La Fille aux yeux d'or

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La Fille aux yeux d’or
Image illustrative de l'article La Fille aux yeux d'or
Louis Édouard Fournier

Auteur Honoré de Balzac
Genre Étude de mœurs
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Furne
Collection La Comédie humaine
Date de parution 1835
Série Scènes de la vie parisienne
Chronologie
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La Fille aux yeux d’or est un roman d’Honoré de Balzac paru en 1835, le troisième volet de l’Histoire des Treize qui regroupe Ferragus, La Duchesse de Langeais et La Fille aux yeux d’or. L’ensemble fait partie des Scènes de la vie parisienne, Études de mœurs de La Comédie humaine.

Genèse du roman[modifier | modifier le code]

Balzac a dédié cette œuvre à Eugène Delacroix et, d’après Albert Béguin, il aurait voulu rivaliser avec le peintre en « exprimant par le moyen du langage ce que les peintres disent au moyen des couleurs ».

Résumé[modifier | modifier le code]

Le comte Henri de Marsay, fils naturel de Lord Dudley, est un dandy féroce, investi d’un pouvoir inconnu, qui peut plier toute personne à sa volonté : c’est un des Treize qu’on trouve dans la Duchesse de Langeais, et Ferragus.

Le récit commence au moment où de Marsay rencontre Paquita, la « Fille aux yeux d’or », lors d’une promenade. Cette mystérieuse créature d’une exceptionnelle beauté attire l’attention du comte qui fait tout pour se l’approprier. Il lance une expédition avec l'aide de Ferragus XXIII et du marquis de Ronquerolles, espérant enlever la jeune femme. L'expédition est dangereuse car Paquita est jalousement gardée par la Marquise de San-Réal qui est follement amoureuse d’elle. Paquita est déchirée entre son amour pour la marquise et pour Marsay. On découvre à la fin les raisons de l'attraction mystérieuse entre de Marsay et Paquita.

Thème[modifier | modifier le code]

Balzac fait preuve d’audace en évoquant une passion entre deux femmes, ce que peu de romanciers de l’époque avaient osé, ainsi que le thème de l'amour incestueux.

Commentaire[modifier | modifier le code]

S'il est vrai que ce roman tire vers le fantastique, tout comme l’ensemble de l’Histoire des Treize, il demeure tout de même le miroir, même un peu déformé, d’une société où l’argent et le pouvoir donnent tous les droits, où les femmes s’achètent comme des esclaves, et sont gardées dans des cages dorées selon le bon vouloir de leurs « maîtres ». Mais Balzac va au-delà d'un discours sur la condition des femmes. Dans La Fille aux yeux d'or, l'adresse du romancier est de présenter une situation qui illustre combien les relations amoureuses n'ont que peu à voir avec le supposé différend qui aurait toujours opposé l'homme à la femme dans leurs exigences proprement masculines ou féminines. Tout compte fait, le sexe des partenaires intervient peu dans la tyrannie des rapports de force au sein d'un couple car ici, c'est bien une maîtresse qui tient sous sa coupe une autre femme.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Michel Delon, « Le Boudoir balzacien », l'Année balzacienne, 1998, no 19, p. 227-45.
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  • Juliette Frolich, « Une Phrase/un récit : le Jeu du feu dans La Fille aux yeux d’or de Balzac », Revue romane, 1979, no 14, p. 59-73.
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  • Victor-Laurent Tremblay, « Qui es-tu, Paquita ? », Modern Language Studies, Winter 1992, no 22 (1), p. 57-64.
  • André Vanoncini, « Les 'Trompettes de 1789' et 'L’Abattement de 1814' : Moments du tableau parisien dans La Fille aux yeux d’or », L’Année balzacienne, 1990, no 11, p. 221-232.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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