Jean Carondelet (chancelier)

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Jean Carondelet (1429-1501) fut chancelier de Flandre et de Bourgogne de l'empereur Maximilien de Habsbourg.

Jean de Carondelet 01.jpg

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières missions en Franche-Comté et aux Pays-bas[modifier | modifier le code]

Fils de Jean Carondelet et de Jeanne de Basan, d’une famille originaire de Bresse établit en Franche-Comté, il naquit à Dole en 1428 ou 1429. Sortit de l'université de Dole, où il fit de brillantes études de droit, Philippe le Bon le nomma juge de Besançon, c’est-à-dire magistrat devant décider par appel des causes portées en première instance devant la mairie ou vicomte, il représentait dans cette cité impériale le comte palatin de Bourgogne.

En 1457, il fit partie d’une commission chargée de rédiger les coutumes du comté. Quelque temps après, Philippe le Bon l'appela aux Pays-Bas et l’admit au nombre de ses maîtres des requêtes et lui confia plusieurs missions à Liège, où le Prince-évêque Louis de Bourbon était en dissension avec la population de la cité et son chapitre. Il accompagna comme conseiller le comte de Charolais avec Guillaume Hugonet, et pris part aux négociations de la paix de Conflans (5 octobre 1465).

Au service de Charles le Téméraire et de ses successeurs[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire, devenu duc de Bourgogne, confirma Carondelet dans ses fonctions de conseiller et maître des requêtes. Après l’entré du duc à Liège, au mois de novembre 1467, il l'envoya, avec Olivier de la Marche et le secrétaire Bonesseau, négocier avec les ducs de Bretagne et de Normandie. En avril 1468, il vient à Cambrai pour une rencontre des ambassadeurs de ces princes et du roi de France. L'année suivante, il traita avec le duc Sigismond d'Autriche à propos de l’acquisition du comté de Ferrette ; l’affaire ayant réussi, il prit, avec le marquis de Hochberg, Guillaume de la Baulme, Pierre de Hagenbach et Jean Poinsot, possession du comté au nom de Charles le Téméraire et reçut le serment de fidélité des vassaux du comté les 28, 29 et 30 juin 1469. Il rédigea ensuite des mémoires sur la situation du pays de Ferrette pour le duc qui était alors en Hollande. Au mois de décembre, il fut envoyé, de la part du duc, auprès du roi Édouard IV. Revenu d'Angleterre le 16 janvier 1470, il fut envoyé le 15 mars auprès de Louis XI avec Jean de Créquy et le secrétaire Meurin pour se plaindre des entreprises des officiers français, qui prétendaient obliger les seigneurs du comté de Bourgogne possédant des fiefs en France à comparaître aux montres du ban et de l'arrière-ban sous peine de perdre leurs fiefs ; ils lui demandèrent aussi les raisons de la guerre qu'on disait qu'il avait l'intention de faire au duc de Bretagne. Au mois d'octobre il partit en Allemagne et en 1471 il conclut aux côtés de l'évêque de Tournai et d’Arthus de Bourbon une alliance offensive avec Juan de Lucena, ambassadeur d’Isabelle de Castille et de Ferdinand II d'Aragon.

Son épouse Marguerite de Chassey

Pour faciliter la justice des Pays-Bas, qui relevait alors du Parlement de Bourgogne, Charles le Téméraire créa à Maline en décembre 1473 un parlement des Pays-Bas dont Carondelet devint premier président. Mais ce parlement fut supprimé en 1477 après la mort du duc devant Nancy par la princesse Marie, sa fille, sous la pression des états généraux de Gand. Il porta toujours, même après la suppression de ce parlement, le titre de président de Bourgogne comme le montre plusieurs lettres-patentes des années 1473 et 1479. Il devint en 1480, après la mort de Guillaume Hugonet en 1477, chancelier de Bourgogne de Maximilien de Habsbourg. La même année, il racheta à Antoine de Mortagne le Château de Solre-sur-Sambre. On raconte que l'archiduc avait l'habitude de l'appeler le « bon chancelier ». Il s'opposa à l’influence de l’Église par ordonnances : celles du 1er septembre 1484 et du 12 septembre 1485 qui interdisaient la diffusion aux Pays -Bas des textes pontificaux et celle du 24 août 1486 qui empêchait la comparution des civils devant des tribunaux ecclésiastiques.

Il fut capturé par les Brugeois et mit en prison le 14 février 1488 à la suite de Maximilien. Il fut transféré à Gand et ne fut libéré qu’à la fin de l’année suivante après le traité de Plessis-lez-Tours. Il reprit ensuite sa charge. En 1491, après le mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne, déjà mariée par procuration à Maximilien dont la fille devait épouser le roi de France, lors d’une entrevue avec des ambassadeurs français il leur répondit que « Le roi de France n'a pas plus respecté son propre honneur que celui du roi des Romains et de l'archiduchesse Marguerite dans l'outrage qu'il voudrait en vain justifier. La maison d'Autriche n'oubliera jamais cette injure, et elle saisira le temps et l'occasion d'en prendre une vengeance aussi éclatante que légitime ».

Fin de vie et descendance[modifier | modifier le code]

Carondelet fut remplacé dans sa charge de chancelier de Bourgogne à la fin de 1496. Il mourut à Malines le 2 mars 1501. Il avait épousé, en 1466 Marguerite de Chassey, dont il eut six fils dont Claude, chef du conseil privé de Charles Quint, Jean, archevêque de Palerme, et Ferry, ambassadeur et archidiacre de Besançon, et cinq filles. Il fut inhumé dans l’église collégiale Notre-Dame de Dole.


Tombeau du chancelier Carondelet dans le chœur de la collégiale de Dole

Source[modifier | modifier le code]

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Gachard,  « CARONDELET (Jean) », Académie royale de Belgique, Biographie nationale, vol. II, Bruxelles,‎ 1868 [détail des éditions], p. 341