Politique en Arabie saoudite

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Politique en Arabie saoudite
Image illustrative de l'article Politique en Arabie saoudite

L’Arabie saoudite est une monarchie absolue, où le roi est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement. La loi fondamentale adoptée en 1992 définit le pays comme une monarchie gouvernée selon la charia par les descendants du roi Abdel Aziz et dont la constitution est le Coran.

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Fonction Nom Règne
Roi et Premier ministre Salmane Depuis le 23 janvier 2015
Prince héritier et vice-Premier ministre Mohammed Depuis le 28 avril 2015

Règle de succession au trône[modifier | modifier le code]

La règle de succession simple au départ était basée sur le fait que le roi Abdel Aziz Ibn Saoud, le fondateur de la dynastie, avait choisi pour lui succéder l'aîné de ses fils, le roi Saoud IV.

La règle dynastique des tribus prévoit la transmission du pouvoir aux frères, puis aux demi-frères du roi, par rang d'âge, l'héritier étant confirmé lors d'un conseil de famille. Le , il a été décidé de former un comité de princes chargé de voter l’éligibilité des futurs rois et des princes héritiers.

Cependant cette loi a l'inconvénient majeur de mettre en place rapidement une gérontocratie, ce qui peut être un frein majeur aux évolutions nécessaires d'un pays moderne. Ainsi, le roi Fahd (né en 1921) est monté sur le trône en 1982 à l'âge de 61 ans, et il est mort en 2005 à l'âge de 83 ans. Le prince héritier désigné Abdallah, né en 1921, accède au trône à l'âge de 82 ans, et à sa mort le 23 janvier 2015, son demi-frère Salmane accède au trône à l'âge de 79 ans. Le prince Moukrine, nouveau prince héritier, né en 1945, a 69 ans[1].

En 1992, le roi Fahd, conscient du problème, avait fait apporter une modification de la loi, dans le but de permettre le transfert du pouvoir au « plus apte » des petits-fils du roi Abdel Aziz Ibn Saoud, c'est-à-dire à ses enfants ou à ceux de ses frères. L'avantage avancé était la désignation d'un roi plus jeune. L'inconvénient étant que ce mode de désignation allait monter les clans, issus des différentes épouses, les uns contre les autres. Considéré de par le nombre de ses princes, de par les postes clés qu'ils occupent, et de par la puissance de ses soutiens, le clan des princes issus de Hassa bint Ahmed Al Soudayri du puissant clan des Soudayri, semble le plus à même de remporter la mise, avec comme challengers, les princes issus de Fahda bint Assi Al Churaym du non moins puissant clan des Chammar, et comportant dans ses rangs, un atout majeur : le roi Abdallah, qui dirigeait déjà de facto le royaume saoudien depuis l'accident cérébral de son demi-frère le roi Fahd.

Pouvoir royal[modifier | modifier le code]

Le roi nomme les membres du conseil des ministres, chargés de le conseiller sur les lignes directrices de la politique du royaume. Selon l’article 19 de la loi fondamentale : « Le pouvoir exécutif appartient au conseil des ministres» qui a pour tâche principale de déterminer les orientations de la « politique intérieure, extérieure, financière, économique, éducative et défensive de l’État », et suivant l’article 56 de la loi fondamentale le roi est également premier ministre. L’absence de tel poste fait clairement apparaître que le chef d’état, et lui seul, détient l’exercice effectif du pouvoir exécutif. Il cumule à ce titre les pouvoirs de chef d’État et de chef de gouvernement. Disposant à sa guise de l’administration, de l’armée et de l’ensemble des organismes publics. En effet, le roi nomme, pour une durée de quatre ans sauf exceptions (loi fondamentale) les membres du cabinet, le premier ministre et les ministres chargés de le conseiller sur les lignes directrices de la politique du royaume. Il faut préciser que les postes clé du gouvernement saoudien tels que la défense, l’intérieur, le ministère des affaires étrangères ne sont pas sortis des mains de la famille royale. Il nomme les hauts fonctionnaires civils et militaires, des forces armées, de la garde nationale, de l'administration provinciale.

Limite de ce pouvoir[modifier | modifier le code]

Le pouvoir du roi est limité par le cadre de la charia et des traditions saoudiennes. Il doit également recueillir un consensus au sein de la famille royale et parmi les chefs religieux, les oulémas. Ces derniers influencent le choix du prince héritier de la couronne et ils interviennent quand le roi se départit des principes de l'islam conservateur. Le roi est ainsi confronté à des contraintes pesant sur sa politique et ses décisions ponctuelles, en ce qui concerne la modernisation par exemple. Pourtant les pressions et les besoins croissants en faveur de la libéralisation à la fin des années 1980 et à partir de 1990 ont poussé le gouvernement à l'action dans ce domaine[réf. nécessaire].

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

En mars 1992, le gouvernement du roi Fahd a annoncé une nouvelle constitution qui prévoit la création d'une Assemblée consultative de 60 membres qui peut présenter des projets de lois et contrôler les politiques mises en œuvre, la rédaction d'une Déclaration des Droits calquée sur le Bill of Rights britannique, et la pratique d'une approche plus libérale des relations politiques. Celle-ci a été créée en 1993. Ce nombre passe à 90 en juillet 1997, à 120 en mai 2001 puis à 150 en 2005. Ses membres sont nommés pour quatre ans par le roi. Comme son nom l’indique, son rôle est essentiellement consultatif et son pouvoir est extrêmement restreint.

Le , pour la première fois, des femmes saoudiennes ont été nommées membres de l'Assemblée consultative. Le 20% des sièges leur sera désormais réservé, selon deux décrets royaux[2]. Les femmes nommées sont des princesses, des universitaires et des militantes, mais leur conseil est limité aux domaines « féminins », tels la famille et les enfants. Thuraya Obaïd, qui a été secrétaire générale adjointe aux Nations unies, se trouve parmi ces femmes[3].

Partis politiques et élections[modifier | modifier le code]

Les partis politiques et les syndicats ne sont pas autorisés. Pendant les années 1990, le Parti socialiste arabe d'action et le Parti communiste d'Arabie saoudite furent dissous et leurs membres libérés de prisons après leur engagement à ne pas poursuivre leurs activités politiques. Le Parti vert d'Arabie saoudite est la seule formation politique active dans le royaume, mais son existence n’est pas reconnue légalement.

Les premières élections, au niveau municipal uniquement, eurent lieu en 2005, et il est important de noter que deux femmes furent élues au Conseil de Jeddah. Une première dans le royaume. Le vote devrait être autorisé pour les femmes lors des prochaines municipales selon le roi Abdallah.

Le , le roi Abdallah accorde le droit de vote aux femmes à la suite des mouvements populaires qui ont eu lieu dans le cadre du Printemps arabe[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Joseph A. Kéchichian, Legal and political reforms in Sa'udi Arabia, Routledge, London, New York, 2013, 346 p. (ISBN 978-0-415-63019-1)
  • René Naba, L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres : l'islam otage du wahhabisme, Golias, Villeurbanne, 2013, 275 p. (ISBN 978-2-35472-207-4)
  • (en) Marc C. Thompson, Saudi Arabia and the path to political change : national dialogue and civil society, I.B. Tauris, London, New York, 2014, 387 p. (ISBN 978-1-7807-6671-3)
  • (en) Sarah Yizraeli, Politics and society in Saudi Arabia : the crucial years of development, 1960-1982, C. Hurst & Co., London, 2012, 336 p. (ISBN 978-1-8490-4170-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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