Comité national des sports
| Comité national des sports | |
![]() Le coq, emblème du CFI et du CNS |
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| Sigle | CNS |
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| Sport(s) représenté(s) | Omnisports |
| Création | 1908 |
| Disparition | 1972 |
| Président | voir liste |
| Siège | Paris |
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Le Comité national des sports — créé en 1908 pour représenter les fédérations sportives auprès du pouvoir politique — donne naissance en 1972 au Comité national olympique et sportif français.
Sommaire |
Histoire [modifier]
L'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) fondée fin 1887 en tant que fédération sportive de course à pieds par Georges de Saint-Clair et Jules Marcadet s’ouvre à partir de 1889 à d’autres sports (rugby, hockey sur gazon, football, escrime, natation …). Dès 1894 elle est à l'origine du premier Comité olympique français (COF) où elle ne tarde pas à entrer en conflits avec Pierre de Coubertin[1]. Le 23 mai 1908, elle crée le Comité national des sports (CNS) à l'initiative de Frantz Reichel[2] afin de représenter les fédérations sportives adhérentes auprès du pouvoir politique et de rétablir ainsi son autorité menacée également par la création du Comité français interfédéral (CFI) l'année précédente par Charles Simon. Le CNS siège au 45 rue de Clichy et les fédérations membres sont agréées par cooptation ou sur dossier et assurent à tour de rôle la présidence jusqu'en 1913. Les fédérations d'aviron, de boxe, d'escrime, de cyclisme et l'USFSA adhèrent dès l'origine. Celles de tir à la cible, de golf, d'équitation militaire, de tir de chasse, d'aérostation et l'Union des sociétés de gymnastique de France (USGF) les rejoignent en 1912 et le Club alpin en 1913[3].
Le rattachement du Comité olympique français [modifier]
A la veille de la Grande guerre, en 1913, le COF se constitue de façon pérenne au sein même du CNS : les deux comités disposent d’un siège social commun et d'un président unique : Justinien Clary. En 1919, la dissolution de l'USFSA se traduit par l'adhésion de 10 nouvelles fédérations. Alors que l'USFSA éclate ainsi pour mettre un terme définitif à son existence en 1922 les rapports respectifs du CNS, reconnu cette même année 1922 d’utilité publique, et du COF connaissent ensuite de multiples interactions jusqu'en 1972. Leurs champs d'action réciproques restent souvent difficiles à identifier. Par exemple lors des Jeux olympiques d'été de 1924 c'est Frantz Reichel secrétaire général du CNS qui assure aussi le secrétariat général du comité d'organisation ainsi que celui des jeux d'hiver de Chamonix.
L'indépendance complémentaire [modifier]
En 1925, après ces Jeux, le CNS et le COF se dotent d’un bureau et d’une présidence distincts mais le COF reste placé sous l’égide du CNS présidé par Gaston Vidal. Cependant au cours des années qui suivent, les deux comités affinent et différencient leurs missions respectives : au COF la logistique et les transports de la délégation française à l’occasion des Jeux olympiques et au CNS les problèmes communs relatifs à l’ensemble des fédérations françaises et de ses autres membres. À partir de 1931 Jules Rimet succède à Gaston Vidal à la présidence[4] du comité qui devient Comité d'éducation physique et des sports sous le Front populaire[5]. Il siège alors au 55 boulevard Haussman.
La politique de Vichy [modifier]
Par la loi du 20 décembre 1940 - dite Charte des sports ; voir Textes officiels concernant l'éducation physique et sportive en France - sur l'organisation sportive (J.O du 8 avril 1941) et le règlement d'administration publique du 19 novembre 1941 pris en application de celle-ci, le régime de Vichy - dans le cadre de sa Révolution nationale - fait du CNS un quasi-organisme d'État chargé d'orienter, de diriger, de contrôler le sport français[6]. En matière politique sportive, remise en forme physique et contrôle de la jeunesse celui-ci devient le pilier du nouvel ordre moral. Il revient à Jules Rimet de gérer ce passage délicat. Le logo des trois anneaux tricolores entrelacés, emprunté alors au sport militaire et largement repris depuis, date de cette période[7].
La séparation [modifier]
Dès 1952 les statuts des Comités olympique nationaux édictés par le Comité international olympique (CIO) exige la prééminence des fédérations olympiques au sein de ces derniers. Ce qui entraîne l’indépendance totale du COF vis-à-vis du CNS qui choisit de continuer à représenter toutes les fédérations sur un pied d'égalité. La séparation totale est donc actée et les deux organismes co-existent pendant 20 ans. L'importance du CNS, quelque peu fragilisé par son implication dans la politique de Vichy, se trouve progressivement minorée par rapport à celle du COF à partir de la V° République et de sa nouvelle politique sportive qui favorise la recherche de l'excellence internationale.
Le CNOSF [modifier]
En février 1972, à l'intiative de Marceau Crespin, Claude Collard et Robert Pringarbe le CNS fusionne avec le COF pour donner naissance au Comité national olympique et sportif français (CNOSF).
Les présidents du C.N.S. [modifier]
Pendant les cinq premières années la présidence change chaque année. Mais on assiste en fait à un chassé-croisé entre Duvigneau de Lanneau et Albert Glandaz. Ce n'est qu'à partir de 1913 que la fonction connaît la stabilité avec Justinien Clary qui cumule la présidence du Comité olympique français (COF) qui échappe alors à Pierre de Coubertin. Gaston Vidal, dernier président de l'USFSA et récent secrétaire d'Etat (1921-1924), lui succède en 1925 alors que Clary conserve celle du COF jusqu'en 1933. Entre temps Jules Rimet, président de la Fédération française de football, accède à la présidence en 1931 et il lui revient de traverser la période trouble et complexe de l'Etat français.
- 1908-1909 : Duvigneau de Lanneau
- 1909-1910 : marquis de Chasseloup-Laubat
- 1910-1911 : Albert Glandaz
- 1911-1912 : Duvignaud de Lanneau
- 1912-1913 : Albert Glandaz
- 1913-1925 : comte Justinien Clary
- 1925-1931 : Gaston Vidal
- 1931-1947 : Jules Rimet
- 1947-1967 : Alfred Uluère
- 1967-1971 : Pierre Graux
- 1971-1972 : François Chiarisoli
Philosophie et principes du CNS [modifier]
Le CNS émanation de l’USFSA extrêmement sensible aux règles de l'amateurisme - contrairement à d'autres fédérations françaises existant alors - reprend ses 2 grands principes :
- rejet de et vigilance envers toute tentative de professionnalisation du sport et de tout professionnalisme sportif. Cependant cette position évolue à partir de 1931 avec la présidence de Rimet qui n'empêche pas dès l'année suivante les débuts du professionnalisme dans le football français,
- recommandations pour et surveillance de l’amateurisme sans faille des sportifs, des fédérations sportives membres ou désirant le devenir avec rejet de tout lien avec une profession en rapport avec le sport. Cependant, là aussi, il ne peut empêcher totalement les enveloppes de dirigeants ou organisateurs à sportifs de circuler sous la table.
Notes et références [modifier]
- Jean Durry 1997, p. 65
- Jean Latte 1948, p. 49
- Jean Latte 1948, p. 50
- Jean Latte 1948, p. 51
- Jean Latte 1948, p. 51
- http://www.insep.jeunesse-sports.fr/Sid/Bibvirtuelle/chartedessports.html loi du 20 décembre 1940 et décret du 19 novembre 1941
- Georges Brunel : Porter ses couleurs in Hebdomadaire du CNS, no 69 du 31 octobre 1942
Bibliographie [modifier]
- Jean Durry (préf. Juan Antonio Samaranch), Le vrai Pierre de Coubertin, Paris, UP Productions, 1997, 96 p..

- Jean Latte, La gymnastique, Paris, Vigot, 1948.
