Ghomrassen

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Ghomrassen
Image illustrative de l'article Ghomrassen
Administration
Pays Tunisie Tunisie
Gouvernorat Tataouine
Délégation(s) Ghomrassen
Maire Aoun Allah Achâach[1]
Code postal 3220
Démographie
Gentilé Ghomrassni
Population 11 383 hab. (2004[2])
Géographie
Coordonnées 33° 03′ 34″ N 10° 20′ 24″ E / 33.0594, 10.34 ()33° 03′ 34″ Nord 10° 20′ 24″ Est / 33.0594, 10.34 ()  
Altitude 352 m
Localisation

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Ghomrassen

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Ghomrassen

Ghomrassen (غمراسن) est une ville du sud-est de la Tunisie située à seize kilomètres de Tataouine[3] et à quarante kilomètres de Médenine.

Rattachée administrativement au gouvernorat de Tataouine, elle constitue une municipalité de 11 383 habitants[2]. Elle est aussi le chef-lieu de la délégation du même nom qui compte 18 335 habitants[4] et rassemble, outre la ville de Ghomrassen, les villages de Ksar Hadada, Oued El Khil, Elferch, Elhorria, Ksar Elmorabitin et Guermassa.

Étymologie[modifier | modifier le code]

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Son nom viendrait des termes tifinagh ghom signifiant « tribu » et sen signifiant « chef »[5].

Un mythe raconté par les habitants de Ghomrassen indique que le nom de la ville viendrait de deux mots, Ghom Rassi (نغم راسي), prononcé par l'un des sept frères venus de la région de Seguia el-Hamra (nord du Sahara occidental) au XVe siècle pour peupler le sud-est de la Tunisie et issus de la confédération de Werguemma (كنفدرالية ورغمة). Ce frère se serait installé à l'emplacement de la future Ghomrassen qu'il a fondé par la suite tandis que ses frères se sont dispersés dans le sud-est du pays pour constituer les principaux groupes des habitants de la région : Wederni (الودرني) et Jlidi (الجليدي) ont fondé Tataouine, Touzni (التوزني) Médenine et Ben Gardane, Houioui (الحويوي) Beni Khedache et Khzouli (الخزولي) Oum Ettemr. Enfin, Tarhouni (الترهوني) est parti en Libye et il a fondé la ville de Tarhounah.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville, située à près de 500 kilomètres au sud de la capitale Tunis et entourée de montagnes, est construite à l'emplacement d'une ancienne oasis. La majeure partie des puits d'irrigation, ainsi que l'oasis, ont disparu avec le développement urbanistique de la ville.

La température moyenne y est de 22 °C et la pluviométrie annuelle varie entre 88 et 157 millimètres.

Administrativement, la ville est divisée en plusieurs secteurs ou imadas, dont l'autorité est incarnée par le omda, qui peuvent être aussi bien urbains que ruraux.

La ville est décomposée en plusieurs quartiers : Ennasr, où se trouve le nouvel hôpital, une école primaire et une mosquée parfois considérée comme la plus luxieuse de la ville, Ennakhil, le quartier où se trouve le Lycée du 2 mars 1934 ainsi qu'une mosquée, El Anouar, un quartier résidentiel situé au nord de la ville, et El Jadid.

Histoire[modifier | modifier le code]

À proximité de Ghomrassen, on peut toujours observer des traces préhistoriques dans des grottes ornées de peintures rupestres datant du Néolithique.

Sites archéologiques des environs de Ras Oued el Gordab et de Ras El Aïn Tlalet, en 1904

Dans cette région de Tataouine, traversée par le Limes Tripolitanus[6], de nombreux vestiges de l'occupation romaine sont encore visibles.

On remarque particulièrement ceux du camp de Talalati (Ras El Aïn Tlalet), au sud, ou du fort de Ras El Oued Gordab[7], au nord-est.

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Enfin, des fossiles de dinosaures ont été mis au jour dans les environs du village d'Oued El Khil.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la ville est basée sur l'agriculture et les apports financiers des immigrants.

Dotée d'une importante superficie agricole, la région est riche en oliviers, en cultures potagères, en particulier celle de l'asperge destinée à l'exportation, ainsi qu'en production de viande rouge et de lait. Par ailleurs, la majeure partie des habitants travaillent en dehors de la région, notamment au nord de la Tunisie, en France, au Canada mais aussi en Allemagne, en Italie, aux États-Unis ou au Moyen-Orient. Leur apport en devises (spécialement en euros) constitue une bonne partie du capital destiné au développement économique de la ville (spécialement sur le marché immobilier).

La confection de beignets appelés f'taier ainsi que plusieurs autres pâtisseries (makroud, zlabia, youyou, m'kharak, etc.) sont la spécialité des habitants de Ghomrassen. Ce métier de ftayri (الفطائري) est pratiqué depuis des siècles à travers la Tunisie voire le monde entier. Même les célèbres gâteaux au miel de Béja (zlabia) ont été introduits et fabriqués dans la ville par les habitants originaires de Ghomrassen qui y ont ajouté des spécificités et des produits de la ville de Béja (ajout du beurre rance appelé smen) et servi dans de petits pots en terre cuite pour en faire les beignets les plus célèbres de Tunisie.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

La ville est également connue à travers le monde entier pour son nom qui inspira le réalisateur de cinéma George Lucas dans le choix du nom de l'une des trois lunes de la planète de Luke Skywalker dans Star Wars. Il tourne aussi des scènes du film Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir dans la région, plus exactement dans le village de Ksar Hadada.

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Décret du 7 juillet 2011 portant nomination de délégations spéciales dans certaines communes du territoire tunisien, Journal officiel de la République tunisienne, n°50, 8 juillet 2011, pp. 1172-1174
  2. a et b (fr) Recensement de 2004 au niveau des municipalités (Institut national de la statistique)
  3. Délégation de Ghomrassen, éd. Ministère de l'intérieur de la République tunisienne, Tunis, 2004, p. 24
  4. (fr) Recensement de 2004 au niveau des délégations (Institut national de la statistique)
  5. Jean-Paul Labourdette et Dominique Auzias, Le petit futé Tunisie, Petit Futé,‎ 2010 (ISBN 9782746927230), p. 419
  6. Pol Trousset, Recherches sur le Limes tripolitanus : du Chott el-Djerid à la frontière tuniso-libyenne, éd. CNRS, Paris, 1974, pp. 103-104 (Ras el-Oued Gordab)
  7. Lieutenant Moreau, « Le castellum romain de Ras-Oued-el-Gordab, près de Ghoumrassen », Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 1904, pp. 369-376