Emmanuel Terray
Emmanuel Terray
Anthropologue et ethnologue français
XXe-XXIe siècles
Paris, décembre 2010
| Naissance | 1935 |
|---|---|
| Nationalité | |
| École/tradition | Marxisme - Structuralisme |
| Principaux intérêts | Anthropologie politique, anthropologie historique |
| Œuvres principales | Le Marxisme devant les sociétés primitives - Une histoire du royaume abron - Combats avec Méduse |
| Influencé par | Louis Althusser - Georges Balandier - Claude Lévi-Strauss |
Emmanuel Terray (né en 1935) est un anthropologue français. Ancien élève de l'École normale supérieure (de 1957 à 1961), agrégé de philosophie, il s'oriente rapidement vers l'anthropologie après avoir découvert les Structures élémentaires de la parenté de Claude Lévi-Strauss et rencontré Georges Balandier, dont l'« anthropologie dynamique », ancrée dans l'histoire et le politique, le séduira. Nommé en 1964 assistant à l'Institut d'ethnologie de l'université d'Abidjan par le ministère de la Coopération, il en vient à soutenir une thèse sous la direction de Paul Mercier, consacrée à l'ethnosociologie des Didas de Côte d'Ivoire, qui constituent son premier terrain d'ethnologue.
Il cherche alors à constituer une anthropologie politique qui puisse s'inscrire dans le projet marxiste de Louis Althusser[1]. Installé depuis quelques années à Abidjan, où il deviendra doyen de l'université, il doit revenir à Paris après les événements de Mai 68, pour lesquels il avait affiché trop de sympathie pour le pouvoir ivoirien. Militant maoïste au PSU, qu'il quitte en 1972, il intègre alors la nouvelle équipe de l'Université de Vincennes. Il soutient en 1984 son doctorat d'État sous le patronage de Georges Balandier avec une thèse sur le royaume Abron du Gyaman (publiée en 1995), et est élu directeur d'étude à l'EHESS.
En plus de son œuvre anthropologique et ethnographique (en grande partie publiée sous forme d'articles dans des revues spécialisées, L'Homme, Cahiers d'études africaines, Annales ESC, Critique, etc.), Emmanuel Terray a signé une série d'essais plus personnels à partir de la fin des années 1980. Il s'y confronte non seulement à sa propre histoire et à sa formation philosophique et politique mais aux problèmes sociaux que génèrent nos sociétés contemporaines, en particulier la question des travailleurs « sans papiers » pour la cause desquels et auprès de qui il entamera une longue grève de la faim à l'été 1998.
Anecdotes [modifier]
- « Lorsque nous faisions ce cadastrage [chez les Didas de Côte d'Ivoire, en 1964] dans la forêt, de temps en temps, il y avait un marigot à traverser sur un tronc d'arbre écorcé. Non seulement ces troncs étaient très glissants, mais moi, j'étais plutôt maladroit et à peu près incapable de faire ces traversées sans que cela ne se termine par un plongeon dans le marigot. Cela faisait beaucoup rire mes compagnons [didas], qui venaient tout de même très gentiment me rechercher. Ils me sortaient de là, mais me faisaient ensuite observer qu'avant l'Indépendance, cela ne me serait jamais arrivé parce qu'ils m'auraient porté sur leurs épaules, alors que depuis l'Indépendance, chacun marchait sur ses propres jambes, ce qui n'était pas plus mal. J'étais évidemment d'accord avec eux. » [2]
- Staline a exprimé "un tempérament de droite"[3].
Ouvrages [modifier]
- L'Organisation sociale des Dida de Côte d'Ivoire. Essai sur un village dida de la région de Lakota, Abidjan, Annales de l'Université d'Abidjan, tome 1, 1969.
- Le Marxisme devant les sociétés « primitives ». Deux études, Paris, Éditions Maspero, 1969 (coll. « Théorie »).
- (éd. avec Jean Bazin), Guerres de lignages et guerres d'États en Afrique, Paris, Éditions des Archives contemporaines, 1982.
- Lettres à la fugitive, Paris, Éditions Odile Jacob, 1988.
- La Politique dans la caverne, Paris, Le Seuil, 1990.
- Le Troisième jour du communisme, Arles, Actes Sud, 1992.
- Une histoire du royaume Abron du Gyaman, des origines à la conquête coloniale, Paris, Éditions Karthala, 1995.
- Une passion allemande. Luther, Kant, Schiller, Hölderlin, Kleist, Paris, Le Seuil, 1994.
- Ombres berlinoises. Voyage à travers une autre Allemagne, Paris, Odile Jacob, 1996.
- Clausewitz, Paris, Fayard, 1999.
- (éd. avec Jean-Luc Jamard et Margarita Xanthakou), En substances. Textes pour Françoise Héritier, Paris, Fayard, 2000.
- Traversées. Livres, actions, voyages, Bruxelles, Labor, 2005 - Un livre d'entretiens avec un cadet, l'anthropologue Jean-Paul Colleyn.
- Face aux abus de mémoire, Arles, Actes Sud, 2006.
- Immigration : fantasmes et réalités, avec Claire Rodier, Paris, Éd. La Découverte, 2008 (coll. « Sur le vif »).
- Combats avec Méduse, Paris, Éditions Galilée, 2011[4].
- Penser à droite, Paris, Éditions Galilée, 2012.
Publication: dans "Le Grand Atlas des Religions" (Encyclopaedia Universalis 1990), chapitre "Organisation, règles et Pouvoirs", article concernant "L'Afrique noire" Pages 248-249
Notes et références [modifier]
- Sur son rapport à l'épistémologie althusserienne, cf. par exemple l'article qu'il lui consacre dans Le Monde du 17 août 1973.
- Traversées, Bruxelles, Labor, 2005, p. 81.
- Emmanuel Terray : être de droite, c’est avoir peur, sur Rue89, 31 mars 2012
- Voir le long compte rendu de Gérard Lenclud dans www.laviedesidees.fr/