Lombok

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Lombok
Image satellite de Lombok.
Image satellite de Lombok.
Géographie
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Archipel Petites îles de la Sonde
Localisation Océan Indien
Coordonnées 8° 33′ 54″ S 116° 21′ 04″ E / -8.565, 116.3518° 33′ 54″ S 116° 21′ 04″ E / -8.565, 116.351  
Superficie 4 739 km2
Point culminant Rinjani (3 726 m)
Administration
Province Petites îles de la Sonde occidentales
Démographie
Population 3 166 685 hab. (2010)
Densité 668,22 hab./km2
Plus grande ville Mataram
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+8
Site officiel ntbprov.go.id/

Géolocalisation sur la carte : Indonésie

(Voir situation sur carte : Indonésie)
Lombok
Lombok
Îles d'Indonésie

Lombok est une île volcanique d'Indonésie, située entre les îles de Bali et de Sumbawa. Elle fait partie des petites îles de la Sonde. Sa superficie est de 4 739 km².

Sa ville principale est Mataram, qui est aussi la capitale de la province des petites îles de la Sonde occidentales.

Comme en témoigne la cratère sur la moitié nord de Lombok, l'île fut le foyer d'un volcan géant qui s'érompit en 1257[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le volcan Rinjani
volcan Rinjani depuis le sud est

L'île de Lombok fait partie de l'archipel de la Sonde, en Indonésie. Une profonde faille océanique la sépare de Bali.

Dans le nord, le paysage de l'île est dominé par le volcan Rinjani (avec 3 726 m, le 3e sommet d'Indonésie après le Puncak Jaya en Papouasie et le Kerinci à Sumatra). La dernière éruption du Rinjani remonte à 1994. Celui-ci abrite la caldeira Segara Anak, en partie occupée par le lac Segara Anak, en forme de croissant, d'où émerge le cratère récent du Baru. Le volcan et le lac font partie d'un parc national établi en 1997.

Le sud de Lombok est une plaine fertile où l'on cultive, outre le riz, le maïs, le café, le tabac et le coton.

Le détroit de Lombok marque le passage de la division biogéographique entre la faune des écorégions indomalaise et australasienne. Elle porte le nom de ligne Wallace, nommée d'après Alfred Russel Wallace, qui le premier remarqua les différences entre les deux zones.

Géologie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Une équipe internationale[2] vient d'identifier (publication en septembre 2013) le volcan sur cette île responsable d'une des plus énorme explosion volcanique des 7 000 dernières années en 1257 après J.-C. Il s'agit du volcan Samalas, dont l'éruption est évoquée dans le Babad Lombok (Chronique de Lombok)[3],[4].

Le Nagarakertagama, poème épique écrit en 1365 sous le règne (1350-1389) du roi Hayam Wuruk de Majapahit dans l'est de Java, cite Lombok parmi les « contrées tributaires » de ce royaume. Selon des légendes locales, deux des plus vieux villages de Lombok, Bayan et Sembalun, auraient été fondés par un prince de Majapahit. Les références à une origine Majapahit sont courantes à Lombok et dans l'île voisine de Bali. On trouve des éléments javanais dans la langue sasak de Lombok.

L'islam ne semble pas apparaître à Lombok avant la première moitié du XVIe siècle. La tradition dit qu'un certain Sunan Prapen, fils du Susuhunan Ratu de Giri, est le premier à propager la nouvelle foi. Un manuscrit sur feuille de palmier lontar, le Babad Lombok (Chronique de Lombok), raconte que Sunan Prapen est envoyé par son père pour une expédition militaire à Lombok et Sumbawa pour y convertir la population. Un autre manuscrit sur lontar, le Petung Bayan, raconte que le premier roi à se convertir est le roi de Bayan. On ne peut toutefois considérer ces deux manuscrits comme des sources historiques fiables. Il semble en tout cas que dès le début, la nouvelle religion acquiert un caractère syncrétique, mêlant les éléments animistes, hindou-bouddhiques et islamiques.

Dans les années 1630, le Dewa Agung (roi) de Gelgel de Bali mène des campagnes de conquête à Lombok et Sumbawa, où il se heurte à l'expansion du sultanat de Gowa du sud de Sulawesi. À la fin du XVIIe siècle, des soldats Bugis et Makassar, fuyant l'autoritarisme de leur souverain, écument les mers de l'archipel et sévissent notamment à Lombok.

Les Hollandais débarquent à Lombok en 1674. Ils s'installent dans la partie orientale de l'île, les rois balinais de Karangasem revendiquant la souveraineté sur la partie occidentale.

En 1740, Lombok est fermement sous le contrôle de Karangasem. Au début du XIXe siècle, le rapport s'est inversé et c'est le roi balinais de Lombok qui est souverain de Karangasem. Lombok soutient la campagne hollandaise contre Karangasem.

Mais les Hollandais voulaient contrôler Lombok. En 1891, le roi balinais de Lombok lève des troupes parmi ses sujets Sasak musulmans pour mener campagne à Bali. L'événement déclenche un soulèvement, dirigé par un maître religieux. Les Hollandais en font un prétexte d'intervention, et débarquent à Lombok en 1894. Une première expédition est mise en déroute par les troupes balinaises. Mais les Hollandais finissent par conquérir la capitale. La prise d'assaut du dernier bastion des Balinais poussent ceux-ci à commettre le puputan, une bataille jusqu'à la mort. La guerre de Lombok était terminée. Les Hollandais ont occupé l'île de 1894 à 1942.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Lombok fait partie de la province des petites îles de la Sonde occidentales.

Elle est divisée en 5 kabupaten :

  • Lombok Barat (occidental), chef-lieu Senggigi,
  • Lombok Tengah (central), chef-lieu Praya,
  • Lombok Timur (oriental) , chef-lieu Labuan Lombok
  • le nouveau kabupaten de Lombok Utara (nord), chef-lieu Tanjung, qui maintenant inclut les trois îles Gili : Gili Trawangan, Gili Meno et Gili Air.
  • et une kota, Mataram, qui est également la capitale de la province.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Lombok se situant du côté « insulaire » de la ligne de Wallace, les grands mammifères continentaux laissent la place à des espèces plus discrètes de lézards, de petits marsupiaux, de perroquets et autres cacatoès qu’on retrouve jusqu’en Australie. La pêche et la plongée sous-marine sont des activités très répandues sur les îles Gili, à l’ouest de Lombok, le surf, lui, se pratique couramment sur la côte sud, et il existe de beaux villages de pêcheurs autour de Labuhan Lombok, sur la côte est. Requins marteau, requin de récifs à pointes blanches, pointes noires, raies manta, multitudes de poissons tropicaux, hippocampes, nudibranches ... sont les trésors de Lombok Ouest et bien entendu les tortues qui sont garanties aux environs de Gili Trawangan.

Moins verte et plus rude que Bali à l'origine car depuis deux ans la mousson est très active, sa voisine, Lombok se divise en deux, en fonction des précipitations. Riche en cocotiers sur le littoral et en conifères sur les pentes du mont Rinjani, le nord est nettement plus arrosé que le sud, qui manque parfois cruellement d’eau. Plus on se déplace vers l’est, plus la saison sèche s’allonge au point que le riz finit par disparaître : il est remplacé par le maïs et le sagou comme aliments de base. Les principales cultures se situent sur les pentes du Rinjani où café, et le fameux piment (lombok) extra fort, poussent sur ces terres. Le « kopi » Lombok est principalement du pur arabica et on retrouve un goût fort et unique, un petit peu terreux due au terre fertile ornant le Rinjani.

Économie[modifier | modifier le code]

La principale culture de rapport est celle du tabac. Les rizières en terrasse bénéficient d'un réseau d'irrigation très fin modernisé au XIXe siècle.

Culture et religion[modifier | modifier le code]

Figurine de wayang kulit de Lombok

80 % des habitants de Lombok appartiennent au groupe ethnique des Sasak. La langue sasak appartient au groupe dit « bali-sasak » de la branche malayo-polynésienne des langues austronésiennes. Le reste de la population est formée de Balinais, Javanais, Chinois et Arabes.

En Indonésie, les 2 millions de personnes qui se considèrent Sasak ont l'image de musulmans dévots. Toutefois, dans la région de Bayan, une minorité de Sasak pratiquent encore une forme hétérodoxe d'islam appelée Wetu Telu. Cette expression signifie « trois temps », sous-entendu de prière, c'est-à-dire l'observance de seulement trois des cinq prières quotidiennes de l'islam. Le wetu telu est un syncrétisme dans lequel se mêlent à l'islam des croyances et rites antérieurs à l'islam, panthéistes aussi bien qu'hindouistes. Enfin, on compte plusieurs milliers de Sasak adeptes de la religion traditionnelle Boda.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, le syncrétisme religieux domine à Lombok. À cette époque, une version plus stricte de l'islam se diffuse, d'abord au sein de la noblesse, puis vers d'autres classes sociales. L'islam devient rapidement pour les Sasak un marqueur d'identité, d'abord vis-à-vis des Balinais qui les dominent, puis par rapport aux Hollandais qui ont conquis Lombok. Néanmoins, au milieu des années 1960, le syncrétisme est toujours vivant. Le changement viendra à la suite des massacres de 1965-66 qui marquent la prise de pouvoir par le général Soeharto.

Enfants dans un village sasak
La cérémonie du Bau Nyale

En fait, de nombreux aspects de la culture sasak n'ont rien de musulman mais appartiennent à un fonds commun aux différents groupes ethniques indonésiens. Par exemple, les Sasak tiennent une cérémonie, le Lebaran Topat, pendant la semaine qui suit la fête de fin du mois de ramadan, l'Idul Fitri (Aïd el-Fitr), dont le nom traditionnel indonésien est Lebaran. Ce rituel consiste à se rendre sur les tombes des proches, verser de l'eau, jeter des fleurs et déposer des feuilles de bétel et de la chaux en poudre. Il est censé apporter santé et chance.

Les tambours du gendang beleq

L'autonomie régionale en Indonésie se traduit, à Lombok, par une volonté des autorités locales de promouvoir la culture sasak. Les autorités s'efforcent ainsi de promouvoir des traditions comme la musique de gendang beleq (« grand tambour »), les combats de canne ou la poésie traditionnelle.

Des siècles de domination balinaise à Lombok ont laissé leur marque, ne serait-ce que par la présence d'une forte minorité balinaise mais aussi des temples et autres lieux de culte balinais.

Tourisme et transport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Indonésie.

Comme de nombreuses régions d'Indonésie, Lombok se caractérise par la beauté de ses paysages, l'agrément de son climat, l'originalité de ses cultures.

Plage sur l'île de Gili Meno, avec Lombok en arrière-plan

Se trouvent sur la côte sud : Kuta, Mawun, Selong Blanak, Tambah.

Plongée sous-marine[modifier | modifier le code]

Pour les plongeurs, il y a également les îles Gili Air, Gili Meno et Gili Trawangan (gili veut dire « île »).

La plongée est l'activité première à Lombok qui vous permettra de découvrir près de 30 sites entre le Sud-Ouest de Lombok et les îles Gili.

Au total Lombok compte quatre centres de plongée certifiés dont :

Liaisons aériennes[modifier | modifier le code]

Ouvert le 1er octobre 2011[5], l'aéroport international de Mataram est desservi par les compagnies aériennes suivantes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde des Sciences, n°11, p64-7
  2. (en) « Source of the great A.D. 1257 mystery eruption unveiled, Samalas volcano, Rinjani Volcanic Complex, Indonesia », sur pnas.org,‎ 30 septembre 2013 (consulté le 2 octobre 2013)
  3. (en) « Supporting Information », sur pnas.org,‎ 30 septembre 2013 (consulté le 2 octobre 2013)
  4. Pierre Barthélémy, « Le mystère de la plus grande éruption volcanique du dernier millénaire est résolu », sur passeurdesciences.blog.lemonde.fr, Le Monde,‎ 1re octobre 2013 (consulté le 2 octobre 2013)
  5. Island in focus: New airport begins service Le Jakarta Post du 3octobre 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cederroth, Sven, From Ancestor Worship to Monotheism - Politics of Religion in Lombok, 1996
  • Lombard, Denys, Le carrefour javanais (3 vol.), Editions de l'EHESS, 1990
  • Ricklefs, M. C., A History of Modern Indonesia since c. 1300 (2de édition), 1993

Liens externes[modifier | modifier le code]