Gilbert Simondon

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Gilbert Simondon (né le 2 octobre 1924 à Saint-Étienne et mort le 7 février 1989 à Palaiseau) est un philosophe français du XXe siècle. Son œuvre, produite pour l'essentiel entre 1954 et 1968, est d'une grande actualité puisqu'elle devance d'un demi-siècle les insistances du début du XXIe siècle sur l'appartenance de l'homme au vivant, sur la centralité philosophique du problème de la technique ou encore sur les nouvelles formes d'aliénation.


Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Pensée

La pensée de Simondon, complexe et riche, a exercé une forte influence sur la pensée naissante de Gilles Deleuze, qui l'évoque dans Logique du sens. Mais l'œuvre de Simondon n'est véritablement découverte par les philosophes que depuis les années 2000, et elle continue d'ailleurs de paraître de façon posthume. Les deux concepts qui dominent ses thèses principale et complémentaire pour le Doctorat d'Etat - c'est-à-dire ses deux ouvrages les plus connus - sont les concepts d'individuation et de transduction.

Simondon, grand critique de l'hylémorphisme de la tradition philosophique occidentale, opère dans sa thèse principale la synthèse créatrice, et donc pour certains le dépassement, des pensées de Gaston Bachelard et Henri Bergson : à l'épistémologie anti-substantialiste du premier, qu'il reprend et approfondit sous le nom de « réalisme des relations », il adjoint une ontologie génétique des « régimes d'individuation » physique, vital et « transindividuel ».

Dans sa thèse complémentaire, il réconcilie culture et technique en s'opposant au « facile humanisme » technophobe au profit de ce que l'on peut nommer un « humanisme difficile » (selon J.-H. Barthélémy). Il est par ailleurs l'héritier - involontaire - de Jacques Lafitte, qui, dès 1932, a préconisé le développement d'une science des machines, la « mécanologie ».

D'un point de vue plus général, sa pensée est un dialogue constant mais plus ou moins explicite avec Kant comme avec Marx, mais aussi avec la cybernétique. L'œuvre de Simondon est par ailleurs l'une des deux principales sources, avec l'œuvre de Freud, de la pensée de Bernard Stiegler.

[modifier] Publications

  • Du mode d'existence des objets techniques, Aubier, 1958 [1]
  • L'individu et sa genèse physico-biologique, Jérôme Millon, 1995.
  • L'individuation psychique et collective, Aubier, 1989.
  • Les deux ouvrages sont regroupés dans l'édition intégrale (augmentée d'une partie sur l'Histoire de la notion d'individu) de sa thèse d'État :
  • L'individuation à la lumière des notions de formes et d'information, Jérôme Millon, 2005.

[modifier] Bibliographie

  • Cahiers Simondon - Numéro 1, par Jean-Hugues Barthélémy (dir.), Paris, L'Harmattan, 2009, 152 p.
  • Simondon ou l'Encyclopédisme génétique, par Jean-Hugues Barthélémy, Paris, P.U.F., 2008, 176 p.
  • Penser l'individuation. Simondon et la philosophie de la nature, par Jean-Hugues Barthélémy (préface de Jean-Claude Beaune), Paris, L'Harmattan, 2005, 256 p.
  • Penser la connaissance et la technique après Simondon, par Jean-Hugues Barthélémy, Paris, L'Harmattan, 2005, 304 p.
  • Gilbert Simondon, numéro de la Revue philosophique (n°3/2006), par Jean-Hugues Barthélémy et al.
  • Simondon. Individu et collectivité par Muriel Combes, PUF, 1999
  • Simondon, Annales de l'Institut de philosophie de l'Université libre de Bruxelles, édité par P. Chabot, 2002
  • Simondon. Une pensée opérative, édité par Jacques Roux, PUST, 2002
  • La philosophie de Simondon par Pascal Chabot, Paris, Vrin, 2003
  • Simondon et la philosophie de la culture technique par Gilbert Hottois, De Boeck Université, 1993.
  • Giovanni Carrozzini, Gilbert Simondon: per un'assiomatica dei saperi Dall'« ontologia dell'individuo » alla filosofia della tecnologia, Manni, San Cesario di Lecce, 2006.

[modifier] Notes et références

  1. Trad. en anglais, 1980; éd. augmentée en 1989.

[modifier] Liens externes

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