Voyageur (1992, Real World)
  • Foridoles (1994)
  • Emotion (album de Papa Wemba) (1995, Real World n°52)
  • Pôle Position (1996)
  • Wake Up (1996, duo avec Koffi Olomidé)
  • Nouvelle Écriture (1997)
  • Molokaï (1998, Real World n°71)
  • Nouvelle Écriture dans L (1998)
  • Ya Biso Moko avec Nouvelle Ecriture (1998)
  • Fula Ngenge (1999)
  • Muana Matebu(1999)
  • A La Une (2001)
  • Bakala Dia Kuba(2001)
  • Somo Trop (2003)
  • Muana Molokaï (2004)
  • Bazonkion (2005)
  • Bravo l'Artiste (2006)
  • Ye te oh ! (2006)
  • Nkunzi Lele (2007)
  • Kaka yo (2008)
  • Notre Père (Rumba) (2010)
  • 16e Arrondissement de Modogo Gian Franco Feat Papa Wemba (Juillet 2010)
  • Notre Père (World) (octobre 2010)
  • Trait d'union (Rumba) (2011)
  • Maître d'école (Rumba na Rumba) (2013) Feat JB Mpiana, Jossart N'yoka Longo, Pépé Felly Manuaku, Barbara Kanam

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéo