Joram (Juda)

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Joram
Détail d'un vitrail de 1572(église Saint-Martin de Groslay)
Détail d'un vitrail de 1572
(église Saint-Martin de Groslay)
Titre
Roi de Juda
-848-841[1]
Prédécesseur Josaphat, son père
Successeur Ochozias, son fils
Biographie
Dynastie Maison de David
Nature du décès « Maladie d'entrailles »
Père Josaphat
Fratrie Azaria
Yehiel
Zacharie
Azaryahu
Mikaël
Shephatyahu
Conjoint Athalie
Enfant(s) Ochozias
Josheba
Entourage Prophète Élie
Religion Culte de Baal
Résidence Palais royal de Jérusalem
Roi d'Israël contemporain : Joram

Selon la Bible, Joram (en hébreu יְהוֹרָם (Yehôrām)[2], en grec ᾿Ιωρὰμ (Iôram)[3], en latin Ioram[4]), fils de Josaphat, a été roi de Juda durant 8 ans, au milieu du IXe siècle av. J.-C.. La Bible le présente comme un roi impie.

Il ne doit pas être confondu avec son proche parent Joram, roi d'Israël, les deux ayant régné en même temps.

Biographie[modifier | modifier le code]

La seule source explicite dont on dispose sur Joram est la Bible[5], mais son nom semble avoir été mentionné sur une partie perdue[6] de la stèle de Tel Dan, comme père d'Ochozias.

Sous le règne de son père Josaphat, son mariage avec Athalie, fille[Note 1] d'Achab et de Jézabel (souverains d’Israël), concrétisa l'alliance avec le royaume d'Israël. Il devint roi à l'âge de 32 ans, et, selon certains auteurs (E. R. Thiele[7], par exemple), il régna avec son père durant cinq ans, avant de lui succéder.

Joram assassina ses six frères cadets « et quelques-uns aussi des chefs d'Israël »[8]. La Bible le décrit comme un roi impie, suivant dans le culte idolâtre de Baal sa femme et la famille de cette dernière. Il entraîna son peuple dans l'idolâtrie, réinstalla en Juda les hauts lieux que son père avait détruits, et « poussa les habitants de Jérusalem à la prostitution »[9],[Note 2].

Sous son règne, la Bible mentionne une révolte victorieuse d'Édom et d'une ville appelée Livna, qui s'affranchirent ainsi de la domination judéenne. Alors qu'il marchait contre Edom, Joram fut en effet abandonné par ses soldats[10]. Le Chroniste[Note 3] voit dans ce revers une conséquence de l'impiété de Joram.

Selon le Chroniste, le prophète Élie[Note 4] lui annonça qu'en punition de ses crimes, de son impiété et de sa politique religieuse, un grand désastre s'abattrait sur son peuple et ses proches, et que lui-même périrait d'un mal horrible[11].

Le Chroniste attribue à la colère du Seigneur une invasion de Philistins et d'« Arabes qui sont dans le voisinage des Éthiopiens » du royaume de Juda. Ces envahisseurs tuèrent les fils de Joram, sauf Ochozias, le plus jeune[12], qui lui succédera. Il s'agit là du désastre annoncé par Élie.

Finalement, Joram souffrit d'une « maladie d'entrailles »[13] dont il « mourut dans de violentes souffrances »[13].

Outre Ochozias, une fille de Joram, Josheba, survécut aussi à son père. Épouse du prêtre Joïada, elle sauvera la dynastie judéenne en protégeant son neveu Joas, petit-fils de Joram, de l'extermination ordonnée par Athalie après la mort d'Ochozias[14].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses dates concernant les personnages bibliques de cette époque, celles-ci sont approximatives, et peuvent faire l'objet de débats entre exégètes.

Joram aurait régné de -849 à -842 (Albright[15]), de -853 à -841 (Thiele[7]), ou de -851 à -843 (Galil[16]).

Joram règne avec son père de -853 à -848 selon Thiele, de -851 à -846 selon Galil.

Thiele a émis et argumenté une hypothèse selon laquelle, pour le règne de Joram, le royaume de Juda adopta la méthode de calcul de durée de règne dite « de l'année de non-accession ». Selon ce mode de calcul, la première année partielle de règne est comptée comme la première année de règne[Note 5]. Selon lui, la cause de l'adoption en Juda de cette méthode de calcul, déjà utilisée en Israël depuis le schisme, réside certainement dans l'alliance conclue entre Juda et Israël lors du mariage de Joram et d'Athalie. Cette règle de calcul sera utilisée en Juda jusqu'au règne de Joas.

Thiele base sa théorie sur une comparaison attentive des données chronologiques fournies par la Bible, mais les textes bibliques ne mentionnant explicitement ni l'utilisation de telle ou telle méthode, ni un quelconque changement de méthode de calcul, cette théorie a fait l'objet de nombreuses critiques considérant comme arbitraire le fait d'envisager l'utilisation de telle ou telle méthode pour un roi donné. Néanmoins, il semble que l'arbitraire, en la matière, soit le fait des souverains antiques eux-mêmes. Ainsi, l'étude des rapports officiels de Teglath-Phalasar III montre qu'il passa arbitrairement d'une méthode à l'autre[17], sans que ce souverain ne laisse à la postérité de rapport expliquant quelle méthode il utilisait, ou affirmant qu'il changeait de méthode.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On ne sait pas trop si Athalie était la fille ou la sœur d'Achab. Concernant les liens familiaux entre Athalie et Achab, cf. Athalie.
  2. Le terme de prostitution peut ici se référer soit à la pratique de la prostitution sacrée, soit à l'idolâtrie elle-même : les auteurs bibliques reprenant souvent l'image sponsale pour évoquer la fidélité à l'alliance entre Dieu et son peuple, le fait de se tourner vers d'autres dieux est alors décrit comme une prostitution (voir par exemple Osée 1–3 ).
  3. On appelle « Chroniste » l'auteur des deux Livres des Chroniques.
  4. Il s'agit de la seule mention d'Élie dans les livres des Chroniques, car celui-ci a exercé son ministère prophétique en Israël, alors que le Chroniste se focalise sur le royaume de Juda. Paradoxalement, cette prophétie est absente du Deuxième livre des Rois.
  5. Selon l'autre méthode, dite de l'année d'accession, la première année partielle de règne est comptée comme année zéro (ou année d'accession), la première année de règne étant l'année suivante. Cette méthode était utilisée en Juda jusqu'au règne de Josaphat, et le sera de nouveau à partir du règne d'Amasias.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Thiele. Comme de nombreuses dates concernant les personnages bibliques de cette époque, celles-ci sont approximatives, et peuvent faire l'objet de débats entre exégètes. Cf. Rois de Juda
  2. Bible en hébreu
  3. Site internet Myriobyblos (Bible en grec)
  4. Site internet Biblos.com
  5. Dans la Bible, le règne de Joram est raconté en 2 Rois 8,16–24 et en 2 Chroniques 21. Joram, roi de Juda, y est aussi mentionné en 1 Rois 22,51 (cf. Josaphat, réf. n°4), en 2 Rois 1,17, en 2 Rois 8,25.29, en 2 Rois 11,2 et en 2 Rois 12,18 ; ainsi qu'en 1 Chroniques 3,11 et en 2 Chroniques 22,1.6.11 ; et enfin en Matthieu 1,8.
  6. Voir par exemple Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée : Les nouvelles révélations de l'archéologie, Paris, Bayard,‎ 2002, 432 p. (ISBN 2-227-139-51-X), p. 235. Il est généralement admis que le nom d'Ochozias est écrit sur cette stèle, or ce nom est suivi de « fils de [...] de la maison de David ». Il est donc très probable que le passage perdu mentionne Joram.
  7. a et b (en) Edwin R. Thiele, The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings, Kregel Academic,‎ 1994, 256 p. (ISBN 0-8254-3825-X, lire en ligne), p. 83-87 ; 215 ; 217-218
  8. 2 Chroniques 21,2–4 - Dans ce passage, le Chroniste semble confondre Juda et Israël, à moins qu'il ne considère Juda comme le « seul vrai » Israël.
  9. 2 Chroniques 21,11
  10. 2 Rois 8,20–22 et 2 Chroniques 21,8–10 - Le Chroniste semble avoir recopié le texte (intentionnellement ?) mutilé du Deuxième livre des Rois. Cf. La Bible de Jérusalem, Éd. du Cerf,‎ 2009 (ISBN 978-2-204-06063-9), p. 512, note b concernant 2 Rois 8,21
  11. 2 Chroniques 21,12–15
  12. 2 Chroniques 21,16–17 - Au verset 17, la traduction Segond mentionne Joachaz comme seul fils de Joram ayant survécu, mais celui-ci s'appelle Achazia (c'est-à-dire Ochozias) dès le début du chapitre suivant. La Bible de Jérusalem, quant à elle, mentionne Ochozias dès 2 Chroniques 21,17.
  13. a et b 2 Chroniques 21,18–19
  14. 2 Rois 11,2
  15. (en) William F. Albright, « The Chronology of the Divided Monarchy of Israel », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 100,‎ 1945
  16. (en) Gershon Galil, The Chronology of the Kings of Israel & Judah, Brill,‎ 1996, 180 p. (ISBN 90-04-10611-1, lire en ligne)
  17. (en) Hayim Tadmor, The Inscriptions of Tiglath-Pileser III, king of Assyria, The Israel Academy of Sciences and Humanities,‎ 1994

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]