Fétichic

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Fétichic est un terme apparu en 2011 désignant une tendance de mode mélangeant les codes vestimentaires du fétichisme avec ceux du prêt à porter.

Historique[modifier | modifier le code]

Son origine vient de la mode fétichiste avec l'emprunt des symboles vestimentaires du sadomasochisme et du fétichisme[1].
Vivienne Westwood (en 1974)[N 1], puis Claude Montana ou Jean Paul Gaultier[N 2] peuvent être considérés comme des précurseurs de cette tendance devenue plus importante au cours de l'année 2011 dans les défilés. Reprise par plusieurs marques du groupe LVMH avec plus particulièrement Louis Vuitton[3] et son directeur de création Marc Jacobs[N 3] qui fait défiler Kate Moss, plusieurs créateurs ont utilisé cette tendance au cours de l'année 2011 afin d'aller à l'encontre des tendances plus sages du prêt à porter ou de la haute couture des années passées[4] :

Symboles[modifier | modifier le code]

La majeure partie des codes vestimentaires de la mode fétichiste ont été repris par les créateurs : les matières que sont le cuir[5] et le vinyle, les chaussures avec les talons aiguilles[5] à brides et les bottes[6], la lingerie avec les bas nylon et la dentelle, les bijoux en forme de colliers de chien[5] ou de chaines.
L'image artificielle de la femme fatale et surtout de la femme dominatrice est recherchée par les créateurs afin de revisiter l'imagerie des perversions sexuelles[4] et apporter un aspect sulfureux ou subversif à leurs créations; ceci permettant d'entrainer une communication large dans les médias liés à la mode, avec des images « façon Charlotte Rampling dans Portier de nuit[7] ».

« À l'origine, le fétichisme était lié aux troubles sexuels, mais dans le langage d'aujourd'hui il est associé à tout désir irrationnel et irrépressible pour un objet spécifique. L'essence même de la mode étant d'imposer la nouveauté à un public désireux de l'accepter, le fétichisme et la mode vont de pair et se nourrissent l'un l'autre. »[8]

Artistes[modifier | modifier le code]

Le monde du show business et de la musique s'est emparé de cette tendance dernièrement, que ce soit dans les spectacles, concerts ou clips, avec Lady Gaga[N 5], Jennifer Lopez, ou Rihanna comme égéries[9], alors que Madonna a déjà utilisé à de nombreuses reprises il y a plusieurs années les codes fétichistes dans ses apparitions.

Porno Chic et Fétichic[modifier | modifier le code]

Après la vague de mode extrême du Porno Chic des années 2000 représentée principalement par Gucci, le Fétichic marque une différence en étant plus érotique, plus subjectif[4]. Le Porno Chic était une mise en scène des créations des couturiers dans la publicité, par les publicitaires, destinée à choquer, alors que le Fétichic est une mise en scène des défilés[10] par ces mêmes couturiers avec une part de suggestion que n'avait pas le mouvement Porno Chic.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes de contenu[modifier | modifier le code]

  1. la marque de lingerie Agent Provocateur, créée par le fils de Vivienne Westwood, utilise très régulièrement les codes de la mode fétichiste
  2. Jean Paul Gaultier a régulièrement utilisé les corset et représenté la femme en dominatrice. Dans sa collection Automne-Hiver 2009-2010 intitulée Classée X, le couturier s'inspire clairement du bondage[2].
  3. Marc Jacobs : « Le fétichisme revêt un aspect positif. Au-delà d'une idée fixe inexpliquée ou d'une obsession pour un objet, il est synonyme d'engagement et de discipline »
  4. en 1990, Alexander McQueen utilisait déjà des corsets dans ses collections
  5. Lady Gaga est régulièrement habillée par la maison Thierry Mugler

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lisa Jouvin, images récentes ou anciennes de la tendance Fétichic, « Moodboard : Fétichic » sur L'Officiel Paris, 27 septembre 2011
  2. Catherine Örmen (préf. Inès de La Fressange), Un siècle de mode, Éditions Larousse, coll. « Les documents de l'Histoire »,‎ octobre 2012, 128 p. (ISBN 978-2-03-587455-9, présentation en ligne), « Jean Paul Gaultier, l'enfant terrible de la mode », p. 110
  3. quelques photos d'accessoires créés pour le Fétichic sur chari-t.fr
  4. a, b et c Charlotte Brunel « La mode célèbre le fétichisme » sur L'Express Styles, 9 septembre 2011
  5. a, b et c « Fétichic, les couturiers » sur Le Point, 22 septembre 2011
  6. Carine Bizet « vague Fétichic » sur Madame Figaro, 16 septembre 2011
  7. Julia Dubreuil, « D'où ça sort ? La femme fétichic », Le Monde,‎ 1er octobre 2011 (ISSN 0395-2037)
  8. Collin McDowell, La Mode aujourd'hui, Phaidon Press Ltd.,‎ 2005, 511 p. (ISBN 978-0714894553)
  9. Marie Vaton « Fétichic : quand mode et sexe font bon ménage » Le Nouvel Observateur, 10 octobre 2011
  10. Julie Huon « Déshabillez-la » sur Le Soir.be, 10 mars 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]