Vie des Français sous l'Occupation allemande
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La vie des Français sous l'Occupation allemande se caractérise par la pénurie et par la dictature. L'Occupation allemande de la France commence avec l'armistice du 22 juin 1940 et s'achève avec la Libération du territoire en 1944. La France, d'abord divisée en deux zones, la zone occupée au nord et la zone dite « libre » au sud, qui est sous l'autorité du régime collaborationniste de Vichy, se trouve de fait inféodée à l'Allemagne nazie durant cette période. Comme tous les pays occupés, la France a fait l'objet d'un pillage économique, humain et financier de la part des Allemands. En revanche, c'est le seul pays où il y avait des rafles de juifs sur le territoire non occupé par les Allemands.
Sommaire |
[modifier] La pénurie
La vie des Français a d'abord été marquée par les pénuries. Elles s'expliquent par différents éléments :
- les réquisitions allemandes.
- la désorganisation des transports et le blocus allié.
- la pénurie de main d'œuvre et de sources d'énergie ( charbon, électrécité).
[modifier] Le manque de nourriture
Les problèmes de ravitaillement touchent rapidement les magasins français qui manquent de tout. Face à ces difficultés de la vie quotidienne, le gouvernement répond en instaurant les cartes et les tickets d'alimentation avec lesquels on pouvait échanger pour le pain, la viande, les matières grasses. La faim sévissait surtout en ville et affectait les plus jeunes. Les files d'attente s'allongeaient devant les boutiques. À défaut de viande et d'autres aliments, on se nourrissait de légumes peu prisés à l'époque, comme le rutabaga et le topinambour. Les produits tels que le sucre ou le café sont remplacés par des succédanés. Certains tiraient parti du marché noir pour vendre des aliments sans tickets mais à des prix très élevés. Les vols et le troc étaient aussi des pratiques fréquentes durant cette période de privations et d'abstentions.
[modifier] Le manque de matières premières
Les ersatz remplacent plusieurs produits devenus rares : le gazogène à la place de l'essence, la chicorée à la place du café ... Le cuir faisait aussi défaut, c'est pourquoi les chaussures étaient à semelle de bois
[modifier] Le STO
Le STO, service du travail obligatoire, est instauré par le Régime de Vichy pour contenter les besoins de main-d'œuvre de l'occupant allemand. La relève n'a pas fonctionné et le Régime de Vichy utilise la contrainte.
[modifier] Le couvre-feu
La nuit tombée, les habitants devaient fermer leurs volets ou occulter leurs fenêtres. Sans Ausweis (autorisation), il était interdit de sortir la nuit. Le jour, les contrôles nombreux, la censure et la propagande rendaient l'occupation de plus en plus insupportable. Dans les trains, les ampoules étaient peintes en bleu pour que les convois ne soient pas repérés par les avions.
[modifier] La ligne de démarcation
Pour traverser dans le sens Nord-Sud, la France, les Français étaient obligés de franchir la Ligne de démarcation , soit de façon officiel grâce à un Ausweiss ou soit clandestinement.
[modifier] L'école
Les enfants devaient chanter Maréchal, nous voilà !. Le portrait de Philippe Pétain trônait sur les murs des classes, créant ainsi un culte de la personnalité en la personne du maréchal. La propagande était donc présente jusque dans l'éducation pour former les jeunes aux idées du nouveau régime de Vichy. Cependant, il n'y eut pas de reprise en main idéologique comme dans d'autres pays occupés, comme la Pologne par exemple, où les élites enseignantes furent liquidées. Il n'y eut pas de mutations ou d'emprisonnements d'enseignants et les programmes ne furent globalement pas modifiés. Dans le secteur privé catholique, de nombreux chefs d'établissements cachèrent des enfants juifs en les scolarisant, ce jusqu'à la fin de la guerre.
[modifier] Les Juifs
- La discrimination : en zone occupée, les Juifs devaient porter l'étoile jaune à partir de 1942, prendre la dernière voiture du métro.
- Les rafles.
[modifier] La vie des résistants
- Écouter la BBC (Radio Londres) avec des émissions comme « Les Français parlent aux Français » ou Honneur et Patrie.
- Recueillir des renseignements.
- Cacher des aviateurs alliés, des résistants ou de ceux que le régime traque.
- Être réfractaire au STO
- Sabotage (voies ferrées etc.)
[modifier] La collaboration
Des Français choisissent de collaborer avec l'ennemi, des écrivains , des chanteurs, des acteurs et hommes politiques rejoignent ce camp.
[modifier] Journaux-Radios
La plupart des journaux sont contrôlés par les services de censure, quelques journaux clandestins arrivent à être publiés et distribués sous le manteaux, d'autres journaux choisissent ouvertement le collaborationisme. La radio est aussi contrôlée par le régime de Vichy (Radio Paris, Radio Vichy), il n'y a pas d'émetteurs clandestins (installation trop lourde à mettre en place et trop facilement repérable)
[modifier] Bibliographie
Ouvrages généraux
- Henri Amouroux, La Vie des Français sous l'Occupation, Paris, Fayard, 1981.
- Henry Amouroux, La Grande Histoire des Français sous l'Occupation, 10 volumes, Paris, Robert Laffont, 1975-1993.
- Philippe Burrin, La France à l’heure allemande 1940-1944, Paris, Éditions du Seuil, 559p, 1995 (édition de poche, 1997).
- Stéphanie Corcy, La Vie culturelle sous l'occupation, Paris, Éditions Perrin, 407p, 2005.
- Jean Eparvier, À Paris sous la botte des nazis, Paris, Éditions Raymond Schall,(non paginé) achevé d'imprimer par Draeger, le 28 novembre 1944.
- Pierre Laborie, L'Opinion française sous Vichy, Paris, Éditions du Seuil, 405p, 1990.
- Pierre Laborie, Les Français des années troubles. De la guerre d'Espagne à la Libération, Paris, Desclée de Brouwer, 265p, 2001.
- Pierre Laborie, Les Français sous Vichy et l'Occupation, Paris, Milan, 64p, 2003.
- Henry Rousso, Les années noires. Vivre sous l’occupation, Paris, Gallimard, 192p, 2006.
Ouvrages anglo-saxons
- Robert O. Paxton, La France de Vichy 1940-1944, Seuil, 1973, préface de Stanley Hoffmann
- Robert Gildea, Marianne in Chains
- Témoignages et œuvres de fiction
- Marcel Aymé, Uranus (1948), roman sur les derniers mois de l'Occupation
- Jean-Louis Bory, Mon village à l'heure allemande, roman, prix Goncourt 1945
- Jean-Louis Curtis, Les Forêts de la nuit, roman, prix Goncourt 1947, sur les derniers mois de l'Occupation
- Jean Dutourd, Au bon beurre, roman satirique qui traite des problèmes de pénurie alimentaire
- Gertrude Stein, Les Guerres que j'ai vues, sur la vie de Gertrude Stein réfugiée dans un village du Bugey pendant l'Occupation
- Vercors, Le Silence de la mer, nouvelle (1942)
[modifier] Filmographie
- Documentaires
- Le Chagrin et la pitié, documentaire de Marcel Ophuls sur la vie des Français sous l'Occupation allemande, qu'ils soient résistants, simples profiteurs, pétainistes, ou "collabos"
- L'Œil de Vichy, documentaire réalisé par Claude Chabrol (1993) à partir d'extraits de la propagande du régime de Vichy
- Œuvres de fiction
- Au revoir les enfants, film de Louis Malle
- Le Silence de la mer, film de Jean-Pierre Melville d'après la nouvelle de Vercors, avec Nicole Stephane et Howard Vernon
- La Traversée de Paris, film de Claude Autant-Lara, avec comme interprètes Jean Gabin et Bourvil
- Uranus, film de Claude Berri d'après le roman de Marcel Aymé, avec Gérard Depardieu, Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
- Régime de Vichy
- Philippe Pétain
- Collaboration
- Résistance intérieure française, "la Résistance"
- Occupation allemande
- Europe sous domination nazie
- Catégorie:Convois de la déportation des Juifs de France
- Gestapo
- La vie en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale
[modifier] Liens externes
- On chantait quand même! Chansons sous l'occupation, Hall de la Chanson
- Pénurie dans la France occupée Coupures de presse
- Vie quotidienne sous l'occupation Cliotexte.
- Deux récits de résistants faits prisonniers,l'un en région parisienne, l'autre en Picardie

