Felix Nussbaum

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Felix Nussbaum

Naissance
Osnabrück, Allemagne
Décès
Auschwitz-Birkenau
Activités Artiste peintre
Mouvement artistique Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit)

Felix Nussbaum (Osnabrück, Allemagne, - Auschwitz-Birkenau, ) est un peintre allemand que l'on rattache habituellement au courant de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit). Son travail s'inspire également des œuvres de Giorgio de Chirico, d'Henri Rousseau et de Van Gogh.

Biographie[modifier | modifier le code]

Felix Nussbaum naît dans une famille bourgeoise juive à Osnabrück en 1904. Durant ses études artistiques, il rencontre une artiste juive polonaise Felka Platek (née le 3 janvier 1899 à Varsovie) qui devient sa compagne et qu'il épouse en 1937 à Bruxelles. À l'avènement du nazisme, en 1933, il se réfugie d'abord en Italie puis en Belgique, à Ostende, qui inspire plusieurs de ses œuvres puis à Bruxelles. N'ayant pas pu obtenir la nationalité belge, il est arrêté au début de la guerre comme citoyen allemand et transféré au camp de Saint-Cyprien dans le sud de la France, autre thème de ses œuvres]. Après la débâcle, les autorités françaises rendent à leur pays les réfugiés d'Allemagne, mais il parvient à s'évader avec sa femme. Ils retournent vivre en Belgique à Bruxelles. Caché pendant presque quatre années, après dénonciation d'un voisin le couple est arrêté le 21 juin 1944 [1] et emmené le 31 juillet 1944 dans le dernier convoi pour Auschwitz depuis la Belgique et y périt, gazé, comme pratiquement tout le reste de sa famille qui s'était réfugiée en Hollande[2].

Comme aucun autre artiste de la première partie du 20e siècle, Felix Nussbaum a su représenter à travers ses peintures la situation dramatique dans laquelle il se trouvait en tant que Juif allemand durant la période nazie. La peinture représentait pour lui un moyen de lutter contre le régime nazi et lui permettait de conserver une dignité humaine tout en lui donnant la force de survivre. Felix Nussbaum n´est certainement pas avant-gardiste. Il appartient à la « génération disparue » victime de l´Holocauste. Il fut longtemps oublié et ce n´est que dans le courant des années soixante-dix que son art fut enfin redécouvert.

C´est à ce moment-là que le musée d´art de la ville d´Osnabrück commença à établir une collection des œuvres de Felix Nussbaum. Actuellement le musée compte plus de 160 œuvres de Nussbaum. Pour permettre l´exposition de toute cette collection, l´architecte Daniel Libeskind fut chargé d´ériger la « Felix Nussbaum Haus » et c´est ainsi que depuis 1999 le musée propose la collection complète des œuvres de Nussbaum et accomplit ainsi la volonté du peintre : « Si je meurs, ne laissez pas mes peintures me suivre, mais montrez-les aux hommes. »

Il est l'auteur de plusieurs œuvres allégoriques (Le triomphe de la mort, 1944) ou représentant la condition juive sous l'occupation nazie (Autoportrait au passeport juif, 1943) qu'il a exécutées avant de disparaître dans la Shoah.

La persévérance de quelques collectionneurs réunit des œuvres éparpillées, aujourd'hui dans le musée d'Osnabrück qui lui est spécialement consacré.

L'autoportrait[modifier | modifier le code]

Félix Nussbaum s'est représenté tout au long de sa vie, par une série impressionnante d'autoportraits, dans une pose quasi identique: de trois-quart à la manière des premiers autoportraits d'Albrecht Dürer, il fixe son regard dur sur le spectateur. La figure du regard est centrale chez cet artiste juif qui a vécu du début à la fin la persécution des juifs par le régime nazi. On peut interpréter ce regard de plusieurs manières différentes. Il y a d'abord le regard de celui qui prend à témoin. Se représentant toujours à l'écart dans les tableaux de groupes, Felix Nussbaum est celui qui appelle le spectateur à prendre conscience de la misère de son peuple. Il place aussi le spectateur dans une position ambigüe lorsqu'il se représente montrant son passeport, comme si le spectateur était l'acteur même de sa persécution[2].

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Stolperstein posée sur la maison ou il habitait à Bruxelles, 22 rue Archimède
  2. a et b « Felix Nussbaum (1904-1944) », sur le site du Musée d'art et d'histoire du judaïsme (consulté le 21 décembre 2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]