Jean-Marie Guyau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guyau.

Jean-Marie Guyau, né à Laval le 28 octobre 1854 et mort à Menton le 31 mars 1888, est un philosophe et poète français.

Sommaire

[modifier] Biographie

Jean-Marie Guyau est le fils d’Augustine Tuillerie, auteur du Tour de France par deux enfants, publié en 1877 sous le pseudonyme de G. Bruno, et remariée au philosophe Alfred Fouillée.

Passionné par la poésie et la philosophie, il lit tous les grands textes, avec une préférence marquée pour Hugo, Corneille, Musset, Épictète, Platon, et Kant. Licencié ès-lettres à dix-sept ans, il traduit le Manuel d’Épictète. Il est conquis par le stoïcisme, qui inspire sa résistance souriante à la phtisie (tuberculose) qui devait l’emporter à l'âge de trente-trois ans. Il est vite séduit par les écrits de Spencer, notamment Data of Ethics (1879), dont il résume les lignes de force dans La Morale anglaise contemporaine. Enseignant au lycée Condorcet, il publie des ouvrages pédagogiques, puis, installé dans le Midi pour affronter les premières atteintes de sa maladie, de nombreux ouvrages philosophiques et des poésies.

Son œuvre majeure, Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction, profondément novatrice, semble avoir beaucoup impressionné (et sans doute influencé) Nietzsche qui l'a annotée en marge par des exclamations positives. Nietzsche commente et cite abondamment cette œuvre, ainsi que L'Irreligion de l'avenir, dans son Ecce homo. De la même manière, Henri Bergson reprit, en partie, les intuitions qu'avait développées Guyau sur l'idée de vie[réf. nécessaire]. Pierre Kropotkine s'y réfère également dans La Morale anarchiste.

Sa femme a publié, sous le pseudonyme de Pierre Ulric, de brefs romans pour la jeunesse. Jean-Marie Guyau est le père du philosophe Augustin Guyau.

[modifier] Œuvres

  • La Littérature chrétienne du IIe au IVe siècle, extraits des Pères de l'Église latine, suivis d'extraits des poëtes chrétiens,, Paris : C. Delagrave, 1876, in-16, 294 p.
  • La Morale d'Épicure et ses rapports avec les doctrines contemporaines, Paris : G. Baillière, 1878, in-8°, 291 p.
  • La Morale anglaise contemporaine, morale de l'utilité et de l'évolution,... Paris : G. Baillière, 1879, in-8 , XII-420 p.
  • Vers d'un philosophe, Paris : G. Baillière, 1881, in-16, VII-208 p.
  • Les Problèmes de l'esthétique contemporaine, Paris : F. Alcan, 1884, in-8°, VIII-260 p.
  • Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction, Paris : F. Alcan, 1885, in-8 ̊, 254 p. Texte en ligne
  • L'Irréligion de l'avenir, étude sociologique, Paris : F. Alcan, 1886, in-8°
  • L'Art au point de vue sociologique, Paris : F. Alcan, 1889, in-8°, XLVII-387 p.
  • Éducation et hérédité : étude sociologique. Paris : F. Alcan, 1889, XV-304 p., in-8
  • La genèse de l'idée de temps, avec une introd. par Alfred Fouillée, Paris : F. Alcan, 1890. XXXV-142 p. ; in-18
  • Pages choisies des grands écrivains : J. M. Guyau, éd. par Alfred Fouillée, Paris : A. Colin, 1895, XVI-341 p.
Livres scolaires
  • La Première année de lecture courante : morale, connaissances usuelles, devoirs envers la patrie, Paris : A. Colin, 1875, in-16, 336 p. Partie du maître, Paris : A. Colin, 1880, in-18, 466 p.
  • L'Année enfantine de lecture,... Ouvrage composé conformément au nouveau programme de 1882 (cours élémentaire). Paris : A. Colin, 1883, in-18, 120 p.
  • L'Année préparatoire de lecture courante : morale, connaissances usuelles, Paris : A. Colin, 1884, in-18, 216 p.
  • Méthode Guyau. Lecture par l'écriture, Paris : A. Colin, 1893, 2 livrets in-8̊
Traductions
  • Cicéron, Des Suprêmes biens et des suprêmes maux. Traduction Desmarais, revue avec introduction et notes, suivie d'éclaircissements relatifs à l'histoire de l'épicurisme, Paris : C. Delagrave, 1875, in-18, XXXII-400 p.
  • Manuel d'Épictète, traduction nouvelle, suivie d'extraits des ″Entretiens″ d'Épictète et des ″Pensées″ de Marc-Aurèle, avec une étude sur la philosophie d'Épictète, Paris : C. Delagrave, 1875, in-18, LXVI-211 p.
  • Cicéron, De Finibus bonorum et malorum (livres I et II), avec introduction et notes par M. Guyau, Paris : C. Delagrave, 1876, in-18, XXXVI-150 p.

[modifier] Bibliographie

  • Ilse Walther-Dulk, Materialen zur philosophie und ästhetk Jean-Marie Guyaus, Verlag die brigantine Hamburg, 1965.
  • Dirk Hoeges, Literatur und Evolution. Studien zur französischen Literaturkritik im 19. Jahrhundert. Taine - Brunetière - Hennequin - Guyau, Carl Winter Universitätsverlag, Heidelberg 1980 (ISBN 3-533-02857-7)
  • Marco Orru, « The Ethics of Anomie: Jean Marie Guyau and Emile Durkheim » in British Journal of Sociology, Vol. 34, No. 4 (Dec., 1983), pp. 499-518
  • Annamaria Contini, Jean-Marie Guyau, Esthétique et philosophie de la vie, L'Harmattan, 1995.
  • Revue Sociétés n°58, 1997.
  • Jordi Riba, La Morale anomique de Jean-Marie Guyau, L'Harmattan, 1999.
  • Revue Corpus n°46, Jean-Marie Guyau philosophe de la vie, 2004.
  • Aurélien Fouillet, Introduction à la philosophie morale de Jean-Marie Guyau, étude sur l'« Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction », Master 1 soutenu en 2006 à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sous la direction d'Hélène Politis.
  • Philippe Saltel, La puissance de la vie, essai sur l'Esquisse du morale sans obligation ni sanction de Jean-Marie Guyau, éditions Encres marine, 2008.

[modifier] Liens externes


Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Guyau ».
Créer un livre