Nicole Louvier

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Nicole Louvier

Naissance 23 juin 1933
Paris (France)
Décès 8 mars 2003 (à 69 ans)
Paris (France)
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Activités annexes Poète, écrivain, productrice de radio
Genre musical Chanson française
Instruments Guitare
Années actives Années 1950-Années 1960
Labels Disques DECCA
Disques ILD
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Nicole Louvier (née et morte à Paris, 23 juin 1933 - 8 mars 2003) est une auteure-compositrice-interprète, écrivaine, poète et productrice française d'émissions culturelles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Ses parents travaillent dans la confection quand la guerre éclate. Durant l'occupation, la famille, d’origine juive polonaise, doit se séparer et Nicole est cachée chez des paysans bretons.

Après la Libération, elle a déjà écrit beaucoup de poèmes et un éditeur lui propose de les mettre en musique. Son premier disque paraît en 1953 avec une préface de Maurice Chevalier qui avait remarqué son talent. Il la surnomme « Le Petit Radiguet de la chanson ».

La précocité de cette jeune chanteuse surprend avec des textes très matures comme Qui me délivrera ? (1953). Elle est engagée par Nikos Papatakis et fait ainsi ses débuts au cabaret de La Rose Rouge. Elle passe également à La Colombe et Chez Agnès Capri[1]. Elle sera la première chanteuse française à s'accompagner à la guitare sur scène. Son répertoire se caractérise par sa poésie, son symbolisme, voire ses prémonitions avec des titres comme File la nuit (1955), J'appelle la Terre (1962) et La Chanson pour la fin du monde (1963).

Une veine populaire et poétique[modifier | modifier le code]

Parallèlement, certaines de ses œuvres connaissent un vif succès et sont interprétées par des chanteurs populaires comme Lucienne Delyle qui reprend Mon petit copain perdu en 1954 et Jean-Claude Pascal qui s'approprie le charme de La Chanson de Venise en 1964.

D'autres sont reprises par des chanteurs séduits par la poésie des chansons de Nicole Louvier comme Rosalie Dubois qui donne sa version de la Chanson pour la fin du monde en 1964, et même Marlene Dietrich qui reprendra, sur scène en 1955, Qui me délivrera ?[2].

Un auteur dérangeant[modifier | modifier le code]

Les éditions de La Table Ronde publient ses œuvres. La parution de son roman Qui qu’en grogne déclenche un scandale à cause de l'évocation des émois amoureux de jeunes filles entre elles. En 1959, c'est avec son roman Les Marchands qu'elle se met le métier à dos en contant l'histoire d'une jeune chanteuse naïve prise dans les rouages du show-business. Insensiblement, malgré son activité de productrice à Radio France, ses propos dérangeants vont la marginaliser.

Elle part alors en Israël pour vivre dans un kibboutz tout en poursuivant son travail d'écrivain. Elle partagera ensuite son temps entre Israël et la France.

Elle est inhumée à Paris, au cimetière du Montparnasse (30e division[3]).

Une inspiratrice[modifier | modifier le code]

Elle suscitera la vocation de chanteuses qui, comme Anne Sylvestre, suivront son exemple en interprétant leurs propres compositions, paroles et musique, en jouant de leur propre guitare même si un orchestre vient les accompagner. Productrice à la radio, elle encouragera une Barbara débutante.

Actualité de Nicole Louvier[modifier | modifier le code]

En 2003, la vidéaste Raymonde Couvreu a présenté le projet d'un portrait coréalisé avec Hélène Hazéra, Nicole Louvier : Ce soir le veilleur est une femme, au Festival du films de femmes de Créteil.

En 2008, avec un livret composé par Dany Lallemand, les éditions ILD publient un CD consacré à Nicole Louvier, proposant vingt-cinq chansons dont deux inédites.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 1953 : Nicole Louvier… et ses chansons, présentée par Maurice Chevalier — Aux deux guitares, Nicole Louvier et Jacques Liébrard — 33 tours 25 cm Disques DECCA (réf FM 133116) :
    • Quand j'ai faim
    • C'est la loi
    • C'est le vent
    • J'ai peur de l'amour
    • À la vie comme à la guerre
    • Dormez
    • Tu me dis que tu m'aimes
    • Mon petit copain perdu
  • 1964 : Chansons-Clés (compilation période 1960 à 1964) — Paroles et musique de Nicole Louvier — Orchestre et direction de François Rauber — 33 tours 30 cm Disques DECCA :
    • La Chanson de Venise
    • Chanson pour ma rancune
    • Chanson pour la fin du monde
    • Paris pour rien
    • Chanson pour t’apprivoiser
    • Messire l’insolite
    • Le Vent de Nara
    • J’appelle la Terre
    • Prière de l’enfant Mozart
    • Tu peux
    • Si je pars amoureuse
    • Rendez-vous avec
    • Comme des voleurs
    • Adieu théâtre
  • 2011 : Nicole Louvier chante…, compilation de 25 chansons (sont notamment incluses les reprises par Lucienne Delyle), collection Les Trésors oubliés de la chanson, 1 CD ILD 642310 présentation en ligne
  • Une discographie complète donnant la référence des 23 enregistrements de chansons identifiés pour la période 1953-1965 (sans le détail des titres par disque).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1953 : Qui qu'en grogne, Éditions de la Table ronde. Repris dans l'ouvrage édité à 3 000 ex. par le club international du livre à Bruxelles, avec des illustrations de Claude-Michel Grosjean
  • 1955 : L'Heure des jeux, Éditions de la Table ronde.
  • 1959 : La Mort d'un Théâtre, Librairie Arthème Fayard (collection : Les Œuvres Libres).
  • 1959 : Les Marchands, Éditions de la Table ronde. Repris dans l'ouvrage édité à 3 000 ex. par le club international du livre à Bruxelles, avec des illustrations de Claude-Michel Grosjean
  • 1967 : Les Dialogues de la nuit blanche, Éditions La Jeune Parque.
  • 1968 : Honorable ou le chien, Éditions La Jeune Parque.

Poèmes & Chansons[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Nicole Louvier, 1933-2003, livre d'hommage, copyright Geneviève Glatron
  • Site non officiel conçu à la mémoire de Nicole Louvier, femme libre, poète, musicienne et romancière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cabaret, rue Molière à Paris.
  2. Marlene Dietrich: Der blonde engel, compilation 4 CD, Disques Capitol (EMI Autriche), 2001.
  3. [PDF] Promenade-découverte des sépultures féminines du cimetière de Montparnasse, document de la Ville de Paris