W (lettre)

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W
Image illustrative de l'article W (lettre)
Graphies
Capitale W
Bas-de-casse w
Exposant ʷ, ᵂ
Utilisation
Alphabets Latin
Ordre 23e
Phonèmes principaux /w/, /v/, /ʋ/...

W est la 23e lettre et la 18e consonne de l’alphabet latin moderne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Titre avec deux U pour représenter un W : Several UUitches (1693).
Plaque de l'Hôtel de Cluny avec un W pour représenter un UV : OWERTVRE, TROWA, COWERTES.


Proto-semiticW-01.svg PhoenicianW-01.svg Upsilon uc lc.svg EtruscanV-01.svg RomanV-01.svg RomanW-01.svg
Proto-sémitique
W
Phénicien W Grec Upsilon Ypsilon Étrusque V Latin V/U Latin W

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

C’est une ancienne ligature datant du Moyen Âge, réunion de deux V (d'où le nom en français, double v) ou de deux U (en anglais : double u). Chilpéric ajouta à l'alphabet quatre caractères de son invention, parmi lesquels un affecté à la prononciation qu’on a depuis rendue par le double v. Les noms propres d'origine tudesque devaient ainsi recevoir, dans les textes écrits en latin, une orthographe exacte et fixe[1]. En réalité, il s'agit non seulement d’orthographe, mais aussi de phonétique, le V latin initial originellement prononcé comme une semi-consonne s'était consonnantisé en [v], alors que les migrations germaniques ont réintroduit le phonème /w/ noté W. Ainsi, même des noms communs d'origine latine tel que VASTARE « rendre désert, dépeupler; ravager, dévaster, ruiner » se sont hybridés en gallo-roman *WASTARE, d'où gâter[2], voir aussi guêpe, gâter, gui, goupil, etc.

Usage en français[modifier | modifier le code]

La lettre W est la dernière lettre conventionnellement entrée dans l'alphabet français. Le Petit Robert la reconnaît comme 23e lettre de l'alphabet en 1964, tandis que le Petit Larousse l'avait intégrée depuis au moins 1951[3]. Cependant, W n'est jamais complètement sortie de l'usage pour retranscrire des noms communs étrangers ou dialectaux, ainsi que des noms propres. En 1751, l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert utilise le W mais indique à l’entrée « W » que « cette lettre n’est pas proprement de l’alphabet françois. C’est la nécessité de conformer notre écriture à celle des étrangers, qui en a donné l’usage. »[4] ; de la même façon, le Dictionnaire de Trévoux en 1771 indique « Cette lettre n’eſt pas proprement une lettre Françoiſe. C’eſt une lettre des peuples du Nord. Cependant nous l'admettons pour pluſieurs noms propres. »[5].

Effectivement, et contrairement à ce qu'affirment Diderot et D’Alembert, le W a toujours été utilisé dans les noms propres du Nord de la France et de la Belgique francophone, c'est-à-dire dans l'anthroponymie (surtout des patronymes aujourd'hui) et dans la toponymie. Ainsi le normand septentrional, le picard, le wallon (comme son nom l'indique), le bas-lorrain, le champenois et le bourguignon n'ont jamais abandonné l'usage de cette lettre dans l'onomastique régionale, c'est pourquoi on trouve des noms de famille fréquents tels Watteau, Wace, Wautier, Warin, Willaume, etc. ou des toponymes comme Lawarde-Mauger, Wanchy-Capval, Wignicourt, etc. Il ne s'agit pas d'une graphie arbitraire, mais le reflet de la phonétique régionale, à savoir la conservation du [w][6], passé plus tardivement à [v] dans certains cas (au XIIe siècle en normand par exemple[7]), alors que dans les autres dialectes d'oïl (« francien », occidentaux, centraux, méridionaux), le W [w] initial ancien du gallo-roman est passé précocement à [gʷ], d'où le graphe GU- encore au Moyen Âge, avant de se simplifier en [g], noté G- ou GU- selon les cas. Les noms propres issus des dialectes d’oïl occidentaux, centraux et méridionaux présentent donc des formes en G(U)-, correspondant souvent à celles en W- ci-dessus : Gautier, Garin, Guillaume, Lagarde, etc. Il existe cependant quelques rares exemples de l'usage de la lettre W dans les noms propres en dehors de l'aire de diffusion des dialectes d’oïl septentrionaux et orientaux, comme par exemple dans Wissous (Vizoor au XIe siècle, Vizeorium et Viceor au XIIe[8]), mais il s'agit dans ce cas de graphie abusive, le W initial n'apparaissant qu'au XVIIe siècle[9].

Usage dans d'autres langues[modifier | modifier le code]

Langues germaniques[modifier | modifier le code]

Tracé[modifier | modifier le code]

Il existe principalement deux tracés pour cette lettre : croisé ou non. La version croisée correspond à deux V superposés l’un sur l’autre.

De façon, plus rare, on trouve parfois un W en forme de « trident » avec une seule hampe de jonction, notamment dans les polices Bauhaus (en) ou OCR A (en). On retrouve cette forme dans les minuscules des polices Garamond en italique.

Alphabet phonétique international[modifier | modifier le code]

La lettre w est le symbole pour la consonne spirante labio-vélaire voisée.

La forme en exposant du w ‹ ʷ › est utilisée comme symbole phonétique de l’alphabet phonétique international pour la labiovélarisation mais aussi comme lettre dans l’écriture du thompson, du wichita, du lushootseed, du kalispel, du comox, de l’oubykh, du yurok, du klallam, et du saanich.

Codage[modifier | modifier le code]

Informatique[modifier | modifier le code]

Un W barré, ₩ (U+20A9), est le symbole monétaire du won, monnaie de Corée.

Radio[modifier | modifier le code]

Fichier audio
W en code morse (info)

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Autres[modifier | modifier le code]

Signalisation Langue des signes Écriture
Braille
Pavillon Sémaphore française québécoise
ICS Whiskey.svg Semaphore Whiskey.svg LSF LettreW.jpg LSQ w.jpg Braille W.svg

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, Fume, 1851 ; p. 190.
  2. Site du CNRTL : étymologie de gâter [1]
  3. W, dernière lettre entrée dans l’alphabet français
  4. Entrée « W » de l’Encyclopédie, 1re édition, 1751, tome 17, p. 583, lire en ligne.
  5. Entrée « W » du Dictionnaire de Trévoux, 6e édition, 1771, tome 8, p. 498, lire en ligne.
  6. Jacques Allières, La Formation de la langue française, coll. Que sais-je ?, éditions PUF, 1982, pp. 117 à 124.
  7. René Lepelley, La Normandie dialectale, Presses universitaires de Caen, 1999 (ISBN 9782841330761)), p. 61.
  8. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 735a
  9. Jean-Claude Ciret, Wissous : Au temps jadis, p. 26
  10. Uniquement dans la version régulière au format OpenType : LinLibertine_Re-4.7.3.otf