Gia Long

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Gia Long
Image illustrative de l'article Gia Long
Titre
Empereur vietnamien
Prédécesseur Dynastie Tây Sơn
Successeur Minh Mạng
Biographie
Dynastie Nguyễn
Nom de naissance Nguyễn Phúc Ánh
Date de naissance 1762
Lieu de naissance Hué, Vietnam
Date de décès
Lieu de décès Hué, Vietnam

Gia Long (嘉隆帝 en caractères anciens), né à Hué en 1762, connu dans sa jeunesse comme Nguyễn Phúc Ánh, mort au même endroit le , est le fondateur de la dynastie impériale des Nguyễn, qui régna sur le Viêt Nam jusqu'en 1945.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gia Long est le titre impérial que prit le , le prince Nguyễn Phúc Ánh, lorsque la famille Nguyễn unifia sous son autorité l'ensemble de l'ancien Đại Việt, rebaptisé Nam Viêt. Celui-ci s'étend alors de la frontière de Lang Son jusqu'à la pointe de Cà Mau sur le golfe du Siam. « Gia Long » résulte de la combinaison de « Gia », de « Gia Ðình », l'ancien nom de Saïgon et « Long », de « Thăng Long », l'ancien nom de Hanoï (Hà-Nội).

Nguyễn Phúc Ánh est un petit-fils de Nguyễn Phuoc Khoat. À 16 ans, sa famille (qui, depuis le XVe siècle, règne au nom de la dynastie des sur les marches du Sud Đại Việt) a été renversée par les Tây Sơn, et tous ses parents sont tués. Il se réfugie à la mission du vicaire apostolique Pigneau de Behaine dans le delta du Mékong et parcourt ensuite toute la Cochinchine, gagnant le surnom de « général Gia Ðình ».

En 1787, un traité alliant la France et le Viêt Nam est paraphé à Versailles par le comte de Vergennes et le comte de Montmorin pour le roi Louis XVI, et par son fils Nguyễn Phúc Cảnh assisté de l'évêque d'Adran, Mgr Pigneau de Behaine. Malgré le traité, la collaboration d'un grand nombre d'officiers français dans ses rangs, et l'intérêt qu'il porte aux sciences et aux techniques de l'Occident, Gia Long continue à adopter une politique très ambiguë envers les Européens, en particulier envers les missionnaires.

Il fait construire la citadelle de Saïgon en 1790.

En 1802, il prend le pouvoir et réunifie le Nam Viêt, séparé par la guerre civile depuis le XVIIe siècle. Pour venger les membres de sa famille tués par les Tây Sơn, il fait torturer et mettre à mort ses ennemis, comme la générale Bùi Thị Xuân, le fils de l'empereur Quang Trung, le roi Nguyễn Quang Toản, etc. Pour des raisons politiques, il n'hésite pas non plus à tuer les gens qui l'ont servi avec dévouement lorsqu'il était encore un jeune prince, Nguyễn Văn Thành ou encore Ðặng Trẫn Thường. C'est pour cette raison qu'on le compare souvent à Lưu Bang, le grand empereur des Han ayant réservé le même traitement à ses anciens compagnons de route. Néanmoins, il sait faire preuve de justice et de pitié : ayant appris que Nguyễn Văn Thành était en fait innocent du crime dont on l'accusait, il donne l'ordre de libérer sa famille et restitue à celle-ci tous les biens et les titres confisqués.

On trouve aussi son attachement profond à la vie de ses subordonnés à travers le message qu'il avait adressé à son beau-frère, le général Võ Tánh chargé de défendre Qui Nhon, ou à l'évêque Pigneau de Behaine, son père spirituel et son conseiller militaire, à travers la cérémonie organisée à la mort de ce dernier. C'était aussi un guerrier séducteur. Ses égards envers la reine Ngọc Bích, la dernière fille du dernier roi de la dynastie , femme de son adversaire, le jeune roi Canh Thình (fils du roi Quang Trung) est exemplaire. Elle devient ensuite sa première concubine, et lui donne deux fils. C'est en son honneur que naquit ce dicton vietnamien :

« Số đâu mà số lạ lùng
Con vua mà lấy hai chồng làm vua »
Traduction :
« Le sort est tellement bizarre
La fille du roi est mariée deux fois avec deux rois. »

Bilan de son règne[modifier | modifier le code]

À travers la construction de la Cité pourpre, le maintien du système des mandarins, la réforme du code des Lê basé sur celui des Qing en Chine, il apparaît comme un admirateur de la dynastie des Ming et des Qing, un confucianiste convaincu et un empereur plutôt réactionnaire. À la fin de son règne, il entame ainsi une politique de repli en choisissant comme successeur le prince Nguyễn Phúc Ðảm, soutenu par la plupart des mandarins confucianistes, au lieu des enfants du prince Cảnh, mort prématurément de maladie. Ce prince, connu sous le nom de règne de Minh Mạng, n'hésite pas par la suite à faire mourir les enfants et la femme de Cảnh (Mỹ Ðường) et donne une raison aux Européens, en particulier au gouvernement français d'intervenir militairement, en menant une politique délibérément anti-occidentale et anti-catholique et en renouant ainsi avec une politique d'alignement sur les lignes directrices de la politique chinoise.

Nguyên Anh aurait pu devenir un grand empereur, à l'image d'un Meiji japonais. Il avait l'avantage d'être entouré par un grand nombre de Français, y compris son médecin particulier. Il avait un esprit très ouvert aux avancées techniques occidentales. Le Viêt Nam perdit là une belle occasion d'entrer dans une ère de modernisation.

L'autel dans le temple roi Gia Long à Hué

En effet, alors qu'il ordonna le creusement du canal de Vinh Tê et modernisait fortement son armement (les forteresses de style Vauban qui parsèment le pays construites par les Français - comme la citadelle de Saigon - datent de son époque, et l'empire comptait plus de pièces d'artillerie que la France à la même période), il s'acharna à détruire les structures traditionnelles du Viêt Nam pour les aligner sur celles de la Chine :

  • perte de la personnalité juridique pour les femmes et interdiction de l'accès à l'éducation (interdiction de leur apprendre à lire et écrire), aux postes de fonctionnaires civils et militaires (précédemment seuls les postes d'eunuques de Palais impérial étaient réservés à des hommes),
  • établissement d'un service militaire obligatoire pour les hommes de 16 à 60 ans, d'une durée de six mois par an, hors de leurs régions d'habitation, entraînant une forte déstructuration des familles, qui restent à la merci des fonctionnaires (puisque les femmes n'ont plus aucun droit juridique, les familles sont donc sous tutelle directe de l'administration)
  • destruction de la structure en « trois armées » qui permettait une certaine indépendance des populations (diminuant des risques de révoltes face aux éventuels abus des gouvernants) mais aussi une bonne résistance aux invasions (la totalité de la population était militairement formée depuis l'enfance par le système des « trois armées »)
  • établissement d'un code le « Hoàng Việt luật lệ » directement inspiré du code chinois des Qing.
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