Jean-Florent de Vallière

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L’Uranie, un canon de 24 de Vallière, coulé par Jean Maritz en 1745.

Jean-Florent de Vallière (né à Paris le 7 septembre 16677 janvier 1759), lieutenant général d'artillerie sous Louis XV. Il est le rédacteur du règlement d'artillerie du 7 octobre 1732, qui uniformise les calibres en usage dans l'armée française.

États de service[modifier | modifier le code]

La guerre de succession d'Autriche[modifier | modifier le code]

Nommé cadet (élève-officier) d'un régiment d'artillerie en 1688, Vallière prend part à toutes les campagnes de la dernière partie du règne de Louis XIV. La Biographie universelle ancienne et moderne rapporte qu'il a eu part à 60 sièges et à 10 grandes batailles. Il commande en chef l'artillerie au siège du Quesnoy, en 1715, et avec 34 pièces d'artillerie il en détruit 80 en 24 heures. Cet exploit lui vaut le grade de brigadier des armées du roi. Il est fait maréchal de camp en 1719, et directeur général d'artillerie l'année suivante.

Le système Vallière[modifier | modifier le code]

Par ordonnance royale du 5 février 1720, le ministre Le Blanc réorganise l’artillerie. Tout ce que compte le pays en canonniers, bombardiers, mineurs, ouvriers, est rassemblé à Vienne dans le Dauphiné.

Les deux anciennes formations d'artillerie du pays, le Régiment Royal-Artillerie et le Royal Bombardiers, sont répartis en cinq bataillons à huit compagnies de cent hommes[1]. Le maréchal de Vallière est chargé de désigner les cinq chefs de corps et d’arrêter les détails techniques de la réorganisation de l'artillerie française : il est ainsi le créateur des premières écoles d'artillerie de la Fère, de Châlon, d'Auxonne, etc.

Le général de Vallière uniformise les calibres, et en réduit le nombre à cinq. Il calcule le premier les effets de la poudre dans les mines, et améliore substantiellement la technique de coulée des canons, qui s'appuyait traditionnellement sur le procédé de Jean-Jacques Keller. C’est ainsi que naît le « système de Vallière »[2], qui annonce par son inspiration pragmatique et son souci de standardisation, le système Gribeauval. Une nouvelle ordonnance royale (7 octobre 1732) officialise l'application du système Vallière en France.

Ce système des pièces longues, vivement attaqué après la mort de Vallière, sera défendu par son fils, Joseph-Florent de Vallière (qui dirigera le siège de Bergen-op-Zoom en 1747). Il est reçu à l'académie des sciences le 14 août 1731, associé libre, premier titulaire de l'une des deux places créées le 11 juillet 1731. Il est également membre de l'Académie de marine, et grand-croix de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1739.

Les canons du système de Vallière étaient percés après avoir été coulé d'une pièce, selon le procédé de Jean Maritz.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre de Sept Ans, il est lieutenant général. C'est en cette qualité qu'au cours de la campagne de 1743, il se distingue à la bataille de Dettingen.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Encyclopédie du dix neuvième siècle, vol. III, Paris, A. de Saint-Priest,‎ 1838, p. 762
  2. Corvisier 1988, p. 837

Sources[modifier | modifier le code]

  • Auguste Alexis Floréal Baron (1843-1847), Biographie universelle ancienne et moderne, ou Dictionnaire de tous les hommes, vol. XXI, Bruxelles, impr. H. Ode
  • André Corvisier, Dictionnaire d'art et d'histoire militaires, PUF, coll. « Grands dictionnaires »,‎ 1988 (réimpr. 1992, 2e), 896 p. (ISBN 978-2-13-040178-0, lire en ligne)

Voir également[modifier | modifier le code]