Justinien Clary

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Justinien Bretonneau-Clary

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Le comte de Clary en 1928

Nom de naissance Justinien Bretonneau-Clary
Naissance 20 avril 1860
Paris
Décès 14 juin 1933 (à 73 ans)
Paris
Nationalité française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession avocat à la cour d'appel de Paris
Activité principale Président du Comité olympique français et du Comité national des sports
Autres activités

Président de l'Académie des sports
Président de Fédération internationale de tir aux armes sportives de chasse

Membre du Comité international olympique
Ascendants
Conjoint
Marie Antoinette Hutteau d'Origny (née en 1864)
Famille

Compléments

Justinien Clary (Charles Xavier Bretonneau-Clary, 4e comte Clary), avocat à la cour d'appel, né le 20 avril 1860 à Paris où il meurt le 14 juin 1933, est un champion de tir français connu également pour avoir présidé le Comité olympique français de 1913 à 1933 et le comité d'organisation des Jeux Olympiques de Paris en 1924.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le comte Justinien Clary nait à Paris le 20 avril 1860 de Pierre-Fidèle Bretonneau et de Sophie Moreau. En 1862, suite au décès de son père, sa mère vit entre Paris et Saint-Cyr-sur-Loire en compagnie du vicomte Justinien Nicolas Clary qui adopte Justinien à sa majorité. Celui-ci effectue des études classiques puis juridiques à Paris. Reçu docteur en droit il néglige parfois le barreau pour la pratique du tir qu'il encourage à partir de 1878 en subventionnant lui-même la plupart des sociétés de tirs françaises. Il fonde et préside la société Le Pistolet devenue école de tir puis la société Le Fusil de chasse en 1897[1].

Le tir et la chasse[modifier | modifier le code]

Les médaillés en fosse olympique aux J0 de 1900 : Roger de Barbarin, René Guyot et Justinien Clary

Considéré alors comme le premier fusil de France [2], il participe aux épreuves de tir des Jeux olympiques de 1900 à Paris où il est médaillé de bronze. Il est ensuite élu à la présidence du Saint-Hubert Club de France (SHCF) dès la première assemblée générale en 1903, fonction qu'il occupe jusqu'à son décès. Sous son impulsion cette société, créé en 1902 pour moraliser la chasse et lutter contre le braconnage, est reconnue d’utilité publique par décret dès le 10 avril 1904. En 1906, la création de la Mutuelle du Saint-Hubert permet aux garde-chasse particuliers, exerçant depuis plus de vingt ans, de cotiser pour leur retraite. En 1907 la création d’une brigade d’agents dite brigade de chasse mise à la disposition du SHCF par le Ministère de l’Intérieur permet de consolider leur action. En 1910 le Sénat rend hommage au SHCF pour son action contre le braconnage et l'année suivante, l’Académie des sports lui décerne sa grande médaille d’or pour services rendus au « sport de la chasse »[3].

Sous son impulsion, l’Union internationale de chasse (UIC)[N 1] est créée à Lausanne (Suisse) le 4 juin 1921. Son siège social est alors fixé en France au 21 rue de Clichy à Paris où elle demeure jusqu'en 1973. Les membres fondateurs en sont : l'Afrique du Sud, l'Angleterre, la Belgique, le Danemark, les États-Unis d'Amérique, la France, la Norvège, les Pays-Bas, la Roumanie et la Suède. Justinien Clary en assure la présidence jusqu’à son décès en 1933[4].

Justinien Clary contribue à l’ouvrage collectif La chasse moderne. Encyclopédie du chasseur publié chez Larousse en 1912 dont il rédige la préface. Il rédige également celles de tous les ouvrages cinégétiques importants de l’époque :

  • Pierre Lenglé, La chasse pour tous, guide du petit chasseur, Paris, Nilsson, (1909) ;
  • Georges Benoist, Nos chiens d'arrêt, étude canine et cynégétique, par le dresseur G. Benoist, Paris, O. Charpentier et P. Segaud, 1911 ;
  • Maurice Allotte de la Fuÿe et Gabriel de Dumast, La chasse au grand-duc en France, Paris, L. Laveur, 1911 ;
  • R. Villatte des Prûgnes, Les chasses en plaine, Moulins, Crépin-Leblond, 1931.

L'Olympisme[modifier | modifier le code]

Le COF en 1913. Le comte Clary est le second debout en partant de la gauche

Il préside le Comité olympique français (COF) de 1913 à 1933, cumulant avec la présidence du Comité national des sports (CNS) jusqu'en 1925. Le premier organisme a déjà connu deux présidents depuis le départ de Pierre de Coubertin deux ans plus tôt  : Duvignau de Lanneau (1911-1912) et Albert Glandaz (1912-1913). Justinien Clary lui donne donc toute sa stabilité.

Au sortir de la Grande Guerre, sa présidence est marquée par la candidature des Jeux de Paris que le baron Pierre de Coubertin souhaite organiser en France avant de céder la présidence du Comité international olympique (CIO). Malgré le peu d'enthousiasme du-dit comité, Coubertin emporte la décision avec l'appui des deux membres français du CIO, Justinien Clary et le comte de Polignac, lors du congrès de Lausanne en juin 1921. Lors de ce congrès Clary présente aussi au CIO un projet de Jeux olympiques d'hiver[5]. Il est entendu et les premiers Jeux d'hiver sont organisés à Chamonix la même année que ceux de Paris.

Dès 1922 un comité d'organisation est constitué sous la présidence de Clary par le COF. L'État octroie vingt millions de francs pour financer l'opération et la mairie de Paris fournit les terrains et une subvention de dix millions de francs. Les obstacles se révèlent néanmoins nombreux. Mais le stade de Colombes est finalement retenu grâce au financement du Racing Club de France qui obtient en contrepartie 50 % des recettes. La ville de Colombes accueille le premier village olympique[6]. Le 5 juillet 1924, la cérémonie d'ouverture[7] est présidée par Gaston Doumergue, président de la République française, le baron Pierre de Coubertin, encore président du CIO et se termine par le discours du comte Clary, président du comité d'organisation.

Autres fonctions et reconnaissances[modifier | modifier le code]

Armoiries de Clary

Justinien Clary est également le premier président de l'Académie des sports qu'il fonde en 1905 et membre du CIO.

De 1913 à 1925, il cumule la présidence du CNS, attaché au COF pendant cette période.

Nommé chevalier de la Légion d'honneur le 1er juillet 1905, il est fait commandeur le 19 février 1921 et grand officier le 1er août 1929 au titre de président du COF. Son engagement dans le domaine de la chasse lui vaut également le grade de commandeur du Mérite agricole et sa présence sur la scène internationale de nombreuses distinctions étrangères dont :

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lors de l'assemblée générale de 1938 celle-ci prend le nom de Fédération internationale de tir aux armes sportives de chasse (FITASC)
  2. La famille Clary est liée à la famille royale de Suède, Jean-Baptiste Bernadotte ayant épousé Désirée Clary

Références[modifier | modifier le code]

  1. « CLARY Justinien-Bretonneau » (consulté en 16 août 2013)
  2. Georges Benoist, Grandes chasses, grands fusils, Paris, Montbel,‎ 2011 (ISBN 9782356530448)
  3. « Saint-Hubert Club de France » (consulté en 16 août 2013)
  4. « Historique de la Fitasc » (consulté en 16 août 2013)
  5. Raphaël Mugnier, 1992, tome 2, p. 321
  6. [PDF]La cité olympique de Colombes, rapport officiel des jeux de 1924, page 49
  7. [PDF]Le déroulement de la cérémonie d'ouverture, Rapport officiel des jeux de 1924, page 79

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luc Antonini, Une grande famille provençale : Les Clary : Désirée Clary et sa famille, Septèmes-les-Vallons,‎ 2004, 478 p. (ISBN 9782951922518)
  • Raphaël Mugnier, Les sports d’hiver à travers les Jeux olympiques de Chamonix Mont-Blanc en 1924, t. 2 : pratiques sportives, Paris, CTHS, coll. « Jeux et sports dans l'histoire »,‎ 1992 (ISBN 2735502465)