Gambsheim

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Gambsheim
La mairie.
La mairie.
Blason de Gambsheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Strasbourg-Campagne
Canton Brumath
Intercommunalité C.C. de Gambsheim-Kilstett
Maire
Mandat
Hubert Hoffmann
2014-2020
Code postal 67760
Code commune 67151
Démographie
Gentilé Gambsheimois, Gambsheimoises
Population
municipale
4 571 hab. (2011)
Densité 263 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 41′ 35″ N 7° 53′ 03″ E / 48.69305556, 7.8841666748° 41′ 35″ Nord 7° 53′ 03″ Est / 48.69305556, 7.88416667  
Altitude Min. 126 m – Max. 131 m
Superficie 17,38 km2
Localisation

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Gambsheim est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Faisant partie des agglomérations du Ried du nord qui s’égrènent le long du Rhin, Gambsheim, avec ses 1 736 hectares, est située sur l’axe routier et ferroviaire StrasbourgLauterbourg et éloignée de 18 km de la capitale alsacienne et de 2 km du fleuve. Gambsheim est une étape sur la Véloroute Rhin EV 15 (1 320 km) qui relie la source du Rhin, située à Andermatt en Suisse, à son embouchure à Rotterdam. Son altitude oscille entre 128 et 131 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au dernier recensement, le bourg comptait plus de 4 500 habitants.

Depuis 1974, le barrage hydro-électrique de Gambsheim, réalisation franco-allemande, comprend une liaison routière entre les deux pays. Sur le musoir central de la voie routière surmontant le barrage, un monument dédié à Robert Schuman commémore cette première réalisation des deux États.

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune abrite l'une des deux plus grandes passes à poisson d'Europe (en 2013) (l'autre étant celle d'Iffezheim un peu plus en aval, côté allemand). Elle trouve son origine dans un accord franco-allemand visant le retour et/ou la réintroduction des saumons et autres migrateurs après la pollution du Rhin par l'accident de l'usine Sandoz[1]. Cette passe située à 15 km au nord de Strasbourg a été construite après celle d'iffezheim, en bénéficiant de son retour d'expérience. Son « débit d'attrait » est de 15 m3/s (pour un dénivelé de 10 mètres). Elle contient un dispositif de piégeage, un système de vidéosurveillance (qui a notamment permis de filmer la remontée de silures), et un espace d'accueil du public. Les travaux ont commencé en 2004 sous maîtrise d'œuvre du centre d'Ingénierie hydraulique d'EDF pour une mise en eau en mars 2006[1].
Dans la continuité écologique de la passe d'Iffezheim, et dans la cadre du réseau écologique paneuropéen (récemment renommé « infrastructure verte »), et en France dans le cadre de la « trame bleue », dimension structurante de la trame verte et bleue, cette passe permet à certains poissons migrateurs de remonter plus près de sources et petites rivières considérées comme ayant un haut potentiel d'accueil de grands migrateurs[1]. Selon les comptages, vers 2010, environ 20 000 poissons franchissent chaque année cet ouvrage (de 50 à 100 saumons, plus de 200 truites de mer et plusieurs centaines d’autres migrateurs)[1]. Ces chiffres sont encore modestes par rapport aux centaines de milliers ou millions de saumons pêchés chaque année sur certains fleuves dans les siècles précédents[2],[3], mais ils contribuent à se rapprocher des objectifs de « bon état écologique » de la directive cadre sur l'eau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première citation[modifier | modifier le code]

Le village, bâti dans un méandre du Rhin, est très ancien. C’est la proximité d’un passage à gué du fleuve qui a dû retenir les premiers habitants. Des trouvailles de l’âge de bronze, des époques gallo-romaine et mérovingienne confirment l’existence d’un habitat bien antérieur à sa première citation. C’est une charte du 16 avril 748 qui dénomme le lieu « Gamhpine ». Boron de la famille des Étichonides, duc d’Alsace, cède le village avec champs, prés, forêts et prairies aux moines du couvent de Honau situé sur une île du Rhin à 5 km en amont. En 884, l’empereur Charles le Gros, confirme cette donation et dénomme le village « Gamanesheim ». En même temps apparaît pour la première fois « Biura », Bettenhoffen, aujourd’hui englobé par Gambsheim. Le hameau tiendra le rôle de cité paroissiale jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Nommé « Bethof » en 1264, il abritait déjà une église qui servait de paroisse à Gambsheim, Kilstett et Bettenhoffen.

Donné en gage[modifier | modifier le code]

En 1290, les moines quittèrent l’abbaye de Honau ruinée par les flots du Rhin pour s’établir sur une île du Rhin à Rhinau, les propriétés revinrent à l’évêque de Strasbourg qui les incorpora dans le bailliage de La Wantzenau. Par suite de difficulté, le village fut donné en gage en 1398 à Reinbold Huffel, chevalier, et à Nicolas Merschwin, prêteur de Strasbourg. En 1420, la moitié passa à Wirich de Hohenbourg et à Jean Knapp de Strasbourg pour la somme de 1 420 florins. L’autre moitié fut cédée en 1453 pour 1 300 florins à Conrad Bock, écuyer. La première moitié de cet engagement fut rachetée par le Grand Chapitre en 1435 et la seconde en 1468.

Guerres et pillages[modifier | modifier le code]

Par le passage de nombreuses troupes dans ce couloir rhénan, au cours de l’Histoire, la commune a beaucoup souffert. En 1388, les troupes du Margrave de Bade mettent le village en flammes. Durant la Guerre des Voleurs en 1587, le village fut pillé, de même qu’en 1592 durant la guerre des évêques. Mais la plus importante fut la Guerre de Trente Ans. A l’approche de la soldatesque de Mansfeld en hiver 1622, la population se réfugia sur les îles du Rhin et en Pays de Bade et ne revint qu’à Noël. Quatre-vingts maisons et écuries furent incendiées. Lors de l’invasion suédoise en 1636, elle occupe à nouveau les îles du Rhin. Après les misères de cette guerre, la pitié chrétienne dédia la chapelle au nord du village à la Vierge Douloureuse. Les courtes incursions de la Guerre de Succession d’Espagne et d’Autriche au XVIIIe siècle rechasseront les villageois sur les îles du Rhin. Durant la période révolutionnaire, le 1er décembre 1793, Desaix lance une attaque contre les Autrichiens qu’il repousse jusqu’à Offendorf ; et le 1 floréal de l’An V (20 avril 1797) les troupes de Moreau jetèrent un pont sur le Rhin à Gambsheim pour venir en aide à l’armée d’Italie.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le clocher.

Plus proche de nous, au début de la Seconde Guerre mondiale, toute la population fut évacuée en Haute-Vienne, et ce n’est qu’au mois d’août 1940 qu’elle retrouve son village. Pareil sort les attendra en janvier 1945, où tous les habitants furent déportés de l’autre côté du Rhin pour ne revenir qu’au mois d’avril. Plongée dans la guerre, fin novembre 1944, la commune libérée par les Américains le 8 décembre fut reconquise le 5 janvier 1945 par la « tête de pont de Gambsheim ». Durant les combats de novembre-décembre 1944 et de janvier 1945, le village fut très meurtri. Le gouvernement reconnaît les mérites des habitants de la commune de Gambsheim et la cite à l’ordre de « la Croix de Guerre avec étoile de vermeil ». Il faudra vingt ans pour réparer et reconstruire la commune sinistrée. L’aspect typique qu’offrait le centre du village a beaucoup souffert. Quelques îlots de maisons alsaciennes et surtout place de la Mairie, sont très bien conservés. L’église de style baroque datant de 1763, fortement endommagée, ne fut plus reconstruite à Bettenhoffen mais au centre de la grande agglomération que l’urbaniste Fernand Guri a projetée. La nouvelle église et son campanile élancé est la plus belle œuvre réalisée par les reconstructeurs. L’église, entièrement réalisée avec l’or gris du sol de Gambsheim, ainsi que les ouvrages du bief, donnent aux visiteurs le vrai cachet d’une commune rhénane.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Gambsheim

Les armes de Gambsheim se blasonnent ainsi :
« De gueules au fer de flèche d'or. »[4].

Les armoiries de la commune « de gueules au fer de flèche d’or posé en pal » figurent sur un sceau communal de l’année 1588. Un premier blason attribué en 1697 à la « communauté de Gambsheim » comportait Saint Nazaire et Saint Celse, les patrons de la paroisse. Un nouveau blason redessiné conforme à l’ancien paru en 1900 fut employé par la municipalité jusqu’en 1965. Après la seconde guerre mondiale, sur proposition de la commission héraldique départementale, les armoiries furent simplifiées en ne retenant que le « fer de flèche ». Depuis 1948, son écu est orné de la « Croix de Guerre avec Étoile de Vermeil ».

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Hubert Hoffmann DVD  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 571 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 245 1 223 1 187 1 533 1 725 1 842 1 905 1 967 2 016
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 897 2 011 2 025 1 900 1 870 1 918 1 883 1 913 1 909
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 920 1 991 2 069 2 173 2 320 2 366 2 286 2 131 2 406
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 834 3 142 3 813 3 948 3 707 3 858 4 312 4 377 4 571
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saints Nazaire et Celse.
  • Plan d'eau le Mascitti.
  • La passe à poissons sur le Rhin[7].
  • Écluses de Gambsheim[8].
  • Centrale hydroélectrique de Gambsheim, sur le Rhin. Mise en service en 1967, elle fournit une puissance de 141 MW.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Ignace Leybach (1817-1891), compositeur, pianiste, organiste, y est né.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Ministère français de l'environnement Passe à poissons Gambsheim (incluant une vidéo présentant le site ; wikhydro, consulté 2013-10-17
  2. MR Vibert (1943), "Protection du saumon, possibilités de réacclimatation", Bulletin français de pisciculture, 15ème année, n° 128, janv-mars 1943 (Extrait : 1ère page/archives ONEMA
  3. Louis Roule (1914) Traité raisonné de la pisciculture et des pêches, Éditeur :J.-B. Baillière et fils, 1914 734 pages
  4. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  7. La passe à poissons sur le site de la mairie de Gambsheim.
  8. Fiche de l'écluse de Gambsheim sur le site de fr.structurae.de.