Jakob von Uexküll

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Jacob von Uexküll

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Jacob von Uexküll

Naissance 8 septembre 1864
Keblaste, aujourd'hui en Estonie
Décès 25 juillet 1944 (à 79 ans)
Capri
Nationalité allemand
Profession biologiste
Autres activités
zoologiste, philosophe

Compléments

Créateur du concept d'Umwelt, précurseur de l'éthologie

Jakob Johann von Uexküll (Keblaste, aujourd'hui en Estonie, alors province de l'Empire russe, 8 septembre 1864 - Capri, 25 juillet 1944) est un biologiste et philosophe allemand, issu d'une illustre famille de la noblesse germano-balte et l'un des pionniers de l'éthologie avant Konrad Lorenz, et et l'un des pionniers de la biosémiotique. Il est le père du journaliste Gösta von Uexküll et le grand-père de Jakob von Uexkull (homme politique), fondateur du Prix Nobel alternatif.

La postérité des recherches d'Uexküll demeure importante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Article sur la famille : Uexküll.

Jakob Johann von Uexküll est le cinquième enfant de la famille d'Alexandre von Uexküll et Sophie von Hahn. Entre 1875 et 1877, la famille s'installe en Allemagne et Jakob von Uexküll suit les cours au Gymnasium de Cobourg.

En 1899, à Paris, il poursuit ses études avec Etienne-Jules Marey, le physiologiste français.
Du mariage (en 1903) avec la comtesse Gudrun von Schwerin naissent trois enfants Dana en 1904, Thure en 1908 et Gösta en 1909.

En 1907, il est fait Docteur honoris causa de la Faculté de médecine de l'Université de Heidelberg pour son travail dans le domaine de la physiologie musculaire.

L'Umwelt[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Umwelt.

Uexküll est notamment connu pour son concept d'Umwelt, selon lequel chaque espèce vivante a son univers propre, à quoi elle donne sens, et qui lui impose ses déterminations.

Un exemple de ce concept est fourni par l'analyse de la vie de la tique. Celle-ci ne réagit qu'à trois stimulants :

  1. la femelle fécondée grimpe sur une branche, et attend le passage d'un animal ; lorsque le stimulus olfactif a lieu (perception d'acide butyrique, l'odeur des glandes sudoripares des mammifères), elle se laisse tomber ; si elle ne tombe pas sur un animal, elle remonte sur une branche ;
  2. un stimulant tactile lui permet d'aller vers un emplacement de la peau dénué de poils ;
  3. elle s'enfonce jusqu'à la tête dans la peau de l'animal, se remplit de sang, se laisse tomber, pond ses œufs et meurt.

Quoique limité par rapport au nôtre, ce monde est un monde à part entière.

Parti de l'étude des invertébrés, il s'intéresse au comportement animal en général. Il proposera la règle suivante : un milieu vécu optimal (ce que le sujet peut) dans un environnement pessimal (l'infinité indiscernable de la nature).

Influence et postérité[modifier | modifier le code]

Uexküll a influencé également la philosophie et la poésie. On peut en en voir la trace chez Georges Canguilhem [1], Gilles Deleuze [2], chez Jacques Lacan, Martin Heidegger dans Les concepts fondamentaux de la Métaphysique, Peter Sloterdijk dans Écumes ou encore chez Giorgio Agamben [3] ou Michel Deguy [4] par exemple.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Mondes animaux et monde humain suivi de La théorie de la signification, 1934 ; trad. fr. éd. Denoël, 1965 ; éd. Pocket, coll. Agora, 2004. - Rééd. sous le titre Milieu animal et milieu humain, Rivages, 2010

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kalevi Kull, 2001. Jakob von Uexküll : An introduction. Semiotica 134(1/4): 1-59.
  • Gens Hadrien, Jakob von Uexküll explorateur des milieux vivants, logique de la signification, Paris, Hermann, 2014.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans La connaissance de la vie (pp. 146-147)
  2. (L'Abécédaire, « A comme Animal », Mille Plateaux, pp. 67-68 et p. 314 ou dans Spinoza. Philosophie pratique)
  3. L'Ouvert / De L'homme et de l'animal (chapitre 11 et suivant)
  4. Dans Écologiques,

Liens externes[modifier | modifier le code]

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