Jean Tulasne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Tulasne.

Jean Tulasne

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Insigne de l'escadron

Alias
Tutu
Naissance 27 novembre 1912
Nancy
Décès 17 juillet 1943 (à 30 ans)
Orel Drapeau de l'URSS Union soviétique
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence France, Syrie, Algérie, Égypte, Russie
Diplôme
Brevet de pilote (n°24430), École de l'Air de Versailles
Profession
Militaire
Activité principale
Pilote de chasse
Autres activités
Commandant de groupe de chasse
Formation
École Militaire de Saint-Cyr
Distinctions
Officier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération

Compléments

Mort au combat, pour la France. Premier commandant de Normandie-Niemen.

Jean Tulasne, né le 27 novembre 1912 à Nancy et mort le 17 juillet 1943 dans le ciel d'Orel (Russie), était un pilote de chasse français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études secondaires[modifier | modifier le code]

Jean Tulasne fait ses études au Prytanée militaire de la Flèche.

Début militaires[modifier | modifier le code]

Il entre à Saint-Cyr en 1931, il en sort deux ans plus tard avec le grade de sous-lieutenant (promotion Tafilalet 1933). Ayant choisi l'aviation, il passe deux ans à l'École de l'Air de Versailles Villacoublay. Il obtient le brevet de pilote (no 24430) le 7 juillet 1934. Il est promu lieutenant le 1er octobre 1935 et se voit affecter à un groupe de bombardement à Avord puis est muté à Dijon le 6 avril 1936 dans la chasse (3ème Escadre de Dijon).

Vers la France Libre[modifier | modifier le code]

Jean Tulasne ne supporte pas l'armistice de 1940. Il est stationné à Rayak (confins libano-syriens) où il ronge son frein et n'a qu'une idée, rejoindre la France libre. Il est rendu responsable de la désertion de trois de ses camarades (le lieutenant Péronne et les sous-officiers Coudray et Ballatore), partis fin juin rejoindre les Forces françaises libres, Jean Tulasne est d'abord interdit de vol puis autorisé à voler de nouveau mais sous surveillance uniquement, avec un équipier (Adjudant-chef Amarger).

Le 5 décembre 1940, il pilote un Morane 406 et décide de fausser compagnie à son équipier en simulant une panne de moteur dans les nuages et se mettant en vrille. Il atterrit à Lydda, près de Haïfa. Il s'engage dans la RAF. Il rejoindra la France libre et commandera le Groupe de chasse "Alsace" en Afrique.

Yves Courrière résume en quelques mots :« il est chasseur-virtuose et commandant à 29 ans »[1].

Vers l'URSS[modifier | modifier le code]

Il se voit confier l'unité "escadron de chasse 2/30Normandie" qui part représenter l'Armée française sur le front russe en novembre 1942. Il s'agit pour la France d'une présence, au départ, symbolique.

Il est tué en combat aérien lors de la grande offensive soviétique sur Orel en juillet 1943. Son camarade de Saint-Cyr, ami et adjoint, Pierre Pouyade, prend sa succession à la tête de Normandie.

Mort au combat[modifier | modifier le code]

Trois jours plus tôt, l'escadron avait fêté sobrement la fête nationale marquée par un bref ordre du jour du commandant, dans une clairière d'un bois de bouleaux, avec comme musique de fond le fracas de la bataille. Nous citons :

« Le 17 juillet 1943, une première sortie s'effectue à 5 h 10. Tulasne mène dix "Yak" en protection de "Pe-2" qui vont bombarder la gare de Biela-Berega. Tulasne attaque un "Me 110" sans résultat. Le commandant sort une nouvelle fois à 17 h 10 à la tête de neuf "Yak" pour escorter des "Stormovik" dans le secteur de Znamenskaïa. Les "Fw 190" sont là aussi, nombreux. Un combat général s'engage. Le lieutenant Béguin est blessé à la jambe, l'aspirant Vermeil est abattu et Tulasne disparaît à jamais de la vue de Pouyade. Au cours de la campagne sur le front, le commandant Tulasne a effectué 89 heures 35 de vol dont 65 heures 55 de guerre en 53 missions. »

— Yves Donjon, site du Musée Normandie-Nièmen, Yves Donjon, 2002

Le commandant Tulasne a disparu avec son équiper Vermeil au milieu de trente FW 190 allemands. Ce soir du 17 juillet, ce sont six morts à déplorer en quatre jours.

Nous citons : « le commandant Tulasne a effectué 89 heures 35 de vol dont 65 heures 55 de guerre en 53 missions. »[2]

Sépulture[modifier | modifier le code]

On retrouvera un corps de pilote français 20 ans après la fin de la guerre. Il sera inhumé à Moscou, cimetière Vedenskoje ou "de la Présentation", sous une dalle avec la mention "Pilote français inconnu". Le Musée de Normandie-Niémen affirme que ce corps est celui de Jean Tulasne dont la famille a accepté que sa tombe reste anonyme.

Cimetière Vedenskoye "Soldat français inconnu" : sépulture supposée du Commandant Jean Tulasne

Décorations[modifier | modifier le code]

Jean Tulasne est Officier de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, titulaire de la Croix de Guerre avec palmes, Médaille Coloniale F.F.L. avec agrafe "Libye", Médaille du Levant, sept citations, Ordre de la Guerre pour le Salut de la Patrie (Drapeau de l'URSS Union soviétique). Il a reçu, à titre posthume la Grande médaille d'or de l'Aéro-club de France.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Courrière (dir.) (ill. Revue Icare), Normandie Niemen : Un temps pour la guerre, Paris, Presses de la Cité (no Les Troupes de coc),‎ 1979, 414 p. (ISBN 2-258-00590-6)
  • Jérôme Estrada de Tourniel, "Les Combattants de l'aube. les Compagnons de la Libération d'origine lorraine", Editions Serpenoise, 2014. Un chapitre de cet ouvrage lui est consacré.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. po. cit. Yves Courrière 1979, p. 50
  2. op. cit. Yves Donjon, 2002

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]